Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins & visites de domaines


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20 août 2009

Visite au Château de Fargues (2)

200907_427Présentation et Commentaires d'Isabelle

Impressionnantes murailles que celles du Château de Fargues qui rappellent le passé glorieux d’une ancienne baronnie, dont le rôle politique et judiciaire s’est étendu jusque Langon. Lors de période de troubles, la forteresse a pu jouer son rôle de seigneurie banale pour subvenir aux besoins des langonnais.

Depuis le milieu du XIXème siècle, la famille de Lur Saluces se consacre à la culture de vignes blanches, - pour abandonner la vigne rouge - afin de produire l’un des plus grands liquoreux du sauternais. Pour ce faire, un lent travail de replantation et de rénovation des sols.

Alexandre de Lur Saluces, l’actuel propriétaire, arrache progressivement les vignes âgées de plus de soixante-dix ans qu’il considère en excès. Le respect du sol est alors déterminant pour mener à bien cette lente restructuration 

Le processus de la botrytisation est capital également. Processus, selon A. de Lur Saluces, capricieux et progressif. Pratique d’une taille sévère, recherche d’une alchimie des arômes complexe et merveilleux, qui nécessite de savoir attendre. Le vendangeur doit donc adapter sa démarche, être assez aguerri, être capable de suivre les préconisations, étroitement, en suivant l’évolution des baies d’une heure à l’autre ! – Car le vent d’est peut avoir un effet magique !

2001 est dans le Sauternais un superbe millésime…

Fargues 2001

Profusion de parfums denses et capiteux aux quatre coins des plus belles saveurs d’épices (muscade), de sève (résine, encaustique, miel, caramel balsamique), de fruits (ananas, oranges confites, bergamote) et d’amandes...

La bouche dessine le parfait triangle du mordant, de la liqueur et des allonges…Une tenue irréprochable dans son maintien et l’agrume domine essentiellement dans les expressions serrées d’une puissante finale.

Isabelle

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19 août 2009

Visite au Château De Fargues (1)

Château De Fargues

Les vignes de cette propriété sont cultivées sur des sols d’argile et d’alios d’environ 30  centimètres à un mètre d’épaisseur qui reposent sur des sous-sols de graves fines, de calcaire, eux mêmes situés sur une couche d’argile profonde. La surface cultivable, d’une quinzaine d’hectares, est plantée avec les deux cépages classiques de l’appellation : le Sémillon (80%) et le Sauvignon (20%). Les vignes les plus âgées font l’objet d’un renouvellement planifié, il faut envisager une période de 10 ans avant que la nouvelle plantation soit productive. Huit hectares classés en appellation Sauternes, qui n’ont pas encore été mis en culture, le seront prochainement. Le Comte de Lur Saluces applique dans cette propriété les mêmes méthodes que celles mises en œuvre à Yquem ( vendanges par tries successives, avec des rendements de 9 à 10 hectolitres à l’hectare, élevages de 36 mois en barriques neuves ou d’un an, certains millésimes sont élevés entièrement en barriques neuves.). La cryoextraction est totalement exclue dans cette propriété.

De Fargues 2001

La robe est dorée, avec une teinte assez soutenue, des larmes s’esquissent parfaitement au bord du verre, le nez est net, d’une grande intensité, et précis : abricots rôtis, fruits exotiques (mangue dominante), miel, épices variées (safran et cannelle), des notes d’ oranges confites, et de fruits secs ; la bouche est riche, opulente, avec un moelleux remarquable, une sensation appuyée de  rôti qui est la marque des grands botrytis, de la chair, de la concentration, des fruits intenses, d’une grande précision ; la longue finale, riche, en queue de paon, est une véritable symphonie aromatique entre les fruits et les épices (safran et curry), avec en contrepoint un équilibre magistral dû à l’acidité gustative sous jacente. Noté 18

Daniel

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18 août 2009

Visite au Domaine de Chevalier (6)

Commentaires et présentation d’ Isabelle

2003 a été un millésime difficile qui a nécessité des choix particuliers. Le rapport sucre/acidité était convenable techniquement mais le fruit n’était pas mûr pour faire le vin. Il a donc été question d’attendre que le raisin se libère. Et d’effectuer beaucoup de tries. Car alors, restaient les raisins brûlés, ceux qui n’étaient pas encore assez mûrs et qui risquaient l’oxydation.

Pari gagné pour le rouge.

Rouge 2003 :

Beau tempérament que ce nez empreint de notes originales et typées à la fois : cuir, boîte à gant, encens, écorce, biscuit au beurre. Un nez pris par le bois fin. Exhalaison finale, profonde et enfouie de fruits cuits et de rose fanée.

La bouche joue les coups doubles ; souplesse tannique, soyeux sur lequel se tisse un joli fruit qui table sur une introversion, peu expansif donc, mais son maintien suave puis ses resserrements inattendus apportent finalement corps et fermeté au vin. Belles allonges au demeurant…sur une réglisse agréable par sa finesse.

A l’inverse, le millésime 2004 se présente dans les conditions les plus idéales de beau temps, ventilé, et sec et aboutit à une récolte substantielle. Les meilleures expressions aromatiques et distinctives d’un Domaine de Chevalier sont alors manifestes dans ce millésime et la finesse, le raffinement l’emportent sur la puissance.

Rouge 2004, (60 % Cabernet Sauvignon, 30 % Merlot, 5 % petit Verdot et 5 % Cabernet franc)

Nez complexe, subtil et non immédiat en raison de la multiplicité des saveurs. Bouquet composite de fruits rouges, d’épices, de cuir, t de boisé fin ; d’écorce de chêne, et de baie de Setchuan…

Les arômes floraux et la réglisse apportent beaucoup de délicatesse en dépit de la densité ressentie lors du maintien. Les tannins sont moelleux, apaisants, pleins de cette urbanité si propice ou si accueillante des notes plus marquées de torréfaction (moka), d’humus et de champignons. Saveurs multiples encore amplement exprimées dans une finale agréablement éprouvée.

Isabelle

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17 août 2009

Visite au Domaine de Chevalier (5)

L’objectif majeur c’est d’arriver à obtenir des raisins mûrs ( peau et pépins compris) pour l’élaboration des vins rouges. Quelques grandes lignes ont été fixées par les techniciens

-des plantations à 10.000  pieds à l’hectare, qui favorisent la concurrence entre les pieds et permettent d’obtenir des grains de raisins plus petits, de meilleure qualité pour l’élaboration du grand vin. 

-pas d’engrais, ni désherbants, mais un travail classique des sols (labours) pour contribuer à maintenir et à développer  la vie dans ces sols (vers, bactéries, etc..).

-définir des zones plus fines ( environ 5000 mètres carrés )à l’intérieur de la parcelle, en fonction de l’avancement des maturités, les classer, et les marquer pour éviter lors des vendanges d avoir au sein d’une même parcelle à ramasser des baies mûres et d’autres moins mûres.

-rechercher l’enracinement le plus profond possible de la vigne pour offrir la meilleure expression minérale aux pieds de vigne, et obtenir des trames cellulaires des baies plus régulières (études faites à la propriété)

Domaine de Chevalier 2004 rouge

La robe offre une bonne profondeur, avec des reflets de couleur carmin à sanguine, l’olfaction est intense et pure, avec des arômes de cassis, de groseilles mûres, accompagnées de notes de fumée et de sous-bois, et une pointe de résine; grande race tannique, dès l'attaque, au toucher velouté, le vin se structure en finesse, avec une chair délicate habillant la charpente tannique, les fruits sont frais et mûrs, la finale, persistante, est élégante, fraîche, avec la même qualité de tannins que celle perçue dès l’attaque, les fruits sont salivants et juteux, finement épicés. Superbe vin Noté 17. La demi-bouteille permet  de donner une idée de ce que sera une bouteille dans 3 à 4 ans ( bien conservée, bien sûr !!!).

Domaine de Chevalier 2003 Rouge

La robe est assez profonde, de couleur carmin à rubis ; la palette aromatique, à l’olfaction est nette, d’une bonne intensité assez complexe : terre, humus,, truffes noires, fruits rouges , épices variés et réglisse. Grande élégance, dès l’attaque, tant dans la qualité de la construction de la trame tannique, que dans le velouté du contour du grain, les fruits sont très mûrs, le centre est bien charpenté, sans perdre la finesse tannique, la finale est fusiforme, bien dessinée, d’une excellente persistance, réglissée, épicée, gourmande et légèrement exotique dans son expression fruitée, avec un très bon équilibre dans le contexte du millésime Noté 16,5

Daniel

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14 août 2009

Domaine de Chevalier (4)

Présentation et commentaires d’Isabelle

Comment définir l’esprit « Domaine de Chevalier » pour les blancs ?

Essentiellement, en évoquant leur précision aromatique, leur fraîcheur, et leur volume tout à la fois.

Il s’est agi, selon R. Edange, de réfléchir en particulier au rôle de l’oxygène lors de la fermentation, de son effet tant sur les arômes que sur les couleurs.

Il a été question dès 1996 d’oxygéner les moûts, selon la mesure suffisante qui permet de maîtriser la température, d’aider à la multiplication des levures indigènes afin de privilégier les arômes primaires.

Une opulence acquise qui n’exclut donc ni légèreté ni élégance.

Domaine de Chevalier blanc 2006

Miel floral, fleurs d’acacia, et caramel au beurre salé pour appuyer les pales d’un éventail olfactif complexe, vif et ténu qui dispense à profusion et en transparence.

A bouche-que-veux-tu d’agrumes (zestes d’orange) et de fleurs (acacia, ou fleur blanche…), pour combler la densité grassouillette d’un maintien superbe, capable de légère pression en raison d’une acidité expressive notamment dans une finale gagnée par l’amertume suave d’un pamplemousse rose. Configuration de cette finale particulièrement impressive, d’une douce chaleur.

Domaine de Chevalier blanc 2004

A l’orle d’un beau fumé sans doute caractéristique d’expressions minérales, des notes de pamplemousse et de citron à même de parfaire le bouquet.

La bouche se présente grasse, ronde et replète, dès l’attaque. Des saveurs de noisettes grillées et d’amandes amères s’ajoutent aux expressions aromatiques décelées à l’olfaction.

Magnifique extraversion de la finale pour de justes et précises rémanences de ces sapidités.

Isabelle

 

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Commentaires de Daniel

Cette bouteille du millésime 2004  n’a pas été goûtée à la propriété, elle a été ouverte chez moi Ce vin est de facture plus classique que les derniers millésimes produits, avec une structure plus cristalline sur l’ensemble de la dégustation, les élevages sur lies apportent, maintenant plus de chair et de gras au vin.

Domaine de Chevalier Blanc 2004

La robe jaune pale, à très légèrement dorée est limpide, l’olfaction un peu retenue, lors de la première dégustation est parfaitement expressive, 40 heures plus tard, avec des parfums purs  et frais de menthe fraîche, de citron, de pamplemousse, et d’écorces d’oranges, l’attaque est précise, avec une sensation de léger gras, puis le vin se tend, bien posé sur sa colonne acide en milieu de bouche, cristallin dans sa structure, la finale étirée, longiligne, aux saveurs d’agrumes frais et toniques s’achève sur des notes minérales et de menthe fraîche. Noté 16,5

Daniel

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13 août 2009

Visite au Domaine de Chevalier (3)

Les cépages Sauvignon et Sémillon servant à élaborer les vins blancs sont cultivés de la même façon que les cépages dédiés aux vins rouges. Les vendanges se font en plusieurs tries. Lors d’une trie, seuls les grains transparents (ce qui est un gage de maturité) sont ramassés, les raisins destinés aux vins blancs sont vendangés le matin seulement, pour préserver la fraîcheur des baies et des arômes. Les baies entrant dans la composition des vins blancs sont triées grains par grains, le pressurage et la vinification suivent immédiatement.

Domaine de Chevalier : blanc 2008

La robe est jaune légèrement dorée, l’olfaction d’une bonne intensité est pure, avenante avec des associations subtiles d’oranges amères, d’abricots délicats, et de pamplemousse ( fruits et zest ), très belle chair dès l’attaque, qui donne au vin de la dimension, avec des sensations de pureté aromatique dans les fruits, dans un milieu de bouche, à la fois plein et qui se tend. Portée par une acidité gustative impeccable, la finale est longue, cristalline, d’un équilibre magistral, aux saveurs fruitées réjouissantes (agrumes éblouissants dans leur définition), sans se départir d’une richesse indéniable, mais jamais ostentatoire. Noté 94-96

Les élevages sur lies apportent de gras au vin, ce qui le rend plus abordable en "primeurs"

Domaine de Chevalier blanc 2006

La robe, brillante,  a une teinte qui évoque l’or fin, le nez est net, précis, expressif, avec des arômes de pamplemousse frais, de chèvrefeuille, de tilleul, de verveine, de citron, et des notes de menthe fraîche. Dès la prise en bouche, le vin laisse une sensation de gras, de fruits mûrs et très parfumés, parfaitement structuré et plein en milieu de bouche, avec une acidité gustative qui donne du pep et de l’allonge, à une finale étirée, riche et charnue, aux saveurs intenses d’agrumes purs, d’une grande fraîcheur. Noté 17

Daniel

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12 août 2009

Visite au Domaine de Chevalier (2)

Présentation et commentaires d'Isabelle

Pour Rémi Edange, directeur technique, deux axiomes sont le pivot de sa conception des vins du Domaine de Chevalier. Le premier est emprunté de E. Peynaud : « Les grandes choses sont grandes vite ! » et le second, le sien propre, se résume à cette idée « Faire du grand vin, c’est jouer avec les limites »

Paradoxalement, toute intervention qu’elle soit technique ou culturale ne dépend d’aucune vérité établie : là se vit par conséquent pour R. Edange un véritable défi.

Pour le relever, il importe selon lui de bien connaître ses produits - car il ne saurait être de pratique tournée entièrement vers l’agriculture biologique, incapable encore actuellement d’éviter le mildiou ou la pourriture grise sous les contraintes du climat océanique bordelais- de recourir à une certaine capacité à réfléchir, d’appliquer avec intelligence, de former les vendangeurs aux soins et tries les plus exigeants. Le raisin doit être impeccable ! C’est lui qui enregistre, tel un disque dur, l’expression de la terre. Qu’elle soit minérale, bien sûr, mais aussi vivante, oxygénée, fertile, drainée…

Ensuite, il convient de s’entourer d’une équipe solidement formée : des audits sont réalisés tous les quinze jours, dès la fleur jusqu’aux vendanges. L’œnologue conseil est Denis Dubourdieu pour les vins blancs, et le consultant Stephane Derenoncourt pour les vins rouges.

A cet égard le millésime 2008 est exemplaire du travail mené à Chevalier.

Le climat, au moins jusqu’au mois d’août, n’a pas été propice : le printemps a été humide, frappé par des gelées. Août n’a pas été salvateur. Or, l’arrière-saison s’est révélée excellente. Un bel été indien qui a permis de récompenser ceux qui ont su attendre. Au Domaine de Chevalier, les vendanges (pour les rouges) se sont terminées dans les derniers jours d’octobre et il a été question de convenir de méthodes prophylactiques en raison de cette récolte tardive.

Les raisins ont tenu. La récolte a été ciblée. Ont été prélevées des parcelles les plus belles maturités, les plus homogènes.

Le millésime 2008, tant pour les blancs (qui pourraient surpasser 2007) que pour les rouges est remarquable.

Assemblage 2008 (rouge)

9% petit Verdot, 25% Merlot, et 66% Cabernet Sauvignon

Le nez se remplit de fruits vifs (mûre, groseille), précis et nets dans leur contour, et soutient des notes minérales ferreuses ou sanguines. Les épices ne sont pas en reste ; cumin, girofle, pour apporter un peu d’exotisme.

La bouche est superbe de concentration, ronde, opulente, mais en raison de cette même précision aromatique que celle décelée à l’olfaction, elle est d’une rare élégance. Elle s’appuie sur des tannins délectables par leurs fondus. Une puissance maîtrisée qui se manifeste davantage par la rémanence d’une finale savoureuse de fruits.

Blanc 2008

Superbe décomposition de fruits et de fleurs : abricot, pamplemousse et melon, pivoine.

Une bouche d’une belle ampleur dans des expressions fines et délicates de fruits, d’une belle fraîcheur, sialogène grâce aux amertumes finales, plaisamment étirées et empreintes du goût du pamplemousse.

Isabelle

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06 août 2009

Visite à Canon-La-Gaffelière (2)

Commentaires d’Isabelle : Visite à Canon La Gaffelière : 13/08/2009

Visite commentée par le Comte Stefan von Neipperg

Un credo, qu’il formule dès les premiers pas dans les vignes,

« Tout est mené à la vigne. L’avenir, c’est l’extérieur, puisque les moyens techniques, on les a, mais il faut les utiliser à bon escient. »

Et de citer l’exemple de 2003, millésime difficile s’il en est, où les fortes chaleurs ont entraîné des baisses de l’acide malique et une accumulation des composés phénoliques. Il n’a donc pas été utile de soutirer, le vin ne réduisant pas. Plus exactement seulement deux soutirages ont été menés sur dix-huit mois.

Le travail mené au chai est relativement classique : Après un tri qui se veut naturel (le vent !), la dernière sélection est effectuée par l’homme. (Sera mis en place le tri optique dans deux à trois ans)

Le raisin est mis en cuve, plein et sans foulage. Est effectuée ensuite une extraction au cœur de la fermentation avec pigeage (2/3 du chapeau, 1/3 au dessus) afin de ne pas risquer l’oxydation.

La fermentation est donc plus lente car les grains ne sont pas ouverts. Contrôlée à 20 °, elle dure dix jours et plus en moyenne.

Le plus difficile est la conduite de la vigne

Au niveau des vendanges et des choix à mener, il n’est aucune école, aucune analyse. Nombre de décisions, bien que ne dépendant pas d’aucune maîtrise ou ne relevant d’aucune justification scientifique, sont pourtant adoptées. Parmi elles, le choix délibéré de ne pas forcément éradiquer les maladies des feuilles (des feuilles, la vigne en a toujours assez !). En revanche, les maladies s’attaquant aux grappes nécessitent plus d’implications et d’interventions. Comme le ver de grappe. Curieusement combattu par le thé.

Toutefois cette approche de la vigne ne saurait être biodynamique. Le mildiou est traité en raison d’une humidité importante (85%), constante qui le provoque.

Les pratiques culturales sont essentiellement orientées autour des soins accordés aux vignes : porte-greffes - le SO4 et le 5BB - sélectionnés en vue de plus de résistance au mildiou et au nématode (ver nuisible), sélection massale drastique (au point que les bois ne sont pas certifiés) et effectuée depuis une dizaine d’années, notamment pour les Cabernets francs.

Ensuite, une grande rigueur et une grande attention sont apportées lors des vendanges.

Il est question de cueillir lorsque le raisin convient le mieux en terme de maturité. Il doit présenter le parfait équilibre entre la pourriture et cette maturité décelable au moment précis où entre la peau et la pulpe, il est peu de jus, et surtout, lors de sa dégustation, où il prend ce goût de noisette si caractéristique.

De fait, la vinification est obligatoirement différente chaque année. En 2007, elle a abouti à de grands vins, certes, mais qui ne sont pas de grande garde. 2008 apporte une matière première plus puissante.

L’Oratoire 2007

Un nez superbe qui répand un pot-pourri pondéreux aux contours plus affinés de rose fanée. Très légère note de torréfaction en suspens.

La bouche est suave, car sur un tannin d’une grande finesse et d’une expressivité acide qui dynamise la bouche sur un fruit net (fraise). La finale est doucereuse, de belle longueur et toujours progressive dans ses élans sapides.

Canon La Gaffelière 2007

Evasion olfactive autour des subtilités capiteuses de l’encens, du cèdre, de l’écorce, de la rose fanée. Expansivité du fruit également.

La bouche, en dépit d’une belle concentration, se veut agréablement fluide, fraîche, jouant sur un duvet tannique dont le satin n’ébouriffe le corps que très progressivement pour accorder de belles allonges savoureuses de fruits frais.

Isabelle

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05 août 2009

Visite à Canon-La- Gaffelière (1)

Nous avons visité le château Canon La Gaffelière, le lundi 13 Juillet en milieu d’après midi, sous la conduite de  Stephan von Neipperg.

Un rappel rapide des principales caractéristiques de cette propriété.

Ce domaine de 19,5 hectares situé en pied de côte, est planté sur  un sous-sol argilo-calcaire, juste en bas de la côte qui évolue vers la plaine de Saint Sulpice de Faleyrens vers des faciès de plus en plus siliceux : sables à lentilles argileuses (en proportion assez importante) auxquels s’ajoute parfois un peu de matériel calcaire intercalé.

Les vignes ont une moyenne d’âge de 40 à 45 ans, et la rénovation du vignobles a fait l’objet d’un redécoupage parcellaire tenant compte de l’encépagement (assez atypique  à Saint Emilion : Merlot 55%, Cabernet Franc 40%, Cabernet Sauvignon 5%), et de la nature des sols et de sous-sols. La dominante siliceuse du sous-sol favorise les maturations plus précoces des raisins  Les vignes sont cultivées selon les principes de l’agriculture biologique, avec pour souci majeur de préserver la vie, dans les sols.

Plusieurs vins ont été dégustés, je vous propose deux commentaires aujourd’hui.

Saint Emilion : Clos de l’Oratoire 2007

La robe est assez colorée, avec une dominante pourpre, l’olfaction est assez discrète : parfums de cerises rouges ,de groseilles accompagnés de note chocolatées, et une touche légère de café, l’entrée en bouche est tendre, avec des tannins élégants et fins, finement extraits dans le contexte du millésime, c’est fin, délié, les fruits sont frais et nets, la finale est longiligne, fruitée, fraîche, les tannins restent d’une délicate élégance. Noté 15,5

Saint Emilion : Canon La Gaffelière 2007

La robe est un peu plus foncée que celle du Clos de L’Oratoire, de couleur pourpre à violine, le nez est subtil et séduisant, avec des arômes floraux, et de fruits rouges finement épicés, beaucoup d’élégance dans la trame tannique, qui laisse deviner une finesse et un velouté du grain d’une grande justesse, le centre est fin mais d’une bonne tenue, la finale est svelte, longiforme, aux fruits frais et savoureux, d’un bon équilibre. Noté : 16

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27 juillet 2009

Visite à Petrus ( D S )

Je n’avais pas eu l’occasion de revenir à Petrus, depuis un an. Pas de changement notable, si ce n’est qu’en 2008, la propriété qui était pratiquement toujours la première à vendanger à Pomerol, a coupé les raisins plus tard que les autres châteaux avoisinants.

Petrus existe, depuis environ  250 à 300 ans, dans un paysage de petites fermes pratiquant la polyculture. Avant le phylloxéra, le Malbec était le cépage dominant ; lorsque les vignes franches de pied sont remplacées par des vignes greffées, le Merlot s’avère meilleur et plus adapté que le Malbec sur ce terroir. Les sous-sols argileux n’intéressent  la viticulture bordelaise que depuis le début du vingtième siècle, c’est à partir de cette date que  Petrus va prendre son essor, et acquérir petit à petit, ses lettres de noblesse, pour devenir un vin, quasi mythique, aujourd’hui.

Avant de renvoyer les lecteurs intéressés, à l’étude détaillée ( http://rivedroite.canalblog.com/archives/2008/08/04/index.html ) de cette propriété faite l’année dernière, il faut garder à l’esprit que Bordeaux a un climat océanique, avec 50% de précipitations de plus qu’à Strasbourg.

Petrus 2008 : échantillon « primeur »

la robe est foncée au centre du verre, avec des reflets de couleur violine, l'olfaction est nette, le vin s'ouvre à l'aération avec des arômes de fruits frais et mûrs (cerises, et mûres sauvages) agrémentés de parfums de violettes, d'épices douces, et des notes de réglisse, belle présence du vin dès l'attaque avec une trame tannique serrée, enrobée par une chair dense, le centre est sphérique, compact,  avec cette sensation de boules emboitées ( du plus ferme, à l’intérieur au plus souple, à l’extérieur ), même si les tannins de ce millésime vont avoir besoin de l'élevage pour acquérir le moelleux caractéristique de ce vin. Des fruits frais et gourmands soulignent le milieu de bouche, et la longue finale, allongée, est un peu tannique, fraîche, affriolante, florale, fruitée avec des notes de zan.

Un Petrus classique. Noté 94-96

Daniel

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