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Journal d'un passionné de la rive droite

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Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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24 juin 2016

Jean-Marc Burgaud : Morgon Côte de Py 2010 et Bouchard Père et fils : la Vigne de l'Enfant Jésus 2006

Avant l'arrivée de l'été et des premières chaleurs, nous avons ouvert les deux bouteilles suivantes : Morgon Côte de Py 2010 de Jean-Marc Burgaud et La Vigne de l'Enfant Jésus 2006 de Bouchard Père et fils. Les vins ont été dégustés en bouteilles, épaulées une heure avant la première dégustation, puis conservées en cave fraîche et regoutées le lendemain.

Morgon Côte de Py 2010, présentait le premier jour une palette aromatique séduisante, les tannins étaient encore fermes dès le milieu de bouche, et la finale était austère avec une amertume marquée. Le lendemain le vin était un peu plus épanoui, sans s'être complètement livré. Il faudra être patient et l'attendre au moins jusqu'à son dixième anniversaire.

La Vigne de l'Enfant Jésus 2006 n'était pas dans une forme éblouissante. Les arômes au nez comme en bouche étaient dominés par de nettes épices douces avec des fruits discrets. Les tannins n'étaient pas encore totalement polis, la finale, encore assez tannique, offrait des notes d'amertume assez sensibles, et les arômes (plus épicés que fruités) étaient un peu ternes. Le vin s'est légèrement amélioré le lendemain, mais cette bouteille n'avait pas la qualité de celle dégustée il y a près de deux ans. Alors : une moins bonne bouteille, une évolution normale pas très réjouissante, ou un passage un peu plus austère dans le vieillissement sous verre ?

 

 

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Beaujolais : Jean-Marc Burgaud : Morgon Côte de Py 2010

Après 24 heures d'ouverture

La robe est très soutenue de teinte violine. Le nez est bien ouvert avec des arômes de pivoine, de violettes, de fruits noirs (cassis dominant) avec des notes d'épices variées et de réglisse. La bouche est veloutée en attaque, plus énergique et bien charpentée dans un centre finement charnu et fruité. La finale est fraîche , avec des tannins plus fermes, d'une bon maintien, fruitée, florale, épicée et légèrement réglissée. Note potentielle 15,5, voire un peu plus, note plaisir 14,5

Bourgogne : Bouchard Père et fils : Beaune Grèves Premier Cru : Vigne de l'Enfant Jésus 2006

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La robe est assez soutenue de couleur rubis. Le bouquet encore un peu discret s'ouvre à l'aération sur des arômes d'épices douces (au premier plan), de fruits noirs (cassis), de légères griottes, de roses, avec un touche de réglisse. La bouche est souple en attaque, plus énergique et plus dense dans un milieu de bouche, délicatement charnu, rehaussé d'épices dominants les fruits. La finale d'une bonne allonge, tenue par des tannins plus impressifs, est fraîche, dotée d'une convenable expression aromatique ( épices dominantes) et ponctuée d'une légère amertume. Noté 15,5 sur cette bouteille, note plaisir 14




23 juin 2016

Jura : Domaine Pignier : A La Percenette 2014; Roussillon: Marjorie Gallet : l'Effet Papillon 2015; Fanny Sabre : Monthélie 2014

André qui s'est rendu dans le Médoc, et qui a pu récupérer mes bouteilles de Clos Manou 2014, chez Françoise et Stéphane Dief, me propose de venir les déposer chez nous. Je lui suggère un petit apéritif-dînatoire vendredi dernier qui nous permettra d'ouvrir quelques bouteilles.

Je prépare deux bouteilles qu'il dégustera à l'aveugle, il en apporte une et me soumet au même traitement. Je lui fais déguster à l'aveugle un Côtes du Jura du domaine Pignier « A La Percenette » issu de vignes travaillées en biodynamie. Il a bien goûté ce vin comme nous. Nous passons à la dégustation de sa bouteille : un vin marqué par des arômes de poire dominante, frais, même assez tendu en finale. Cette bouteille nous laisse perplexe, dans notre première approche, nous pensons avoir affaire à un vin issu de vignobles septentrionaux. Il n'en est rien, c'est bien sudiste, ce qui nous met sur la piste des vignerons qui élaborent des vins de ce style en Roussillon. Il s'agit d'un vin de Marjorie Gallet à Latour de France (voir le commentaire) qui à mon sens a manqué de véritables expressions aromatique sudistes. Nous terminons par un Bourgogne rouge : Monthélie 2014 de Fanny Sabre qu' Isabelle et moi avons bien aimé et André l'a trouvé plaisant.

 

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Côtes du Jura : Domaine Pignier : A La Percenette 2014

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100% Chardonnay ouillé

vinifié et élevé 12 mois en barriques de 225 litres

Je reprends simplement le commentaire de la bouteille dégustée il y a une semaine. Le vin a été mis en carafe une heure avant le service.

La robe de couleur or très clair est brillante. Le nez évoque à l'aération la poire, l'orange, le citron, les fleurs blanches, la camomille avec des notes de noisettes. L'attaque est veloutée, les sensations sont ascendantes, le vin se développe avec une chair bien formée, presque grasse, jusqu'à un centre très fruité bien tenu par une colonne vertébrale acide mûre. La finale est allongée, pure, tonique, très aromatique et très saline. Noté : 15,5, même note plaisir



IGP Côtes Catalanes : Marjorie Gallet : L'effet Papillon 2015

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100% grenache blanc, servi en bouteille cachée

La robe offre une teinte or clair. Le nez s'exprime davantage à l'aération sur des arômes de poires, d'agrumes, de jasmin et de chèvrefeuille. La bouche est bien en chair presque grasse et veloutée jusque dans un centre fruité. La finale est droite, d'une bonne allonge, fraîche, fruitée et florale. Note plaisir 15.

Bourgogne : Fanny Sabre ; Monthélie 2014

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Mis en carafe avant le service

La robe est assez soutenue de couleur burlat. Le nez est expressif avec des arômes de cerises, de griottes, de délicates épices, nuancés de notes de roses et de léger cassis. L'attaque est élégante et veloutée ; les sensations sont ascendantes avec un corps bien dessiné d'une bonne densité et fruité. La finale, bien tenue par des tannins un peu plus sensibles est fraîche , expansive et persistante. Noté 15,5, note plaisir 15. Une très belle réussite pour un « village », à attendre encore un peu, pour que les tannins de la finale se civilisent



22 juin 2016

Visite aux Domaines Richard Serisier : château Meillac et Le Bout du Monde ( Cadillac en Fronsadais)

Richard Serisier, homme d'affaires australien, a un patronyme qui évoque la langue française. Ses ancêtres négociants en vin à Bordeaux ont émigré en 1839 en Australie où ils ont crée un vignoble dénommé « Eumalga Vineyard» à Dubbo en Nouvelle Galles du Sud. Passionné de vins et de gastronomie française, Richard Serisier commence ses acquisitions en 2004-2005 par l'achat du remarquable château médiéval de Cadillac en Fronsadais situé en bordure du plateau argilo-calcaire qui domine la vallée de la Dordogne et qu'il a restauré.

Il ne peut pas acheter en même temps les dix hectares de vignes qui jouxtent le château qui ont été concédés en fermage. Il devra attendre 2011 pour en faire l'acquisition. Château Cadillac étant une marque déposée, il est contraint de choisir une autre dénomination, ce sera « Le bout du Monde » qui est le nom cadastral de ce lieu. Il confie la direction technique et commerciale de cette propriété comme ultérieurement celle du Château Meillac à Stéphane Renié

Richard Serisier conserve une partie des vignes plantées en Merlot, arrache et replante l'autre partie (0,5 hectare en Malbec, 1 hectare en Cabernet Sauvignon, et à venir 2 hectares en Cabernet franc). 2012 est le premier millésime (100% Merlot) produit complètement sous l'étiquette «Le Bout du Monde». Il isole une parcelle plus qualitative au sein de ce vignoble où il élabore un vin plus ambitieux sous l'étiquette « Château Montrevel » en 100% Merlot. Un rosé de saignée est également produit sur cette propriété. C'est un terroir qualitatif, assez plat en sommet de coteau, avec un substrat de calcaire à astéries sur lequel repose des argiles d'épaisseur variable ( 30 centimètres à 1,5 mètres) .

En 2013, Richard Serisier achète le château Meillac à Saint Romain la Virvée. Cette propriété de 9,60 hectares est plantée sur des sous-sols argilo-calcaires avec un encépagement constitué de 85% Merlot, 12% Cabernet franc, et 3% Cabernet sauvignon. Deux vins sont produits sur cette propriété : Château Meillac ( élevage en cuve) et La Romane ( élevé en barrique).

Le vignoble est conduit en agriculture raisonnée : travail mécanique des sols, ébourgeonnage, enherbement naturel, effeuillage, pas de vendanges vertes, suppression de baies mal vérées. Les vendanges sont mécaniques actuellement, la propriété envisage des vendanges manuelles pour les cuvées haut de gamme. Un nouveau chai a été aménagé au château Meillac destiné à l'élevage en bois neuf des meilleures cuvées dans des grands contenants de 500 litres.

La dégustation

Les vins rouges sont en appellation Bordeaux Supérieur

 

Le Rosé du Bout du Monde 2014

La robe de couleur rose vif est brillante. Le nez est expressif avec des arômes de cerises fraîches, de fraises, de groseilles, de légères épices et des notes florales. La bouche est bien en chair, rende et ample, et fruité. La finale est équilibrée , d'une bonne fraîcheur, et dotée d'une palette aromatique d'une bonne intensité. Noté 15. Un vin de repas

Château Meillac (Saint Romain La Virvée)

Les vins de l'ancien propriétaire

Meillac 2012

La robe est soutenue de couleur pourpre. L'olfaction est ouverte et assez simple : fruits rouges, et notes florales. La bouche est souple, finement charnue, un peu plus haute dans son centre fruité. La finale de longueur normale est fraîche et assez fruitée. Noté 13

La Romane 2012

La robe est très soutenue de couleur rubis. A l'aération des épices dominent les fruits discrets. La bouche est assez charnue, ronde et assez ample dans un centre doté de fruits un peu ternes. La finale de longueur normale est un peu tannique, avec une palette aromatique retenue et des notes d'élevage. Noté 13,5

Les vins de Cadillac en Fronsadais

Le Bout du Monde 2012

La robe est assez profonde de couleur pourpre . Le bouquet est bien ouvert avec des arômes de cerises, de mûres, de délicates épices douces, et une touche florales. La bouche est veloutée, les tannins mûrs sont enrobés par un chair de bon aloi, le milieu de bouche est rond, rempli et fruité. La finale d'une bonne allonge reste veloutée, fraîche , fruitée et florale. Noté 14,5

Montrevel 2014 (100% Merlot)

100% Barriques neuves, 15 mois d'élevage (en fin d'élevage)

la robe est profonde, de teinte sanguine à violine. L'olfaction est ouverte et nette avec des arômes de cerises, de fines épices douces, de légères notes de mûres et un élevage en arrière plan. La bouche est élégante et veloutée, le vin prend du corps et de l'ampleur dans un centre fruité. La finale est allongée, harmonieuse, fraîche et persistante. Note potentielle 15

Montrevel 2015 (100% Merlot)

Vinification intégrale (échantillon primeur)

La robe est profonde de couleur violine. Le nez, élégant et expressif, évoque les cerises noires, les mûres, la boite à épices, avec une touche de violette et un élevage de belle qualité. La bouche est charnue, assez crémeuse, le vin se développe dans un corps dense , assez sphérique rehaussé de fruits épicés. La finale est allongée, d'une fraîcheur de bon aloi, tenu par des tannins enrobés, dotée d'une palette aromatique expressive. Note potentielle 15,5/16

Les investissements entrepris par Richard Serisier sont à la dimension de l'objectif qu'il s'est fixé avec Stéphane Rénié, à savoir produire d'excellents vins sur ces très beaux terroirs qui sont pénalisés par l'appellation Bordeaux Supérieur. La voie choisie permettra d'atteindre l'objectif quand les replantations sur le secteurs de Cadillac en Fonsadais seront terminées et que les vignes auront pris un peu d'âge. Les très nettes différences entre les vins de Meillac (ancien propriétaire) et les derniers millésimes élaborés «Au Bout du Monde» montre qu'une grande partie du chemin a déjà été parcouru. Les amateurs de vins de Bordeaux auront intérêt à suivre ces propriétés d'autant plus que les prix devraient rester raisonnables.


Les photos sont celles du site du Domaine Serisier et aimablement consenties pour le billet de ce blog.



21 juin 2016

Saint Emilion : La Voûte 2012 et Troplong Mondot 2001

Les vins commentés dans ce billet ont été ouverts lors de circonstances différentes. Le château La Voûte 2012 (Saint Emilion) a été bu sur deux jours en bouteilles et évolue positivement. L'élevage s'est déjà bien fondu depuis notre dernière dégustation (il y a un an) et la palette aromatique fruitée et florale s'exprime nettement. Dans deux ou trois ans, le vin sera prêt à boire, avec juste une aération en carafe avant le service, tout en ayant un potentiel de garde d'une bonne quinzaine d'années depuis sa naissance.

Des occupants de notre chambre d'hôte originaires des Etats Unis ayant manifesté leur goût pour les vins de Saint Emilion, j'ai ouvert sans préparation une bouteille de Troplong Mondot 2001 que nous avons commentée, avec Isabelle et André qui était passé nous voir ce soir là. Le vin s'aborde bien, même si la finale est un peu marquée par des tannins sensibles, qui se sont amadoués davantage dans le restant de la bouteille le lendemain (date du commentaire). Il faudra encore attendre le vingtième anniversaire de ce vin pour en profiter pleinement s'il est conservé dans une cave fraîche.

 

 



Saint Emilion : Château La Voûte 2012

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La robe est assez profonde de teinte violine. Le nez est net et ouvert avec des arômes de cerises mûres et fraîches, de baies rouges sauvages ( fraises des bois ) de fines épices, avec des notes florales et un élevage (café en encens ) en arrière plan. L'attaque est veloutée le vin de développe dans un corps fuselé bien rempli, délicatement charnu et fruité. La finale est fraîche , d'une bonne allonge, élancée, et persistante. Noté 15,5, note plaisir 15.

Saint Emilion : Château Troplong Mondot 2001

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La robe de couleur sanguine à violine est profonde. Le bouquet expressif évoque les cerises légèrement kirschées, les épices douces (dont la cannelle) avec des notes de petites baies noires, de truffes noires et un élevage ( café et moka) pas encore fondu complètement. La bouche est veloutée, le milieu de bouche est puissant, ample, doté d'une chair bien formée et fruité. La finale est longue, bien tenue par des tannins au toucher crayeux, d'une bonne fraîcheur, persistante, et légèrement réglissée en ultime sensation. Note potentielle 16,5 note plaisir 15,5. A attendre 4 à 5 ans de plus pour un vin conservé dans une cave fraîche.



20 juin 2016

Visite-dégustation au château La Fleur Cardinale : Saint Emilion Grand Cru Classé

C'est dans le cadre des invitations Les Copains d'Abord, qu'Angélique Burin nous convie à La Fleur Cardinale. Nous étions impatients de faire sa connaissance, car depuis quelques mois nous correspondions sur le vin dans les réseaux sociaux, mais nous considérons que rien de telle que la rencontre réelle, le virtuel ayant beaucoup de limites. Fleur Cardinale, nous connaissions en revanche : les Decoster ont l'amabilité de participer aux journées portes ouvertes de Saint Emilion, et nous avions déjà eu grand plaisir à les rencontrer dans leur propriété.

 

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Après avoir vendu son entreprise porcelainière Haviland, Dominique Decoster et son épouse Florence font l'acquisition en mai 2001 du Château La Fleur Cardinale située sur la commune de Saint-Etienne-de-Lisse sur l'appellation Saint Emilion et décident de résider sur la propriété. En 2012 leur belle-fille Caroline les rejoint en prenant en charge la communication, puis leur fils Ludovic en 2015 avec pour objectif d'assurer la succession de ses parents. Quelques année plus tard ils acquièrent un petit vignoble attenant de quatre hectares La Croix Cardinale.

 

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La Fleur Cardinale est un vignoble d'une superficie de 23,5 hectares qui jouxte le Château Valandraud. Les vignes ( encépagement : 75% Merlot, 20% Cabernet franc, et 5% Cabernet Sauvignon) sont plantées sur un substrat argilo-calcaire de la retombée nord du plateau de Saint Emilion, c'est un terroir froid et les vendanges, à la propriété sont très souvent les plus tardives de l'appellation.

La viticulture est classique : pas de désherbants chimiques, décompactage des sols, traitements adaptés aux conditions du millésime, engrais organiques, enherbement maîtrisé, effeuillage, éclaircissage.

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Les vendanges sont manuelles avec un premier tri à la vigne, un second tri sur table, et si nécessaire un tri par densimétrie ( machine « tribaie »).

Les chais ont été construits en 2002, et sont équipés de 22 cuves cylindriques en inox thermorégulées. La vinification débute par une macération préfermentaire à froid ( 5°C pendant 4 à 5 jours) si l'état de la vendange le permet, puis s'ensuit la fermentation alcoolique accompagnée de remontages par gravité, et se conclut par une macération à chaud pendant deux à trois semaines. Les vins sont élevés sur une durée de 12 à 15 mois en barriques neuves de chêne français.

La viste-dégustation est animée par Caroline Decoster, Voici les commentaires des vins dégustés dans l'ordre de leur présentation.

 

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millésime 2007

La robe de couleur rubis est légèrement évoluée au bord du verre. Le bouquet est ouvert avec des arômes de cerises mûres, de légère truffe noire, et des notes florales, de cassis, et d'élevage en arrière plan. La bouche est élégante, finement charnue dans un corps fuselé et fruité. La finale est élancée, tenue par des tannins un peu plus impressifs, d'une bonne persistance aromatique. Noté 15,5

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Millésime 2010

La robe est assez profonde à profonde, de teinte sanguine à violine. Le nez s'ouvre à l'aération sur une corbeille de fruits noirs (cerises noires, cassis écrasé, et baies de sureau) de boite à épices, avec des notes de violettes, de réglisse, et un élevage élégant en arrière plan. La bouche est veloutée en attaque, les tannins fins et mûrs enrobés par une chair bien formée se trament dans un corps dense, d' une élégante concentration, rehaussé de fruits épicés. La finale est longue, encore un peu tannique (très bon maintien), fraîche et persistante. Note potentielle 17,5

Millésime 2011

La robe est assez profonde de couleur sanguine. L'olfaction est expressive avec des arômes de cassis ( jus), de cerises, d'épice douces variées, avec une touche de réglisse, et de fleurs mauves. La bouche est bien construite avec un, corps plein et dense d'un élégant velouté de texture, doté d'expressifs fruits épicés. La finale est longue, soutenue, avec des tannins restant enrobés, soulignée par une séduisant palette aromatique. Noté 16,5. un vin qui commence à se goûter avec plaisir

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Millésime 2008

La robe est assez profonde, de teinte rubis. Le bouquet est bien ouvert et très floral ( roses et violettes) au premier plan, avec des arômes cerises mûres et fraîches, et des notes de cassis et de fines épices. La bouche est très veloutée, les tannins fins et mûrs sont enrobés par une chair bien formée, le vin très fruité se corse avec une bonne densité et de la rondeur. La finale est allongée, fraîche bien dessinée, veloutée, harmonieuse et persistante. Noté 16. Un qui offre déjà un très bon plaisir, le plus abordable de la dégustation.

Millésime 2012

La robe est assez profonde, de couleur sanguine à légèrement violine. Le nez s'ouvre à l'agitation et évoque les fruits noirs (cassis, cerises noires, mûres) les épices douces ( dont la cannelle), avec une pointe de réglisse, et un léger élevage en arrière plan. La bouche est veloutée, le vin se développe corsé avec une bonne ampleur, dans un centre charnu et fruité. La finale est longue, bien tenue par des tannins encore fermes mais enrobés, fraîche et dotée d'une séduisante palette aromatique. Note potentielle 17

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Comme le montre cette dégustation, les vins sont en progression constante depuis l'achat de la propriété et d'une excellente régularité prouvée par les belles réussites des millésimes 2011 et 2012. La qualité des vins et du terroir, le travail rigoureux et minutieux au vignoble, les remarquables bâtiments techniques font du Château La Fleur Cardinale un candidat sérieux à l'accession en Premier Grand Cru Classé B lors de la prochaine révision du classement de Saint Emilion. 

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17 juin 2016

Domaine Pignier, Montaigu, Jura, visite et dégustations

Le domaine Pignier est situé dans le village de Montaigu sur un piton rocheux qui domine la ville de Lons le Saunier. C'est un domaine familial de 15 hectares qui appartient à la famille Pignier (seuls vignerons du village) depuis 1794. Il est exploité actuellement par Jean-Etienne, Antoine et Marie Florence (frères et soeur). Les bâtiments sont situés à l'aplomb de superbes caves voûtées du treizième siècle construites par les moines Chartreux qui se sont exilés lors de la Révolution Française.

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Les vins sont vinifiés et élevés dans ces remarquable caves. Les vignes sont situées sur deux reculées (recul de la falaise dû à l'érosion provoquée par un cours d'eau ) : Val de Sorne ( coteau sud de Montaigu) et Val de Vallière. Le substrat lithologique des vignes est varié, il appartient aux deux périodes du début de l' ère secondaire : Trias et Jurassique (plus précisément le Lias qui débute le Jurassique). Il s'agit essentiellement de marnes et argiles bariolées ( bleues à rouges), éboulis argilo-calcaires, schistes argileux.

Les vignes sont travaillées en Biodynamie, avec une certification Demeter depuis 2002. Les vinifications sont conduites en levures indigènes. Le vins sont peu soufrés à la vinification ou sans soufre ajouté selon les cuvées.

Les vins produits sont élaborés dans les deux couleurs : blancs ( Chardonnay, Savagnin) et rouges (Trousseau et Poulsard) avec également un Vin de Paille et un Macvin. Nous nous sommes intéressés, lors de cette visite, uniquement aux vins blancs.

Le vins sont purs, avec des arômes nets, et bien définis (fruits et parfums floraux), des structures précises, représentatives de leur terroir, et de la lithologie associant avec élégance beaucoup de finesse de texture et de présence en milieu de bouche, ils sont ponctués par des finales élancées, fraîches, aromatiques et pures, et très salines (voir les commentaires).



Cuvée GPS 2015

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Elevage 6 à 7 mois en demi-muids de 600 litres, sans soufre ajouté

Assemblage de trois cépages ( Gamay blanc= Chardonnay, Poulsard, et Savagnin) pressés ensemble

La robe offre une couleur jaune pale. L'olfaction est simple et ouverte avec des arômes de poires, de fruits jaunes et florales. La bouche est très fraîche , traçante, finement charnue, fruitée, florale d'une allonge normale, avec une palette aromatique plus marquée par les agrumes. Noté 14

A La Percenette 2014

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100% Chardonnay ouillé

vinifié et élevé 12 mois en barriques de 225 litres

La robe de couleur or très clair est brillante. Le nez évoque à l'aération la poire, l'orange, le citron, les fleurs blanches, la camomille avec des notes de noisettes. L'attaque est veloutée, les sensations sont ascendantes, le vin se développe avec une chair bien formée, presque grasse, jusqu'à un centre très fruité bien tenu par une colonne vertébrale acide mûre. La finale est allongée, pure, tonique, très aromatique et très saline. Noté : 16

Gamay Blanc ( Chardonnay) élevé un cuve béton ( œuf Nomblot) 2014

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La robe offre une couleur or clair. Une légère réduction s'estompe à l'aération pour libérer des arômes de fruits blancs ( pêche, poire) d'agrumes ( citron , pamplemousse) nuancés de notes florales, et légèrement fumées. La bouche est grasse, très veloutée, plus ronde et plus ample dans un milieu de bouche rehaussé de fruits très purs. La finale est longue, d'un séduisant velouté de texture, persistante, fraîche, harmonieuse, et très saline. Noté 16,5

Savagnin 2012 : non ouillé

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Elevé 48 mois sous voile en pièces de chêne

La robe présente une teinte or fin. Le nez est expressif, avec des arômes de noisettes, de noix fraîches, d'épices douces (dont une léger curry) , d'oranges légèrement confites, et des notes fumées. La bouche est veloutée, et fraîche, le vin prend une nette consistance et de la chair dans un centre fruité. La finale, portée par une juste fraîcheur s'allonge et s'étire avec finesse et élégance, persistante et saline. Noté 16/16,5

Vin Jaune 2008

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Elevage sous voile en pièces de chêne de 228 litres pendant 7 ans

La robe offre une teinte or un peu plus soutenue que celle des vins précédents. L'olfaction s'ouvre à l'aération sur des arômes de noix fraîche, de brou de noix, de girofle, d'oranges, de noisettes et d'amandes grillées et des notes d'éthanal. La bouche est fine en attaque, le vin se développe serré et dense dans un milieu de bouche, fruité et épicé, avec un toucher de bouche un peu « tannique ». La finale est allongée, très fraîche, dotée d'une palette aromatique rappelant celle décelée à l'olfaction, mais un peu discrète. Noté 15,5 sur cet échantillon. Pas de recul suffisant sur les vins jaunes de cette propriété pour en évaluer le potentiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2016

Jura : Domaine Berthet-Bondet : Savagnin 2011 et Château Chalon 1990

De notre voyage dans le Jura nous avons rapporté quelques bouteilles intéressantes, certaines pouvant être bues rapidement. A contrario nous avons des vieux millésimes de Château-Chalon et l'idée d'orienter un repas autour de blancs non ouillés germait depuis quelque temps déjà.

 

Sans forcément se lancer dans une cuisine complexe, l'idée était de mettre en valeur le savagnin, grâce à un incontournable de la région, en l'occurrence, une poularde au vin jaune.

 

Je l'ai cuisinée avec une partie du Savagnin 2011 et j'ai ajouté en toute dernière cuisson des pleurotes.

Nous avons risqué pour le fromage  un maroilles :  étonnamment ( ou pas!) l'accord était idéal.

 


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Jura : Berthet-Bondet : Côte du Jura : Savagnin ( non ouillé) 2011

La robe or assez soutenue est brillante. Le nez est intense avec des arômes de pommes au four, d'épices orientales ( dont un léger curry) d'oranges ( peaux et pulpe), de noisettes et de noix fraîches. La bouche est veloutée, le milieu de bouche associe une puissance maîtrisée à une élégante finesse de texture, rehaussé d'expressifs fruits épicés. La finale est longue, soutenue, équilibrée, fraîche et très persistante.Noté 16,5, note plaisir 16

 

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Jura : Berthet-Bondet : Château Chalon 1990

La robe est ambrée. Le bouquet intense et complexe évoque la boîte à épices orientales ( dont le safran et le curry) , les pommes bien cuites, les oranges mûres, les noisettes et noix sèches, avec des notes florales, de légères infusions et de morilles. La bouche est riche, très charnue , grasse, et très veloutée , le vin est puissant, concentré, ample, volumineux dans un centre très aromatique. La finale est très longue, conservant un séduisant velouté de texture, intense, pure harmonieuse, très persistante et très complexe. Noté 18,5, note plaisir 18. Un vin qui n'a pas encore tout dit.

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15 juin 2016

Visite chez François Lumpp à Givry ( Côte Chalonnaise)

François Lumpp débute son activité de vigneron en 1991, en exploitant quatre hectares de vignes. Il s'agrandit au fur et à mesure en faisant l'acquisition de parcelles qualitatives ( parfois abandonnées, qu'il défriche et replante en sélection clonale puis massale depuis 12 ans). Son vignoble atteint aujourd'hui la surface de 9,5 hectares (dont deux hectares consacrés aux vins blancs).

Le vignoble est mené en agriculture raisonnée, le désherbage chimique a été abandonné depuis 1995. Les sols sont travaillés mécaniquement ( griffage, léger buttage, décavaillonnage, etc.). Les traitements et le choix produits de protection sont adaptés aux conditions météorologiques du millésime. Les premiers traitements se font à base de cuivre et de soufre, si la pression des maladies est trop forte (en année très pluvieuse) il a recourt aux produits de synthèse (conventionnels).

Des vendanges en vert sont effectuées si nécessaire. Les vendanges sont manuelles, avec un premier tri méticuleux à la vigne, puis un second sur table de tri.

Après les vinifications, les vins sont élevés en barrique, pendant un an, avec 30% de bois neuf pour les vins blancs et 70% de barriques neuves pour les vins rouges.

Au premier contact au début de la visite et de la dégustation, nous percevons François comme une personne réservée, voire un peu austère, surtout qu'il nous voit prendre des notes. Serions-nous des crypto-journalistes ?

Comme souvent il suffit de peu de chose pour engager une discussion confiante qui deviendra très intéressante. Notre lieu de résidence a provoqué le déclic. Francois Lumpp nous dit qu'il a eu comme « Bible » au début de sa carrière de vigneron les livres d'Emile Peynaud, et qu'il n'hésite pas à les rouvrir encore aujourd'hui. Il nous fait part de son intérêt et de ses goûts pour les vins de Saint-Emilion qu'il est venu visiter , il y a quatre ou cinq ans. Nous sentons, au cours de nos échanges, sa rigueur, sa méticulosité, avec le souci constant du bon état sanitaire des vignes et des raisins et de leur juste maturité ( il n'est pas adepte de la chaptalisation).

Les vins ont beaucoup de caractère et signent avec justesse leur terroir (exposition et nature des sols et sous-sols), en blanc comme en rouge.

Le calcaire donne des vins droits, denses, finement charnus, une palette aromatique fraîche et florale avec des tannins un peu fermes, et une nette salinité ; les marnes offrent des tannins plus enrobés, avec de la rondeur et de la délicatesse en milieu de bouche, une élégance d'ensemble et finement saline. L'argile apporte davantage de chair et d'ampleur, et des fruits plus crémeux. Un climat de grande superficie comme A La Vigne Rouge associe de par la diversité de ses sols et sous-sols plusieurs de ces caractères dus à la lithologie.

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Les vins sont servis en bouteille ouvertes lors de notre dégustation.



Les vins blancs

Petit Marole : Premier Cru 2014

0;30 hectare exposé est, sud-est

La robe de couleur jaune pale est brillante. Le nez ouvert évoque les fruits blancs, les agrumes, nuancés de notes florales, et de légères noisettes . La bouche est veloutée, dotée d'une chair bien formée, ronde et assez ample. Le vin se tend et s'allonge dès le milieu de bouche, dans une finale bien tenue par un acidité mûre qui met en exergue les fruits, et ponctuée par une note saline. Noté 15,5

 

Crausot : Premier Cru 2014

0.63 hectare exposé sud-est

La robe de teinte jaune pale, avec des reflets or léger est brillante. L'olfaction s'ouvre à l'aération sur des arômes d'agrumes, de fleurs des champs, avec des notes de roche broyée, de poire légère et de noisettes. La bouche de constructions allongé est droite, avec une matière serrée, d'une bonne densité, délicatement charnue, et fruitée. La finale d'une bonne allonge est élancée, fraîche ( belle acidité mûre), fruitée, florale, et minérale ( très nette salinité). Noté 16

Les vins rouges

Bourgogne générique : La Paulée 2014

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La robe est assez soutenue de couleur pourpre. Le nez est ouvert avec des arômes de cerises mûres et fraîches, nuancées de notes florales (roses) et légèrement fumées. La bouche est droite finement charnue, plus ronde dans un centre fruité. La finale d'une longueur normale, tenue par des tannins un peu plus fermes mais enrobés est fraîche, d'une agréable persistance aromatique (très fruits rouges avec une pointe de réglisse). Noté 14

La Brûlée : Premier Cru 2014

0,76 hectare exposé est, sud-est

La robe est assez soutenue de teinte pourpre à sanguine. Une légère réduction s'estompent à l'aération pour faire place à des arômes de cerises burlat, de légère griotte, avec de fines notes sanguines, épicées, et de roses, et de léger élevage en retrait. La bouche est veloutée avec une chair bien formée qui enrobent les tannins fins et mûrs, tramés dans un corps bien constitué, assez ample et fruité. Le vin s'étire dans une finale, fraîche, d'un élégant veloutée de texture, et très aromatique ( fruits, fleurs et légère épices). Noté 15,5/16

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Crausot : Premier Cru 2014

0,92 hectare, exposé sud

La robe est assez soutenue de couleur pourpre. L'agitation libère des arômes de cerises burlat, de roses anciennes, de pivoine, avec des notes d'épices douces et de délicat élevage en arrière plan. La bouche, de forme allongée, est construite sur des tannins fins et serrés tramés avec une bonne densité, un peu plus haute et arrondie dans un centre très fruitée. La finale est allongée finement charnue, avec des tannins enrobés, un peu fermes dans le cœur du grain, pure, fraîche, très aromatique et saline. Noté 16

A La vigne Rouge : Premier Cru 2014

2,45 hectares exposé sud, sud-ouest et est, sud-est

La robe de couleur burlat est un peu plus colorée que celle des vins précédents. Le nez un peu fermé s'ouvre à l'aération sur des arômes de fruits rouges( cerises mûres un peu plus noires et légères griotte), de roses fraîches, de fines épices, avec des notes légèrement réglissées , et d'élevage élégant et assez discret. La bouche est charnue et veloutée, le vin se développe dans un corps bien dessiné ( assez dense et ample) rehaussé de fruits expressifs. La finale est longue, d'une bon maintien, harmonieuse, persistante avec une touche saline. Noté 16/16,5



A La Vigne Rouge Premier Cru 2013

Robe est assez soutenue de couleur pourpre. Le nez est fermé, l'aération libère des parfums de petits fruits rouges et des notes florales. La bouche est fine élancée, un peu plus haute dans un centre un peu plus fruité. La finale, tenue par des tannins légèrement crayeux, est fraîche un peu plus fruitée et florale, avec une pointe d'amertume. sur cet échantillon. Un vin assez renfrogné dont il est difficile d évaluer le potentiel.



14 juin 2016

Dernier soir... Un vin australien de la Mac Laren Valey, Pavie Macquin et Les Murgiers...

La deuxième partie du repas s'est montrée éclectique et gourmande. Partager une passion, c'est aussi partager des vins et nos amis sont d'une grande générosité. C'est donc après la grillade, deux plateaux de fromages que nous avons présenté. Dans l'un pour aller avec le Pavie Macquin nous avons mis un Saint Nectaire, et dans le second, un accord pour le moins étonnant, mais enthousiasmant, du camembert et un Champagne.

 

Il s'agit de ce même Camembert Mercier du Champsecret, que nous avions déjà expérimenté avec du Champagne : lire ICI

Nous le choisissons toujours très affiné, et l'aromatique présente des notes beurrées, des saveurs de paille et de noisette qui ne vous pas sans rappeler le Chardonnay.

Pour le desser, et permettant ainsi de poursuivre avec le champagne, j'ai préparé un sabayon de clémentine gratiné.

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Ce dîner improvisé ne m'a certes pas permis de présenter des plats aussi élaborés que ceux du dîner de la veille, mais les discussions, le plaisir d'être ensemble et la joie de vivre sont totalement à l'identiques! 

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Trois jours de plaisirs viniques qui aboutissent forcément à des promesses, celles de se revoir vite, ici ou ailleurs... 

 

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Australie : Mac Laren Valey : Oliverhill Winery : Jimmy Section : Syrah 2007

aéré une heure en carafe

La robe est assez profonde de couleur sanguine à violine. Le bouquet est expressif avec des arômes de boite à épices ( dont un léger poivre) de cerises noires, de jus de cassis, d'eucalyptus, et un élevage pas encore fondu. La bouche est bien en chair, très veloutée en attaque, richement dotée, concentrée, agrémentée d'intenses fruits épicés. La finale tenue par des tannins énergiques, est très aromatique (fruits et épices) avec un élevage pas encore fondu donnant un caractère asséchant, et une très légère sucrosité en ultime sensation. Note plaisir 14,5. Le lendemain le vin est parfaitement en place, avec une finale équilibrée, harmonieuse, longue, un élevage à peine perceptible sans sécheresse et des tanins enrobés. Le vin a souffert d'un manque d'aération : note potentielle 17/17,5



Saint Emilion : Pavie Macquin 2009

La robe est profonde, avec un liseré de teinte sanguine. Le nez expressif évoque les cerises noires mûres, le cassis écrasé, les épices douces (cannelle), avec des notes de truffe noire, de thé fumé, et d'élevage en arrière plan. La bouche est riche, très veloutée, bien en chair, ample, sphérique, concentrée, très fruitée. La finale est longue, puissante, avec des tannins légèrement impressifs, persistante, dotée une fraîcheur sous-jacente de bon aloi, et ponctuée par une légère sécheresse tannique du à un élevage pas encore totalement fondu. Noté 17,5, note plaisir 16. Pas aussi accessible que d'autres 2009 de la rive droite.

 

Champagne : Francis Boulard : les Murgiers : Extra Brut

Pinot Meunier 70%, Pinot Noir 30%, dégorgé 24/01/2014

La robe , de couleur or clair est traversée par un cordon de bulles fines. L'olfaction est bien ouverte avec des arômes de pomme mûre, de citron, nuancée de notes florales, de fruits rouges, et de brioche. L'attaque est tonique, le vin prend de l'ampleur dans un centre fruité. La finale d'une bonne allonge est dynamique, fruitée, florale, sapide et finement saline. Noté 16, même note plaisir

 

13 juin 2016

Dîner improvisé... avec des accords non moins improvisés...! mais réussis! Ginglinger, Léoville Las Cases et Chambolle Musigny

La visite de notre ami Bernard, que nous avons relatée dans les précédents billets, a donné lieu à des rencontres certes planifiées, mais aussi à d'autres plus improvisées. C'est le cas de la dernière soirée que Bernard a passée en notre compagnie à Saint Emilion. Elle devait se faire dans toute la simplicité d'un barbecue, dans l'intimité de notre amitié et des conversations qui touchent à notre passion commune, à nos enfants, mais l'envie de partager notre bonheur hédoniste l'a emporté sur notre sagesse.

 

Après notre visite à Fonplégade, nous retenons Franck, le directeur technique et Joseph, qui l'après-midi même nous a présenté son nouveau millésime siur fût, se joint à nous. Le barbecue est néanmoins maintenu. Nous avons la chance d'avoir à Libourne un boucher qui mature ses viandes de façon exceptionnelle, et j'accompagne cette viande de quelques légumes blancs.

 

En mises en bouche, je propose du tartare de homard au wasabi, mangue et fruits de la passion au thym et quelques roulés de jambon au fromage. 

En entrée, ce sont des langoustines à la menthe en feuille de brick, un carpaccio de petits pois aux amandes et un sorbet de pois à la menthe et basilic.

Les trois vins qui sont présentés ce jour sont ceux qui ont accompagné les mises en bouche et l'entrée, le Saint Julien et le Bourgogne ont été servis avec la viande.

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Alsace : Paul Ginglinger : Riesling Pfersigberg : Hertacker 2014

le vin se goûte comme la bouteille ouverte 15 jours avant ce dîner

La robe de couleur jaune pâle est brillante. L'olfaction est nette et expressive avec des arômes de citron et de pamplemousse mûrs, de délicates épices orientales ( dont le cumbawa) nuancées de notes florales (verveine). La bouche est pure, dense, droite, dans une construction allongée, délicatement charnue, rehaussée de séduisants fruits mûrs. Une impeccable acidité mûre allonge et étire une finale cristalline, dynamique, très aromatique, sapide et saline. Note potentielle 17/17,5, note plaisir 16,5

 

Saint Julien : Léoville Las Cases 1994

La robe est assez profonde de teinte rubis, très légèrement évoluée au bord du verre. Le bouquet est intense avec des arômes de cassis mûr et pur, de boites à épices, de tabac brun, de cèdre, avec des notes d'encens. L'attaque est très veloutée et bien en chair , le vin se développe dans un corps d'une bonne densité et assez ample rehaussé de fruits expressifs. La finale est allongée, fraîche, tenue par des tannins un peu plus sensibles, persistante, et d'une très honorable complexité aromatique.Noté 16, même note plaisir. Un vin sur son plateau de maturité.

 

Bourgogne : Louis Jadot : Chambolle Musigny 2009

La robe est assez soutenue de couleur pourpre. Le nez s'ouvre à l'aération sur des arômes de cerises, de légères griottes, d'épices douces, de roses, avec une légère note de cassis. La bouche serrée et dense, dans une construction longiforme, est fruitée et dotée d'une chair délicate, dans sa première partie. La finale est un peu plus austère, très épicée et fruitée, d'une bonne fraîcheur et une légère amertume en ultime sensation. Note plaisir 15, avec un potentiel plus élevé vers 2020.