Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins, visites de domaines, et accords mets/vins


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14 octobre 2011

Deux vins du Domaine Oremus ( Hongrie)

Nous avons pu déguster deux Tokaji de la propriété hongroise Oremus au bar à vins bordelais « Bu Baravin. » Avant de vous livrer mes impressions je vous propose de vous dire quelques mots sur l’élaboration de ces vins.

La base du vin est un vin sec, constitué à partir des cépages Furmint, Hárslevelü, Muscat à petits grains, auquel on ajoute des grains de raisins botrytisés en quantité variable. Dans 136  litres de vin sec, on additionne 3 à 6 hottes ( puttonyos) de 24  litres de baies botrytisées, à l’état de pâte. Après une macération pouvant durer jusqu’à 36 heures, le mélange est décanté, filtré, mis en barriques, pour y faire ses fermentations. L’élevage dure 3 ans au minimum, souvent plus longtemps, avant la mise en bouteille

 

Oremus : Tokaji Aszu 2000 : 5 Puttonyos

La robe offre une couleur dorée soutenue. Le nez évoque, avec franchise, l’abricot (pulpe et peau) les agrumes légèrement confits, les épices douces, et la noisette, avec des notes de miel. La bouche est moelleuse, bien tenue par une chair bien formée, avec une très bonne consistance dans un centre élégant, aux fruits séduisants. La finale est très persistante, fraîche, appuyée, avec des saveurs de fruits légèrement confits, d’épices douces, et de raisins de Corinthe. noté 16,5, note plaisir 17

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Oremus : Tokaji Aszu 2002 : 6 Puttonyos

La robe est légèrement ambrée, l’olfaction est pure et intense, avec des arômes d’oranges (peau et pulpe) d’abricots légèrement rôtis, de kumquat , de fleurs, d’épices, de caramel . La bouche est liquoreuse, pleine, avec un chair dense et onctueuse, élégamment concentrée, avec des saveurs fruitées expressives, et  une excellente fraîcheur qui participe à donner de l’allonge à une finale, bien équilibrée, gourmande, complexe avec des saveurs d’oranges confites, de cannelle, d’abricot , de champignons nobles ( morilles), de miel, et des notes de caramel. Noté 17, note plaisir 17,5

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Photo Marilyn Johnson

 

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11 octobre 2011

Des vins de la bodega Toro Albala (Espagne)

La bodega Toro Albala est un domaine situé au sud de Cordoue, à Aguilar de la Frontera dans l’appellation Montilla-Moriles (D.O Montilla-Moriles), caractérisée par son cépage Pedro Ximenez. Le vignoble est situé entre 300 et 600  mètres d’altitude, avec un ensoleillement d’environ 3000 heures par an, et une pluviométrie comprise entre 550 et 950  litres au mètre carré, annuellement.

736px_DO_Montilla_Moriles_locationImage tirée du site Wikipedia, consultable ici

Après la vendange, les raisins sont disposés sur le sol, sur des « tapis » aérés pour être concentrés par passerillage ( dessication) pendant une dizaine de jours.

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Les conditions climatiques (chaud et sec), sur l’ensemble de la journée sont particulièrement favorables à cette opération de dessication. Les baies sont placées ensuite sur des petits tissus circulaires faits en fibre de noix de coco ( "las capachetas ") pour terminer leur flétrissement, puis sont acheminées au chai. Après deux pressurages, et la fermentation alcoolique, les jus sont élevés en barriques de chêne américain, sans ouillage ( conditions oxydatives similaires à un élevage sous voile). Certains élevages se font à l’extérieur du chai, en fûts, (élevage en solera ).

 

Voici les vins dégustés à Bu Baravin à Bordeaux

 

Oloroso Viejo : Solera de 15 ans

La robe offre une teinte dorée soutenue, le nez évoque, avec une bonne intensité, le brou de noix, les figues, les fruits secs, avec une touche d’orange confite, la bouche évolue sur des registres à la fois secs et veloutés,  d’une bonne plénitude, avec des saveurs de caramel épicé, de noix, de noisettes, qui persistent dans un finale d’une bonne tenue, et d’une bonne fraîcheur. Noté 15, note plaisir 16

 

Amontillado Viejo : solera de 35 ans

La robe tire vers l’ambre, l’olfaction est expressive et complexe, avec des arômes, de figues, de dattes; de melon confit, de tabac blond, d’épices douces, et de fruits secs. La bouche est tonique, pleine, sèche, corsée, à légèrement tannique. La finale est persistante, complexe dans son expression aromatique riche et intense, très fraiche, avec des notes salines très nette. Noté 16, note plaisir 17

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Cream PX : solera de 10 ans

La robe de couleur ambre soutenue laisse apparaître des larmes bien dessinées, le nez est séduisant et intense, avec des parfums de citron et de zest d’oranges confits, de raisin de Corinthe,  d’épices douces (safran dominant), de clou de girofle. La bouche est grasse, sphérique, dense, avec des saveurs intenses. La finale est très persistante, d’une bonne puissance aromatique, complexe, bien équilibrée avec des notes de cacao et de caramel, s’ajoutant aux agrumes confits, et aux épices douces. Noté 16,5, note plaisir17,5

 

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La robe est saturée, presque noire, avec des reflets de couleur cuivre, et des larmes grasses. L’olfaction, intense et envoutante évoque, la noix séchée, la noisette, l’écorce d’oranges confite, la réglisse, les figues, les dattes, les pruneaux séchés, le chocolat, le caramel, et les épices douces. La bouche est visqueuse, très prenante, avec une matière concentrée, dense, ample, volumineuse, et savoureuse, sans lourdeur. La longue finale est intense, puissante, d’une bonne fraîcheur, avec des saveurs complexes et explosives, et de petites notes salines. Noté 17,5, note plaisir 18.

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28 septembre 2011

Deux vins rouges libanais et syriens en haut de l'affiche...

Avant de revenir sur d’autres vins blancs dégustés, la chronique d’aujourd’hui sera consacrée à la présentation des deux vins rouges, un d’origine libanaise et l’autre syrienne. Ces deux vins ont, à mon avis, dominé la dégustation des vins rouges proposés, grâce à leurs qualités aromatiques, la précision de leur structure, et une fraîcheur de bon aloi, quand on connaît l’aridité (en été) des climats qui les a vus naitre.

 

Syrie : Bargylus 2007

Assemblage : 40% Syrah, 35% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot

Sous-sols argilo-calcaire.

La robe est profonde, avec un fin liseré de couleur violine, l’olfaction est généreuse et intense, avec des arômes de cassis, de mûres, d’épices variés( dont le poivre) des notes florales, et réglissés  La bouche est moelleuse, avec des tannins élégants bien enrobés, le centre est dense, plein, d’une très bonne puissance, tout en gardant une texture fine, souligné par des fruits purs, et expressifs. La finale est très persistante, veloutée, fraîche, intense dans son expression aromatique (fruits, épices et réglisse), avec des notes salines. Noté 16,5, note plaisir 17.

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Liban : Marsyas 2008

Mêmes cépages dans l’assemblage. Sols et sous-sols argilo-calcaire

La robe est identique à celle de Bargylus (l’éclairage ne permet de voir les nuances ), le nez est net , intense, séduisant, avec des arômes de fruits noirs écrasés variés, de violettes, de boites à épices ( poivre fin et léger safran), et des notes de zan. L’attaque laisse entrevoir une matière, riche, moelleuse, les tannins sont fins, serrés et habillés par un chair dense Le milieu de bouche est  sphérique, ample et volumineux, les fruits sont purs, très gourmands. L’acidité sous jacente donne une belle fraîcheur à une finale, longue, équilibrée, savoureuse, (fruits éclatants), épicée et réglissée, saline dans son ultime expression. Noté 17, note plaisir 17,5

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27 septembre 2011

Le Chili, l'Argentine, le Liban, la Syrie...en dégustation

Notre ami Pascal, cogérant du bar à vins bordelais  "Bu baràvin"   nous a conviés à une dégustation de vins étrangers, en présence des propriétaires ou de leur représentant. Nous avons pu ainsi approcher des vins du Liban, de la Syrie d’Espagne, du Chili, d’ Argentine, et de Hongrie, avec une dégustation certes parfois un peu hétérogène globalement, en qualité, mais avec de très belles réussites.

 

Syrie : Bargylus 2008 : assemblage Chardonnay 60%, Sauvignon 40%

Sous-sols argilo-calcaire et lits de silex

La robe est légèrement dorée, le nez évoque avec netteté et une bonne intensité les fleurs et les infusions, la poire, avec des notes d’agrumes bien mûrs (dont l’orange), et des notes d’épices douces. La bouche est riche, bien en chair, pleine, les fruits sont mûrs et avenants, l’acidité sous jacente, donne de l’élan et de la fraîcheur à une finale persistante, équilibrée, savoureuse (agrumes dominants, et léger miel), avec des notes salines. Noté 16, note plaisir 16,5

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Liban : Marsyas 2009 : même encépagement que Bargylus

Sous-sols argilo-calcaire

La robe offre une teinte de couleur or soutenue, l’olfaction, est nette, précise et expressive avec des arômes de tilleul, de verveine, de poires, d’oranges, de fruits de la passion, avec de notes d’épices et de miel. La bouche est moelleuse, presque grasse, avec un centre charnu et ample, mis  en exergue par des fruits gourmands. Une bonne tension donne de l’allonge à une finale, équilibrée, soulignée par une palette d’agrumes variés, de fines épices, des notes miellées et salines. Noté 16,5, note plaisir 17

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Chili : Valdivisio  Chardonnay 2010 : élevage en cuve

Sols et sous sols alluvionnaires

La robe a une couleur or clair, le nez est net, un peu simple avec des arômes de poires, de pommes et des notes fumées. La bouche est veloutée, assez charnue, le centre, un ton au dessus de l’attaque, d’une petite rondeur, est assez fruitée. La finale, de longueur normale, soulignée par des fruits un peu retenus, laisse une sensation de fraîcheur convenable. Noté 13,5, même note plaisir

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08 juillet 2011

Un grand d'Espagne sur notre table...

J'ai appréhendé la première fois Alion en 2007, à l'occasion d'un repas que j'avais proposé autour d'un plat électique mais orienté vers l'olive : un foie gras poêlé en feuilleté de pancetta, julienne de navet au bavarois d’olives noires, crème renversée à l’olive et au radis noir.


Le millésime choisi avait été un 2001 et je l'avais trouvé assez saisissant par la fraîcheur et par la pureté du fruit.


Note de février 2007 : Un vin excellent, au nez vif et plein de chaleur, qui a parfaitement convenu au plat, en raison du maintien de fruits noirs frais (myrtille, cassis) plutôt que cuits  d’une bouche pleine de puissance mais d’une grande pureté, jamais lassante, et aux tanins souples. Légère torréfaction et caramel brûlé. Grâce à la fraîcheur, le vin sera très conciliant avec le radis noir, dont il reprend d’ailleurs quelque peu les saveurs sucrailleuses et racinaires. Quant au foie gras, il a offert davantage une conjonction de consistance et de texture que de saveurs.

 

Fin juin 2011 j'apprends ma nomination officielle à Libourne. Je me sens d'humeur festive, toute guillerette! et décide de présenter à Daniel ce vin qui m'avait laissé ce grand souvenir. Notre caviste ne dispose plus hélas que du 2005. Mais qu'à cela ne tienne... une comparaison des millésimes s'avère instructive pour cette production espagnole.

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Espagne :Ribera del Duero : Alion 2005

La robe est profonde, avec un fin liseré de couleur violine, le nez est intense, net et séduisant, avec des arômes de pruneaux, de fruits noirs très mûrs, de boite à épices, de réglisse, et des notes d’eucalyptus et de résine, l’élevage est à peine perceptible. La bouche est très veloutée, avec des tannins fins et racés, qui se trament pour donner une matière serrée, et dense, dans un milieu de bouche puissant et finement texturé rehaussé par des fruits intenses et bien mûrs. La finale est longue, avec une matière compacte, des tannins élégants et bien enrobés, les fruits sont opulents et gourmands, accompagnés par des épices douces, et des notes de réglisse. Une impression d’alcool, un peu trop soutenue, en ultime sensation ne permet pas un équilibre magistral, qui est la marque des grands vins. Noté 17, et la même note en note plaisir.

 

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02 juin 2010

Des vins "bios" espagnols (4)

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Molino Réal, 2005, Malaga, Compania de vinos Telmo Rodriguez

Quelques principes de vinification pour cette cuvée : les raisins qui sont posés à même le sol (schiste), selon une méthode culturale visant ainsi à une meilleure concentration des sucres grâce notamment aux amplitudes thermiques entre la nuit et le jour.

Sont utilisés de vieux pressoirs à olive. Le vin est muté avec ajout d’alcool à 90°.

120 grs de sucre résiduel.

 

Le nez exprime la vivacité, la pétulance de la fraise, de tous fruits et saveurs hespéridés : fleurs d’oranger, orange, zeste d’orange. Puis la palette s’étoffe de notes plus florales de rose.

La bouche offre une attaque souple, confortable grâce à une compacité aux justes dimensions, sapide, fraîche et enlevée.

Des arômes de rose, de litchi puis d’amande amère viennent clore la finale qui en paraît alors presque aérienne.

 

Au cours du repas ont été dégustés

1- le Macabeu 2008, Appellation Catalayud, Compagnie des Vinas de Mièdes, vinifié par San Alyandro :

Exhalaison fumée, florale (verveine, tilleul) et agrumée (citron)

La bouche est empreinte d’une belle minéralité ( côté salin, iodé), et l’acidité structure bien le vin lui donnant assise, aplomb et fraîcheur : vin à 2.60 € !!

 

 

2- Même compagnie, le rosé Garnacha, 2008

Senteurs de groseille et notes taostées.

La bouche est d’une belle amplitude. Son attaque est souple, prolongée, et le vin lui-même se termine longtemps sur des rémanences fruitées et florales.

Même gamme de prix !

 

3- Abril, 2008, rouge, vin de Navarra, domaine Azul y Garanza, 3.50€ !

Animalité, et pruneau pour qualifier un nez tour à tour fruité, épicés et sanguin !

La bouche est agréable, en terme de reprises d’arômes de fruits noirs plutôt mûrs et de fraîcheur : l’acidité (presque perlante !) apporte beaucoup de légèreté et d’équilibre. Finale correcte.


Isabelle.

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01 juin 2010

Des vins "bios" espagnols (3)

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Lalama, 2005, vin de la Ribeira Sacra, producteur Dominio do Bibei

Cépages Mencía, Brancellao, Grenache Teinturier

Ce sont des cépages rustiques qui ont beaucoup de caractère, et qui demandent du temps. Ils expriment toujours des arômes de tabac, de venaison, très sanguin, très sauvage.

 

Au nez, des fruits noirs cuits, bien mûrs. Un joli poivre à l’olfaction, et dispersion douce, subtile, annonciatrice de la fraîcheur que l’on a en bouche.

La bouche est empreinte d’une belle suavité tannique d’une belle élégance et d’une grande finesse. L’acidité non manifeste est progressive.

Dans la finale, de beaux élans fruités, avec un fruité frais, des herbes aromatiques, et sur le retour de légers camphrés, sans doute en raison d’une certaine minéralité. Apparaissent certaines épices également.

 

Vin du domaine Pintia, 2005, Toro D.O.

http://www.vinsdumonde.com/fr/vins/pintia-toro-do-vin-519.php#/ficheProducteur&undefined&156

 

Toro est une jeune appellation produisant essentiellement des vins rouges dans la région de la Castilla y Léon, voisine de la vallée du Duero. Pintia est un domaine exploité par le domaine Vega Sicilia Unico.

Un nez exubérant, vif, à la fois très herbacé et toasté, et marqué d’un joli fruit.

En bouche, l’attaque se fait massive, se prolonge avec fermeté, mais concentration, tannicité mais sans astringence. Le fruit est mûr et juteux et apporte les sapidités de prune, de rose et de prune. Une certaine élégance déjà dans un vin très prometteur.

 

 

Altos de Lanzaga, 2005, vin rouge Crianza de la Rioja, par la compania de Vinos de Telmo Rodiguez

Cépages : Tempranillo, grenache et Mazuelo

 

Un fumé net, des noisettes grillées, des marrons chauds, le sureau, des épices et des herbes aromatiques se répandent tour à tour du verre.

La bouche est d’une réelle suavité : l’attaque subtile, fraîche, sur la cerise, l’acidité bien marquée mais aux justes proportions et le confort tannique prouve raffinement et élégance d’un beau vin au fort potentiel. En l’état, la finale est asséchante quelque peu, mais extrêmement pure et nette sur les goûts de la fraise.

 

Isabelle

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31 mai 2010

Des vins "bios" espagnols (2)

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As Sortes 2007, vin de la Valdeorras, vinifié par Rafael Palacios

La faible production des sols a conduit peu à peu à l’abandon total des vignes de la localité de O Barco de Valdeorras. Or, O Barco de Valdeorras est un site fabuleux, dont Rafael Palacios est tombé amoureux. Il a alors l’idée de vinifier des rouges mais il change d’avis. Attiré par le fort potentiel du Godello, un cépage local, il a tenu à en renouveler la viticulture locale sur 6 hectares, et selon les principes d’une culture en biodynamie depuis 2004.

Le godello est un cépage peu productif. Il est très sensible au mildiou.

Les vignes sont à 700 mètres d’altitude, sur un terroir granitique, de mica et de fer.

2004 a été son premier millésime.

Actuellement, il sur 12 hectares : il a racheté toutes les vignes de godello, pour un rendement de 30hl/ha maxi.

Ramassage des raisins en petites caissettes, macération pelliculaire. Puis élevage en barrique de 300 ml ou 600 ml, de bois français.

Sur le 2007, l’élevage n’a pas été très long (six à huit mois). Il a souhaité mettre tôt sur le marché ce millésime. En revanche, le 2008 est fait sur 12 mois.

 

Le nez développe un fumé assez intense associé à des notes grillées.

Puis l’aération apporte des odeurs d’herbes aromatiques et d’épices. Le vin se présente assez peu fruité mais retient une jolie floraison.

La bouche est d’une grande salinité détectée dès l’attaque. Elle offre un beau maintien, parlant dans sa finale, d’une grande fraîcheur, nanti de notes agrumées, citron en l’occurrence. La finale retient les tensions d’un vin très minéral.

 

Ganko 2007, Rioja alta d’Olivier Rivère

Olivier Rivère a fait son apprentissage en Bourgogne : au domaine de Chassonnay d’abord, puis au domaine Leroy à Vosne Romanée.

Il a ensuite travaillé chez Elian da Ros, puis chez Telmo Rodriguez dans la Ribeira del Duero.

En 2006, il s’installe à Cardenas, dans la Rioja

Ce vin est élaboré en vendanges entières sans éraflage, fait de 50% de trempanillo, 50% grenache pour la rioja, habituellement.

 

Au nez des parfums de fruits frais (de cerise principalement), et de tabac…

Franche attaque, mais souple. Légèreté, élégance et finesse, et tannins confortables jusque dans la finale, légèrement soulevée par l’acidité, ce qui lui confère fraîcheur et persistance. Dans cette finale, un peu poivrée, un peu sucrée, peut-être, se savoure toujours la cerise.

 

Vin de la Manchuela, rouge 2005, « pied franco », Bodega Poncé AOC: MANCHUELA BODEGA Y VINEDOS

Le cépage Bobal serait l’équivalent du carignan en France. La DO Manchuelle est une appellation où l’on a des effets caniculaires. Seulement 400 millimètres d’eau par an, donc rien ! Mais il est deux rivières pour éviter le stress hydrique.

Le vin est produit à partir de vignes franches de pied, de 70/75 ans.

 

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Délivrance de notes camphrées (pharmaceutiques) sur un fruit éteint.

La bouche présente des tannins serrés, tactiles, des goûts bonbon à la fraise (chewing gum), puis une finale amère sur l’eau de vie de cerise et les épices. Cette finale quelque peu chaude voire brûlante semble capable de plus de douceur tannique. Le vin s’inscrit dans une gamme complexe de son appréhension ; peu flatteur mais puissant et de belle construction.

Un vin très certainement à encaver et à oublier pour un temps.

 

Isabelle

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28 mai 2010

Des vins "bios" espagnols (1)

Soirée Vins Espagnols

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Au cours de cette soirée, Kévin Tribot a tenu à nous présenter une sélection de vins provenant de vignerons français installés en Espagne, qui cultivent la vigne selon un choix arrêté de produire en bio ou biodyn. Ils souhaitent que correspondre à leur vin les qualités d’un produit frais, vivant, inscrit dans un respect de l’environnement.

Cela semble essentiel dans le Sud, que ce soit le Sud de la France ou en Espagne.

Car les vins dégagent de la fraîcheur.

La soirée du 16 septembre a permis la découverte d’appellations méconnues et de vins issus de cépages autochtones.

Nosis 2008, vin de la Rueda, Bodega Buil i Giné (bodega qui existe depuis 2003, les vignes ont entre 5 et 25 ans)

Cépage Verdejo

Nez de pêche blanche, de melon et de fruits exotiques pour se clore sur des épices comme le gingembre et le curry. L’aération prolongée apporte des notes de citron jaune frais, puis une minéralité marquée par un joli fumé et des odeurs de craie.

La bouche présente une attaque souple, qui apporte un certain moelleux, un gras qui vire sur le pamplemousse rose, dans une finale soutenue par une belle acidité. Il est une acidité sous-jacente, apportant fraîcheur, et grande souplesse.

De légers amers en finale.

Macération pelliculaire à froid, pour dégager les précurseurs d’arômes.

 

Do Ferreiro 2008, vin de la Rias Baixas, Bodega Do Ferreiro

Appellation en blanc à partir de l’albarino.

Cépage autochtone

Région servie par beaucoup de pluies, comme dans la Loire. Le plateau se situe à

150-200 mètres d'altitude, ce qui favorise la fraîcheur dans le vin. Les vignes sont situées sur un terroir en partie granitique. Climat océanique, avec 1000l les années sèches et 2000l, les années humides(1), rendement de 5 à 15hl/ha.

Gérardo Mendez Lazaro est un vigneron qui s’est installé en 1973, mais il n’a sorti ses premières bouteilles qu’en 1986. Les premières étaient des essais. Il pratique la macération préfermentaire à froid.

 

Le nez développe sur un fond graphité, de pierre à fusil, des fragrances fruitées de melon et de citron frais.

L’attaque est vive et soutenue en raison d’une franche acidité dès l’abord, se dote d’impressions minérales, permettant une belle tenue en bouche, une finale mordue par une acidité vive soulignant le goût du citron jaune et d’amers graphités. D’autres arômes se profilent dans les longueurs se révélant sur les épices douces (cardamome) et les agrumes.

 

Nelin, 2007, Clos Magador 

Clos Mogador se situe dans la vallée du Priorat, à 120 kms au Sud de Barcelone. C’est une appellation qui est à 500  m d’altitude, pour des vignes sises sur des sols de schistes rouges, et produisant des vins avec des degrés d’alcool importants. La superficie du vignoble est de 22  ha pour le rouge et 6  ha pour le blanc. 

Nelin est un vin blanc, produit à hauteur de 6000 bouteilles par an. Il s’agit d’une cuvée confidentielle réalisée par René Barbier.

Son premier millésime est sorti en 2000. Il s’agit d’un assemblage de Grenache blanc, essentiellement, avec Viognier, Roussanne, Macabeu et même Pinot noir en complices. La récolte se fait à la main, en petites caissettes et les raisins mis en chambre froide.

L’élevage en un an en fût et une partie en cave.

En belle odoration des notes de résine de pin, d’épices, s’évente un joli fumé décidément empreint de minéralité. La bouche l’identifie selon des impressions de silex ou de pierres frottées.

Cependant, le fruit n’est pas en reste : de l’abricot confit, en particulier.

L’attaque est nette, fraîche et souple dotée d’une belle amplitude grâce à une acidité dans les retours qui allège l’adiposité et les rondeurs du vin.

Toujours soutenu par cette acidité et cette fraîcheurs, la finale apporte des allonges savoureuses sur les épices, léger fenouil, plus principalement, puis sur les fleurs.

Vin d’une réelle complexité, dominé par sa minéralité.

(1) Précisions de Dominique Roujou de Boubee, avec nos remerciements.

Isabelle

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06 novembre 2009

Deux vins suisses : 100% Syrah

J’avais dégusté, il y a quelques mois, la syrah "vieilles vignes" de Gilbert Devayes, qui avait certes les qualités d’un bon vin, mais qui semblait posséder une trame tannique un peu trop ferme pour rivaliser avec les meilleures syrahs rhodaniennes. Quelques mois plus tard, le vin se présente mieux, avec davantage de fondu et d’élégance dans la structure tannique, ce qu’une troisième dégustation devra confirmer.

J’ai souhaité faire découvrir,  à Isabelle, la syrah « vieilles vignes » de Simon Maye, qui me plait  beaucoup, à chaque dégustation, elle nous commentera ce vin dans quelques jours, son emploi du temps étant, en ce moment, chargé.

Gilbert Devayes : Syrah « vieilles vignes » 2005

La robe est brillante avec des reflets de couleur sanguine à pourpre ; le nez est frais, net, d’une bonne intensité, avec des arômes de cassis, de cerises, de poivre, d’épices variées, et des notes de confiture de mûres, la bouche est souple, en entrée, avec des tannins élégants et assez serrés, qui se montrent un peu plus fondus que lors de la précédente dégustation, les fruits sont mûrs et expressifs, le milieu de bouche est parfaitement tenu, avec une texture assez compacte, la finale est fraîche allongée par une acidité gustative satisfaisante, riche en fruits bien mûrs, épicée, poivrée, avec une expression saline plaisante en ultime sensation Noté 16+

Simon Maye : Syrah « vieilles vignes » 2006

La robe est soutenue de couleur violine, le nez est fin élégant, très floral ( violettes ) en premières intentions, les parfums de cassis et de cerises écrasés croquants, sont purs et éclatants de fraîcheur, la trame tannique est fine, dense, racée, les fruits d’une grande pureté accompagnent les sensations ascendantes qui aboutissent à une centre structuré avec élégance et plénitude, l’acidité gustative, d’une belle justesse, allonge le vin dans une finale précise, fruitée, finement poivrée, florale (violettes), aérienne, et minérale. Noté 17+

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