Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


Bordeaux
Bordeaux Rive Droite
Bordeaux Rive Gauche
Les vins d'Alsace
Les vins de Loire
Les Vins du Sud-Ouest
Primeurs 2004
Primeurs 2005
Primeurs 2006
Rhône Nord
Rhône Sud
Vins de Bourgogne
Vins du Languedoc-Roussillon

19 décembre 2014

Bordeaux Tasting : Saint Estèphe : Calon Ségur 2008 et Clauzet 2010

Nous avons dégusté à Bordeaux Tasting, Calon Ségur 2008 et Clauzet 2010 que je commente aujourd'hui.

Je ne reviendrai pas en détail sur le château Calon Ségur (Saint Estèphe) qui a appartenu à Madame Denise Capbern-Gasqueton jusqu’à son décès en 2011 et qui été vendu, par ses héritiers en 2012 à la société Suravenir, filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa présidé par Jean Pierre Denis. Je rappelle simplement que cette propriété (55 hectares), située sur la rive gauche de la Gironde dispose d’un remarquable terroir, avec des sols et des sous-sols très qualitatifs constitués d’une épaisse couche de graves, surmontées par endroit d’un fin niveau d’argiles lacustres Cet ensemble repose sur un substrat argileux.

La bouteille de Ségur 2008 s’est excellemment goutée.

Le château Clauzet (Saint Estèphe) appartient au Baron Maurice Velge depuis 1997. Le vignoble d’une trentaine d’hectares est planté avec 55% de Cabernet Sauvignon, 40% de Merlot, 2% de Cabernet franc, et 3% de petit Verdot sur des croupes de graves pour une majorité des parcelles. Les vendanges sont manuelles, les vinifications se font en cuves thermorégulées, avec une macération pré-fermentaire à froid, la fermentation malo-lactique est réalisée pour moitié en cuve et en barriques pour l’autre. L’élevage dure 14 à 18 mois, avec 30% à 50% de bois neuf selon le millésime, les vins sont soutirés tous les trois mois. La bouteille de Clauzet 2010 montre un très bon potentiel.

 

P1010370

Saint Estèphe : Calon Ségur 2008

P1010369

La robe est profonde de teinte sanguine au bord du verre. Le bouquet est intense, avec des arômes de petites baies noires mûres (cassis, sureau, myrtille) d’épices douces, de fleurs, de légère réglisse. L’attaque est veloutée, les sensations sont ascendantes, les tannins fins et mûrs se trament dans un corps bien formé et plein, rehaussé de fruits noirs expressifs. La finale est longue, soutenue, fraîche, conservant un élégant velouté de texture, et persistante (fruits noirs, fines épices, et notes florales). Noté 17

Saint Estèphe : Clauzet 2010

P1010371

La robe est profonde, avec un fin liseré de couleur sanguine à violine. Le nez net et ouvert, évoque le cassis et la myrtille écrasés, la boite à épices, de légères cerises, avec un élevage présent mais en retrait. L’attaque est souple, le vin prend de la consistance et de l’ampleur, dans un centre plein et serré agrémenté de très expressifs fruits épicés. La finale est longue, d’une bonne fraîcheur, très bien maintenue par des tannins fermes dans le cœur du grain et au contour enrobé par une chair délicate, persistante avec une dominante de fruits et d’épices. Note potentielle 16/16,5


18 décembre 2014

Champagne Dehours et fils : Grande Réserve Brut et Brisefer 2004 Extra Brut

Le domaine familial de Champagne, Dehours et fils, situé à Cerseuil, à proximité de la vallée de la Marne est exploité par Jérôme Dehours. Cette propriété est très morcelée, avec 42 parcelles disséminées sur les villages de Mareuil le Port, Oeuilly et Troissy. La diversité des expositions, de la situation topograhique (coteaux, bas de coteau, ou plaine) des cépages et de la nature des sols et sous sols ( argiles sur un substrat calcaire en général) vont donner au vin des caractères et des styles différents et permettre à Jérôme d’élaborer des cuvées de sélection parcellaire.

La cuvée «  Grande Réserve Brut » est un assemblage de 42% de Pinot Meunier, 26% de vins de réserve élevés en Solera, 17% de  Chardonnay, 9% Pinot Noir, et 6% de Tailles (seconds jus). La fermentation malo-lactique est faite, le vin est dosé à 6g/litre.

La cuvée parcellaire «  Brisefer »  est issue d’une parcelle de 100% Chardonnay, située en bas de coteau ( argileux et argilo-calcaire) sur la commune de Mareuil le Pont.

 

 

 

P1010336

 

Champagne Dehours : Grande Réserve Brut

P1010333

La robe est dorée, avec des bulles fines, le nez net évoque les fruits jaunes (pêches dominantes), les noisettes, la légère brioche, la verveine, avec de très légères notes épicées. L’attaque est charnue, les vins se développe dans un centre plus vineux, bien tenu par une effervescence  de bon aloi, rehaussé de fruits d’une bonne expression, la finale soutenue est portée par une fraîcheur avenante, et soulignée par les saveurs fruitées et briochée, avec des notes florales. Noté 15,5

 

Champagne Dehours : Brisefer 2004 ( sélection parcellaire) Extra Brut

P1010335

100% Chardonnay

La robe jaune or soutenu est traversé par un cordon de bulles très fines. Le bouquet est expressif, avec des arômes de pêches, d’infusion (tilleul) de fruits secs (dont l’amande) avec des notes de viennoiserie. La bouche est très veloutée, élégante, dotée d’une chair délicate et bien formée, plus dense en milieu de bouche, agrémentée de fruits séduisants la finale est allongée, dynamique grâce à une effervescence bien dosée, aérienne cristalline, mise en valeur par les avenantes saveurs décelées à l’olfaction, avec des notes salines en ultime sensation. Noté 17

P1010339

17 décembre 2014

Bordeaux Tasting : Château Rauzan-Ségla (Margaux)

Le château Rauzan-Ségla, sis à Margaux, appartenant à la famille Wertheimer depuis 1994 est dirigé par John Kolasa. Cette propriété d’une soixantaine d’hectares en production est plantée avec les cépages suivants : Cabernet Sauvignon 54%, Merlot 41%, petit Verdot 4%, et Cabernet franc 1%. Le vignoble est constitué de petites croupes, à faible relief, s’inclinant doucement vers l’ouest.

Les sols sont composés de graves siliceuses (dont de gros galets arrondis), plus ou moins épaisses, elles reposent sur des sous-sols de graves plus fines à intercalations d’argiles. Le faible relief et la présence d’argiles a nécessité l’installation d’un conséquent système de drainage.

Le vignoble est travaillé en agriculture raisonnée, les vendanges sont manuelles, et les baies sont transportées en petites cagettes. Après deux tris sur table vibrante, les raisins éraflés et légèrement foulés sont descendus par gravité dans des cuves en inox thermorégulées, adaptées au parcellaire, dans lesquelles s’effectue la fermentation alcoolique, avec des extractions par remontages et légers pigeages. Les cuvaisons durent 20 à 25 jours. La fermentation malolactique est faite en cuve, et en barriques pour quelques lots.

L’élevage dure 18 à 20 mois en barriques (avec 50% à 70% de bois neuf selon le millésime). Les vins sont soutirés tous les trois mois, et collés aux blancs d’œufs frais, quelques mois avant la mise en bouteilles.

 

Margaux : Ségla 2008 (deuxième vin)

La robe est assez profonde, de couleur pourpre, le nez est élégant et ouvert, avec des arômes de cassis, de roses, et des notes de cerises, et d’élevage léger. La bouche est élégante, allongée, les tannins sont enrobés par une chair délicate dans un centre fruité un ton haut-dessus de l’attaque, la finale de longueur normale est fraîche, élancée, d’une bonne expression aromatique. Noté 14,5

 

P1010346

Margaux : Rauzan- Ségla 2011

La robe est assez profonde, de couleur sanguine au bord du verre, l’olfaction est expressive, avec des arômes floraux purs (roses et violettes) de cassis mûrs, de fines épices, et des notes de cerises, avec un élevage présent et élégant. La bouche est veloutée en attaque, les tannins fins se trament dans un corps fuselé serré et d’une bonne densité, rehaussé de fruits d’une bonne intensité. La finale est allongée, plus tannique, fraîche, élancée, d’une très bonne persistance aromatique (fruits, fleurs, et fines épices). Elle est ponctuée par des notes d’amertume qui s’estomperont au fur et à mesure que l’élevage se fondra. Note potentielle 16,5/17

 

Margaux : Rauzan-Ségla 2004

La robe est soutenue, de couleur rubis, sans signe d’évolution. Le bouquet un peu réduit s’ouvre à l’aération sur de séduisants parfums floraux évoquant la roseraie, de cassis, de cerises, avec une touche d’épices. La bouche est souple en attaque, dans une construction droite et allongée, les tannins sont fondus dans un centre assez fuselé d’une agréable expression florale et fruitée. La finale, dans la continuité est fraîche aérienne, parfumée, marquée, hélas, par des notes d’amertume et une sécheresse des tannins. Noté 15

P1030552

16 décembre 2014

Champagne Pierre Gimonnet et fils : Cuis Premier Cru Brut Sans Année et Oenophile 2008 Non Dosé

La propriété champenoise Pierre Gimonnet et fils est dirigée et exploitée par Didier et Olivier Gimonnet qui disposent d’un remarquable patrimoine viticole dans la Côte des Blancs (28 hectares) : Cuis et Vertus en Premiers Crus et Cramant, Chouilly, et Oger en Grands Crus. Ils élaborent 7 cuvées de « blanc de blancs » ( Chardonnay), dont cinq sont millésimées, et une cuvée « Rosé de blancs ». Dans cette propriété, les fermentations malolactiques sont recherchées. La cuvée Brut Sans Année, Cuis Premier Cru, est un assemblage de vins de réserve qui ont la particularité de n’être pas conservés en cuves, mais en bouteille sur lies fines, ce qui permet, selon ces vignerons, d’incorporer des vins de réserve de plus de deux ans ayant gardé toute leur fraîcheur.

Les vins commentés ont été dégustés chez le caviste Terres Millésimées à Saint Emilion

 

 

P1010333

 

 

P1010336

Champagne : Pierre Gimonnet et fils : Cuis Premier Cru : Brut Sans Année

P1010332

 

Assemblage de cinq millésimes : 2011(77%),2010(6%), 2009(12%),2007(4%),2006(1%)

La robe de teinte or léger est traversé par un cordon léger est  de bulles fines. Le nez net et frais évoque la poire, la pomme fraîche, avec des notes florales, d’agrumes et une touche d’amande. La bouche est tonique, émoustillante, élégante, avec un milieu de bouche plus vineux, agrémenté de fruits frais (agrumes dominants). La finale est dynamique, aérienne, allongée, fruitée, florale et saline. Noté 16

 

Champagne : Pierre Gimonnet et fils : Cuvée Oenophile 2008 Non Dosé

P1010334

33,5% Cramant Grand Cru, 32,5% Chouilly Grand Cru, 10% Oger Grand Cru, 22% Cuis Premier Cru, 2% Vertus Premier Cru

La robe or vif laisse apparaitre un cordon de bulles très fines. L’olfaction est expressive et avenante, avec des arômes de pommes finement rôties, de coing, d’oranges mûres, de tilleul, avec des notes de camomille. La bouche offre une matière riche et veloutée, pleine et dense, dans un centre très fruité, mise en valeur par une juste effervescence qui dynamise le vin et étire la longue finale, d’une séduisante énergie, délicatement charnue, complexe dans son expression aromatique (agrumes dominants), ponctuée de sensations crayeuses et salines. Noté 17

15 décembre 2014

Bordeaux Tasting 2014 : Château Canon, Saint Emilion

La troisième édition de Bordeaux Tasting  a été suivie par un nombreux public, dès le samedi matin à l’ouverture, nous avons du attendre 40 minutes avant d’entrer. C’est par Château Canon que nous débutons cette dégustation.

Cette propriété de 30 hectares en production possède la très grande majorité de ses vignes sur le plateau calcaire de Saint Emilion, plus ou moins recouvert d’argile ( si l’on excepte les vignes achetés au château Matras). L’encépagement actuel est composé de Merlot 70%, et de Cabernet Franc 30%. Après des vendanges manuelles, les baies sont triées deux fois, et encuvées par gravité, la fermentation, maintenue à 28°C se fait en cuves inox thermo-régulées (avec remontage et pigeage). Les macérations durent deux  semaines. Après avoir fait leur fermentation malo-lactique en barriques et en cuves. Les vins sont élevés en barriques avec des pourcentages variables de bois neuf selon le millésime, sur une durée de 18 à 20 mois, avec des soutirages tous les trois mois.

P1010340

Les robes sont assez profondes, de couleur sanguine à rubis ( pour le vin le plus âgé) au bord du disque.

Saint Emilion : Clos Canon 2010 (deuxième vin)

Le nez net et ouvert évoque, les cerises, de légères épices douces, les fleurs, avec des notes de cassis, de léger élevage (café léger). La bouche est élégante, droite, bien tenue par des tannins fins dans un corps fuselé et fruité, la finale est allongée, fraîche, fruitée, florales, avec une petite pointe d’amertume qui n’est pas rédhibitoire. Noté 15

 P1010341

Saint Emilion : Canon 2011

Assemblage : Merlot 70%, Cabernet franc 30%, élevage 70% bois neuf

L’olfaction est assez expressive, avec des arômes de cerises mûres et fraîches, d’épices variées, de roses, et de violettes, et des notes d’élevage de qualité. L’attaque est veloutée, le vin se raffermit dans un centre d’une bonne densité, bien tenu par des tannins plus fermes et structurants, rehaussé de cerises ( pulpe et noyau) bien mises en valeur par une fraîcheur de bon aloi, qui donne du tonus et de l’allonge à une finale, un peu tannique, d’un bon maintien, fruitée, florale, avec une pointe d’amertume, que le temps adoucira. Noté 16,5

 

Saint Emilion : Canon 2006

P1010342

Assemblage : Merlot 80%, Cabernet franc 20%, élevage 60% bois neuf

Le bouquet s’ouvre sur des arômes de truffes noires, qui font place à l’aération à des arômes de baies rouges (cerises et groseille), légèrement épicées, nuancés de notes florales (roses) . L’attaque est souple finement charnue, la structure tannique est un peu plus ferme dans un milieu de bouche fuselé et fruité. La finale est élancée, dans une construction allongée, fraîche, aérienne, fruitée, florale, avec des notes de truffes noires. Noté 15,5



12 décembre 2014

Terrasses du Larzac : Montcalmès 2011 et Saint Syvestre 2011

Un ami m’a offert une bouteille du Domaine Saint Sylvestre (vin rouge 2011), appartenant à Vincent et Sophie Guizard, et nous l'avons souhaitée déguster à coté d’une bouteille de Montcalmès 2011.

Vincent Guizard, déjà formé au   travail à la vigne et après s’être initié aux travaux du chai (vinification et élevage) auprès d’Olivier Jullien ( Mas Jullien) à la fin des années 1990, s’associe avec Frédéric Pourtalié ( Domaine de Montcalmès) de 2003 à 2010. Les deux associés se séparent en 2010, Vincent Guizard reprend ses 6 hectares de vignes apportées lors de l’association. Avec son épouse Sophie , instruite aux activités viticoles par son père, et diplômée en Commerce International des Vins, ils élaborent en 2011 leur premier millésime en commun.

Le Domaine de Saint Sylvestre est situé à Puechabon, sur un des secteurs les plus qualitatifs du Languedoc. Ils cultivent 8 hectares de vignes sur des sols et sous sols constitués de galets roulés reposant sur un substrat argilo-calcaire ou de calcaires lacustres. Ils effectuent un travail minutieux et précis dans les vignes (taille courte, ébourgeonnage, palissage, vendanges en vert, et vendanges manuelles lors de la récolte). Les vins rouges sont vinifiés par parcelles et par cépages, les cuvaisons sont longues (30 à 40 jours), les vins sont élevés en barriques bourguignonnes d’un vin et plus sur une durée de 24 mois. Les vins sont assemblés, trois mois avant la mise en bouteilles.

Les blancs sont récoltés et pressurés par cépage, puis assemblés et vinifiés en fûts d’un vin et élevés douze mois. Trois cuvées sont produites : Saint Sylvestre blanc (AOP Languedoc : 45% Marsanne ; 45% Roussanne et 10% Viogner), Le Coup de Calcaire blanc ( IGP Pays d’Oc : 90% Chardonnay, 5% Roussanne, et 5% Marsanne), et Saint Sylvestre rouge ( Terrasses du Larzac ; 70% Syrah, 20% Grenache, et 10% Mourvèdre)

 

P1010324

 

 

 

 

 

Les vins ont été mis en carafe : deux heures avant la dégustation

La comparaison des vins est très intéressante : Montcalmès possède un élevage plus sensible, et offre une très belle harmonie sur l’ensemble de la bouche, charnu, centré, profond, long,  très équilibré, tant dans sa palette aromatique que dans sa structure.

Saint Sylvestre est un vin tonique : aromatique intense, surtout en bouche, trame tannique moins serrée et mon dense, tannins dynamiques, grande persistance aromatique, il séduit par son immédiateté.

 

Terrasses du Larzac : Montcalmès 2011 (rouge)

P1010326

60 % syrah, 20 % mourvèdre, 20 % grenache

La robe est profonde, de teinte violine au bord du verre. Le nez un peu retenu s’ouvre à l’aération sur des arômes de fruits noirs ( cassis et mûres sauvages), de boite à épices (dont le poivre), avec des notes légère de garrigue, et d’élevage élégant bien en retrait. La bouche est très veloutée, les tannins fins et mûrs enrobés d’une chair bien formée se trament dans un corps dense et ample, rehaussés de fruits expressifs (cerises dominantes). La finale est longue, soutenue, d’une bonne fraîcheur, harmonieuse est très persistante et complexe grâce aux séduisantes saveurs de fruits variés, d’épices ( dont un poivre raffiné), d’herbes aromatique, de chocolat, et d’une pointe de réglisse. Note potentielle 17,5, note plaisir 16,5

Terrasses du Larzac : Domaine Saint Sylvestre 2011 (rouge)

70% Syrah, 20% Grenache 10% Mourvèdre

La robe est profonde, avec des reflets de couleur sanguine. L’olfaction ouverte, évoque la soupe de fruits variés ( cassis, mûres, et légères cerises), la baie de Setchouan, le poivre très fin, la tapenade, et les herbes aromatiques. La bouche offre des fruits explosifs et éclatants dès l’attaque, les tannins fins et mûrs se trament dans un corps fuselé, délicatement charnu et plein, finement rehaussé de fruits épicés et puissants. La finale est allongée, élancée, bien dessinée, d’une agréable fraîcheur, très persistante grâce aux savoureuses et intenses saveurs perçues à l’olfaction et en bouche. Noté 16,5, même note plaisir.

P1010327

 

11 décembre 2014

Portes ouvertes à Sauternes : Château Climens

L’étape suivante des Portes ouvertes de Sauternes (2014) nous conduit au château Climens, la propriété « phare » du vignoble de Barsac.

Ce château viticole de 30 hectares est géré par Bérénice Lurton. Le vignoble est planté entièrement  en Sémillon à une densité de 6600 pieds à l’hectare. Le sol et le sous-sol sont constitués des sables rouges et de galets, de faible épaisseur, reposant sur le calcaire fissuré à Astéries (Stampien). Les vendanges sont manuelles par tries successives. Les vins sont élevés 20 à 24 mois en barriques, avec 35% à 45 % de bois neuf, selon le millésime.

Les vignes sont travaillées en biodynamie (certifié) . Avant la dégustation, nous visitons, les dépendances où sont stockées les plantes qui servent à élaborer les tisanes utilisées pour les préparats  biodynamiques, puis le chai à barriques.

La bouteille de Climens 2008 proposée à la dégustation n’a ni la netteté, ni la qualité de celle goûtée à l’Union des Grands Crus (il y a deux ans) qui nous avait paru être une très belle réussite dans l’ingrat millésime 2008.

 

P1010136

Sauternes : Les Cyprès de Climens 2011

La robe offre une teinte or très clair ; le nez est un peu fermé, le vin libère à l’aération des arômes d’oranges confites, de miel, de fleurs séchées et d’infusions. La bouche est onctueuse, la liqueur est pure, précise, d’une bonne concentration agrémenté de fruits exotiques rôtis. La finale est allongée, fraîche, ciselée, élégante, soulignée par les saveurs décelées à l’olfaction et en milieu de bouche, augmentées d’une note d’abricot et d’élevage encore sensible. Noté 16

 

P1010133

P1010134

Sauternes : Climens 2008

La robe or soutenue est brillante. L’olfaction expressive évoque l’abricot finement rôti, l’orange, avec des notes de miel d’accacia, moins nobles de cosmétiques !, et d’élevage (légère vanille) pas encore fondu. La bouche est élégante, plus nette que ce que montre l’olfaction, pure dans la qualité de la liqueur assez dense dans une construction fuselée, rehaussé de délicats fruits finement rôtis. La finale, d’une bonne allonge, est fraîche, élancée, persistante, avec des saveurs de fruits exotiques, des notes de miel et florales, et des notes saponifères ! et d’élevage bien perceptible. Bouteille non évaluée

P1010132

10 décembre 2014

Pauillac : d'Armailhac 2000 et Saint Julien : Léoville Las Cases 1994

Des vins de la rive droite du millésime 2000 commencent à se bien goûter, après aération. Nous avons ouvert et mis en carafe une bouteille de Château D’Armailhac 2000 pour voir ce que ce vin de la rive gauche avait à nous raconter. La première dégustation a laissé entrevoir un vin peu évolué, assez tannique en finale. Lors de la deuxième dégustation le vin s’est ouvert, et la finale est plus aimable (voir le commentaire). Il faudra attendre le vingtième anniversaire de ce vin, qui ne semble pas présenter un caractère très complexe, pour l’aborder avec plaisir.

Léoville Las Cases 1994 a été dégusté sans mise en carafe. Après avoir été épaulé deux heures, avant d’être goûté une première fois avec un certain plaisir, il est à son optimum le lendemain. Le millésime 1994 a été marqué par un mois de septembre pluvieux avec deux gros épisodes orageux (pluies très abondantes du 7 septembre et en fin du mois), qui n’ont pas permis au cabernet sauvignon d’arriver à sa meilleure maturité, comme le montrent les sensations perçues sur la finale de cette bouteille de Léoville Las Cases 1994.

 

P1010323

 

Pauillac : D’Armailhac 2000

P1010321

La robe est assez profonde, de couleur sanguine au bord du disque. Le nez, bien ouvert lors de la deuxième dégustation, évoque le cassis, les épices douces, avec des notes de tabac, de résine, et une pointe de violette. La bouche est veloutée, corsée, assez puissante dans un milieu de bouche, aux tannins enrobés par une chair délicate, agrémenté de fruits épicés. La finale est très fraîche (sensation d’acidité légèrement vive), allongée, tenue par des tannins plus fermes, fruitée et épicée, avec des notes de tabac brun. Noté 16/16,5, note plaisir 15

Saint Julien : Léoville Las Cases 1994

P1010322

La robe est profonde, avec des reflets de teinte rubis à grenat. Le bouquet d’une bonne intensité met en avant au premier nez des arômes de boites à épices, de sous-bois, de baies de genièvre, de tabac brun et à l’aération des parfums de cassis et de prunes noires. L’attaque est veloutée, les tannins fins sont habillés par une chair délicate et se trament dans un corps fuselé, d’une bonne densité, d’une agréable douceur tactile, rehaussé de fruits épicés. La finale, d’une bonne allonge est fraîche, des tannins un peu plus fermes et poudreux assurent un bon maintien, elle est persistante, soulignée par des fruits encore «  frais » et par des saveurs de tabac, de résine, et d’épices, avec une légère sécheresse en ultime sensation. Noté 16, même note plaisir.

P1010319

09 décembre 2014

Bouchard Père et fils : Beaune : Clos Saint-Landry et Jean- Marc Burgaud : Morgon Les Charmes 2011

Nous avons ouvert notre dernières bouteille de Beaune ( blanc) Clos Saint-Landry 2008 de Bouchard Père et fils. Déjà très bon à l’ouverture (sans mise en carafe), le vin a gagné en harmonie et en équilibre le lendemain. Riche charnu et presque gras dans la première partie de bouche, la finale plus élancée, se terminait par une amertume (peaux de fruits) assez sensible. Lors de la deuxième dégustation, la finale était plus soutenue, l’acidité gustative impeccable harmonisait le vin, et la sensation d’amertume, fort plaisante était devenue résiduelle.

Le Morgon Charmes 2011 de Jean-Marc Burgaud s’est montré fermé et très renfrogné, lors de la première dégustation (en bouteille), nous l’avons laissé en cave fraîche 48 heures (bouteille ouverte). La deuxième dégustation a été plus séduisante (voir le commentaire). Ce vin (prometteur) n’est pas à ouvrir actuellement, même s’il est mis en carafe, il faut l’attendre encore 5 ou 6 ans pour en profiter pleinement.

 

P1010314

Bourgogne : Bouchard Père et fils : Beaune :  Clos Saint-Landry ( blanc) 2008

P1010316

La robe est jaune pâle, avec des reflets de teinte or fin. Le nez est élégant et expressif, avec des arômes d’oranges, de tilleul, de camomille,  nuancés de notes de pêches, et de noisettes. L’attaque est haute, très charnue avec de la plénitude et de l’ampleur dans un centre fruité, l’acidité gustative mûre et bien « dosée » allonge la finale fraîche, tonique, d’un bon maintien, et persistante, rehaussée de d’agrumes, de fleurs blanches et de notes de légère infusion. Elle est ponctuée de très légers amers nobles (peaux d’agrumes) et de notes salines. Noté 16,5, note plaisir 16

 

Beaujolais : Burgaud : Morgon Charmes 2011

P1010317

La robe est soutenue, de couleur violine, l’olfaction, nette et bien ouverte évoque le cassis écrasé, la boites à épices, la rose et la violette, avec des notes de cerises et de légère réglisse. L’attaque est franche, les tannins fins enrobés d’une chair délicate se trament dans un corps fuselé, serré et dense, agrémenté de fruits épicés. La finale est allongée, fraîche, bien tenue par des tannins plus fermes, légèrement granuleux et poudreux, et d’une très bonne persistance aromatique  grâce aux saveurs décelées à l’olfaction. Note potentielle 16, note plaisir 15

P1010315

08 décembre 2014

Saint Emilion : Clos de l'Oratoire 2000 et Castillon-Côtes de Bordeaux : Domaine de l'A 2006

Nous avons ouvert une bouteille de Clos de l’ Oratoire 2000 pour voir comment évoluait ce vin, maintenant âgé de 14 ans. Le vin a été dégusté, sans mise en carafe, sur une durée de 24 heures. Déjà abordable lors de la première dégustation, il était à son meilleur niveau le lendemain. Les autres bouteilles attendront en cave deux à trois ans, pour atteindre le plateau de maturité.

Le Clos de l’Oratoire, appartenant à Stephan von Neipperg, est une propriété d’une dizaine d’hectares sur la retombée nord du plateau calcaire de Saint Emilion. Les vignes (90% Merlot, 5% Cabernet franc, 5% Cabernet Sauvignon) sont plantées sur la formation géologique appelée « Molasses de Fronsadais ». Le haut du coteau est constitué de sous-sols argilo-calcaire, et le bas est sablo-argileux. L’élevage qui dure 15 à 20 mois selon le millésime se fait en barriques avec 80% à 100% de bois neuf.

Le mois de Septembre 2006 a été marqué, en rive droite, par des orages violents et répétitifs, avec des précipitations plus abondantes dans certains secteurs (Côtes de Castillon : par exemple ) que sur d’autres. La conséquence en a été le développement d’un botrytis intense, qui a n’a pas permis d’atteindre les maturités souhaitées, sauf à réduire de façon drastique les rendements. Le domaine de l’A 2006 dont le vignoble a été sérieusement impacté par les mauvaises conditions météorologiques nous offre un vin mûr, gourmand, très fruitée, souple, d’une agréable constitution dans le contexte du millésime. Il a été dégusté sur une durée de 24 heures, sans mise en carafe, très bon à l’ouverture, il a gagné en étoffe le lendemain. Il peut être bu dès maintenant, avec une mise en carafe d’une à deux heures avant la dégustation

 

Saint Emilion : Clos de l’Oratoire 2000

P1010307

La robe est profonde, avec un liseré de teinte rubis à sanguine, sans signe d’évolution. Le bouquet est élégant et expressif avec des arômes de cerises, d’épices, nuancés de notes de léger sous-bois, de cassis, et de bel élevage pas encore entièrement fondu. La bouche est veloutée, les tannins fins sont enrobés par une chair bien formée, le vin se développe dans un corps fuselé, aux rondeurs avenantes dans un centre très fruité (cerise pure dominante). La finale est fraîche, élancée, d’un agréable velouté de texture, persistante soulignée par les saveurs décelées à l’olfaction. Elle est ponctuée par une très légère amertume qui ne devrait pas persister avec le vieillissement sous-verre. Noté 16,5, note plaisir 16

 

Castillon-Côtes de Bordeaux : Domaine de l’A 2006

P1010313

La robe est très soutenue à assez profonde, avec des reflets de couleur pourpre, le nez net et ouvert évoque la cerise burlat, nuancée d’une pointe de cassis, les roses fraîches, avec des notes fumées, de léger thé noir, l’élevage est fondu. La bouche est souple en attaque, les sensations sont ascendantes, les tannins sont habillés par une chair de bon aloi, dans un milieu de bouche arrondi, plus étoffé le deuxième jour, agrémenté d’une belle écume de cerises. La finale est fraîche, étirée, avec des tanins au toucher légèrement « crayeux », délicate, velouté, mise en valeurs par d’expressive saveurs fruitées, florales, de très légères épices, et une pointe de réglisse. Noté 16, même note plaisir  

P1010310



Fin »