03 juillet 2009
Marcel Deiss à Vinexpo (1)
Marcel Deiss
J’ai profité de Vinexpo pour regarder en détail la production des vins de Marcel Deiss, dont je connaissais mieux les VT et les SGN que les autres vins de terroirs. Tous les vins sont construits avec des sucres résiduels, les terroirs de Bergheim rendent pratiquement incontournables ce mode d’élaboration, d’autant plus qu’il faut aussi envisager les exigences de la complantation avec des décalages de maturité entre les cépages.
Le climat alsacien est continental, avec de grosses chaleurs en été, tous les terroirs, qui ne bénéficient pas de la proximité de grandes vallées orientées est-ouest (Ribeauvillé, Kaysersberg, vallée de la Fecht, etc.)qui permettent la circulation de vent plus frais venus des Vosges, ont des caractéristique de terroirs chauds, avec un développements du Botrytis assez rapide quand les maturités commencent à être atteintes, c’est le cas des terroirs autour de Bergheim, ce qui donne des vins avec des taux de sucres résiduels entre 25 et 30 grammes, comme en 2005.
Je me suis amusé lors de cette dégustation à essayer de déterminer la nature des sous-sols, que je ne connaissais pas pour ces vins en dégustation pure, ça a très bien fonctionné, ce qui confirme, à mon avis que les vins de Deiss sont des grands vins de terroir .
Pour ma part je suis de plus en plus en plus convaincu qu’il faut boire ces vins pour eux-mêmes, sans chercher d’accords mets-vins.
Riesling 2007
Une robe jaune, avec quelques reflets de couleur or, un nez qui évoque avec netteté le citron et le pamplemousse, la bouche est assez grasse, avec des fruits bien mûrs, les fruits exotiques s’ajoutent aux agrumes, une bonne acidité gustative donne un bon équilibre à la finale, très fruitée. Noté 15
Grasberg 2005 : Calcaire jurassique
La robe est légèrement dorée, olfaction séduisante et intense de fruits jaunes bien mûrs ( mirabelles chaudes et abricots), de miel, l’attaque fait entrevoir toute la richesse du vin, les fruits sont charnus et gourmands, l’acidité gustative nette dès le milieu de bouche retend le vin pour lui donner de l’allant dans une finale allongée, savoureuse, avec une minéralité saline superbe. Noté 17
02 juillet 2009
Trois vins du Domaine de La Romanée Conti (4)
Je regroupe dans cette chronique les commentaires des deux derniers vins de cette série. Ils n’ont pas été dégustés dans cet ordre, Le Clos de Bèze de Drouhin a accompagné les noix de Saint Jacques grillées au thym, le Mouton Baronne 1986, quelques fromages, il n’avait pas été choisi au départ et fût rajouté à la fin du repas. Plus intéressant pour lui même que pour l’accord
Drouhin : Chambertin Clos de Bèze 1971
La robe orangée à brune, l’olfaction est intense, plus masculine que celle de l’Echezeaux : truffe, tabac, fruits cuits, notes d’oranges et de torréfaction, terre remuée, le vin entre en bouche, avec une sensation tannique maîtrisée, mais la structure se raffermit en s’installant dans le milieu de bouche, la sensation tannique est plus évidente, moins raffinée que sur les vins de la DRC, le vin s’étoffe, s’épaule, avec une chair plus lâche, la finale d’une bonne persistance est assez complexe dans le jeu des saveurs , mais toujours avec ce côté d’orange sanguine, de fruits cuits, mais épicés à très épicé. Noté 16,5
Pauillac Mouton Baronne Philippe 1986
La robe est profonde, jeune, avec un liseré de couleur sanguine à rubis, l’olfaction est parfaitement connotée « Pauillac « avec des arômes expressifs de cassis , de cèdre, de cigare, d’épices variées, et de mine de crayon, belle présence du vin dès l’attaque, des tannins, plutôt fins structurants, mais parfaitement enrobés, par un chair bien mûre, charpentant le vin dans un centre énergique, les fruits sont mûrs, mais frais, la finale est très persistante d’une bonne intensité, avec un cassis pur et des épices variées, l’équilibre océanique est séduisant . Noté 17-
01 juillet 2009
Trois vins du Domaine de la Romanée Conti (3)
Les deux vins du Domaine de la Romanée Conti sont d’une extrême jeunesse avec une mention supplémentaire au Richebourg, aux fruits frais et purs, la conservation des bouteilles fait incontestablement la différence, la bouteille ayant le niveau le plus haut offre un vin d’une jeunesse incroyable pour un vin de près de 40 ans d’âge.
DRC : La Tâche 1970
La robe est encore jeune, de couleur carmin, avec une évolution vers des tons bruns au bord du disque, l’olfaction est nette, précise, les fruits sont d’une jeunesse insolentes ( griottes, cerises, et un touche de cassis), accompagnés d’ exhalation de pivoines mauves, d’iris avec des notes épicées et sanguines, de magnifiques tannins racés, au toucher velouté à soyeux soulignent l’entrée en bouche, le vin s’étoffe avec une aisance de grand seigneur alliant plénitude et finesse tannique, dans un milieu de bouche rehaussé par une superbe générosité de fruits mûrs, la longue finale se déploie avec une énergie intense, mettant en relief une palette aromatique complexe, épicées, pure , minérale , saline. Noté 19+
DRC : Richebourg 1970
La robe est la plus foncée, la plus soutenue, et la plus jeune parmi celles des trois vins, de couleur carmin à rubis ; le nez est pur, intense, avec des arômes de cerises, de truffes noires, de boites à épices, de sous-bois, avec une note de framboises, l’attaque est puissante, avec cette fabuleuse qualité de tannins enrobés et veloutés à soyeux, en milieu de bouche, c’est un corps de champion olympique de décathlon, par la richesse du vin et sa constitution tannique, parfaitement fondue, à la grande douceur tactile, les fruits sont intenses, et purs. Grande longueur imposante dans son dessin, aux fruits mûrs charnus, très épicée, terrienne, d’une persistance inouïe. La puissance et la gloire ! Noté 19,5
30 juin 2009
Trois vins du Domaine de la Romanée Conti (2)
Les accords mets-vins n’ont pas particulièrement été recherchés, nous avons fait avec les menus proposés, l’objectif premier était de goûter les trois vins de la DRC pour eux-mêmes. Les noix de Saint Jacques grillées au thym, et le filet de bœuf grillé ont joué le rôle discret qui leurs était dévolu, pour ne pas déranger l’appréciation des vins.
Champagne Bollinger 1970 RD (dégorgé 15 mai 1979)
Pas de bulle dans ce vin à la robe ambrée soutenue, le nez est assez puissant avec de forts accents de rancio : pommes rôties au four, curry, léger chocolat, café, thé , poires caramélisées, la bouche est puissante, complexe, dans l’expression répétée des saveurs olfactives auxquelles s’ajoutent des goûts de pain d’épices, et de raisins de Corinthe, du volume et une bonne concentration dans le milieu de bouche, la finale est persistante, souligné par l’intenses rancio. Après une bonne aération dans le verre, le côté champenois du vin ressort, assez minéral même crayeux, avec une sensation d’oxydation un peu moins prononcé. Original, atypique, plus qu’anecdotique.
DRC : Echezeaux 1970
La robe est brune, sans être dépouillée, le nez est intense, crémeux, d’une grande douceur, subtil dans l’énoncé des arômes : tabac blond, humus , truffes noires, pivoines séchées, petits fruits cuits, et des notes de fer, l’attaque est d’une sensualité évidente, des tannins de soie caressent les muqueuses, le vin hausse le ton naturellement avec élégance et une grande justesse pour montrer son existence, un corps finement charnu, la palette aromatique est harmonieuse et se développe dans une finale longiligne, sensuelle dans le toucher tannique, longue aux arômes envoûtants. Une sublime féminité classique dans cette bouteille. Noté 18-
A suivre….
29 juin 2009
Trois vins du Domaine de la Romanée Conti (1)
A 17 heures nous quittons, le brouhaha et la poussière des parkings de Vinexpo. Vincent conduit avec maestria notre Aigle de la route, les contorsions reptiliennes qu’il imprime à notre véhicule facilitent une sortie assez rapide des embouteillages classiques de l’accès au Pont d’Aquitaine. Le ciel bleu-juin est propice à la flânerie automobile. Le cap est fixé au nord, avec comme objectif la célèbre station balnéaire de l’embouchure de l’estuaire de la Gironde (rive droite). Les eaux turbides et limoneuses du fleuve lèchent les pilotis des carrelets, la salinité de l’air marin appelle à d’autres salinités/ Nous cachons sous quelques propos gouailleurs nos émotions affleurantes. L’apparition des formations calcaro détritiques du Crétacé supérieur accélère notre rythme cardiaque, et les interrogations fusent à l’idée de découvrir nos belles d’un soir. Auraient-elles échappé à l’outrage du temps pour nous offrir le meilleur d’elle-même ? Chair parfumée, corps élégant et soyeux, délicatesse du toucher, longueur intemporelle que laisse deviner la noblesse de leur origine, et de leur année de naissance. Nous y sommes, voici l’Avenue des Algues, nous apercevons Fabien et Nicolas qui reviennent de la plage. Nous entrons avec eux, dans le restaurant. Fabien et Nicolas ont posé les bouteilles sur une table, ce fichu liège les a plus ou moins blessées.
Le niveau de l’Echezeaux 1970 est bas, celui de La Tâche 1970 est bon, quant au Richebourg 1970, il est excellent. Nous complétons cette série avec une bouteille de Champagne Bollinger RD 1970 au niveau bas à légèrement en vidange, une bouteille de Chambertin Clos de Bèze 1971 de Drouhin (niveau excellent), et un flacon de Mouton Baronne Philippe 1986 (niveau parfait).
Patrick et David sont arrivés, l’office peut commencer, dans le recueillement d’abord, puis l’échange convivial et communicatif, autour du menu suivant :
Méli-Mélo de langoustines et de saumon sauvage fumé
Noix de Saint Jacques grillée au thym
Filet de bœuf grillé, et sa garniture de légumes
Fromages
Salade de fruit
A suivre….
26 juin 2009
Dégustation à l' aveugle de vins du millésime 1999
Ces deux appellations ont produit des vins remarquables dans ce grand millésime 1999. Les deux vins commentés aujourd’hui ont été dégustés à l’aveugle, ils ont dominé cette dégustation, seul le Pauillac a pu rivaliser avec eux. Des vins d’une grande plénitude, profonds, avec une construction plus charnue pour le vin des Côtes Rôties. Le vin de l’Hermitage offre un caractère plus concentré et plus minéral.
Côte Rôtie Jamet 1999
La robe d’une profondeur moyenne délivre une teinte rubis à carmin, l’olfaction, nette, précise débute par des notes viandées, qui font place à des fruits mûrs mais frais, cassis, et mûres sauvages, épices ( léger poivre),et des notes végétales «mûres ». Très belle bouche avec des tannins serrés et de grande race, au toucher velouté, et toujours cette grande précision des saveurs fruitées intense, c’est très plein et dense en milieu de bouche, la finale est étirée longue fraîche fruitée et finement poivrée, minérale Noté 17,5
Hermitage : Delas Les Bessards 1999
La robe est profonde, sanguine à pourpre au bord du disque, l’olfaction est intense, riche avec des fruits bien mûrs, cassis, pruneaux, notes de garrigue, et une pointe de figues séchées, la bouche est riche, concentrée, des tannins structurants mais polis, un centre d’une belle carrure, masculin, avec du muscle, la finale est longue fraîche, d’une belle puissance aromatique (fruits et épices), et un peu ferme. Noté 17,5 (note potentiel compris)
25 juin 2009
Dégustation à l'aveugle de vins du millésime 1999
Le généreux donateur de ce flacon tenait absolument à ce que cette bouteille soit ouverte lors de cette rencontre, il a donc fallu la préparer à l’avance. La bouteille a été ouverte la veille au soir, et mise en carafe à 7h 30, pour une première dégustation vers 16 heures.
C’était sans compter sur un transport en carafe sur le lieu de dégustation (un trajet de 15 minutes environ).
Quelques coups de freins intempestifs ont agité suffisamment le vin pour lui faire en grande partie la qualité qui était la sienne, vers 16 heures 30, avant le transport
Lafite 1999
Mes commentaires de dégustation sont ceux de l’après midi, avant le transport du vin
La robe est relativement profonde, mais éloignée de la saturation, avec des reflets de couleur rubis, le nez est net, intense, d’une signature d’école : cigare, résineux (cèdre) boites à épices, graphite, cassis, et notes d’humus, l’attaque est pure, d’une race inouïe, des tannins serrés et d’une élégance aristocratique (quasiment soyeux), les fruits (cassis et myrtilles sont purs), le vin s’installe par paliers dans le milieu de bouche, dense, compact, sans concession à la facilité, ( une main de fer dans un gant de velours), longue finale, d’une grande pureté aromatique (cassis écrasé), finement épicée, aérienne et intense à la fois avec de légers amers de grande classe. Noté 17,5+
23 juin 2009
Dégustation à l'aveugle des vins du millésime 1999
La série consacrée aux vins de Bourgogne n’a pas été éblouissante, et pourtant le millésime 1999 est considéré comme très bon dans cette région. Les vins présentés ne sont pas des vins d’exceptions, ce qui minimise ce genre de dégustation.
Nous allons revoir des vins de cette région ultérieurement.
Ruchottes Chambertin : Château de Marsannay 1999
La robe est assez colorée ( carmin), l’olfaction est généreuse, avec des parfums de cerises mûres, de pivoine, de la suavité en entrée de bouche, avec des tannins au grain fin et velouté , un chair délicate et un corps, plutôt plein dans un milieu de bouche aux fruits juteux, la finale est assez opulente, un rien marquée par une pointe d’alcool. Noté 16-
Morey Saint Denis « La Forge « 1999
La robe est assez claire, de couleur grenat; des arômes de cerises, épices douces et quelques notes florales sont perceptibles à l’olfaction, de l’élégance dans les tannins, tout au long de la dégustation, des fruits mûrs, peut-être un peu trop, dans un ensemble assez charnu, et bien construit, la finale persistante souligne davantage l’aspect des fruits un peu cuits associé à une sensation de chaleur (alcool). Noté 15,5
22 juin 2009
Dégustation à l'aveugle de vins du millésime 1999
Deux vins de la rive droite ont été dégustés lors de cette session, l’un à l’aveugle, l’autre non, (je l’avais apporté). Deux vins, d’ excellente facture dans le contexte d’un millésime, qui ne sera pas une référence en rive droite, avec des vins qui manquent souvent de centre pour la plupart d’entre eux, sauf, comme d’ habitude, chez les meilleurs vignerons, qui ont recherché les parfaites maturités, pour gommer en très grande partie ce défaut. Le premier vin commenté, est le premier millésime de cette propriété, il supporte parfaitement le vieillissement, et il en a encore sous le pied, si les conditions de conservations sont bonnes. Le second vin est actuellement dans une forme éblouissante.
Côtes de Castillon : Domaine de l’A 1999
La robe est assez profonde, de couleur pourpre à rubis ( jeune), olfaction généreuse et d’une bonne intensité : mûres ,cerises, épices et notes florales, de la plénitude dès l’attaque, de la chair des fruits bien mûrs et intenses, la structure tannique est fondue, un peu plus ferme , dans une finale équilibrée par une juste acidité, d’une bonne persistance, réglissée, épicées ,saline. Noté 16-
Saint Emilion : Pavie Macquin 1999
Deuxième dégustation en un mois pas beaucoup de variation dans le compte rendu, une olfaction un peu moins généreuse, et une structure en bouche un peu plus éclatante.
La robe est foncée, avec des reflets de couleur sanguine à rubis, l’olfaction est d’une belle séduction, intense, avec des arômes de truffes noires, de boites à épices, de cerises noires et de cassis, l’élevage est désormais intégré, belle entrée en bouche avec une trame tannique assez serrée, au grain bien enrobé, des fruits mûrs, accompagnés par des parfums de truffe noire, un centre plein et assez puissant, dans le contexte du millésime, la finale est persistante, d’un bon équilibre complexe dans ses saveurs, avec des notes de réglisse et salines.
Noté 16,5
19 juin 2009
Dégustation à l' aveugle de vins du millésime 1999
Notre club de dégustation a organisé au début du mois une dégustation à l’aveugle de vins rouges du millésime 1999, allant des Bordeaux au Rhône nord en passant par la Bourgogne, les résultats ne sont guère surprenants, avec à leur meilleur niveau des vins du Rhône nord. A Bordeaux, un vin s’est brillamment comporté, il a été conforme à son standing et à son rang
Saint Julien : Saint Pierre 1999
La robe de profondeur moyenne a une couleur rubis, le nez est net, mais pas d’une grande précision : parfums de fruits rouges, d’ épices, avec des notes un rien végétales, l’élevage est quasiment intégré, la bouche est assez tannique, avec un grain, qui n’est pas entièrement poli, un centre honorablement constitué dans le contexte du millésime, la finale de longueur normale, assez fruitée, avec une petite pointe d’alcool ( température de service)Noté 15
Saint Julien Ducru Beaucaillou 1999
La robe est soutenue, de couleur grenat, le nez est assez expressif, avec des parfums de fruits rouges (légers cassis)et d’épices variées, dès l’attaque les tannins sont un peu fermes, et tout au long de la dégustation, le contraste entre des fruits mûrs et des tannins fermes même un peu végétaux, sera patent, le centre est assez plein, la finale, à la tannicité affirmée, est parfumée, et offre une bonne tenue, avec encore quelques notes d’élevage. Noté : 15,5



