Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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27 avril 2012

Vendredi du Vin 45 # : de l'art et du cochon

 


  Est organisée une conférence sur le thème du vin à travers la peinture. Magnifique ! Je m’en délecte d’avance, et rejoins un groupe vissé aux basques d’une guide au discours agité dans tous les sens, bientôt comme ses cheveux Color Show noir intense de l’Oréal parce que son âge le vaut bien…

Passage obligé devant La Descente de la Croix de Rubens,


Descente de rubens

une splendeur monumentale qui vous rendrait presque Golgothamane… en poussant un peu le bouchon… Ce que fait d’ailleurs la guide : elle montre que Saint Jean recueille le sang du Christ, souvenir du vin offert lors de la dernière Cène.
Là, pour le coup, je m’inquiète.
Saint Jean s’est voulu le premier témoin de l’immortalité acquise dès cet instant grâce à la vue de l’eau et du sang qui se mettent à couler après le coup de lance des soldats. Ce que traduit très EXACTEMENT Rubens !

Je me dis alors qu’une telle thématique, le vin à travers la peinture, encourage finalement à construire des symboliques hasardeuses, pour ne pas dire fantaisistes.
Confirmation : analyse et découverte d’une véritable brochette de Dionysos (bon, d’accord, le dieu du vin…) entrelardés de Silènes, tout nus ou pas tout nus, drôles, sarcastiques, concupiscents, ou aguicheurs d’Allais à Mignard. Heureusement, l’alphabet lillois s’arrête au M.

L’analyse devient plus intéressante pour les natures mortes. Le verre enfin apparaît, ce qui me rassure, quand même ; j’avais fini par croire que mon imagination s’était vilainement anesthésiée. N’est pas Magritte qui veut, sauf la guide (mais ceci n’est pas une guidewinking smiley) pour voir du vin dans les clair obscur flamants du XVIIè, ou encore dans l’oreille de l’autoportrait de Carolus Durand. J’ai pourtant cherché. Rien vu. Même dans les craquelures du tableau !
monstruosité du 17ème
Bref, les verres font leur apparition. Dévirtualisation du concept du vin, le seul que je suis capable de comprendre – et d’intérioriser! Plusieurs scènes me frappent, et je me glisse dans ces images pour mieux les boire. Le verre de Chardin me livre les souvenirs d’enfance de la timbale en argent… et les papilles me démangent d’un coup… Je me prends à rêver le vin qui vient alors à me manquer terriblement.
Mal qui s’amplifie avec le verre rempli généreusement du tableau de Nattier, sa Scène Galante, et avec la ciselure translucide travaillée à la perfection de celui de Beyeren. Me voilà transportée dans l’Olympe vinique des Cheval Blanc, Gruaud Larose, Cos d’Estournel and Co quand l’autre parle (blablabla…blablabla…) de métaphore de pelure de citron pour évoquer la fuite du temps et la vanité de notre existence.
Bouh !… Un monde nous sépare !
Je redescends de l’astéroïde B612 et me plante devant la Tentation de Saint Antoine par David Téniers.

tableau divers salle XVIII

Revenant de son exil dans le désert où il sut braver toutes les tentations, Saint Antoine subit encore les exhortations d’une jeune femme lui offrant un verre de vin. La guide précise (au début je croyais qu’elle faisait de l’humour) que la femme incarne les sept péchés capitaux, en particulier la gourmandise et la luxure, et qu’elle est pour Saint Antoine une épreuve démoniaque. Evidemment, la misogynie biblique n’en est plus à cela près. Mais quand même ! Ne pas y voir l’extrême raffinement d’une magnifique jeune femme qui a perçu dans le vin ses délectables qualités (excusez les pléonasmes et tautologies) au point de les offrir avant elle-même me bouleverse. Ce tableau m’est une splendeur ; enfin la sacralisation de la femme et du vin !!! Bon, que Saint Antoine refuse le vin, soit ! Il doit être atteint du syndrome d’Erostrate ou alors il a lu Nossiter. En revanche, je reste perplexe, médusée de ce que David Téniers soit si galvaudé. Nul doute que ce peintre devait aimer les femmes et le vin, et son œuvre en est le plus bel hommage ! Réunir la majesté féminine à l’œnologie ! Je quitte le musée, comme Dante a quitté les Enfers, et lève la tête vers un magnifique ciel étoilé…

 

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27 janvier 2012

Vendredis du Vin # 42: Le Vin et les Voyages

« Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

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Notre voyage en Terre Sainte, par les Chemins de Compostelle, nous mène droit vers le Liban et la Syrie. Partis de bon matin en l'an 2012, bâton de pélerin, besace remplie de nos GCC de Saint Emilion pour nous ressourcer, et le bourdon - pour Père Danielou - , nous croyons en notre évangélisation des très saints calcaires à astéries.

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Le codex calixtinus dans notre cotte nous défend des démons du grenache et du mourvèdre.

Nous récitons une dizaine de chapelets pour notre grande offense à Saint Emilion, à travers vignes et pavés, et faisons acte de contrition, en prenant la ferme résolution de ne plus boire que des vins bio. Dans notre boîte à certificats, quelques bons fromages nous permettent de combattre avec la Grâce de Saint Ausonius les galettes de Sarrasin qui se répandent éhontément sur les tables hérétiques et notre foi nous écarte des lieux bannis, par l'intercession de nos Saints Anges gardiens Saint Pavie, Saint Belair, Sainte Madeleine et Saint Fourtet.

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Nous arrivons enfin devant notre Vraie Croix, le Saint Sépulcre Millésimées de Terres reconquises par les vaillants Croisés Derenoncourt. 

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Liban : Marsyas ( blanc) 2009

La robe est dorée, brillante. Le nez est élégant et expressif, avec des arômes floraux,  de poires épicées, de miel, et des notes de fruits exotiques. La bouche est veloutée, bien tenue par des fruits mûrs d’une très bonne intensité, presque grasse dans un centre assez sphérique, avec une acidité sous-jacente qui donne un très bon équilibre, et une bonne fraîcheur au vin dans une finale persistante soulignée par des fruits gourmands et des épices douces. Noté 16+

 

Liban : Marsyas rouge :  2008

Assemblage : 40% Syrah, 35% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot. Sols et sous-sols argilo-calcaire

La robe est identique à celle de Bargylus (l’éclairage ne permet de voir les nuances ), le nez est net , intense, séduisant, avec des arômes de fruits noirs écrasés variés, de violettes, de boites à épices ( poivre fin et léger safran), et des notes de zan. L’attaque laisse entrevoir une matière, riche, moelleuse, les tannins sont fins, serrés et habillés par un chair dense Le milieu de bouche est  sphérique, ample et volumineux, les fruits sont purs, très gourmands. L’acidité sous jacente donne une belle fraîcheur à une finale, longue, équilibrée, savoureuse, (fruits éclatants), épicée et réglissée, saline dans son ultime expression. Noté 17, note plaisir 17,5

 

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Syrie : Bargylus 2007

Assemblage : 40% Syrah, 35% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot

Sous-sols argilo-calcaire.

La robe est profonde, avec un fin liseré de couleur violine, l’olfaction est généreuse et intense, avec des arômes de cassis, de mûres, d’épices variés( dont le poivre) des notes florales, et réglissés  La bouche est moelleuse, avec des tannins élégants bien enrobés, le centre est dense, plein, d’une très bonne puissance, tout en gardant une texture fine, souligné par des fruits purs, et expressifs. La finale est très persistante, veloutée, fraîche, intense dans son expression aromatique (fruits, épices et réglisse), avec des notes salines. Noté 16,5, note plaisir 17.

 

 

 

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25 novembre 2011

Vendredis du Vin # 41: Les bulles de Mariage....

DSC_0102Notre mariage, le 30 avril 2011

 

Pour ce Vendredis du Vin # 41: Les bulles de Mariage, nous avons tenu à reproduire les commentaires des trois champagnes que nous avions choisis pour cette occasion. Ils n'ont pas été servis comme uniques vins, n'ayant pas fait le choix de faire un menu Champagne et n'ont pas davantage constitué les vins de dessert.

 Les vins de Champagne ont accompagné les mises en bouche : Brochette de tomates/mozarella et basilic, panna cotta coriandre et huile d'olive, petits légumes confits et tuiles à la tapenade, rouleau de jambon au roquefort, crème de parmesan et gressin aux graines de sésame.

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Bollinger a parfaitement tenu son rôle grâce à sa puissance en face des deux premiers mets. Petrea et Jacqueson 734 ont subtilement et élégamment dialogué avec les deux dernières mises en bouche.

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Champagne Bollinger : Spécial Cuvée

La robe est dorée, traversée par des bulles fines, le nez est expressif et séduisant avec des parfums de fruits jaunes, de viennoiseries, de pain grillé, de fines épices et de noisettes. La bouche est pleine, vineuse, avec une matière dense qui donne du corps, et de la chair, et de la puissance dans un milieu de bouche aux fruits mûrs et soutenus. La finale est persistante à très persistante, d’une très bonne vivacité, intense dans sa construction et son expression aromatique, fruitée (fruits jaunes et agrumes) et finement épicée. Noté 16,5

Jacquesson : Cuvée 734

La robe est jaune or, assez claire. Le nez est expressif et frais, très floral, en première intention, suivent des arômes de fruits (pêches, et poires), accompagnés de notes de très légères « viennoiseries » et d’agrumes, et d’amandes douces. L’attaque offre une matière pleine, et délicate bien dynamisée par des bulles fines, le centre est finement charnu, d’une bonne densité, mis en relief par des fruits mûrs bien présents. La finale est persistante, fraîche, étirée, fruitée, florale, et minérale (notes salines). Noté 16

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Francis Boulard: Cuvée Petrea,

La robe est légèrement dorée avec des bulles fines. L’olfaction, nette et d’une bonne intensité, est dominée par des parfums de fruits jaunes et de pommes mûres, avec des notes très légères de viennoiseries et d’infusion. L’entrée en bouche est crémeuse avec une matière charnue, dense, élégante, et d’une belle finesse. L’acidité impeccable donne de l’allonge à une finale très persistante à la palette aromatique délicate et d’une bonne pureté avec des saveurs de pommes rôties au four, des épices douces, et des notes salines.  Noté 17

 

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28 octobre 2011

Vendredis du Vin # 40 : Mes inspiratations culinaresques autour de Foillard et Bouland

Dommage de toujours considérationner les Beaujolais comme de vulgaires accompagneurs de charcuterailles. D'autant que les saveurs de confisades britishiennes s'accordonnent toujours très mal avec ces chairs porcinoises, voire giboyantes dans les dérivations de quelques saucissons.

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Foillard et Bouland, Morgon tous deux, Côte de Py l'un Vieilles Vignes l'autre, Jean à droite Daniel à gauche s'invitent à rejoindre nos augustes Spiegelau pour être ovationnés par de non moins augustes passionariae rugbyphilorum.

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Session ovaliesque au sept huitième, porcelaine dressée sur les pieds-chapelets louis-philippards entre les incisifs et les dentesques en argent, je confectionnise un menuet gastronomique.

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Après avoir goûtaillé les Morgon, j'en retiens les constantes aromatesques : épices douces, cerise, framboise, réglisse... et je conçoive des tatins de foie gras, poires à la muscade, magrets de pigeon sauce marchand de vin et chutney de griottes et crumble de fruits rouges.derniers_clich_s_de_octobre_158derniers_clich_s_de_octobre_165derniers_clich_s_de_octobre_185


Les termites de mon menuet sont difficilement compréhensables, - je priace mon lectorat de bien vouloidre m'en excusationner - je peux en missives privantes les explicanter.

Le principe du tatin est de caraméler les poires après les avoir épicées. De muscade. Dans les fondations de mes ramequins, j'ai plaqué les poires, puis positoiré le foie gras cru, et recouvri de pâte feuilletonnée.

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 Les magrets de pigeon ont été prélèvementés des volatiles et simplement poêlés deux minutes de chaque côté, puis brumisatés de vin rouge qui réduit avec 50 grs de beurre ont fait la sauce. Quant au chutney, il est de composantives classicieuses : miel, curry, muscade, échalote, gingembre... pour cuirasser les griottes.

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La réceptive du crumble se trouvoie un peu partout sur le net. Ici, par exemple...

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Les accordailles mets/vins se sont parfaitement épousatées. La soyance des tannins  a toujours été appréciée sur des mets d'une réelle souplitude, et les palettes aromatesques suffisamment purifiées pour dominationner des composantives culinaresques en reduplicativité de saveurs.

Les Morgon sont d'excellentissimiesques vins de gastronomètres. D'autant que leur signature est celle de viticulterons de grande talentuosité : Foillard et Bouland.

derniers_clich_s_de_octobre_210derniers_clich_s_de_octobre_211

Je tiens à remercier notre ami Christian de sa générosité (termite très improprié et imperfectible à rendre comptabilité de notre gratitude) mais ma vocablation me manque.

Isabelle

 

 

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24 juin 2011

Vendredis du vin # 37

 

Vendredis du Vin # 37

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Quelle conception avons-nous du repas d’été ?

Dans le monde de Warhammer (35° à l’ombre des ceps !), il serait celui qui gagne à être plus frugal ou plus léger pour parer aux torpeurs physiologiques que les températures plus élevées induisent, que nos frêles corps de lézards en mutation, remplis d’un sang-froid supportent moins.

 

Il peut être celui qui se prend à l’extérieur, celui qui se veut plus exotique, plus simple, moins élaboré, plus rafraîchissant.

 

L’an dernier notre premier repas à l’extérieur avait été un barbecue de Saint-Jacques rendu plus suave et plus beau par l’émotion que suscitait une terrasse que nous avions choisie près de la Dordogne.

 

Cette année, il en est d’une tout autre circonstance non moins heureuse puisque nos repas d’été ont été partagés avec les enfants.

 

Nous voulions des mets aux saveurs simples et accessibles et offrir des plaisirs de la table loin des rigueurs que l’éducation ou des lieux plus astreignants imposent parfois. Laissons-les être enfants !

 

D’un voyage dans les Canaries, m’est restée une recette que j’ai évidemment acclimatée sous nos cieux girondins.Blog_du_24_juin_2

Il s’agit de pommes de terre en croûte de sel. Présentées dans leur coque, il faut les frotter puis les tremper sans retirer leur peau dans une sauce épicée, plutôt relevée, avant de les croquer à pleines dents.

 

Nous les avons accompagnées d’une palanque de porc cuite aux sarments.blog_du_24_mai_3

 

Vrai Canon Bouché 2008 ( Fronsac) s’est livré avec une certaine rigueur tannique bien enveloppée de fruits aussi craquants ( cerises et mûres sauvages) que la peau des tubercules canariens…

 

Le vin a parfaitement dominé le plat. Rond, gouleyant, avec des tannins bien enrobés, un rien plus fermes dès le milieu de bouche, frais, sans complexité réelle à ce stade, mais bien fait, il est passé de mains en mains… ou de verres en verres, avec l’évidence de l’accord qu’il a permis.

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Le lendemain, nous avons opté pour des Noix de Saint Jacques et des filets de rouget en brochette.

Les pommes de terre ont cette fois été épluchées et présentées en salade d’huile de truffe. Autre forme, autre régal pour cette chair rendue plus sapide et plus compacte par le mode de cuisson en croûte de sel.

Le Riesling Kirchberg de Barr 2006 de Stoeffler a orchestré ce plat jusqu’à l’apparition des filets de rouget.

Les arômes de naphte, de mirabelles chaudes, et d’agrumes, présents aussi en bouche ont bien tenu tête à l’huile de truffe blanche, très aromatique. La présence soutenue, et le charnu du vin en bouche répondaient, avec sérénité à la chair serrée, et aux saveurs de fumé et de grillé léger des Saint Jacques cuites au barbecue. Les légers sucres résiduels de la finale apportaient une touche de moelleux au mets.

Nous avons choisi ensuite d’accompagner le poisson de la Croix Boissée de Baudry 2007.

La Croix Boissée 2007 est un vin élégant, à la texture fine, doté d’une palette aromatique très pure (violettes, cerises, et fraises sauvages), longiligne dans sa construction, avec une finale saline et crayeuse. Il avait la rude tâche de contenir, la puissance aromatique des rougets, ce ne fut pas aisé. Si l’accord des textures a été cohérent, l’association a surtout fonctionné grâce au cachet salin et crayeux du vin, qui se mariait bien avec le fumé et le caractère marin des rougets.

Isabelle et Daniel

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27 mai 2011

Vendredi du vin # 36

 

Philippe Rapiteau, le trente sixième président des Vendredis du Vin, nous invite à descendre à la cave, pour remonter, et ouvrir une bouteille d’un millésime antérieur à 2000. Vaste programme…comme disait un des nos anciens présidents de la République.

J’ai choisi une bouteille d’un vin que je suis assez régulièrement depuis le millésime 1994. De nombreux critiques professionnels soulignaient les progrès réalisés par cette propriété depuis ce millésime. J’ai donc acquis des vins des millésimes 1994, 1995,1996 et 2000 à des prix tout à fait convenables, et j’ai retrouvé dans le verre ce que j’en attendais.  Lors de la dégustation des primeurs 2004, avec Olivier Grosjean (devenu depuis, le « king » de la blogglouglou), un vin avait, à notre avis, dominé la dégustation des Pauillac (hors Premiers crus classés que nous n’avions pas goûtés) : le même vin ! Pontet Canet

C’est en 2004 que Jean Michel Comme et Alfred Tesseron ont décidé de commencer à travailler le vignoble en agriculture biologique, avec une évolution  vers la biodynamie, et rapidement, ils élaborent un superbe 2005, suivi de près par un excellent 2006. Les vins ont gagné en pureté aromatique, en raffinement des tannins, sans perdre de leur puissance en milieu de bouche. Le calamiteux millésime 2007, qui les oblige à recourir à des traitements chimiques conventionnels ne leur permet pas d’obtenir la certification. Mais les convictions sont là, et dès le millésime 2008, ils poursuivent dans la voie de la biodynamie, dont ils sont persuadés des bienfaits, tant sur la qualité des vins que sur celle de l’environnement naturel et la santé des femmes et hommes qui travaillent sur la propriété. Les vins gagnent encore en qualité, 2008 est une des grandes réussites du millésime, 2009 et 2010 sont exceptionnels, dans la foulée des premiers crus classés.

Je ne discuterai pas ici, de savoir si la biodynamie (avec à l’origine un aspect ésotérique), et l’agriculture conventionnelle sont assimilables à l’opposition entre l’homéopathie versus la médecine traditionnelle  (croyance et science)

Je laisse aux scientifiques des instituts d’agronomie le soin de se pencher sur ces questions. Il devrait bien y avoir quelques thèses traitant de la biodynamie dans les prochaines années…

A lire cette synthèse de Franck Dubourdieu


 

Je resterai factuel : les sols retrouvent une vie et de la souplesse, ce qui favorise un bon enracinement, les vignes sont en bonne santé avec des rendements naturels qui permettent l’élaboration de grands vins, sans polluer l’environnement, et en respectant la santé du personnel employé, le tout sur une propriété de 80 hectares ! Ce formidable pari est en passe d’être gagné, et d’être même un modèle pour une grande partie de la viticulture bordelaise. Au moins pour une agriculture biologique. Les futures directives européennes, centrées sur la protection de l’environnement, devraient être favorables au développement de  l’agriculture biologique.

Je me contenterai donc, modestement, en commentant  cette bouteille de Pontet Canet 1996 de rendre hommage au remarquable travail, aux convictions, et au courage du duo Jean Michel Comme et Alfred Tesseron à Pontet Canet.

Pontet Canet 1996 dégusté sur 24 heures

La robe est très foncée, avec des teintes de couleur rubis à grenat, très légèrement évoluée au bord du disque. L’olfaction est nette, et assez complexe, avec des arômes, de cassis écrasé, de tabac ( cigare), d’épices, de résine, et des notes forestières (truffe et humus), la bouche est puissante, avec des tannins  mûrs et assez serrés qui commencent à se fondre, et qui charpentent le vin avec une bonne énergie, en milieu de bouche, la finale est persistante, fraîche, avec une association de saveurs (fruits, épices, tabac) qui donnent de la complexité au vin. Noté 16,5

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25 mars 2011

Vendredis du Vin # 34 - VINstantanés!

 

 

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C’était notre première mission d’agents secrets : nous devions infiltrer les domaines viticoles de la Loire pour savoir comment avaient été élaborés les 2007. Mission top secret de l’OBEJ, à laquelle nous avait assujettis Le Tonneau…

 

Notre couverture (nos carnets d’amateurs de vin, un vieux camescope Digital Panasonic 3CCD – ne pas semer le doute avec notre camescope Handycam HDR-XR550VE, trop technique – sauf que nous y avions placé un nanoLeica SD-H68) avait bien fonctionné.

 

Dans la réalité, nous étions des transfuges. Venant de notre Gironde, où nous étions des dormants, un traitant du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, nous avait molestés, assez durement d’ailleurs. Ces histoires de Cabernets pas mûrs pour 2007 était légion, il s’en fallait de peu qu’il n’y ait des fuites.

 

Pas de tout repos. Pour ce travail d’investigation, XY 33 vieux routard des services secrets de l’OBEJ  - pas moins de 98 carnets de transcriptions codées –  et moi-même, Zouzou S, walk in, avec toujours un train de retard, mais téléscripteur,  et base assurée par mes soins à Artannes-sur-Indre en plus de mes boîtes mortes quoique remplies d’épices, d’herbes et d’aromates, avions été mis sur le terrain manu militari. Il nous a fallu beaucoup de  cran pour l'exécution de cette mission : nous avions pénétré les domaines de Richard Leroy, Philippe Alliet, Bernard Baudry, François Chidaine…C’est dire !

XY 33 avait une carrure d'exception, j’étais la perfection des bruschings. Comme tout espion qui se respecte, c’étaient des situations de séduction qu’il nous fallait mener. Eprouvant ! Mais nous avions la fourchette bien taillée, des quilles convaincantes, et les plats taillés sur mesure…. Et un soir les reins bien solides…

La mission Artannes avait scellé notre avenir…

Lire également :

http://rivedroite.canalblog.com/archives/2010/01/19/index.html

http://rivedroite.canalblog.com/archives/2010/01/20/index.html

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25 février 2011

Vendredis du vin # 33 - le vin et le chocolat...

L’idée d’un vendredi du vin autour d’un accord avec du chocolat ne pouvait qu’enthousiasmer des cacaophiles patentés tels que nous.
Il avait été question d’une belle alliance entre le chocolat blanc aux olives noires et le Maydie du château d'Aydie du domaine Laplace. Nous voulions renouveler cette expérience.
Le chocolat blanc aux olives noires est une recette originale proposée par un chocolatier du Vieux Lille, Guillaume Vincent.

Nous accourons à la boutique, mais nous apprenons que ce produit n’est plus proposé à la vente. Qu’à cela ne tienne, je décide de le faire moi-même.
Il m’a suffi d’acheter le chocolat blanc de dessert Nestlé (bien que je ne sois pas partisane de vanter un produit – en raison de leur variabilité selon les façons de les travailler en cuisine – je dois reconnaître que ce chocolat préserve ses saveurs même après cuisson).
J’ai égoutté des olives noires sur plus de 24 heures. Je les ai finement émincées et je les ai incorporées dans 200 grammes de chocolat fondu. J’ai fait prendre dans des moules en Flexipan. Le lendemain, j’ai fait fondre une nouvelle plaque de chocolat qui a servi de nappage sur les premiers rectangles. Le résultat a été concluant. Ils sont une véritable gourmandise.

L’accord avec le Maydie s’est confirmé : les arômes de figues, de pruneau, de fruits secs divers, d’épices puis en ultime sensation de tapenade ont repris assez subtilement l’olive contenue dans le chocolat. La texture fondante, épaisse en milieu de bouche du tannat permet de tapisser une bouche encore sous l’emprise du chocolat.
Toutefois le vin reste d’une grande fraîcheur.

Commentaire de Daniel
Maydie 2008, vin de pays, 100% tannat-vin de liqueur, famille Laplace

lire ici
Robe saturée à reflets violines. Le nez est intense et pur sur des arômes de myrtille, de cassis, et de fines épices.
Les tannins sont fins et élégants dès la mise en bouche, un peu plus ferme dans un centre parfaitement structuré souligné par des fruits purs et intenses qui se prolongent dans une finale d’une très bonne persistance et d’un très bon équilibre.

Isabelle et Daniel

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28 janvier 2011

Vendredis du Vin # 32

Sera littéraire ou ne sera pas...

Quel livre, quel auteur, se dévoilent sous ces énigmes.
Parfois le vin lui-même reste mystérieux, peut-être réussirez-vous à le deviner? Les réponses sont à la fin des énigmes.

007

(1) Dans un sinistre bourg du Jura, se déguste un Château-Chalon de Macle.

 

(2) Yves Frontenac se délecte d’un Grand-Puy-Lacoste.

 

(3) Guillaume de Nogaret, la Mahaut et Robert d’Artois sont invités à boire un Château Figeac.

 

(4) Un des plus beaux lys de la Vallée de la Loire, le Clos du Bourg…

 

(5) Même César, Fanny et un Domaine de Trevallon n’ont pu retenir Marius.  

 

(6) Frère Jean des Entommeures ripaille avec moult charcuteries et un Clos de l’Echo !

 

(7) La Grotte du Soleil , le repaire d’Orso Della Rebbia.

 

(8) Le seul procès que Suter aurait gagné, le jugement de Paris !

 

(9) Il faut débusquer Thierry Michon, dit Le Gars. Ses vins sont trop révolutionnaires. C’est Marie de Verneuil qui le dit.

 

(10) [...]  Ah ! non ! c'est un peu court, jeune Conti !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...
En variant le ton, -par exemple, tenez :
Sémillonnais : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse !"
Sauvignonnais : "Mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap !"
Descriptif : "C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap ! C’est une Tour ! »

 

(11) Les amours jaunes de Tristan et de Romain…

 

(12) Quand un trio de pousse-rapière se convertit à la noble eau-de-vie gasconne chère à son mentor

 

(13) Les deux Henri ou la quête, la chasse !, absolue du terroir si cher aux cisterciens

 

(14) Une quête du Graal pas très chrétienne pour Monsieur le Comte

 

(15) Perrette, sur sa tête ayant un panier, bien posé sur un coussinet…

 

(16) Pour les héritiers, le temps doit suspendre son vol…

 

(17) A la brasserie du Grand cerf, Fritz Kobus clôt ses journées, pour déguster son vin favori, un riesling droit, tendu, sec et minéral.

 

 

Réponses :

004

 

 

(1) Malataverne, de Bernard Clavel, né à Lons le Saunier.

 

(2) Vin classique de la   Rive Gauche, austère dans sa jeunesse, comme l’a été la vie de Mauriac dans sa jeunesse, racontée dans son roman autobiographique le Mystère Frontenac.

 

        (3) A la santé de Maurice Druon !. Maurice Druon était propriétaire en rive droite. Il s'agit donc des Rois Maudits.

 

         (4) Le Lys dans la Vallée. Balzac situe la Comédie Humaine essentiellement en Touraine.
        (5) La trilogie de Pagnol, dans les Bouches-du-Rhône.
        (6) Frère Jean des Entommeures est un personnage de Gargantua, écrit par Rabelais qui a vécu au Clos de L'Echo.
         (7) Colomba, de Merimée et Grotte di sole de Arena...Orso est un personnage du roman de Mérimée.
         (8) La vie de Suter est racontée dans L'Or de Cendrars. Elle se déroule en Californie. Le Ridge Montebello a été classé en première position lors d'une dégustation comparative (appelée depuis le jugement de Paris) à l'aveugle par de grands professionnels.
          (9) Les Chouans de Balzac - et quelques personnages cités - , Les Fiefs Vendéens de Thierry Michon.
          (10) La Tour des Gendres, Luc de Conti... pour se disputer la tirade de Cyrano de Bergerac Edmond Rostand!
          (11) Les Amours Jaunes de Tristan Corbière! et Romain Pauc,  de La Voulte Gasparets, vin des Corbières.

(12) Un trio de pousse-rapière = Les trois mousquetaires! L'eau-de-vie gasconne = Armagnac , son mentor (= D'Artagnan). Reste...  Alexandre Dumas!

(13) Les deux Henri (Vincenot et Jayer) ou la quête, la chasse ! (à La Billebaude), absolue du terroir si cher aux cisterciens.

Le Cros Parentoux

(14) Une quête du Graal ( celle de Lancelot!) pas très chrétienne (sauf pour Chrétien de Troyes) pour Monsieur le Comte de Champagne de Taittinger.

(15) Ce n'est pas un panier! c'est un pot de lait! Sauf si elle a un Champagne Pannier! Maison champenoise de Château Thierry où La Fontaine est né.

(16) ... Extrait du Lac de Milly-Lamartine... euh...non! De Lamartine. Né à Milly, pour Les Héritiers du Comte Lafon

(17) A la brasserie du Grand cerf, Fritz Kobus L'Ami Fritz clôt - parce que Clos -  ses journées, pour déguster son vin favori, un riesling droit, tendu, sec et minéral.Sainte Hune! Trimbach et Erckmann Chatrian.

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26 novembre 2010

Vendredis du Vin # 31

Ridge Montebello : Santa Cruz Montains : Cabernet Sauvignon 1998


Little Richard - Tutti Frutti (1955)
 


Ça c’est de la musique, de la vraie musique, pas le guinche à deux sous, le bal à papa, le violon pleureur, ni l’accordéon et ses trémolos qui ficheraient le bourdon à de joyeux drilles partis en goguette. C’est pas langoureux, pas dégoulinant, pas tutti frotta.

C’est élégant , comme le jeune Elvis, 003


coloré et long comme le Johnny B. Goode de Chuck Berry, très « tutti frutti » façon Little Richard, délié et reptilien comme le Be-Bop-A-Lula de Gene Vincent, épicé et tonique pareil au Rock around the clock de Bill Haley.

C’est pas du moderne, mais du vrai classique, ça donne envie de boire et de danser tout au long de la nuit.

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