Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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27 janvier 2015

Premier aperçu du millésime 2014 en rive droite de Bordeaux

Données météorologiques

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Après un hiver doux et très pluvieux (bien supérieur à la moyenne des trente dernières années), excepté la première quinzaine du mois de décembre 2013, les vignes sont gorgées d'eau. Un mois de mars assez chaud suivi d'un mois d'avril au dessus des moyennes saisonnières, et en dessous pour la pluviométrie, permet un développement rapide de la vigne.

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Le début du mois de mai est doux et sec, puis lors de la deuxième partie du mois, un temps plus frais et pluvieux s'installe, accompagné, par endroits d'orages de grêle. Le mois de juin est chaud ( 2°C au dessus des moyennes trentenaires) et sec ( 20% en dessous de ces mêmes moyennes). La floraison débute fin mai, pour les secteurs les plus précoces, dans de très bonnes conditions ( chaudes et peu humides), elle est homogène et rapide à assez rapide selon les terroirs, et permet d'envisager de bons rendements.

Le mois de juillet est dans la moyenne, quant aux températures, mais très humide, évoquant un climat à caractère tropical, ce qui favorise la pousse de la vigne, et le développement des maladies cryptogamiques ( mildiou, botrytis ) et bloque le début de la véraison.

Début août est humide et plus frais que la moyenne saisonnière, avec la même incidence sur la véraison, les maladies de la vigne et des orages de grêle par endroits. L'angoisse monte chez les vignerons, marqués par le spectre de 2013. L'avance qu'avait acquise la vigne au printemps est perdue. La dernière semaine d' août le temps change et devient chaud et sec. 

Le mois de septembre est chaud et très sec ( c'est l'été !), les données relévées à la station météorologique de Mérignac indiquent une température moyenne de 20,7°C soit près de trois points supérieurs à la moyenne, et une pluviométrie moyenne de 22 mm (70% inférieure aux moyennes du mois). Des chiffres de précipitations un peu inférieurs à ceux de Saint Emilion . Un seul épisode de gros orage durant ce mois, le 18 septembre, est à l'origine de cette quantité d'eau. Les meilleurs terroirs de Saint Emilion n' ont pas souffert, car le temps chaud et sec s'est réinstallé imédiatement. Les nuits restent suffisamment fraîches pour éviter le développement du botrytis sur les meilleurs terroirs.

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Le mois d'octobre a aussi battu des records : température moyenne : 17,5°C ( 3,5 points au dessus des moyennes du mois) et un cumul de précipitations de 41,4 millimètres ( soit 53% de moins que les moyennes mensuelles), dont près de la moitié ( 18 mm) sont la conséquence d'un important orage du 8 octobre.

La véraison a pu, enfin, se dérouler dans de bonnes conditions, dès le début du mois de septembre, et même sous des conditions de sécheresse par la suite, avec l'apparition de baies flétries sur les grappes (surtout sur les Merlots), sur l'ensemble du vignoble de Saint Emilion. Les vendanges ont pu se dérouler dans les meilleures conditions possibles, en fonction du caractère précoce ou plus tardif des terroirs.

 

 

 

 

La dégustation des baies

 

Je me suis rendu le vendredi 3 octobre 2014 sur la côte Pavie pour déguster des raisins. Troplong Mondot, Pavie Macquin, et Pavie (sauf les jeunes vignes) n'avaient pas encore commencé les vendanges, Larcis Ducasse venait juste de les débuter.

J'ai observé, dès le début de mon parcours, des grappes avec des baies flétries, dans une proportion difficile à définir, mais non négligeable.

Les jus et les pulpes des baies ( Merlot) sont sucrés à très sucrés, les peaux sont assez fermes mais sans astringence, ni amertume, la pélicule externe des pépins offre une teinte marron. Les pépins croqués, laissent entevoir une légère astringence, et une pointe d'amertume. Les baies des Cabernets Francs sont très légèrement moins mûres, mais elles sont cueillies plus tard que celles des Merlots. La sensation générale est celle de beaux fruits mûrs, sans sensation végétale comme en 2013.

Mon impression finale est celle d'un millésime qualitatif sur ces terroirs de la Côte Pavie.

 

La dégustation des vins

J'ai goûté les vins à divers stades de leur élaboration dans six propriétés, après la fermentation alcoolique dans un premier temps, et après la fermentation malo-lactique. Ces dégustations ont concerné essentiellement des propriétés à terroir argilo-calcaire (Saint Emilion et satellites), et une seule propriété sur sols graveleux et sablo-graveleux (Denis Barraud : Saint Emilion).

J'ai pu goûter de très bons à excellents vins, et même probablement grands à la fin de l'élevage, pour quelques-uns. Les terroirs sont bien marqués, avec pour les Merlots des profils plus allongés et denses, avec des tannins fins, enrobés sur les sols purement calcaires, très floraux et très fruités au nez comme en bouche, et minéraux. Les Merlots sur argile ou marnes argileuses sont dotés de fruits mûrs et intenses à tout les stades de la dégustation, avec des centres sphériques, amples, et charnus, longs et harmonieux.

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Les Cabernets francs sont magnifiques : purs, précis, floraux et épicés, d'une belle douceur tactile, centrés et profonds, très longs, frais et aromatiques. Il en est de même pour les quelques Cabernets Sauvignons dégustés.

La dégustation des vins, après la fermentation alcoolique laissait entrevoir des vins d'une qualité proche de 2010, sur une bonne moitié des cuves. Après la fermentation malo-lactique, certains vins se positionnent entre 2009 et 2010.

Les grandes réussites du millésime sur les meilleurs terroirs du plateau argilo-calcaire de Saint Emilion résultent d'un travail rigoureux, réactif et minutieux à la vigne ( il ne fallait pas partir en vacances le 15 août en 2014!, avec la pression du mildiou et un botrytis latent qui régnaient ).

 

La nature nous a encore gratifiés d'un millésime atypique, surtout dans la fin du cycle, avec un mois de septembre le plus chaud et sec depuis une cinquantaine d'années, et le mois d'octobre également. L'adage cher à Emile Peynaud “ août fait le moût” a été mis à mal par “dame nature” puisque la concentation des jus a été le résultat du flétrissement des baies survenu à la suite de la sécheresse du mois de septembre et du début octobre. Les rendements sont bons, mais moins généreux qu'espérés après la floraison.

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Des amis oenologues sérieux, fiables, et discrets m'ont confirmé l'existence de grands Cabernets Sauvignons en rive gauche ( moins arrosée par les pluies que la rive droite) dans la lignée de ceux de 2010.

Les dégustations “ primeurs” nous permettront d' ajuster ces premières sensations, et de voir si ce millésime est globalement plus qualitatif sur une rive plutôt que l' autre, ou si les réussites sont hétérogènes.

 

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26 janvier 2015

Bordeaux Tasting : Léoville Barton 2007 et Langoa Barton 2005

Nous poursuivons les commentaires des vins dégustés à Bordeaux Tasting. Comme nous sommes amateurs des vins d'Anthony Barton, nous goûtons donc les vins présentés lors de cette manifestation. Léoville Barton 2007 a été adroitement vinifié dans un millésime marqué par un printemps maussade, un été frais, qui a été sauvé par une belle arrière saison. La qualité aromatique a été recherchée, avec des fruits mûrs et frais, et une belle expression florale, la structure a été élaborée au mieux de ce que pouvait donner le millésime, sans rechercher de la concentration et une certaine puissance, qui aurait apporté de la verdeur, et des tannins plus rustiques. Une belle réussite dans le millésime.

Langoa Barton 2005 est une belle réussite dans ce grand millésime, très proche de son «frère »Léoville Barton. Il a toutes les qualités d'un grand vin : fruits intenses, très centré, longue finale aromatique. Il faudra l'attendre patiemment pour qu'il acquière la complexité de l'âge adulte.

 

Les vins ont été servis en bouteille.

 

 

 

Saint Julien : Léoville Barton 2007

 

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La robe est assez profonde, de teinte sanguine. L'olfaction est nette et pure, avec des arômes de cassis mûr et frais, de légères épices douces, de violette, avec des notes de cèdre, et d'élevage discret . La bouche est élégante, avec des tannins fins tramés dans un corps fuselé, d'une bonne tenue dans le contexte du millésime, délicatement charnu, agrémenté de fruits gourmands, la finale est allongé, alerte, fraîche, très veloutée, très aromatique ( fruits et fleurs). Noté 16

 

Saint Julien : Langoa Barton 2005

 

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La robe est profonde, avec un liseré de teinte sanguine. Le nez, intense et séduisant, évoque la crème de cassis très pure, la boite à épices, la résine, la violette, et un élevage de belle qualité nettement en retrait. La bouche est très veloutée, bien en chair, les sensations sont ascendantes, le centre est dense, profond, naturellement concentré, soulignée par d'intenses fruits épicés. La finale est longue , autoritaire, tout en conservant un élégant velouté de texture, harmonieuse, précise, très persistante (fruits intenses, épices, et violettes). Noté 17,5. A attendre pour davantage de complexité.

 

 

23 janvier 2015

Cos Labory 2011 et 2009

 

Après avoir abordé dans les précédents billets du début de l’année les différents repas-dégustations qui ont émaillé la fin décembre 2014 et les premiers jours de janvier 2015, nous commentons des vins qui ont été dégustés lors de Bordeaux lors de manifestation Bordeaux Tasting de la mi-décembre 2014.

Le château Cos Labory est une propriété de 18 hectares, à Saint Estèphe, jouxtant Cos d’Estournel, appartenant à Bernard Audoy, qui la dirige. L’encépagement est constitué de 60 % de Cabernet Sauvignon, 30 % de Merlot, et 5 % de Cabernet franc. Les vignes, âgées de 35 ans (en moyenne) sont plantées à une densité de 8700 pieds par hectare, sur des sols et sous-sols de graves guntziennes reposant sur un socle marno-calcaire. Les vinifications sont conduites en cuves thermorégulées, et l’élevage est mené en barriques de chêne, avec 50% de bois neuf pour le premier vin.

 

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Le socle marno-calcaire a un rôle prépondérant dans l’alimentation hydrique de la vigne lors des millésimes solaires, caniculaires (comme 2003) ou de sécheresse. L’eau circule (ou est stockée pour partie) au toit de la première formation imperméable (marne très argileuse ou argile), située directement en dessous du calcaire ou interstratifiée. En période de sécheresse l’eau remonte dans le calcaire poreux par capillarité, et elle est "pompée" par les racines des vignes. Pour simplifier, la régulation en eau est assurée par la porosité du calcaire qui absorbe et restitue en fonction des besoins. La réussite du millésime 2003, comme celle du millésime 2009, goûté lors de ce Bordeaux Tasting en est le parfait exemple.

Un violent orage de grêle s’est abattu sur Saint Estèphe, le premier septembre 2011, affectant sérieusement les vignes de Cos d’Estounel et de Cos Labory. Les vendanges ont du être avancée à Cos Labory (notamment celles des merlots) ce qui a eu pour conséquence d’élaborer des vins moins profonds, plus austères et moins mûrs que d’habitude, dans le millésime 2011

Saint Estèphe : Cos Labory 2011

La robe est assez profonde, de couleur rubis à sanguine. Le nez net s’ouvre à l’aération sur des arômes de fruits frais (cassis dominant et légère cerises), de légères épices, et des notes florales. L’attaque est souple et veloutée, assez charnue, le vin prend de la consistance dans un centre fruité, caractérisé par des tannins un peu plus austères, la finale est persistante, fraîche, d’une allonge convenable, fruitée, et finement épicée, avec un petite note végétale. Noté 15P1010395

 

 

Saint Estèphe : Cos Labory 2009

La robe est profonde, de teinte sanguine au bord du verre. L’olfaction avenante et expressive évoque le jus de cassis, la boite à épices, la réglisse, avec des notes de résine, d’aiguilles de pin, et d’élevage de bonne qualité en retrait. La bouche est très veloutée, les tannins mûrs sont enrobés par une chair bien formée et se trament dans un corps dense, sphérique et profond agrémenté d’expressifs fruits noirs épicés. La finale est allongée, puissante tout en conservant un agréable velouté de texture, harmonieuse, soulignée par les saveurs soutenues décelées à l’olfaction ( dont un cassis pur) . Noté 16,5/17

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22 janvier 2015

Les Cabernets sauvignons, fin et classement

Dans l’ensemble cette dégustation n’a été ni très réjouissante, ni très qualitative. Les vins n’étaient certes pas très onéreux. Ils se sont présentés dans l’ensemble sans défaut majeur. Les vins sont très variétaux, mûrs à très mûrs, riches, opulents, concentrés, très fruités, mais les finales manquent de fraîcheur, d’harmonie, et de complexité, elles sont souvent marqués par une importante sensation de sucrosité, avec pour quelques uns la possibilité d’être dotés de sucres résiduels. Les élevages appuyés manquent de finesse et d’élégance. Il aurait été plus intéressant de comparer des vins d’assemblage (Cabernet Sauvignon majoritaire) un peu âgés, les caves des différents participants n’étaient assez riches en vins étrangers répondant à ce critère pour le faire.

 

Voici le classement :

1)      Etats Unis : Bonterra 1995 : note : 15,71

2)      France : Pessac-Léognan : Château Seguin 2010 : note 15,46

3)      Etats Unis : Raymond Générations  Napa Valley 1995 : note 14,62

4)      Chili : Cousino-Macul : Antiguas Reservas 2001 : note 14,34

5)      Etats Unis : Joseph Phelps : Napa Valley 2010 : note 13,62

 

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Etats Unis Raymond Générations Napa Valley 1995

100 % Cabernet Sauvignon

La robe assez profonde est évoluée sur les bords du verre. Le bouquet est bien ouvert avec des arômes de cassis un peu « cuit », d’épices variées, de vieux meuble, de résine, et de cuir. La bouche est charnue, assez puissante, concentrée, avec des tannins fondus et des fruits épicés. La finale est allongée, assez fraîche, soulignée par des fruits cuits, et fortement marquée par des saveurs tertiaires, et une légère sécheresse tannique. Noté 14, moyenne du groupe 14,62

 

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France : Vin du Pays d’Oc : Jeanjean Jean d’Aosque 2011

100 % cabernet Sauvignon

La robe est légèrement évoluée au bord du verre, le nez expressif évoque les fruits noirs, les herbes aromatiques, la réglisse, la boite à épices, l’encens, avec une pointe d’anis. La bouche est assez opulente, assez puissante, bien centrée et fruitée, la finale, d’un bon maintien, offre un équilibre satisfaisant, soulignée par les saveurs persistantes décelées à l’olfaction, et une légère sucrosité en ultime sensation. Noté 13, moyenne du groupe 12,87

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Etats Unis : Western Cellars : California 2013

100% Cabernet Sauvignon

L’olfaction est expressive, avec des arômes de cerises, de fraises, de grillé. La bouche est souple, fluide, fusiforme, sans grande consistance, avec des fruits exubérants. La finale, dans la continuité est marquée par une forte sucrosité, qui lui donne un caractère lourd et très lascif.

Non noté, comme pour l’ensemble du groupe.

21 janvier 2015

Découverte des Cabernets du monde, Xanadu margaret River, Bonterra, Clos Alphonse Dubreuil (2)

Les vins ont été regoutés deux fois. Une première fois, deux heures après la dégustation à l’aveugle, nous n’avons pas observé de changement notable. Le lendemain, parmi ces deux premières séries, un seul vin a offert plus d'équilibre et plus d'harmonie, celui de Joseph Phelps (Napa Valley). Le Clos Alphonse Dubreuil 2008 (Côtes de Bourg) ne s’est pas présenté sous son meilleur jour, il n’a pas été avantagé par le fait d’être encadré par des vins puissants, très mûrs, aux fruits exubérants, il était un peu mieux le lendemain, notamment en finale, sans être au niveau des bouteilles précédentes que nous avions dégustées. Deux vins présentaient des finales très marquées par la sucrosité (vin israélien et vin australien), à tel point que la possibilité de sucres résiduels a été envisagée par certains dégustateurs. Dans l’ensemble les jeunes vins étrangers montraient des élevages appuyés manquant de raffinement qui étaient contrebalancés par des fruits intenses et variétaux.

 

Les robes des vins jeunes sont profondes, avec des reflets de teinte sanguine à violine.

 

 

Très grande

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Etats Unis : Napa Valley : Joseph Phelps  2010

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100 % Cabernet Sauvignon

Le nez est intense, avec des arômes de crème de cassis, d’épices variées, nuancés de notes florales, et un élevage  en retrait. La bouche est riche, intense, ample volumineuse, très charnue, et très fruitée. La finale est généreuse, un peu lascive, malgré une légère acidité sous jacente, très aromatique, avec de l’amertume et des tannins un peu asséchants en ultime sensation. Noté 13, moyenne du groupe 13,62

 

France : Côtes de Bourg : Clos Alphonse Dubreuil 2008

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70 % Cabernet Sauvignon, 30 % Merlot

L’olfaction nette et ouverte évoque le cassis, la cerise, avec des notes florales et légèrement épicées, et un élevage de bonne qualité en arrière plan. La bouche est longiforme, les tannins fins se trament dans un corps fuselé bien formé agrémenté de fruits mûrs et frais. La finale est élancée, fraîche, fruité et florales, assez astringente et amère, et légèrement végétale. Noté 12, moyenne du groupe 11,78

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Australie : Xanadu : Margaret River 2010

100 % Cabernet Sauvignon

Le nez est bien ouvert avec des arômes de fruits noirs, de boite à épices, et un boisé soutenu qui manque d’élégance (noix de coco et anis !). La bouche est opulente, généreuse, charnue, presque grasse, volumineuse, doté de riches fruits épicés. La finale  est assez lourde, épaisse,  , très aromatique, avec une sensation de sucrosité bien marquée en ultime sensation. Noté 12, moyenne du groupe 13,31

 

Etats Unis : Bonterra 1995 ( 100% Cabernet Sauvignon)

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Service en bouteille cachée

La robe est légèrement évoluée au bord du disque. Le bouquet net et expressif évoque le cassis, l’humus, la truffe noire, le genièvre et le clou de girofle ; l’élevage est fondu. La bouche est très veloutée, charnue, le vin se développe dans un corps dense et ample, finement texturé, rehaussé de très expressifs fruits épicés. La finale est allongée, soutenue, un peu plus tannique, d’une agréable fraîcheur, et d’une bonne harmonie, complexe avec les saveurs décelées à l’olfaction. Noté 16, moyenne du groupe 15,71



20 janvier 2015

Dégustation à l' aveugle de Cabernets Sauvignon du Monde (1)

Cette première séance de l’année 2015 de notre club de dégustation était dédiée aux Cabernets Sauvignon du Monde. Nous avons privilégié des vins en monocépage, avec quelques ajouts de vin d’assemblage (au minimum 60% de Cabernet Sauvignon). Les vins ont été mis en carafe entre une heure et demie et deux heures, avant la dégustation à l’aveugle, excepté deux bouteilles de vins âgés de vingt ans ou plus, qui ont été goûtées recouvertes d’une chaussette. Notre préparatrice habituelle qui ne note pas les vins s’est chargée de l’organisation de cette dégustation. L’objectif de cette séance était d’observer la façon dont était interprété le cépage Cabernet Sauvignon (100%) dans les différents pays producteurs mondiaux, sans vouloir être exhaustif, ni tirer des conclusions générales, compte tenu du petit nombre de bouteilles dégustées. Nous avons également souhaité rester dans une gamme de prix abordables (de 4,5 euros à environ 25 Euros) pour les vins de cette séance.

 

Les robes sont profondes à très profondes de teinte sanguine à violine pour les vins les plus jeunes. Les vins sont commentés dans l’ordre du service.

 

Afrique du sud : Vergelegen  Réserve 2006

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100 % Cabernet Sauvignon

La robe est légèrement évoluée au bord du verre, le nez très expressif évoque le jus de cassis, les épices, un élevage assez soutenu (café et léger caramel) et une pointe végétale. La bouche est puissante, les tannins sont enrobés par une chair bien formée, le centre est corsé, avec des fruits soutenus. La finale est persistante, un peu lascive, fruitée et épicée avec des notes d’amertume et d’élevage qui manque de distinction. Noté 13,5, moyenne du groupe 13,43

 

Chili : Cousino- Macul : Antiguas Reservas : 2011

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100 % cabernet Sauvignon

L’olfaction est nette et intense, avec des arômes de cassis écrasé, de boite à épices, d’eucalyptus, de réglisse et des notes florales et d’élevage . L’attaque est charnu, le vins se développe avec énergie, dans un centre charpenté et ample, rehaussé de fruits épicés. La finale est persistante, tout en conservant un toucher veloutée, un peu plus tannique, d’une bon maintien, mise en valeur par les saveurs décelées à l’olfaction. Noté 14,5, moyenne du groupe 14,34

 

France : Bordeaux :  Pessac- Léognan : Seguin 2010

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60% Cabernet Sauvignon, 40% Merlot

L’olfaction est pure et intense, avec des arômes le jus de cassis, de cerises noires, d’épices douces, de violettes, et en retrait un élevage de qualité. La bouche est délicatement charnue les tannins fins et mûrs se trament dans un corps dense et serré, finement texturé, agrémenté de fruits épicés expressifs. La finale est allongée, consistante, élégante, d’une bonne fraîcheur, soulignée par de belles saveurs fruitées, épicées et florales, avec une très légère amertume que la garde estompera. Noté 16, moyenne du groupe 15, 55

 

Israël : Galilée : Gamla  2009

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100% Cabernet Sauvignon

Le vin est légèrement évolué au bord du verre. Le nez intense et net évoque la crème de cassis, la boite à épices, la réglisse et un élevage de bonne qualité. La bouche est riche, puissante, ample volumineuse, soulignée par d’intenses fruits épicés. La finale est opulente, très aromatique, généreuse, marquée par une importante sensation de sucrosité qui la déséquilibre. La possibilité de sucres résiduels est évoquée. Noté 12, moyenne du groupe 13,37

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19 janvier 2015

Médoc : Potensac 2001 et Pauillac : Grand-Puy-Lacoste 2007

Nous ouvrons pour la deuxième fois, à un an d’intervalle, une bouteille de Potensac 2001. Le vin a été bu en bouteille épaulée pour la première dégustation, puis régoûtée le lendemain (date du commentaire). Cette bouteille ne nous a pas semblé aussi séduisante que celle bue précédemment. L’élevage n’est pas encore fondu, et reste perceptible dans la finale et nuit à une bonne harmonie. Il faudra l’attendre encore deux à trois ans, pour déguster ce vin globalement bien fait à son meilleur niveau de plaisir.

Un de nos cousins nordistes nous a ouvert une bouteille de Grand Puy Lacoste 2007, qui n’a pas été aérée au préalable. Nous avons dégusté et bu ce vin, dans un verre large, sur une durée d’une heure et demie, tout en conversant, le vin s’est bonifié tout au long de cette période, et s’est montré très réussi et adroitement vinifié en respectant les contraintes du millésime, sans rechercher absolument de la puissance ( mais sans faiblesse, ni maigreur) qui aurait nuit à la qualité des tannins, et au soyeux de texture. Les fruits sont mûrs et très expressifs, et l’élevage est adapté à la matière première. Cette propriété est vraiment d’une régularité impeccable, avec un souci constant d’adaptation aux exigences du millésime.

 

 

 

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Bordeaux : Médoc : Potensac 2001

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La robe est profonde, de couleur sanguine à rubis. Le bouquet est séduisant et bien ouvert, avec des arômes de cassis, de baies de sureau, de violettes, de fines et légères épices, et un élevage de bonne qualité pas encore entièrement fondu. La bouche est allongée, les tannins fins sont finement enrobés par une chair délicate, qui s’étoffe dans un centre corsé, agrémentée de fruits expressifs. La finale, d’un bon maintien, est un peu plus tannique, fraîche, fruitée, florale, avec des notes d’élevage encore un peu sensible. Note potentielle 15,5, note plaisir 15

 

Bordeaux : Pauillac : Grand-Puy-Lacoste 2007

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La robe est assez profonde, de couleur rubis. Le nez est net et expressif, avec des arômes de cassis, de cerises, d’épices variées, et des notes fumées, de poivron rouge, de tabac brun, de résine, et d’élevage en train de se fondre. L’attaque est très veloutée à soyeuse, les tannins fins et mûrs se trament dans un corps fuselé, finement texturé, d’une bonne tenue dans le contexte du millésime, rehaussé de fruits séduisants. La finale est persistante, fraîche, élégante, d’une bonne allonge, très aromatique (fruits, épices, et notes florales). Noté 16, note plaisir 15,5. 

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16 janvier 2015

J'hermitage, tu hermitages, il her.... De l'Enfant Jésus 2002 aux Bessards 2001

Les Vignes de l'Enfant Jésus a accompagné la gigue et le Cornas, la potée. Les Bessards ont été servis sur les fromages, qui étaient en grand nombre, favorisant les choix et les alliances que nous voulions faire.

Les deux premiers vins ont été retrouvés, en avançant progressivement vers des certitudes qui nous étaient accordées. En revanche Les Bessards ont été placés à Bordeaux. Il a fallu beaucoup de temps pour admettre que nous étions face à un Hermitage, et cette confusion a cela d'instructif que pendant longtemps, les vins de Bordeaux dits hermitagés, au XIXème siécle, étaient ceux dans lesquels était ajouté un certain pourcentage d'Hermitage pour donner plus de couleur et de vivacité.

Pour plus d'informations, lire ICI

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Bourgogne : Bouchard Père et fils : Beaune Grèves : Vignes de l’Enfant Jésus 2002

La robe est assez soutenue, avec des reflets de couleur pourpre. Le bouquet est séduisant et intense, avec des arômes de cerises mûres nuancées d’une touche de cassis, d’épices douces, avec des notes de roses fanées. La bouche est charnue, les tannins fins et racés se trament dans un corps dense, plein, fuselé rehaussés de fruits purs et expressifs. La finale est longue, soutenue, fraîche, soyeuse, harmonieuse et très persistante (fruits, épices et fleurs). Noté 17, note plaisir 16,5. A attendre pour davantage de complexité.

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Cornas : Vincent Paris : Granite 60 : 2007

La robe est profonde, de teinte violine, sans signe d’évolution. L’olfaction, nette et très expressive, évoque le cassis, la mûre, la boite à épices (dont le poivre) avec des notes de lard fumé. La bouche est sérieusement construite, corsée, avec des tannins serrés et mûrs  enrobés par une chair bien formée et veloutée ; elle est bien mise en valeur par d’intenses fruits épicés. La finale est allongée, dynamique, d’une agréable fraîcheur, très persistante (fruits, poivre raffiné, notes fumées). Noté17, note plaisir 16,5. Un vin d’une belle jeunesse.

 

Hermitage Delas : Les Bessards 2001

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La robe est assez profonde, de couleur sanguine, très légèrement évoluée au bord du verre. Le nez est ouvert et net, avec des arômes de cassis, d’épices variées, d’humus, et des notes de léger goudron, et d’herbes aromatiques. . La bouche est tonique, les tannins fins et mûrs se trament dans un corps dense et d’une bonne concentration, rehaussé de fruits épicés expressifs. La finale est allongée, soutenue, d’une belle fraîcheur qui se marrie harmonieusement avec les autres composants du vin, très persistante grâce aux intenses saveurs décelées à l’olfaction. Noté 17, même note plaisir

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15 janvier 2015

Fleur de Roques, menu gastronomique, un plat un vin! A découvrir!

 

Chateau Fleur De Roques

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques changements chez notre ami Joseph, qui dorénavant appelle son restaurant La Table de Margot et son hôtel Château Fleur de Roques. Pour ceux qui n'y sont jamais allés, c'est impératif, il faut s'y rendre. La table est toujours tenue par le même cuisinier, inventif, précis. Et les accords mets vins sont toujours solides, sans erreur aucune, grâce aux connaissances de Joseph.

 

Nous dégustons donc le menu suivant : Thème et variations sur des rillettes de poisson et de tapenade

Foie gras et son chutney de figues

Gigue de dinde farcie foie gras et trompettes de la mort

Potée

Plateau de fromages

Farandole de desserts

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Les vins ont été mis en carafe juste avant la dégustation et sont dégustés à l’aveugle, sauf La Tour Blanche.

 

Vouvray : Domaine Huet : Le Haut Lieu 2008

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La robe or clair est brillante, le nez s’ouvre à l’agitation sur des arômes d’oranges, de coing, avec des notes florales, de craie, et une pointe de truffe blanche. La bouche est pure, dotée d’une chair soyeuse, les sensations sont ascendantes, le centre est dense, bien mis en valeur par une juste acidité mûre, rehaussé de fruits exotiques. La finale est longue, soutenue, très pure, fraîche et harmonieuse, avec la rémanence des saveurs décelées à l’olfaction. Noté 17, note plaisir 16,5. Une plus longue aération aurait apportée davantage de complexité.

 

Sauternes : La Tour Blanche 1990

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La robe est ambrée. Le bouquet, très expressif évoque les abricots rôtis, les dattes, les figues, les champignons nobles, le miel, les épices orientales, avec des notes de cire. La bouche est généreuse, ample, volumineuse, agrémentée de fruits rôtis et épicées. La finale, est longue, persistante, un peu lascive sans tomber dans la lourdeur ; elle est soulignée par les saveurs observées à l’olfaction. Noté 16,5, même note plaisir. Une bouteille qui parait plus évoluée que d’autres bouteilles du même millésime

14 janvier 2015

Tarte à l'abricot et Symphonie de Novembre 2003 Bouchon vs capsule! Vin de glace de Bordelet!

Pour le dessert, notre hôte est allé chez une patisserie réputée dans la France entière mais qui est Lilloise à ses origines. La boulangerie Paul. Elle tire son nom de l'achat d'une boutique dont les propriétaires s'appelaient Paul par le petit-fils de la famille Mayot-Holder, boulanger de pères en fils, qui décide de renoncer à son nom et de lui substituer celui de Paul.

 

Le succès de cette entreprise est celui qu'on connaît. La boutique Paul est place de Strasbourg à Lille et pour ne pas déchoir à leur réputation, elle présente des gourmandises que l'on ne retrouve pas dans d'autres. Notre ami a choisi la tarte croquante à l'abricot. C'est tout simplement un délice. Les accords avec les deux vins du Domaine Cauhapé ont mis au pinacle la réussite de notre soirée.

Le cidre de glace a été bu pour lui-même! Une merveille!

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Eric Bordelet : Poiré de glace 2010

La robe offre une teinte or soutenue, avec reflets légèrement ambrés. Le nez intense, évoque la poire mûre, nuancée d’épices douces (gingembre et cannelle). La bouche est très charnue, fraîche, tonique, le toucher de bouche est  velouté et sensuel, avec de l’ampleur et un bon volume,  agrémentée de poires épicées. La finale est persistante, d’une plaisante douceur tactile, un peu plus lascive que le début de bouche, soulignée par les saveurs décelées à l’olfaction. Note plaisir 15,5

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Deux bouteilles du vin commenté ci-dessous ont été ouvertes. Elles ont été obturées de deux façons différentes : une avec un bouchon classique, l’autre avec une capsule. La bouteille fermée avec une capsule montre un vin plus jeune, plus moelleux, mais avec un élevage nettement plus sensible.

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Jurançon : Domaine Cauhapé : Symphonie de Novembre 2003

La robe est dorée. Le bouquet est bien ouvert, avec des arômes d’abricot, de fruits exotiques (ananas et mangue), d’épices orientales, avec des notes florales, et de léger élevage (pointe de vanille et de caramel). La bouche est droite, charnue, plus dense et plus pleine dans un centre d’un séduisant moelleux de texture, rehaussé de fruits épicée. La finale est allongée, fraîche et harmonieuse, bien dessinée, très velouté, fruitée et épicée. Noté 16, même note plaisir. Un petit manque de complexité pour accéder à un niveau supérieur.

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