25 novembre 2008
Vignobles MANTES
Pierre Doumenge, exploite un vignoble, que dis-je, une parcelle d’environ, 1,7 hectares, située à Sérignan du Comtat, au nord- ouest d’Orange. Les sols sont assez hétérogènes (sables, alluvions, cailloux calcaires, et argiles ), l’encépagement est constitué de Grenache noir (60%), de Cinsault 35%, et depuis 2008 de Brun Argenté (5% : j’espère que Pierre nous en dira un peu plus sur ce cépage), le travail des sols fait la part belle aux labours, chaussages, déchaussages, et les traitements sont réalisés à minima. A partir de 2008, seuls le soufre et la bouillie bordelaise seront employés. Les vendanges sont manuelles (petites cagettes de 10 Kg), les raisins sont vinifiés dans une cave de la commune de Jonquières, après une courte macération à froid, et une cuvaison de 21 jours, le vin est élevé, pour une moitié, en cuve inox, et pour l’autre moitié, en barriques de 2 ou 3 vins
Côtes de Rhône : Vignobles Mantes 2007
Ce vin a fait l’objet de deux dégustations, le premier faite collectivement, dans des conditions, qui n’étaient pas optimales pour la température de service, la deuxième que j’ai faite « en solo « sur 24 heures, en gérant la température de service. C’est celle que je commente maintenant.
La robe est colorée, assez profonde, avec des reflets de couleur violine à pourpre, le nez un peu discret, avec des notes fermentaires, est beaucoup plus ouvert 12 heures plus tard, avec des arômes de cerises noires bien mûres qui dominent la palette fruitée, de thym, de garrigue, et des notes d’olives noires et de framboises en arrière plan. De la sève, dès l’attaque, des saveurs fruitées expressives, ( celles décelées à l’olfaction ), une structure bien dessinée sans esbroufe, avec une légère fermeté tannique qui s’estompe lors de la deuxième dégustation, la finale ,de longueur normale, légèrement mentholée, délivre un fruit généreux, agrémenté de flaveurs sudistes, avec un équilibre satisfaisant (sans sensation d’alcool prononcées, lorsque le vin est servi à une température convenable )
Noté : 14,5, avec un potentiel supérieur dans un an ou deux.
24 novembre 2008
Le fleuve, sans arrêt, roulait ses galets...
Certains millésimes de cette propriété phare de Châteauneuf du Pape sont difficiles d’accès et demande une garde certaine, avant d’être abordés. La grande proportion de Mourvèdre (30%) dans l’assemblage final, participe à rendre ce vin un peu austère dans sa jeunesse, d’autant plus que l’effet millésime contribue aussi à cette forme de mutisme. J’avais bien goûté ce vin dans sa prime jeunesse, après avoir laissé quelques flacons vieillir, j’en ai ouvert un, récemment, et après une « bonne mise en carafe », le vin était tout à fait abordable et intéressant
CDP Beaucastel 1999 : mis en carafe 5 heures
La robe est profonde, avec des reflets de couleur grenat à rubis, sans signe notable d’évolution, le nez net, d’une bonne intensité évoque les épices, les cerises bien mûres, la garrigue, la réglisse, le menthol, et des notes viandées. Belle présence du vin, dès l’attaque, des tannins au toucher assez velouté, mais structurants, la palette aromatique est bien définie et séduisante, du volume, de la chair, et de la droiture soulignent un milieu de bouche sans austérité, les saveurs fruitées se déploient dans une finale, bien dessinée, persistante dotée d’un bon équilibre sans sensation de lourdeur ou d’alcool Un vin longtemps fermé qui commence à être plaisant après un bon « carafage » Noté 16, avec un potentiel plus élevé.
21 novembre 2008
Un peu de soleil !!!
Les vins de ce domaine me plaisent, car je trouve que les maturités sont bonnes, et que les équilibres sont réussis ; certains amateurs les considèrent comme trop « techniques », et j’avoue ne pas vraiment comprendre ce langage, qui est d’ailleurs devenu un des griefs permanents faits, par certains amateurs, aux vins de Bordeaux. Si l’on apporte au cuvier des raisins mûrs et sains, il n’y a aucune raison de se livrer à des « rectifications » œnologiques. Après on peut certes discuter sur l’intensité ou non de l’élevage, et le choix des chauffes, pour les vins élevés en barriques, voire sur des maturités excessives ou pas, mais de là à utiliser le concept de « vins techno « à tout va me semble être un raccourci exagéré. Revenons à notre dégustation.
Lirac : Domaine de la Mordorée : Reine des Bois 2000
Ce vin a été bu sur 24 heures, après mise en carafe
La robe est colorée, assez foncée, avec une teinte grenat légèrement évoluée, le nez ouvert et expressif évoque (après une première sensation un peu animale qui disparaît), les cerises, les framboises, les herbes de Provence et l’olive noire. De la rondeur en entrée de bouche, puis de la puissance et de la concentration agrémentée de saveurs de fruits noirs bien mûrs, des tannins fondus et bien intégrés, la finale, de longueur normale, offre une palette de saveurs sudistes (méditerranéennes), d’une bonne intensité, et des notes sanguines, sans sensations rédhibitoires d’alcool . Noté 15
29 octobre 2008
En descendant un peu vers le sud
Issu de vignes cultivées sur un sous-sol de molasses (sortes de grès calcaires, dans cette région) recouvertes de galets roulés, ce vin est un assemblage de cépages vinifiés séparément, et qui seront, après la fermentation malolactique, élevés en foudre sur une durée d’un an.
La bouteille commentée aujourd’hui est la septième de ce millésime bue en 4 ans.
Même si le millésime ne fera pas date à Châteauneuf du Pape, tous les flacons ouverts ont offert une bonne part de plaisir…
Châteauneuf du Pape : Beaucastel 1997 (mis en carafe deux heures et dégusté sur 24 heures)
La robe montre un début d’évolution (couleur brune au bord du liseré), dans une teinte générale rubis. Le nez est ouvert net et expressif (sans notes animales), avec des parfums de cerises, de fraises (assez fraîches), de roses, de tapenades, d’épices et d’herbes méditerranéennes. La bouche est assez tendre, en entrée, avec des tannins assez élégants, des sensations légèrement ascendantes, le milieu de bouche est assez bien structuré, même si la trame manque un peu de densité, les saveurs complexes se prolongent dans une finale, de longueur normale, d’un bon équilibre, agréablement épicée. Noté : 15,5
13 octobre 2008
Sacré Grenache !!!!
Cette propriété de 55 hectares, répartis en 60 parcelles assez disséminées, possède 14 hectares en appellation Châteauneuf du Pape, avec une cuvée 100% grenache issue de la parcelle de Chapoin ( terroir froid et tardif, vieilles vignes de 90 ans en haut de la parcelle ), les baies sont en partie (plus ou moins importante, selon le millésime) égrappées, et le vin est élevé en foudre, et en barriques, parfois neuves, en fonction des qualités du millésime. J’avoue avoir, beaucoup de plaisir à déguster cette cuvée, que je commente ici, et qui gagne en complexité, au fur et à mesure du vieillissement
Châteauneuf du Pape : La Janasse : Chaupin 2001
La robe est assez foncée au centre du verre, avec une teinte générale, de couleur rubis, sans signe d’évolution notable, le nez est intense, séduisant et précis : cerises légèrement kirschées, herbes de Provence, figues, notes d’olives noires. Superbe bouche, à la trame tannique compacte, mais fine, presque soyeuse, un milieu de bouche, dense et serré, avec des saveurs complexes envoutantes, la finale est longue, étirée, d’un très beau dessin, aux flaveurs enivrantes, sans aucune sensation d’alcool, tout est juste dans ce vin
Ma meilleure bouteille dégustée à la date d’aujourd’hui. Noté 17,5
15 septembre 2008
Incursion castelpapale
Une dégustation de cette propriété castelpapale était proposée, fin juin, dans les chais du négociant Millésima à Bordeaux. Il ya peu d’informations détaillées sur le site de ce domaine, qui a été créé en 1972 sur une superficie de 56 hectares, en appellation Châteauneuf du Pape, avec des sols , constitué de gros galets roulés, mais rien, sur la nature du sous-sols
CDP : Domaine du Grand Tinel :Alexis Establet 2006
La robe est moyennement soutenue, de couleur carmin, le nez est élégant et expressif, avec des arômes de cerises, d’herbes de Provence, et d’épices variées, la bouche est construite en finesse, avec des tannins sans angle, les saveurs fruitées sont nettes, la structure est plutôt longiligne, mais avec une matière assez dense, la finale est persistante, fruitée, assez minérale, et équilibrée. Noté 16+
CDP : Domaine du Grand Tinel : Alexis Establet 2005
La robe est plus foncée que celle du 2006, avec des reflets de couleur violine à sanguine, olfaction assez soutenue, et séduisante ; cerises noires, thym ; épices douces, herbes méditerranéennes, et des notes de menthol et de framboises, les tannins sont plus compacts que ceux du millésime 2006, mais bien enrobés, beaucoup de puissance, et de concentration, dans un vin riches en saveurs variées, la finale est longue, aux fruits éclatants, intense , épicée, d’un très bon équilibre. Noté 17
26 août 2008
Une paire de Châteauneuf du Pape
Lors d’une rencontre chez un de mes amis » grand amateur », j’avais apporté une de mes bouteilles à servir, à l’aveugle, parmi la sélection qu’il avait faite, j’ai l’habitude de reconnaître, à l’aveugle, les vins provenant de ma cave, dégustés plusieurs fois. Mais là, impasse totale, ce vin n’avait rien d’un caractère sudiste. Le deuxième vin commenté, provenait du dernier quart d’une bouteille ouverte depuis 36 heures ; une très belle gourmandise.
Châteauneuf du Pape : Domaine de La Mordorée 2000
La robe est profonde, avec un fin liseré de couleur violine, le nez, assez fermé, finit par évoquer les cerises, et le cassis bien mûrs, les épices variées, sans autres notes caractéristiques, la bouche est charnue, puissante, plutôt grasse, avec des tannins bien enrobés, avec des saveurs de fruits noirs, le milieu de bouche est volumineux et ample, la finale est intense, persistante, avec des flaveurs de fruits noirs finement épicés et réglissés, sans aucune sensation d’alcool sudiste. Un vin de la rive droite moderne !!!! Noté : 15
Charvin : Châteauneuf du Pape 2003
La robe , assez peu soutenue, a une teinte pourpre à rubis, le nez est riche, intense, et mûr : menthol, chocolat, cerises, et des notes d’olives noires, et d’herbes de Provence, les tannins sont de grande classe, à la fois fins et serrés, le vin impose un grande présence , sans esbroufe et sans rouler les épaules, de la densité, de la structure ( celle d’un coureur de fond), les saveurs sont pures, le finale est longue, d’un très bel équilibre, avec une acidité gustative, certes plutôt basse, très savoureuse, sans aucune sensation d’alcool rédhibitoire. Grand potentiel Noté 17
10 août 2008
Une belle paire sudiste
Lors d'un passage au Domaine de la Mordorée, pour y récupérer quelques flacons, j'ai dégusté un Tavel, d' une belle friandise. Les vins de cette propriété, si l'on excepte le Châteauneuf du Pape, restent abordables, du Côtes de Rhone à environ 7 euros au Lirac Reine des Bois à une quinzaine d'euros, bref beaucoup de soins apportés à l'élaboration des vins, d'une belle qualité aromatique.
Tavel 2007 Jolie robe carmin, évoluant selon l’incidence de la lumière vers des teintes de couleur grenadine, quelques larmes discrètes s’esquissent sur les bords du verre, le nez est frais, d’une bonne intensité, d’abord floral (roses et pivoines), puis de parfums de fruits rouges (cerises et framboises), et des notes de pêches blanches. Beaucoup de rondeur et de vinosité dans une bouche pleine, la matière est intense et vive, les saveurs sont précises et d’une bonne intensité, la finale est persistante, avec une sensation de bonbon à la framboise acidulé (mais sans sucre), fruitée, et d’une très belle fraîcheur. Un superbe Tavel. Noté 16 Lirac : Reine des Bois 2003 ( servi à environ 15° ) La robe est profonde, presque noire au centre du verre, le nez est expressif et séduisant : pruneaux, framboises, cerises, figues , herbes de Provence, et épices variées, l’attaque est douce, mais les tannins se raffermissent et structurent le vin, dans les phases suivantes de la dégustation, de la chair , des fruits riches, variés et gourmands soulignent le milieu de bouche et la finale luxuriante, d’une bonne persistance, très typée méditerranéenne, la température de service évite toute sensation d’alcool rédhibitoire. Noté 15,5
09 novembre 2007
Une réunion de bons copains (5)
Cette série est une vraie paire, pas une paire de tricheurs !!! Les vins sont du même millésime, et de la même appellation, et une fois de plus, cette dégustation va diviser les participants, avec une opposition entre la finesse, et une certaine puissance, comme je l’ai déjà dit les deux styles me conviennent, mais il ne faudrait pas que la finesse soit acquise au détriment de la matière, comme c’est manifestement le cas pour un des deux vins, qui regoûté le lendemain a montré un milieu de bouche faible
Châteauneuf du Pape : Mont Redon 2001
La robe est assez peu soutenue, avec une teinte générale de couleur grenat, et quelques reflets légèrement orangés, le nez est fin ,moyennement expressif, avec des parfums de cerises, de fraises, un peu mentholé, et de garrigues, la bouche est tout en finesse , avec des saveurs en adéquation avec celles décelées à l’olfaction, cette finesse se fait tout de même au détriment de la richesse et de la matière, la dégustation du lendemain montre un milieu de bouche un peu creux, la finale est élégante et assez longiligne, assez parfumée, mais manque d’intensité. C’est un choix, mais pour amateurs de ce type de vin Noté 15.
Châteauneuf du Pape La Janasse Cuvée Chaupin 2001
La robe est sombre, avec des reflets de couleur rubis à pourpre, le nez est riche, d’une bonne intensité, assez envoûtant, avec des arômes de menthol, de cerises bien mures, de figues, d’ olives noires, et d’herbes méditerranéennes, la bouche est riche, et concentrée, de belles saveurs complexes sont présentes à tous les stades de la dégustation, le milieu est riche, et marie avec élégance la densité de la matière et la finesse du grain tannique,la finale est longue, langoureuse, opulente, parfumée, la sensation d’alcool est bien maîtrisée Noté 17
29 octobre 2007
Deux beaux vins sudistes
Comme je l’ai écrit, en d’autres lieux, j’aime bien et parfois énormément les vins de cette propriété, leur style est certes modernes (surtout le Châteauneuf du Pape), mais c’est ce qui fait la diversité de la dégustation. C’est plutôt des vins hédonistes, que renieraient pas certains vignerons de la Rive Droite de Bordeaux. J’avoue que passer de Rayas à La Mordorée ne me gêne pas, et j’aime la diversité.
Châteauneuf du Pape : Domaine de la Mordorée 2000
La robe est assez profonde, avec des reflets hésitant entre une couleur rubis à sanguine, le nez est riche et très expressif, avec des arômes de cerises, de fruits noirs évoluant vers des notes de framboises ( liqueur), d’olives noires et d’herbes de Provence, le vin est riche dès l’attaque, les tannins sont parfaitement enrobés, le milieu de bouche est puissant ,concentré et assez gras, les tannins sont alors, un peu plus fermes, la finale est opulente , avec des saveurs de fruits kirschées, de figues, persistante , avec une petite pointe d’amertume, une légère sensation d’alcool , mais sans excès Noté 16,5
Lirac Blanc : Domaine de La Mordorée Reine des Bois 2005
La robe, est jaune , avec des reflets de couleur tilleul, de légères larmes se forment au bord du verre, le nez est net et précis, séduisant : pêche de vigne ( peau et noyau ), anis , fenouil , et verveine, l’attaque est assez ronde et pleine ,le vin est riche et assez gras, avec des belles saveurs de fruits blancs un peu épicés, l’acidité présente dès le milieu de bouche redynamise le vin dans une finale parfumée, intense, assez pulpeuse ( beaux fruits bien mûrs )épicée, et mentholé (expression délicate de la richesse en alcool) Noté 16







