Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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31 juillet 2014

Bordeaux : Pavie Macquin 2004 et Larcis Ducasse 2006, et fromages...

 

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Nous passons aux fromages. Ce sont des vins de Bordeaux qui sont prévus, aussi orientons-nous nos choix sur du Saint Nectaire, un Comté de huit mois d'affinage seulement, une tomme de vache.

Après l'achat de ces fromages, je les ai maintenus dans un endroit surélevé de notre cave, naturellement sous terre et donc à température constante, c'est à dire les plus hautes marches pour y accéder. Les fromages ont tout naturellement continué leur affinage. Tels qu'ils ont été présentés, ils ont été un régal. Les vins de Bordeaux se soumettent volontiers au Saint Nectaire, et à toute tomme de vache. Le choix du Comté de huit mois est inédit dans notre pratique, mais il s'est révélé intéressant.

Les amatrices de Champagne ont pour elles du Maroilles dont l'accord n'est plus à démontrer.

 

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Les vins ont été mis en carafe trois à quatre heures avant la dégustation

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Saint Emilion : Larcis Ducasse 2006

La robe est profonde, avec un liseré de couleur sanguine. Le nez est expressif et séduisant, avec des arômes de cerises noires, de mûres, d’épices douces, agrémentés de notes florales, et d’élevage pas encore entièrement fondu en retrait. La bouche est veloutée, les tannins fins et mûrs sont enrobés par une chair élégante, et de trament dans un corps fuselé bien dessiné, souligné par des fruits avenants. La finale est allongée, d’un bon maintien ( tannins plus fermes et crayeux), élancée, très fraîche ( acidité un rien vive) mise en valeur par les saveurs révélées à l’olfaction. Note potentielle 16, note plaisir 15,5. A attendre 4 à 5 ans

Saint Emilion : Pavie Macquin 2004

La robe est profonde, de teinte sanguine au bord du disque, le bouquet net et intense, évoque les cerises mûres, la boite à épices, les truffes noires, avec des notes de cassis et très légèrement réglissées ; l’élevage discret n’est pas encore complètement fondu. La bouche est très veloutée en attaque, les tannins sont habillés par une chair bien formée, qui offre une plaisant velouté de texture dans un centre plein, sphérique et puissant (dans le contexte du millésime) rehaussé de fruits gourmands. La finale est longue, énergique, tout en conservant une agréable douceur tactile, fraîche et savoureuse (fruits, épices, truffe, notes florales) . Noté 17, note plaisir 16,5. Plateau de maturité dans cinq ans.


30 juillet 2014

Deux accords : Chablis et lotte, Côte Rôtie et rable de lapin...

Les trois vins commentés ci-après ont été servis sur la lotte, en transition pour le Châteauneuf et avec le lapin pour la Côte Rôtie.

L'accord avec le rable farci est intéressant et bien maîtrisé. Très épicé, très complexe, avec des notes fumées, un peu sanguines, ou rappelant le lard fumé!

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Hélas, le Chablis n'a pas joué sa meilleure partition avec la lotte. Le plat était absolument délicieux mais il aurait mérité un vin plus rond, plus charnu encore, ce Chablis ayant pour particularité d'être très longiligne.

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Les vins ont été mis en carafe trois heures avant la dégustation

Chablis : Dauvissat : Les Clos 2006

La robe de couleur or clair est brillante, le nez est ouvert, avec des arômes de fruits blancs, de citron, agrémentés des notes florales, fumées, de fines épices et de léger miel. La bouche est charnue, d’un élégant velouté de texture, construite serrée et dense dans un corps fusiforme, rehaussé de fruits mûrs et expressifs. La longue finale, bien tenue par une puissance sous-jacente évidente et sans outrecuidance,  tout en conservant un toucher délicat et fin est droite, fraîche, fruitée, finement épicées, avec des notes crayeuses et salines. Note potentielle 17,5, note plaisir 16,5. A attendre au moins 2018, pour davantage de complexité.

Châteauneuf du Pape : Domaine de la Janasse : Vieilles Vignes 2006

Le vin a été servi à une température de 14°C

La robe est assez profonde à profonde, avec des reflets de couleur pourpre à sanguine. Le bouquet  complexe et intense, évoque les cerises kirschées, la boite à épices, l’olive noire, avec des notes de garrigue, d’eucalyptus, et de chocolat. La bouche est riche, puissante (sans excès) sensuelle, concentrée dans un milieu de bouche très fruité et épicé. La finale est longue, généreuse, voluptueuse, d’un équilibre satisfaisant (température ajustée) complexe, avec la rémanence appuyée des saveurs décelées à l’olfaction. Noté 17,5, même note plaisir

Côte Rôtie : Domaine Jamet 2007

La robe est soutenue à assez profonde de teinte pourpre à rubis. L’olfaction est avenante et expressive, avec des arômes de cassis, de mûres sauvages, de baies de Setchouan, nuancés de note florales, et légèrement lardées. L’attaque est nette, assez veloutée, les tannins mûrs sont enrobés d’une chair bien formée, le centre, assez velouté, est bien charpenté par une trame tannique serrée (tannins un peu plus fermes), agrémenté de fruits épicés expressifs. La finale est allongée, d’un bon maintien, fraîche, très aromatique (fruits, épices, notes fumées), elle est ponctuée par une touche de violette. Note potentielle 17, note plaisir 16.  A attendre 4 à 5 ans que les tannins soient fondus

29 juillet 2014

Deux Riesling pour un début de repas. Mann vs Sipp. Kirchberg vs Schlossberg. 2008 vs 2012

Notre retour dans le Nord a été l'occasion d'un repas festif avec nos amis amateurs de vins et de bonne chère. Le repas a été réalisé à quatre mains. Les vins ont été choisis en fonction du menu et dans l'ensemble à un accord près ils ont suivis avec élégance la route des plats.

Le menu a été le suivant

Mises en bouche : trilogie de langoustine, langoustine à la pistache, samousa de langoustine et tartare de langoustine à la vanille

Noix de Saint Jacques en trois façons :  en carpaccio aux baies roses et sorbet de baies roses, poêlées à l'unilatéral sur un lit d'artichaut et sabayon à l'orange,  et en coque de sel.

Lotte au maroilles

Rable de lapin farci, tagliatelles de courgettes et de carottes, écrasé de vitelottes

Fromages divers

Cheese-cake aux framboises et aux groseilles, charlotte aux framboises et aux groseilles, et sabayon aux framboises et aux groseilles.

 

les deux premiers vins ont été proposés sur les mises en bouche puis sur les noix de Saint Jacques. Les discussions ont été orientées sur les goûts des uns et des autres et sur les préférences en termes d'accord.

A l'unanimité les noix de Saint Jacques aux artichauts est le plat qui a plu davantage, mais l'accord le plus remarqué ou apprécié a été celui de la noix en coque de sel.

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Les vins ont été servis sans mise en carafe

Alsace : Domaine Louis Sipp : Riesling : Kirchberg de Ribeauvillé 2008

La robe offre une teinte or vif. Le bouquet est net et expressif, à l’aération et la remontée des températures, avec des arômes de citron bien mûr, de mandarine, de léger naphte, nuancés de notes florales, et de très légères épices orientales. La bouche est riche, très charnue, presque grasse, dotée d’une puissance sous-jacente maîtrisée qui donne du volume et de l’ampleur dans un centre rehaussé de fruits bien mûrs. La finale est longue, pure, bien dessinée, fraîche, pleine, soulignée par les saveurs décelées à l’olfaction ponctuée de notes salines. Noté 17, note plaisir 16,5. A attendre son dixième anniversaire

Alsace : Domaine Albert Mann : Riesling Schlossberg 2012

La robe de couleur jaune clair est brillante. L’olfaction pure et ouverte, évoque le citron et le pamplemousse bien mûrs, agrémentées des notes florales (fleurs blanches et une touche camomille ), avec des notes légèrement fumées. La bouche est droite, pure, très charnue, d’un séduisant velouté de texture, dense et serrée dans le milieu de bouche, frais, agrémenté de fruits bien en chair et gourmands. La finale est allongée, soutenue, épurée, délicate et énergique à la fois, à l’aromatique expressive (palette affriolante d’agrumes) et notes florales, très saline dans son ultime sensation. Note potentielle 17,5, note plaisir 16,5. A attendre au moins cinq ans, en toute sérénité

28 juillet 2014

Castillon Côtes de Bordeaux : Domaine de l'A 2005 et Clos Puy Arnaud 2005

Je n’avais pas regoûté une bouteille du Domaine de l’A ( millésime 2005) depuis l’ année qui a suivi la mise . La venue d’un amateur des vins de cette propriété a été l’occasion de le déguster. Le vin a été mis en carafe deux heures avant la dégustation, et nous avons trouvé un vin conforme à nos attentes, la carafe à été terminée lors du repas.

Clos Puy Arnaud 2005 bu sur une durée de 48 heures, sans mise en carafe, s’est montré inférieur, sur cette bouteille, à la précédente dégustation, avec une finale plus conflictuelle qu’harmonieuse ( acidité gustative un peu vive, tannins un peu secs), nous suivrons l’évolution que nous espérons positive sur les prochaines années

 

Castillon-Côtes de Bordeaux : Domaine de l’A 2005

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La robe est profonde, avec un liseré de couleur sanguine à violine, le bouquet intense et séduisant évoque la soupe de fruits noirs ( cerises dominantes, cassis et mûres), de fines épices douces, avec des notes réglissées, et une élevage de qualité pas encore entièrement fondu. L’attaque est très veloutée, presque soyeuse, les tannins mûrs se trament dans un corps charnu, dense, et sphérique, agrémenté de fruits intenses et gourmands. La finale est longue, soutenue, bien tenue par des tanins au toucher légèrement crayeux, d’une bonne fraîcheur, savoureuse ( fruits, épices, et légère réglisse, avec une touche de violettes). Note potentielle 17, note plaisir 16,5. A attendre deux à trois ans pour en profiter pleinement.

Castillon-Côtes de Bordeaux : Clos Puy Arnaud 2005

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La robe est profonde, de teinte sanguine eu bord du disque. Le nez est net et expressif avec des arômes de cerises burlat, d’épices orientales de roses séchées, des notes réglissées et de léger élevage de qualité. La bouche est très veloutée en attaque, les tannins sont enrobés par une chair de bon aloi, le centre est corsé, assez puissant, avec des tannins un peu plus fermes, rehaussé de fruits expressifs. La finale est allongée, marquée par une acidité ressentie un peu vive, des tannins un peu secs  qui nuisent à l’harmonie du vin, malgré une palette aromatique séduisante. Une bouteille inférieure à celle dégustée précédemment. Note plaisir 14

25 juillet 2014

La fontaine de vin (2)

L’amateur des villes et l’amateur des champs.

 

Un amateur de vin, riche collectionneur

Vantait ses Angelus et Romanée-Conti.

Fréquentait beau monde, et dîners organisait,

Somptueux de chères, de Chambolle-Musigny.

 

Un jour, il rencontra un bien pauvre amateur,

Qui de sa cave n’avait que modestes Chablis,

Petit crus Bourgeois, quelques rares Beaujolais,

Qu’il dégustait seul, car il n’avait point d’amis.

 

« Comment, cher ami, se prétendre connaisseur

Sans avoir comme son plus modeste trésor

Quelques-uns des grands crus de notre Côte d’Or !

Nos modestes Pomerol, Petrus et Lafleur !

 

- C’est que je n’ai point vos moyens,  ne suis cador,

Je dois me contenter de mes maigres trouvailles,

Pour boire sans que je me mette sur la paille,

Je me régale, comme un Nabuchodonosor 

 

Qui imagine que sa cave est Babylone,

Qui rêve L’Alsace, Bordeaux, et la Bourgogne,

Et savoure au centuple ses doux breuvages,

Le cœur rempli de joie, l’esprit dans les nuages.

 

- Venez chez moi, à la ville, pour enfin goûter

Ce que c’est que le vin. Viendra d’autres amis »

 

 L’amateur des champs accepta, et se rendit

Chez l’amateur des villes, où braves gens goûtaient

Force vins, moult Champagnes millésimés.

Mais, soudain, l’oreille attentive du campagnard

Perçut critiques et méchantes railleries

Pour Mouton-Rothschild qui n’était que vil pinard

Richebourg affreux et imbuvable Clos de Tart.

 

Moralité

Il ne saurait y avoir de moralité

Des amateurs des villes peuvent être connaisseurs,

Et d’un beau patrimoine vinique les vecteurs.

Les amateurs des champs sont une belle entité

Rappelant que le vin n’est que félicité

Pour qui sait à sa juste valeur l’apprécier.        

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La fontaine de vin (2)

L’amateur des villes et l’amateur des champs.

 

Un amateur de vin, riche collectionneur

Vantait ses Angelus et Romanée-Conti.

Fréquentait beau monde, et dîners organisait,

Somptueux de chères, de Chambolle-Musigny.

 

Un jour, il rencontra un bien pauvre amateur,

Qui de sa cave n’avait que modestes Chablis,

Petit crus Bourgeois, quelques rares Beaujolais,

Qu’il dégustait seul, car il n’avait point d’amis.

 

« Comment, cher ami, se prétendre connaisseur

Sans avoir comme son plus modeste trésor

Quelques-uns des grands crus de notre Côte d’Or !

Nos modestes Pomerol, Petrus et Lafleur !

 

- C’est que je n’ai point vos moyens,  ne suis cador,

Je dois me contenter de mes maigres trouvailles,

Pour boire sans que je me mette sur la paille,

Je me régale, comme un Nabuchodonosor 

 

Qui imagine que sa cave est Babylone,

Qui rêve L’Alsace, Bordeaux, et la Bourgogne,

Et savoure au centuple ses doux breuvages,

Le cœur rempli de joie, l’esprit dans les nuages.

 

- Venez chez moi, à la ville, pour enfin goûter

Ce que c’est que le vin. Viendra d’autres amis »

 

 L’amateur des champs accepta, et se rendit

Chez l’amateur des villes, où braves gens goûtaient

Force vins, moult Champagnes millésimés.

Mais, soudain, l’oreille attentive du campagnard

Perçut critiques et méchantes railleries

Pour Mouton-Rothschild qui n’était que vil pinard

Richebourg affreux et imbuvable Clos de Tart.

 

Moralité

Il ne saurait y avoir de moralité

Des amateurs des villes peuvent être connaisseurs,

Et d’un beau patrimoine vinique les vecteurs.

Les amateurs des champs sont une belle entité

Rappelant que le vin n’est que félicité

Pour qui sait à sa juste valeur l’apprécier.        

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La fontaine de vin (2)

L’amateur des villes et l’amateur des champs.

 

Un amateur de vin, riche collectionneur

Vantait ses Angelus et Romanée-Conti.

Fréquentait beau monde, et dîners organisait,

Somptueux de chères, de Chambolle-Musigny.

 

Un jour, il rencontra un bien pauvre amateur,

Qui de sa cave n’avait que modestes Chablis,

Petit crus Bourgeois, quelques rares Beaujolais,

Qu’il dégustait seul, car il n’avait point d’amis.

 

« Comment, cher ami, se prétendre connaisseur

Sans avoir comme son plus modeste trésor

Quelques-uns des grands crus de notre Côte d’Or !

Nos modestes Pomerol, Petrus et Lafleur !

 

- C’est que je n’ai point vos moyens,  ne suis cador,

Je dois me contenter de mes maigres trouvailles,

Pour boire sans que je me mette sur la paille,

Je me régale, comme un Nabuchodonosor 

 

Qui imagine que sa cave est Babylone,

Qui rêve L’Alsace, Bordeaux, et la Bourgogne,

Et savoure au centuple ses doux breuvages,

Le cœur rempli de joie, l’esprit dans les nuages.

 

- Venez chez moi, à la ville, pour enfin goûter

Ce que c’est que le vin. Viendra d’autres amis »

 

 L’amateur des champs accepta, et se rendit

Chez l’amateur des villes, où braves gens goûtaient

Force vins, moult Champagnes millésimés.

Mais, soudain, l’oreille attentive du campagnard

Perçut critiques et méchantes railleries

Pour Mouton-Rothschild qui n’était que vil pinard

Richebourg affreux et imbuvable Clos de Tart.

 

Moralité

Il ne saurait y avoir de moralité

Des amateurs des villes peuvent être connaisseurs,

Et d’un beau patrimoine vinique les vecteurs.

Les amateurs des champs sont une belle entité

Rappelant que le vin n’est que félicité

Pour qui sait à sa juste valeur l’apprécier.        

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24 juillet 2014

J'ai bu du kloug!

Lors d’une séance de physique chimie, non loin de Bordeaux, j’ai suivi un séminaire sur la flottation et le broyage minéral.

A l’aide d’un sèche-cheveux, il est possible de transformer la goethite en hématite, auquel vous ajoutez de la poudre sèche de mica et de schiste vert et quelques raisins secs broyés. L’ensemble refermente naturellement après dilution, et vous pénétrez pleinement dans les sciences métamorphoviniques !

Au nez, les arômes sont fruités, pommes cuites, noix, cumin, cardamome. La bouche présente une forte volatile (sans doute liée à une fermentation alcoolique incomplète du mica). La finale se clôt sur des notes d’eucalyptus, la rendant fraîche. Un vin vitamino-minéral anthroposophique d’une belle complexité !

 

Notre professeur de chimie nous invite à déguster d’autres nectars. En le titillant un peu de mes longs cils, graissés au ricil volumateur, dans un regard dévastateur, je finis par comprendre qu’il est à ses heures perdues vigneron.

La deuxième bouteille est un vin issu du cépage morphochromatographe ayant bénéficié d’une cristallisation sensible. Le vin est très peu soufré (un peu quand même, il n’est donc pas classé "nature") mais il est stabilisé avec du soufre volcanique.

Au nez, quelques douces odeurs de camphre, de notes pharmaceutiques. Toujours cette bienveillante volatile qui émoustille les narines. En bouche, le vin est d’une réelle complexité aux goûts de pommes fermentées, de tourbe, de vanille, de caramel et d’épices.

 

La troisième bouteille est proposée à l’aveugle. Elle ressemble à du pommeau, au nez comme en bouche. Je propose, lorsque je suis interrogée, sydre de Bordelet. Je fais une énorme bévue qui vexe le professeur. Il s’agit d’une expérimentation qu’il a faite sur un Sauternes, avec du sémillon, comme cépage majoritaire.

 

 

 « Les personnages et les situations de ce récit n’étant pas purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait pas être que fortuite. »

 

Hélas…

 

Quelques grands domaines en Sauternes sont passés en biodynamie et quelques grands autres sont en cours de labellisation. Ce qui ne manque pas de me réjouir, puisqu’à cette philosophie terrienne et viticole préside une éthique humaniste, fondée sur le respect de notre terre, aujourd’hui pour demain, et sur de meilleurs produits sanitaires. Les conduites des vignobles en biodynamie sont menées par des vignerons courageux, qui relèvent le défi de nettoyer plusieurs années d’inconscience herbicide !

 

Il est cependant de ces extrémistes dans ces démarches culturales, des ayatollahs qui desservent la biodynamie, à coup de bons mots pseudo-scientifiques dont les approximations ont provoqué des coups de sang à un certain géologue que j’ai dû maîtriser. Entre deux fous rires me concernant, parce que le coup du vin refermenté à base de minéraux broyés, c’est du vécu ! Non, du kloug !

 

Isabelle

Posté par Daniel S à 18:45 - Billets d'humeur - Commentaires [2] - Permalien [#]

J'ai bu du kloug!

Lors d’une séance de physique chimie, non loin de Bordeaux, j’ai suivi un séminaire sur la flottation et le broyage minéral.

A l’aide d’un sèche-cheveux, il est possible de transformer la goethite en hématite, auquel vous ajoutez de la poudre sèche de mica et de schiste vert et quelques raisins secs broyés. L’ensemble refermente naturellement après dilution, et vous pénétrez pleinement dans les sciences métamorphoviniques !

Au nez, les arômes sont fruités, pommes cuites, noix, cumin, cardamome. La bouche présente une forte volatile (sans doute liée à une fermentation alcoolique incomplète du mica). La finale se clôt sur des notes d’eucalyptus, la rendant fraîche. Un vin vitamino-minéral anthroposophique d’une belle complexité !

 

Notre professeur de chimie nous invite à déguster d’autres nectars. En le titillant un peu de mes longs cils, graissés au ricil volumateur, dans un regard dévastateur, je finis par comprendre qu’il est à ses heures perdues vigneron.

La deuxième bouteille est un vin issu du cépage morphochromatographe ayant bénéficié d’une cristallisation sensible. Le vin est très peu soufré (un peu quand même, il n’est donc pas classé "nature") mais il est stabilisé avec du soufre volcanique.

Au nez, quelques douces odeurs de camphre, de notes pharmaceutiques. Toujours cette bienveillante volatile qui émoustille les narines. En bouche, le vin est d’une réelle complexité aux goûts de pommes fermentées, de tourbe, de vanille, de caramel et d’épices.

 

La troisième bouteille est proposée à l’aveugle. Elle ressemble à du pommeau, au nez comme en bouche. Je propose, lorsque je suis interrogée, sydre de Bordelet. Je fais une énorme bévue qui vexe le professeur. Il s’agit d’une expérimentation qu’il a faite sur un Sauternes, avec du sémillon, comme cépage majoritaire.

 

 

 « Les personnages et les situations de ce récit n’étant pas purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait pas être que fortuite. »

 

Hélas…

 

Quelques grands domaines en Sauternes sont passés en biodynamie et quelques grands autres sont en cours de labellisation. Ce qui ne manque pas de me réjouir, puisqu’à cette philosophie terrienne et viticole préside une éthique humaniste, fondée sur le respect de notre terre, aujourd’hui pour demain, et sur de meilleurs produits sanitaires. Les conduites des vignobles en biodynamie sont menées par des vignerons courageux, qui relèvent le défi de nettoyer plusieurs années d’inconscience herbicide !

 

Il est cependant de ces extrémistes dans ces démarches culturales, des ayatollahs qui desservent la biodynamie, à coup de bons mots pseudo-scientifiques dont les approximations ont provoqué des coups de sang à un certain géologue que j’ai dû maîtriser. Entre deux fous rires me concernant, parce que le coup du vin refermenté à base de minéraux broyés, c’est du vécu ! Non, du kloug !

 

Isabelle

Posté par Daniel S à 16:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

J'ai bu du kloug!

Lors d’une séance de physique chimie, non loin de Bordeaux, j’ai suivi un séminaire sur la flottation et le broyage minéral.

A l’aide d’un sèche-cheveux, il est possible de transformer la goethite en hématite, auquel vous ajoutez de la poudre sèche de mica et de schiste vert et quelques raisins secs broyés. L’ensemble refermente naturellement après dilution, et vous pénétrez pleinement dans les sciences métamorphoviniques !

Au nez, les arômes sont fruités, pommes cuites, noix, cumin, cardamome. La bouche présente une forte volatile (sans doute liée à une fermentation alcoolique incomplète du mica). La finale se clôt sur des notes d’eucalyptus, la rendant fraîche. Un vin vitamino-minéral anthroposophique d’une belle complexité !

 

Notre professeur de chimie nous invite à déguster d’autres nectars. En le titillant un peu de mes longs cils, graissés au ricil volumateur, dans un regard dévastateur, je finis par comprendre qu’il est à ses heures perdues vigneron.

La deuxième bouteille est un vin issu du cépage morphochromatographe ayant bénéficié d’une cristallisation sensible. Le vin est très peu soufré (un peu quand même, il n’est donc pas classé "nature") mais il est stabilisé avec du soufre volcanique.

Au nez, quelques douces odeurs de camphre, de notes pharmaceutiques. Toujours cette bienveillante volatile qui émoustille les narines. En bouche, le vin est d’une réelle complexité aux goûts de pommes fermentées, de tourbe, de vanille, de caramel et d’épices.

 

La troisième bouteille est proposée à l’aveugle. Elle ressemble à du pommeau, au nez comme en bouche. Je propose, lorsque je suis interrogée, sydre de Bordelet. Je fais une énorme bévue qui vexe le professeur. Il s’agit d’une expérimentation qu’il a faite sur un Sauternes, avec du sémillon, comme cépage majoritaire.

 

 

 « Les personnages et les situations de ce récit n’étant pas purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait pas être que fortuite. »

 

Hélas…

 

Quelques grands domaines en Sauternes sont passés en biodynamie et quelques grands autres sont en cours de labellisation. Ce qui ne manque pas de me réjouir, puisqu’à cette philosophie terrienne et viticole préside une éthique humaniste, fondée sur le respect de notre terre, aujourd’hui pour demain, et sur de meilleurs produits sanitaires. Les conduites des vignobles en biodynamie sont menées par des vignerons courageux, qui relèvent le défi de nettoyer plusieurs années d’inconscience herbicide !

 

Il est cependant de ces extrémistes dans ces démarches culturales, des ayatollahs qui desservent la biodynamie, à coup de bons mots pseudo-scientifiques dont les approximations ont provoqué des coups de sang à un certain géologue que j’ai dû maîtriser. Entre deux fous rires me concernant, parce que le coup du vin refermenté à base de minéraux broyés, c’est du vécu ! Non, du kloug !

 

Isabelle

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