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Journal d'un passionné de la rive droite

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Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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05 février 2023

Côtes du Rhône : Laurent Charvin 2018, Albert Boxler (Alsace) Gewurztraminer 2015

Sans doute temporairement, les vins commentés sont dégustés sur un temps plus long qu'habituellement. Quatre jours au lieu de deux. Le rythme de nos dégustations est actuellement ralenti, mais le mois de février, avec des perspectives de rencontres notamment, l'intensifiera. Ainsi, les vins dont il est question dans ce billet, sont dégustés en quatre fois donc sur une durée de 72 heures. Le Côte du Rhône 2018 de Laurent Charvin a été ouvert deux heures avant la première dégustation et un verre a été rempli dès l'ouverture. Le vin s'est très bien goûté dès cette première dégustation : expressif, veloutée avec juste une légère fermeté tannique en finale, le lendemain il était parfaitement en place. Il s'est montré d'une remarquable tenue lors des deux dernières dégustations avec un peu plus de complexité aromatique.

La venue de deux amis prendre l'apéritif un soir m'a donné l'occasion d'ouvrir une bouteille de Gewurztraminer 2015 du Domaine Albert Boxler. La bouteille a été ouverte une bonne heure avant le service. Le vin a très bien évolué dans le verre une expression peu variétale dans sa palette aromatique dominée par une superbe boîte à épices, et des fruits jaunes élégants; une bouche veloutée pleine et fruitée, et une finale longue , bien équilibrée et aromatique. La bouteille a été finie lors de cet apéritif.

 

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Côtes du Rhône : Charvin 2018

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La robe est soutenue de teinte rubis. Le nez expressif évolue dans sa palette aromatique lors des 4 dégustations avec des arômes de cerises, de léger cassis, d'épices douces, puis plus floraux (roses et violettes) avec des notes chocolatées et de garrigue. L'attaque est charnue et veloutée, le vin se développe dans une construction cylindrique, dense, fruitée, avec de beaux tannins fins et mûrs.La finale est allongée, avec une texture veloutée, une fraîcheur perceptible, et une avenante expression aromatique. Noté 15,5 (91/100), même note plaisir.



Domaine Albert Boxler : Gewurztraminer 2015

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La robe or vif est brillante. L'olfaction est bien ouverte avec des arômes d'épices douces ( dont le safran et un léger curry) au premier plan ; de fruits jaunes (abricots et oranges) et des notes de fleurs séchées. La bouche offre une chair délicate et veloutée, le vin remplit le palais avec une élégante plénitude, rehaussé d'éloquents fruits épicés. La finale est longue, d'un délicieux toucher de bouche, avec un fraîcheur perceptible, des sucres résiduels très bien intégrés, et une palette aromatique séduisante.Noté 16 (92/100), même note plaisir

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01 février 2023

Berthenet : Montagny 1er Cru VV 2019, J.Viola & M. Chapoutier 2021, Sarget de Gruaud Larose 2016

Lors de notre séjour dans le Nord, à l'occasion des fêtes, nous avons été reçus chez une soeur et un beau-frère qui partagent comme nous le plaisir de la table et des vins. A cette occasion, et sans vraiment considérer que l'on a pu bénéficier d'un menu de réveillon, il m'empêche que les plats et les vins associés avaient tout des plus menus de cette période festive.

Après quelques mises en bouche et en entrée un tartare de saumon et un sorbet à l'aneth, nous avons eu un porc confit ( après une cuisson longue), quelques fromages affinés et une tarte tatin.

Avec les mises en bouche, nous avons opté pour un Champagne, puis c'est le Montagny de Berthenet qui a été placé sur le saumon.

Le vin des Côtes du Rhône a été apprécié sur le porc, le Sarget sur les fromages. Nous n'avons pas ouvert de vin  pour le dessert.

C'est une très agréable soirée pour inaugurer les autres rencontres gastronomiques de cette fin d'année.

Félicitations particulières à nos hôtes!

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François Berthenet : Montagny Premier Cru Vieilles Vignes 2019

La robe or clair est brillante. Le nez bien ouvert évoque les fruits jaunes (pêches) , et exotiques (oranges et citrons) avec des notes d'épices (safran) et d'infusions. L'attaque est bien en chair et très veloutée. Le milieu de bouche est plein, dense et fruité. La finale est allongée, dotée d'une fraîcheur présente et sans excès, veloutée, aromatique , avec une petite amertume de peau de fruit. Noté 15, même note plaisir

 

Côtes du Rhône : Joseph Viola et Michel Chapoutier 2021

La robe est assez profonde, de teinte violine. Le nez expressif évoque les cerises, un léger cassis, les épices douces avec une pointe de garrigue. La bouche est fruitée, tonique, de construction longiforme, avec des tannins un peu fermes. La finale est portée par une acidité assez vive, avec une convenable expression aromatique. Noté 13,5, même note plaisir pour les amateurs de vins très frais.

 

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Saint Julien : Sarget de Gruaud Larose 2016

assemblage : Cabernet Sauvignon 59%, Merlot 31%, Petit Verdot 6%, Cabernet Franc 4%

Des arômes de cassis, de myrtilles, de fines épices, nuancés de notes de fleurs mauves et de cerises soulignent une olfaction expressive. La bouche offre une chair bien formée et veloutée, le milieu de bouche est dense, plus haut que l'attaque et fruité. La finale allongée, est fraîche, tenue par des tannins un rien plus fermes et expressive. Noté 15,5, même note plaisir

29 janvier 2023

Week-end des Grands Crus : L'Appellation Pauillac, Millésime 2019

Le Billet de ce jour est celui publié le 24 juillet 2022 : de nombreux lecteurs ont interagi concernant l'appellation Pauillac du millésime 2019, aussi, est-il intéressant de remettre les commentaires de dégustation.

La dégustation du Week-End des Grands Crus s'est déroulée le 18 juin sous un pic de canicule (heureusement le hangar 14 est climatisé). Il fallait déguster dès l'ouverture jusqu'à 13 heures pour éviter des vins trop chauds, ce que nous avons fait.

L'appellation Pauillac propose des vins de très belle facture, voire très grand pour Pichon Comtesse. Les Cabernet Sauvignon ont donné leur pleine mesure dans des vins mûrs, puissants, veloutés et longs. Il n'y a pas, dans les vins dégustés d'arômes végétaux (poivrons) ou herbacés apportées par les molécules de la familles des pyrazines. Les chaudes journées à partir de la mi-juin ont fortement limité les teneurs en "pyrazines".

Les vins les plus charpentés de cette dégustation sont ceux dont la proportion de Cabernet Sauvignon est la plus haute et ceux dont les vignes sont installées sur des graves profondes et parfois sur substrat argileux.

Peu de vins ont été présentés par les château dans cette dégustation. Il manquait entre autres Duhart-Milon, Grand Puy Lacoste, et Pichon Baron, ça devient une habitude pour ces trois propriétés.

 

 

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Les robes sont profondes sanguines à violines au bord du disque

 

d'Armailhac 2019

assemblage Cabernet Sauvignon 62%, Merlot 27%, Cabernet franc 9%, petit Verdot 2%

Le nez expressif évoque les baies noires, de légères cerises, avec des notes épicées et une touche de cèdre. La bouche est bien construite, dense, avec une chair veloutée et fruitée. La finale est allongée d'un bon maintien, fraîche, expressive, tout en conservant un élégant velouté de texture. Noté 16,5 (93/100)

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Clerc Milon 2019

assemblage : Cabernet Sauvignon 72%, Merlot 22%, Cabernet franc 4%, petit Verdot 2%

L'agitation accentue des arômes de cassis, de myrtilles, d'épices variées avec des notes florales, et de léger cèdre. La bouche dotée de fruits expressifs offre une belle puissance maîtrisée avec un corps dense , et des tannins fins enrobés par une chair veloutée. La finale est longue, intense, harmonieuse et aromatique. Noté 17 (94/100), voire un peu plus dans 5 ans

 

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Grand Puy Ducasse 2019

assemblage : Cabernet Sauvignon 53%, Merlot 47%

L'olfaction est ouverte avec des arômes de petites baies noires (dont le cassis mûr), de légères épices et d'élevage net . La bouche veloutée avec une chair délicate en attaque, prend de la consistance et de la plénitude dans un milieu de bouche fruité. La finale est allongée, veloutée, fraîche, expressive sans être complètement épanouie. Note potentielle 16,5 (93/100)

 

Lynch-Bages 2019

assemblage Cabernet Sauvignon 70%, Merlot 24%, Cabernet franc 3%, petit Verdot 3%

L'aération amplifie des arômes de soupes de fruits noirs, de boite à épices, et d'élevage de qualité présent. La bouche est puissante, énergique, avec un bon enrobage des tannins, par une chair veloutée (dans la première partie de bouche) et rehaussée de fruits expressifs. La finale est longue, appuyée, assez expressive, tenue par des tannins fermes, avec une fraîcheur perceptible. Note potentielle 18 (96/100) dans l'optique d' une évolution positive sous verre.

 

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Pichon Longueville Comtesse Lalande 2019

assemblage : Cabernet Sauvignon 71%, Merlot 23%, Cabernet franc 6%

Le nez intense évoque le cassis mûr, les baies de sureau, nuancés de cerises noires, de fines épices, et de violettes. La bouche est élégante, dotée de tannins fins et distingués enrobés par une chair très veloutée qui se trament dans un milieu de bouche dense, ample, et d'une superbe concentration naturelle, rehaussé de fruits éloquents. La finale ets longue, intense, veloutée, harmonieuse, aromatique et complexe. Noté 19 (98/100)

 

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25 janvier 2023

Haut-Bailly 2005, Latricières-Chambertin 2008 de Trapet, et Quita de Vargellas 1998, Porto Taylor

Les trois vins commentés dans ce billet ont été dégustés fin octobre lors de notre visite dans le Nord.

Nous republions cette dégustation qui a été éloquente : Le Haut Bailly 2005 s'est bien goûté en l'état, bien qu'il n'ait pas encore atteint son meilleur plateau de dégustation. Il a néanmoins montré tout son futur potentiel qui sera le sien entre 5 et 10 ans pour ce vin de facture classique. Une palette aromatique bien ouverte et précise, un milieu de bouche sérieusement construit avec des tannins tramés serrés, et une finale encore un peu ferme , fraîche et expressive.

La bouteille de Latricières-Chambertin Grand Cru 2008 du Domaine Trapet offre une palette aromatique séduisante, un milieu de bouche d'une bonne constitution (dans le contexte du millésime) avec une finale très fraîche (sans excès) fruitée et florale, d'une bonne allonge, sans les bons appuis tanniques des millésimes plus chauds. C'est globalement plutôt réussi dans ce millésime ingrat.

Le Porto Taylor Quinta de Vargellas 1998 est issu d'un vignoble qualitatif sur le flanc est de la vallée, plus précoce que ceux des Vintages Classiques de Taylor. Le millésime 1998 est un millésime solaire (pas une goutte de pluie entre la floraison et la mi-septembre (avec des nuits tempérées depuis la mi-août), les vendanges se sont déroulées sous la pluie , sans conséquence compte tenu de l'état sanitaire du raisin.

Le vin est riche puissant concentré, très aromatique, long avec un petite sensation chaleureuse en finale qui n'est pas rédhibitoire pour qui n'est rétif à ce type de vin.

 

 

 

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Pessac-Léognan : Haut Bailly 2005

La robe est assez profonde sanguine au bord du verre. Le nez expressif évoque le cassis mûr , les épice douces, avec des notes de cerises, de violettes, et fumées. La bouche offre une superbe structure tannique avec des tannins fins et mûrs enrobés d'un chair délicate qui se trament dans un corps dense, très plein et fruité. La finale est longue, affirmée, encore un peu ferme dans le grain tannique, avec une palette aromatique avenante qui s'accentue à l'aération. Note potentielle 18,5 (97/100)

 

Haut-Bailly 2005 Latricières-Chambertin 2008

Domaine Trapet : Grand Cru : Latricières-Chambertin 2008

La robe diaphane offre une teinte grenat à orangée. L'olfaction est bien ouverte et élégante avec des arômes de cerises, de framboises, de légères épices, et des notes de roses et ferriques. La bouche est très veloutée, délicatement charnue, un peu dense et un peu plus énergique dans un milieu de bouche doté de fruits encore "frais". La finale est allongée, avec une franche acidité qui reste néanmoins assez bien intégrée à la matière, et d'une agréable expression aromatique. Noté 16,5 (93/100)

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Porto Taylor : Quinta de Vargellas 1998

La robe est profonde de teinte rubis à brique au bord du disque. Le bouquet est intense avec des arômes de cerises légèrement kirschées, de cassis, d'épices douces (dont la cannelle) , de fruits secs (dont la figue) et des notes de chocolat et de café. La bouche est généreuse, bien en chair, veloutée concentrée , ample, agrémentée de fruits éloquents. La finale est longue, appuyée, bien tenue par des tannins serrés finement enrobés, expressive et complexe, avec une légère touche d'alccol . Noté 17 (94/100)

 

23 janvier 2023

Castillon-Côte de Bordeaux : Clos Louie 2016 et Chassagne Montrachet : Morey-Coffinet : Premier cru En Cailleret 2015

Les vins commentés ce jour sont ceux qui ont été servis (entre autres) le jour de Noël. 

 

Ils ont été placés sur des noix de Saint Jacques à la crème de potimaron et amandes.

 

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Quant au Clos Louie il a accompagné une carbonade, véritable recette flamande à base de pain d'épices et de cassonade.

Le menu a été pratiquement à la carte pour satisfaire toutes les envies et tous les goûts. Huîtres, escargots, verrines diverses, carbonade, fromages affinés et cupcakes.

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De ce fait beaucoup de vins ont fait l'honneur de la table, ils seront commentés dans des billets ultérieurs.

La carbonade est un plat qui tire son nom du mot "charbon". En effet, c"était un plat qui était rechauffé sur les braises du charbon, et qui utilisait des morceaux de boeuf de deuxième choix. Autre temps autres moeurs, actuellement le plat, très à la mode dans les estaminets, gagne des lettres de noblesse. Les meilleurs morceaux de boeuf sont mis à braiser, et c'est une cuisson lente et répétée qui permet d'obtenir tout le fondant caramélisé qu'apporte les sucs et la cassonade.

Un véritable festin qu'en Gironde il est peu probable d'apprécier.

 

 

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Chassagne Montrachet : Morey-Coffinet : Premier Cru En Cailleret 2015

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bouteille ouverte deux heures avant le premier service

La robe or vif est brillante. L'agitation accentue des arômes de poires, de pêches, de fines épices, de fleurs champêtres avec des notes de noisettes et de vanille bourbon. La bouche est très veloutée, avec une chair délicate et bien formée, le vin prend de la densité et de la hauteur dans un milieu de bouche fruité. La finale est allongée dotée d'une fraîcheur de bon aloi, d'un séduisant toucher de bouche, et d'une palette aromatique expressive et convaincante. Noté 17, même note plaisir

 

Castillon-Côte de Bordeaux : Clos Louie 2016

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assemblage : Merlot (majoritaire) Cabernet franc, Cabernet Sauvignon, Malbec et Carmenère, mis en carafe deux heures avant le service

La robe est profonde avec un fin liseré de teinte sanguine. L'olfaction ouverte évoque les cerises noires , le cassis, les myrtilles, les épices, douces avec des notes de violettes, et d'élevage élégant pas encore intégré. L'attaque est bien en chair et veloutée, le milieu de bouche un peu ferme est bien rempli, d'une avenante concentration naturelle, et rehaussé de fruits éloquents. La finale est allongée, bien tenue par des tannins un peu marquants, fraîche et assez expressive. Noté 16, note plaisir 15,5. une bouteille moins convaincante que les précédentes.

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19 janvier 2023

Côte Rôtie : Rostaing : Ampodium 2015 et Jurançon : Domaine Cauhapé 1988

Les vins de ce jour sont ceux placés sur le plat, les fromages et le dessert de notre menu du reveillon.

Nous avos opté pour des magrets de canard, une duxelle de champignons, des fromages affinés de Thiérache ou de la région, dont notamment des chèvres d'Hucqueliers,

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et le dessert a été réalisé par notre nièce, un magnifique Carpeaux!

Il s'agit d'un spécialité valenciennoise. Elle tire son nom du sculpteur Carpeaux, natif de cette ville, et la création de cette recette est bien évidemment un secret qu'il est difficile de percer. Cette patisserie est constituée d'une crème au beurre aromatisée à la vanille et enrichie en morceaux de marrons glacés, entre deux biscuits dacquoise à la noisette et aux amandes. Pour toujours plus de gourmandise, ce gâteau est recouvert d'un fondant au café.

Notre nièce qui posséde un don culinaire absolument indéniable s'est rapprochée de cette recette en la rendant certainement encore bien meilleure que celle que nous avons pu déguster à Valenciennes.

Il va de soi que le Cauhapé a trouvé toute sa place sur ce magnique dessert! Le Carpeaux a été accompagné d'un sabayon au cidre avec une compotée! Nous étions dans les correspondances les plus ajustées!

 

 

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Côte Rôtie : Rostaing : Ampodium 2015

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mis en carafe deux heures avant le premier service

La robe est profonde, violine au bord du verre. Le nez expressif évoque les épices variées (dont un léger poivre), les fruits noirs (cassis et baies de sureau), les fleurs mauves, et de légères notes lardées. L'attaque est veloutée, le milieu de bouche est dense et compact, avec des tannins finement enrobés, et doté de fruits expressifs. La finale est longue, tenue par des tannins un peu plus fermes dans le coeur du grain, fraîche et aromatique. Noté 16,5 (93/100) , même note plaisir (deuxième dégustation).

 

Jurançon : Domaine Cauhapé 1988 ( moelleux)

La robe ambrée est brillante. Le bouquet est intense avec des arômes d'épices douces, d'oranges et d'ananas confits, de fruits secs, et de fleurs d'oranger. La bouche est veloutée, délicatement charnue, dans un développement cylindrique rempli et rehaussé de fruits confits. La finale est allongée, fraîche , tonique, avec une sensation très modérée de sucrosité, et assez complexe. Noté 16 (92/100) , même note plaisir

16 janvier 2023

Réveillon du 24 décembre : Champagne Dehours, Grande Réserve, Puygueraud blanc 2021 et Drei Exa de Paul Ginglinger

Les vins commentés ce jour sont ceux qui ont été placés lors de notre repas de réveillon. Ils ont accompagné les mises en bouches et l'entrée.

Les mises en bouche étaient préparées selon trois thématiques : 

verrine de la mer, avec des crustacés.

verrine de la terre, avec essentiellement des légumes

et enfin certaines verrines proposaient des associations terre/mer absolument novateur.

Ensuite pour satisfaire à l'ensemble de la tablée, il a été offert des escargots ou des huîtres. C'est sur ce plat que le Puygueraud blanc a été apporté. Il s'est parfaitement comporté avec les huîtres.

 

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Champagne Dehours : Grande Réserve : Brut

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La robe or vif est traversée par un cordon de bulles peu nombreuses. L'olfaction est expressive avec des arômes de fruits blancs ( poires et pommes mûres) de légers agrumes, avec des notes florales et de viennoiseries . La bouche est tonique bien dessinée dans un centre élégamment construit , et fruité. La finale est dynamique, fraîche, d'une bonne persistance, et finement saline. Noté 16 (92/100) même note plaisir

 

Alsace : Paul Ginglinger : Riesling Drei Exa 2019


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La robe or clair est brillante, le nez expressif évoque les fruits exotiques, le citron mûr, avec des notes d'oranges, de fines épices et de fleurs sauvages séchées. La bouche offre une chair bien formée, avec une belle présence dans un milieu de bouche d'une bonne densité et fruité. La finale est allongée, fraîche, tonique, aromatique avec une fine mâche calcaire. Noté 16,5, même note plaisir

 

 

Franc-Côtes de Bordeaux de Bordeaux : Puygueraud blanc 2021

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La robe jaune très pale est brillante. L'olfaction est bien ouverte avec des arômes d'agrumes (citron et pamplemousse), le brugnon blanc , nuancés de notes de verveine, de tilleul et de menthe fraîche. L'attaque offre une délicate chair veloutée le vin se développe dans une construction cylindique d'une bonne densité et fruitée, avec une fraîcheur présente dès le milieu de bouche. La finale est allongée, aromatique, tonique , étirée par acidité inhérente au millésime bien intégrée à la matière. Noté 16, note plaisir 15,5

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14 janvier 2023

CHABLIS : VINCENT DAUVISSAT : PREMIER CRU FOREST 2010; MEURSAULT VINCENT GIRARDIN : PREMIER CRU : LES GENEVRIÈRES 2010

Pour le billet de ce jour, nous proposons les commentaires de deux très beaux vins dégustés en juin 2022, chez des amis. Les accords avaient été concluants avec des langoustines.

Nous remercions nos lecteurs de leurs commentaires avisé et nous ne manquerons pas de répondre à toute nouvelle sollicitation.

 

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Chablis : Vincent Dauvissat : Premier Cru Forest 2010

La robe or vif est brillante. Le nez expressif évoque les poires, les oranges, les fleurs champêtres, de légères épices, avec des notes de mousserons. L'attaque est charnue et veloutée, le milieu de bouche est rempli avec élégance et d'une bonne densité, rehaussé de fruits avenants. La finale est longue, fraîche, tonique, expressive, assez complexe, avec une mâche légèrement calcaire. Note potentielle 17 (94/100)note plaisir 16,5

 

Meursault : Vincent Girardin : Premier Cru : Les Genevrières 2010

La robe est dorée et brillante. Le bouquet est intense avec des arômes d'épices douces (dont le safran) de pêches jaunes, d'agrumes (oranges), et des notes d'infusions et d'amande. La bouche est bien en chair et très veloutée en attaque, le milieu de bouche est plein, fruité, avec du volume, et dotée d'une chair généreuse. La finale est longue, intense, fraîche, complexe, aromatique et saline. Noté 17,5, (95/100) même note plaisir

Posté par Daniel S à 18:29 - Dégustations éclectiques - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 janvier 2023

Des vins de Saint Emilion du millésime 2019 à l'Union des Grands Crus à Bordeaux

Le billet de ce jour propose une publication faite sur ce blog le 11 septembre : la qualité des vins présentés nous a semblé adapté à une relecture. Nous ne manquerons pas de répondre à tout commentaire de nos lecteurs.

Nous ne reviendrons pas en détail sur la météorologie du millésime 2019 déjà évoquée dans les billets précédents concernant d'autres appellations communales. Il faut garder à l'esprit qu'il ya bien en gros deux secteurs distincts à Saint Emilion : le secteur de Cheval Blanc, et Figeac (graves, argiles graveleuses, et argiles) plus précoce et le plateau argilo-calcaire plus tardif. L'important orage du 22 septembre (30 mm d'eau au moins) a eu un rôle important dans les choix de vendanges sur le plateau calcaire. Certaines propriétés devant l'augmentation rapide des sucres dans les baies ont vendangé avant le 22 septembre, d'autres ont attendu et vendangé après, profitant ainsi d'une dilution des sucres.

La dégustation a confirmé la grande qualité des vins dans ce millésime avec un Château-Figeac éblouissant grâce notamment aux deux Cabernets représentant 70% de l'assemblage, et les réussites habituelles des propriétés situées sur les coteaux ou le plateau argilo-calcaire.

Beaucoup de châteaux n'ont pas souhaité présenter de vins lors de cette manifestation. ( Clos Fourtet, La Gaffelière, Troplong-Mondot, Trottevieille, et Valandraud entre autres), comme d'ailleurs aussi pour d'autres appellations. Les quelques conversations que j'ai pu avoir avec les amateurs/passionnés présents à cette dégustation ont montré un agacement certain devant ces défections de plus en plus fréquentes.

 

Les robes sont profondes de couleur sanguine à violine.

 

Canon 2019

assemblage : Merlot 74%, Cabernet franc 26%

L'agitation amplifie des arômes de prunes violettes, nuancées de petites baies noires, de fines épices et d'élevage qualitatif. La bouche offre une chair très veloutée enrobant les tannins, le milieu de bouche fruité est dense et plus haut que l'attaque. La finale est allongée, restant veloutée, d'une bonne fraîcheur et aromatique. Noté 17,5 (95/100)

 

Canon-La-Gaffelière 2019

assemblage : Merlot 49%, Cabernet franc 39%, Cabernet Sauvignon 12%

Le nez , bien ouvert évoque les petites baies noires (dont le cassis), les cerises, les épices douces avec des notes florales et un élevage fin. La texture est très veloutée à soyeuse, le vin se développe dans un corps bien formé et rempli, rehaussé de fruits légèrement épicés. La finale est allongée, veloutée, d'une bon maintien, équilibrée, fruitée et épicée. Noté 17,5 (95/100)

 

La Dominique 2019

encépagement : Merlot 81%, Cabernet franc 16%, Cabernet Sauvignon 3%

L'aération amplifie des arômes de cerises noires, de mûres, de boite à épices avec des notes de réglisse. La bouche est charnue, veloutée, ample, pleine, et fruitée. La finale est allongée, assez veloutée, élégante et expressive. Noté 17 (94/100)

 

Château-Figeac 2019

assemblage : Merlot 30% , Cabernet franc 36%, Cabernet Sauvigon 34%

L'olfaction est pure et intense, avec des arômes de cerises, de cassis, de myrtilles, d'épices variées, , de violettes, des notes légèrement fumées et un élevage distingué. La bouche est éclatante, charnue, très veloutée à soyeuse, dense concentrée avec élégance, rehaussée de fruits éloquants. La finale intense, est très longue, toujours très veloutée, avec une fine tonicité, très expressive et complexe. Note potentielle 19,5 (99/100)

 

 

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Larcis Ducasse 2019

assemblage : Merlot 88%; Cabernet franc 12%

Des arômes fruités (cerises et petites baies noires), de fleurs mauves, de fines épices et de thé fumé s'intensifie à l'aération. L'attaque est très veloutée, les sensations sont ascendantes vers un milieu de bouche dense, ample, bien en chair et fruité. La finale est longue d'un bon maintien, fraîche et persistante. Noté 18,5 (97/100)

 

Larmande 2019

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assemblage : Merlot 64% , Cabernet franc 33%, Cabernet Sauvigon 3%

L'agitation estompe un élévage légèrement au premier plan et fait place à des arômes de fruits variés et de légères épices. La bouche est délicate, fuselée, assez dense et fruitée. La finale est allongée, un peu plus ferme, équilibrée, d'une bonne expression aromatique. Noté 16,5 (93/100)

 

Pavie Macquin 2019

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assemblage : Merlot 78% , Cabernet franc 20%, Cabernet Sauvigon 2%

Le nez intense , évoque les cerises burlat, le petites baies noires, les épices douces, les fleurs variés, avec des notes sanguines et légèrement truffées. La bouche est bien en charnue , sphérique, très pleine, concentrée naturellement, veloutée et très fruitée. La finale est longue, intense , fraîche, avec une légère mâche calcaire qui participe au dynamisme du vin, et très expressive. Note potentielle 19 (98/100)

 

Soutard 2019

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assemblage : Merlot 69% , Cabernet franc 24%, Cabernet Sauvigon 4%, Malbec 3%

L'aération met en valeur des arômes de fruits noirs, d'épices, et d'élevage qualitatif . La bouche est bien construite, d'une bonne densité , ample, délicatement charnue, veloutée et fruitée. La finale est allongée, fraîche, légèrement ferme, et aromatique. Noté 17 (94/100)

 

La Tour Figeac 2019

assemblage : Merlot 65%; Cabernet franc 35%

L'olfaction est ouverte avec des arômes de cerises, de cassis, de violettes, et d'élevage élégant. L'attaque est délicate et veloutée, le vin prend de la plénitude et de la densité dans un milieu de bouche doté d'une chair de bon aloi et fruité. La finale est allongée, d'un bon maintien, harmonieuse, fruitée, épicée et florale. Noté 16,5 (93/100) ,voire un peu plus dans 3 à 5 ans

 

Villemaurine 2019

assemblage : Merlot 80%; Cabernet franc 20%

Des arômes d'élevage se dissipent à l'agitation et font place à ceux de fruits noirs et d'épices. La bouche est souple, un peu plus haute avec de la rondeur dans un milieu de bouche délicatement charnu, velouté et fruité. La finale est allongée, fraîche, avec une association fruits, épices, et élevage. Noté 16 (92/100) en l'état.

 

 

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10 janvier 2023

Apollinaire et le vin - analyse du recueil Alcools

Evoquer le vin chez Guillaume Apollinaire semble de prime abord moins évident que d'en parler avec Baudelaire. En effet, dans Les Fleurs du Mal, une section complète est dévolue au vin et à la puissance évocatrice qu'il confère au poète.

Chez Apollinaire, le pluriel du mot Alcools, titre de son recueil, et l'appréciation du vin sous ce seul aspect nous éloignent de l'idée que le poète chercherait à évoquer le seul plaisir oenophile.

 

 

 

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Pourtant, s'il est bien question de boissons alcoolisées, et sans doute même d'eau-de vie, Apollinaire fait davantage référence au vin.

Rappelons qu'il termine Alcools par le poème Vendémiaire, titre tiré du latin vindemia qui signifiait « vendange ». La lecture prouve qu'il est réellement question de la dissolution du vin dans la vision ou dans la peinture que lui renvoie Paris lorsque l'ivresse des mots l'atteint.

Citons : « Je vis alors que déjà ivre dans la vigne Paris
Vendangeait le raisin le plus doux de la terre
Ces grains miraculeux qui aux treilles chantèrent »

 

plus loin :  « Ces très hautes amours et leur danse orpheline
Deviendront ô Paris le vin pur que tu aimes »

 

et enfin,« Les raisins de nos vignes on les a vendangés
Et ces grappes de morts dont les grains allongés
Ont la saveur du sang de la terre et du sel
Les voici pour ta soif ô Paris » 

 

Pour s'en convaincre encore, relisons Nuit Rhénane

 

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire

 

 

Pourquoi alors avoir réduit à la notion "d'Alcools" les références au vin ?

Le mot « alcool » est polysémique.

Certes, il est bien question de la boisson.

"Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie

Ta vie que tu bois comme une eau de vie"

Le parallélisme qu'il vit et qu'il met en valeur entre la vie et l'eau-de-vie  - et que l'on retrouve tout au long du recueil - naît de l'exaltation d'Apollinaire à ressentir l'incantation poètique dès qu'il est aux prise avec le temps qui lui est donné de vivre. Rappelons que le recueil devait s'appeler initialement "Eau de vie" par Apollinaire. Le pluriel qu'il a adopté précise tout l'itinéraire de sa vie avec la multiplicité des lieux, des rencontres et des visions. 

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Ensuite, plus que la boisson elle-même, l'alcool est l'intrant créatif, à l'instar de la Muse, qui frappe les sens du poète. Ce dernier sous l'emprise de l'ivresse recompose, recrée le réel et l'habille de merveilles. Merveilles au sens médiéval du terme. Le vin et l'eau-de-vie permettent à Apollinaire de récréer le réel, avec une vision neuve et inouïe, parce qu'il est dans un état de réceptablité absolue. Cet état n'est pas absolument celui de la plus vilaine ébriété, il est plutôt celui de l'homme ivre de pouvoirs sur les mots pour transcender des enchantements mystiques, spirituels et chevaleresques.

Il n'est pas un seul poème où ne se créent des kaléïdoscope d'images empruntées au Moyen-Âge, à l'Antiquité, à la Bible et au présent du poète. Cette superposition d'images d'ailleurs évoque l'influence cubiste.

 

Prenons le poème Salomé. Elle est certes la fille d'Hérodiade qui a demandé la tête de Jean le Baptiste, mais elle continue aussi de danser devant sa mère vêtue en robe de comtesse et devant le Dauphin. L'univers médiéval est clairement superposé à celui biblique, pour l'Eros et le Thanatos, pour le tragique et le joyeux, pour l'eau-de-vie et le vin.

Une même analyse serait évidente avec le poème Lorelei, dans lequel les références à l'univers médiéval sont celles de la sorcellerie et la magie telles qu'elles se lisent dans les légendes arthuriennes.

 

L'ivresse est aussi chez Apollinaire le moyen de vivre la simultanéité. Il vit à une époque où tout va vite : l'industrie automobile s'impose, le développement de la photographie et des premiers films impressionnent, et l'aéronautique a ses premiers héros...

Aussi, souhaite-t-il recréer un présent qui puisse se prolonger. Le vin est alors le philtre magique qui arrête le temps, l'éternise. Dans les romans de chevalerie, c'est souvent un philtre pour un amour éternel1. Abreuvé de vin, Apollinaire revendique une capacité à détruire toute chronologie pour au contraire fondre en une simultanéité des peintures du passé et du présent.

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Dans 1909, il décrit selon le principe du blason (genre littéraire du XVIème siècle, qui prend naissance au Moyen-Âge où il avait pour but de louer l'exploit chevaleresque) la beauté d'une femme qu'il va alors associer aux noirceurs des ouvrières. Etonnante superposition comme on s'habitue à en lire chez Apollinaire. Surtout, une sorte d'arrêt sur image d'une fresque moderne dont l'intonaco est médiéval ou exotique ( on peut penser aux Contes des Mille et une Nuits).

 

Citons : 

La dame en robe d'ottoman violine
Et en tunique brodée d'or
Décolletée en rond
Promenait ses boucles
Son bandeau d'or
Et traînait ses petits souliers à boucles

Elle était si belle
Que tu n'aurais pas osé l'aimer

J'aimais les femmes atroces dans les quartiers énormes
Où naissaient chaque jour quelques êtres nouveaux
Le fer était leur sang la flamme leur cerveau

J'aimais j'aimais le peuple habile des machines

N'oublions pas surtout !, le vin est une saveur et c'est ce que le poète souhaite distiller dans l'écriture. La saveur d'écrire et de lire.

Ce bonheur est incidemment explicité par l'association récurrente du verre et du rire.

Dans le poème qu'il a composé pour son ami André Salmon et qu'il lui a lu à l'occasion de son mariage, le verre, tombant, se brisant, donne à rire.

Les verres tombèrent se brisèrent
Et nous apprîmes à rire
Nous partîmes alors pèlerins de la perdition

 

Dans Nuit Rhénane, "le verre se brise comme un éclat de rire".

 

Le plaisir du lecteur est l'ivresse des mots, et des images qui tourbillonnent sensoriellement, visuellement et phonétiquement. Investir et lire Apollinaire c'est vivre une poésie qui gomme les frontières spatiales et temporelles, c'est se laisser enivrer d'une parole fascinante car décuplée de sens que le poète nous dit de choisir.

S'il y a excessivité parfois – car le sens n'est pas toujours donné, il doit être exploré – il y a néanmoins une musicalité orphéique. Apollinaire revendique sa volonté d'animer par son pouvoir poétique. Il ne veut pas nécessairement retrouver son Eurydice (Lou, Annie...). La femme n'est intéressante que dans l'intemporalité de son souvenir, et dans le rattachement possible à la présence du vin. Le poète veut tout réinventer, recréer ( à commencer par son nom : il choisit de se faire appeler Apollinaire en souvenir du prénom de son grand-père Apollinaris...) à travers le filtre d'une l'écriture nimbée de vin, et d'alcools.

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Les femmes

Dans la maison du vigneron les femmes cousent
Lenchen remplis le poêle et mets l'eau du café
Dessus - Le chat s 'étire après s 'être chauffé
- Gertrude et son voisin Martin enfin s s'épousent

Le rossignol aveugle essaya de chanter
Mais l'effraie ululant il trembla dans sa cage
Ce cyprès là-bas a l'air du pape en voyage
Sous la neige - Le facteur vient de s 'arrêter

Pour causer avec le nouveau maître d'école
- Cet hiver est très froid le vin sera très bon

 

1Notons que dans l'Opéra de Donizetti ( 1832 ), inspiré de Tristan et Iseult, c'est un vin de Bordeaux qui est choisi en guise de philtre

 

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