29 janvier 2009
Un dîner remarquable (4)
Un flacon, enthousiasmant par l’étiquette, mais qui nous laissait un peu sceptique, quant à la qualité intrinsèque du millésime, a été apporté par un des convives pour être dégusté et bu, il a été goûté, par la force des choses, avec des fromages, de grande qualité, et ce ne fût pas une hérésie, le grand contenant (magnum), nous a permis d’y revenir plusieurs fois. Ce fût une immense surprise; un peu moins pour ceux qui connaissait la grande réussite de certains Pomerol, en 1950, et en l’occurrence de ce vin, en bordure de l’appellation. Quand on sait que ce flacon n’a pas toujours été conservé dans des conditions idéales, et que l’on boit un tel vin , aveugle ou pas, ça n’a aucune importance, c’est l’émotion qui vous prend, l’éloge de la complexité, et du terroir, d’une jeunesse et d’ une plénitude inattendue. Un vin de méditation qui fait comprendre au jeune amateur, qui n’a pas de repères sur ce type de vin, la grandeur de Bordeaux. Je souhaite à tout passionné, sincère et sans à priori, d’avoir un jour un tel vin dans son verre.
Saint Emilion : Cheval Blanc 1950 (en magnum)
La robe est profonde au centre du verre, avec des reflets de couleur rubis à grenat, avec de légers signes d’évolution au bord du verre ; l’olfaction est superlative, intense et d’une remarquable complexité, avec des arômes de prunes de cerises, de truffes noires, de fer (ferrique), d’humus, d’écorces d’oranges, et d’épices douces Quel régal en bouche, un moelleux, un velouté remarquable, des tannins fondus, de grande race, donnant au vin une remarquable structure, bravant le temps, un vin d’une plénitude, époustouflante, qui s’épanouit dans une longue finale, complexe, d’une très belle fraîcheur, aux senteurs enivrantes et envoutantes De l’émotion à l’état brut. Une immense bouteille qui nous rappelle la grandeur des grands vins de Bordeaux. Noté 18,5
28 janvier 2009
Un dîner remarquable (3)
Chez l’amateur passionné ou pour le professionnel, qui l’est tout autant, un repas ne peut se concevoir, que comme une relation symbiotique entre les mets et les vins, je dirai que c’est même le choix des vins qui oblige celui des mets. Pour accompagner les deux vins décrits ici, le plat avait la simplicité nécessaire, mais le mariage de la truffe noire était comme évident pour accompagner ces deux vins nés sur des sous-sols argilo-calcaire (nous n’entrons pas ici dans les nuances).
Cet excellent et gourmand gigot et sa purée à la truffe noire fraîche a donc accompagné les vins suivants.
Saint Emilion : Bellevue 2001
La robe est profonde, foncée au centre du verre, avec des reflets de couleur sanguine à rubis, le nez est d’une belle précision et ouvert avec des aromes de truffes noires, de cerises, d’épices douces, et des notes de petites baies noires, élégance et présence caractérisent ce vin en bouche, avec des saveurs de fruits nets et mûrs, les tannins sont fins et veloutés, mais dans une trame plutôt serrée, le milieu de bouche est charnu et bien structuré, la finale, persistante, d’une belle fraîcheur , aux fruits généreux, laisse poindre en ultime sensation, une belle expression saline et calcaire qui signe son terroir ; Noté un presque 17
Saint Emilion : La Mondotte 1998
La robe tend vers l’ opacité, au centre du verre, avec un fin liseré de couleur violine, l’olfaction est d’une précision et d’une pureté d’école : mûres sauvages, cerises noires, boites à épices, truffes noires, une touche florale ( violettes), dès la mise en bouche, le vin impose sa puissance, avec une trame tannique très dense, compacte, aux grains fins veloutés presque soyeux, une chair sérrée, des fruits éclatants frais et mûrs, avec des sensations ascendantes, dans un milieu de bouche, d’une grande densité, occupant l’espace buccal naturellement, sans aucune insolence, la remarquable acidité gustative, inhérente au millésime, donne beaucoup de dynamique au vin dans une très longue finale, d’une remarquable qualité aromatique, époustouflante de pureté, et d’équilibre ; Noté 19.Quelle jeunesse!!! Quel potentiel!!! Un immense vin dans 10 ans et plus.
27 janvier 2009
Un dîner remarquable (2)
Note hôte aime beaucoup les poissons préparés de la façon la plus naturelle possible. Certains utilisent le terme de « cuisson à froid », après avoir interrogé les spécialistes de la question, il faudrait parler de coagulation des protéines à froid grâce aux acides (on oublie parfois que la cuisine, c’est de la chimie !!! ) .
Bref , tout ce qui est, marinade, et variations autour de ce thème, correspond, me semble-t-il, à l’idée qui est à l’origine de ces préparations.
Nous avons, donc dégusté et mangé
Marinade de maquereau au vinaigre balsamique et au jus d’orange, accompagné d’un de mes Rieslings préférés, dont les arômes fumés ont fait écho au plat.
Carpaccio de bar à la truffe fraîche (noire ) servi avec un Corton Charlemagne de haute lignée, qui a dialogué sans faiblesse avec le plat.
Alsace : Riesling Frédéric Emile 2001
La robe offre une couleur tirant vers le doré, le nez est séduisant, délicatement aromatique, gagnant en intensité au fur et à mesure de la dégustation, avec des notes fumées dominantes, qui ont tendance à m’emmener sur un autre terroir alsacien, elles font place à des parfums floraux, et à des notes de fruits jaunes, une sensation de richesse, marque l’entrée en bouche, avec un milieu de bouche, assez gras, aux fruits mûrs, et de l’ampleur, l’acidité sous-jacente ( moins tranchante que celle présente sur la bouteille dégustée en avril dernier) participe à donner de l’allonge à une finale pure, assez expressive, dans sa palette aromatique, à la minéralité saline, en ultime sensation ; Noté 17- .Le vin parait un peu moins sec que celui bu en Avril 2008, est-ce dû au plat?
Bourgogne : Bouchard Corton Charlemagne 2006
La robe de couleur jaune clair est brillante, le nez est fin subtil d’une grande netteté, encore un peu discret (il s’ouvrira au fur et à mesure de la dégustation)avec des arômes floraux (verveine dominante), et des touches de fruits blancs, la bouche marie avec beaucoup de noblesse et de race, une grande finesse tactile et une puissance sous-jacente qui donne de la chair et de la densité au vin, un corps d’athlète (décathlonien ) caractérise le milieu de bouche, l’acidité impeccable donne de l’élan à la longue finale, pure, encore un peu parcimonieuse dans sa palette aromatique, très minérale saline et calcaire. Un très grand vin noté 18+, qui le sera encore plus à maturité.
26 janvier 2009
Un dîner remarquable (1)
Nos amis, Christine et Stéphane, nous ont convié, mon épouse et moi, il y a une dizaine de jours, à dîner, dans leur nouvelle demeure de la « petite Toscane « girondine. Selon le vieil adage « plus on est de fous, plus on rit «, trois autres couples étaient aussi de la partie : Claire et Nicolas, Florence et Jean-Jacques, Christine et François.
Stéphane officiait aux fourneaux, et pour le choix des vins, l’éventail était forcément très vaste, pour qui connaît Stéphane….
Pour ouvrir ce récit, nous commencerons donc par les champagnes qui ont permis d’attendre, l’arrivée des convives, et de faire le tour des lieux, occupés depuis peu….
Champagne Roederer Brut Premier
La robe est jaune dorée, avec des bulles assez fines, le nez est expressif et élégant, avec des arômes de poires , de pain d’épices (léger) de brioche, le vin occupe la bouche, avec une chair agréable, des saveurs de fruits mûrs, et une structure plutôt droite, l’acidité gustative, nette, mais sans excès, en milieu de bouche dynamise le vin (dosé sans excès) dans un finale, persistante et plutôt salivante avec son association de fruits et de viennoiseries Noté: 15,5
Champagne : Laurent-Perrier : Brut
La robe, de couleur jaune clair, est traversé par des bulles fines, le nez est fin et frais, avec des parfums de citron, de pommes, et de pain très légèrement grillé ; l’entrée en bouche est émoustillante, le corps est fin et svelte, de la fraîcheur dans les fruits tonifiés par l’effervescence du vin, la finale se prolonge, de façon naturelle, finement dessinée, fruitée (citronnée) très fraîche. Noté : 15,5
07 mars 2008
Un dîner dégustation ludique (2)
La deuxième série comportant trois vins blancs secs, a paru plus évidente aux dégustateurs. Le sauvignon pirate a été détecté et placé à Sancerre, le premier blanc situé à Bordeaux, mais l’appellation était plus délicate ( voir le commentaire). Le troisième vin a fait l’unanimité des dégustateurs quant à sa région d’origine, son appellation, voire son producteur, seule le millésime a été plus discuté, le vin servi en troisième position a largement dominé les deux autres.
Pessac Léognan Carbonnieux 2005
La robe de couleur jaune clair est brillante, le nez est net, mais modérément expressif, avec des saveurs d’asperges, de citron, et quelques notes florales, la bouche est fraîche, mais la structure est un peu comprimée et manque un peu d’envergure à ce stade, les saveurs sont discrètes, l’acidité est vive, dès le milieu de bouche, la finale dans la continuité manque un peu de relief et la palette aromatique reste discrète. Un vin en phase de fermeture ; Noté 15 au bénéfice du doute !!!
Sancerre : Gérard Bouley 2006
La robe est limpide , de teinte jaune pale, le nez ouvert et assez précis, évoque les agrumes ( citron dominant ), les fleurs de chèvrefeuille des notes de verveines et de menthol, l’attaque est nette, avec des saveurs d’agrumes qualitatives, le milieu de bouche offre une structure bien définie, avec un léger gras, et une acidité nette, mais bien intégrée ( mûre), la finale est tendue( acidité ), d’une bonne persistance, avec du goût, très minérale ( notes salines évoquant le calcaire) Noté 15,5+
Hermitage : Chapoutier Le Méal 1997
La robe est dorée, très légèrement visqueuse,le nez est bien ouvert et intense avec des parfums d’amandes amères, de poires, de truffes blanches, des notes de pêches, et en arrière plan un légère sensation d’austérité,l’attaque est puissante, avec une impression duale de gras et de muscle, les fruits sont mûrs et charnus, les sensation minérales intenses dès le milieu de bouche donne l’impression de structurer le vin avec vigueur, amplitude et volume, la finale est intense, longue, plus portée par une minéralité superlative que par l’acidité discrète sous-jacente, avec des saveurs complexes résultant de l’association fruits et fine salinité. Un extra-terrestre dans cette série Noté : 17,5
16 mai 2007
Pendant les Primeurs, on déguste aussi des vins!!! (fin)
Les vins rouges sont de belle à remarquable qualité, certains seront, peut-être étonnés de ne pas voir de vins de Bordeaux, mais dans notre petite équipe, nous ne craignons pas l’éclectisme, et vous allez voir que c’est un cousin de la région bordelaise, assez proche, qui sort légèrement en tête dans cette série de vins rouges
Chambertin 1999 Rebourseau
La robe est foncée globalement,mais de profondeur moyenne, avec des reflets de couleur grenat, le nez est à la fois intense et fin dans sa définition : cerises griottes, mûres, roses un peu fanées, et fines épices,le vin est assez suave en entrée de bouche, puis une belle matière aux tanins fins et ciselés s’installe en milieu de bouche, à la fois bien structuré, délicat, savoureux dans la complexité, le vin s’allonge dans une finale assez aérienne, assez intense et parfumée . Noté 17
Mondavi : Cabernet Sauvignon 1996 Réserve
La robe est foncée, avec un liseré de couleur grenat à rubis , le nez est intense et affriolant avec des arômes de pruneaux, de cassis bien murs, un peu réglissé; la bouche est riche avec une superbe structure tannique très serrée, c’est mûr et parfaitement enrobé, du gras, de la chair de la densité, des saveurs soutenues, et nettes, la longue finale est opulente, très savoureuse, avec beaucoup de plénitude, de fraîcheur, et d’équilibre. Noté : 17,5
Cape Mentele Cabernet Sauvignon 2001
La robe est foncée, avec des reflets de couleur violine, le nez est assez épicé, avec en second plan des arômes de fruits noirs évoquant des fruits à l’eau de vie, la bouche est concentrée, avec saveurs de fruits variés un peu compotés, c’est assez large dans la construction, la finale est dans la continuité de ce milieu un peu massif, c’est riche, mais le vin manque un peu de fraîcheur, avec une légère sensation sucrée. Noté 15,5
Domaines et Terroirs du Sud Maury 1959
La robe est très ambrée, avec des reflets orangés, le nez est intense et puissant, avec des arômes de noix et de torréfaction, de figues, de chocolat, et quelques notes iodées, la bouche est concentrée, avec une structure suffisamment ferme, mais sans dureté ce qui laisse en retrait la sensation d’alcool ; les saveurs complexes se prolongent dans une finale luxuriante, longue, et gourmande ; (figues et chocolat un peu dominant). Noté 17,5
15 mai 2007
Pendant les Primeurs, on déguste aussi des vins!!!
La semaine des « Primeurs » est propice aux rencontres et aux petits suppléments de dégustation, avec , rassurez vous, des vins, en bouteilles, pour nous changer, des vins bruts de décoffrage que nous goûtons, pendant trois jours pleins.
Philippe Rétif et Christophe Voineau ( GVF) ont eu, cette année encore, la gentillesse de nous inviter à un casse-croûte dégustation (à l’aveugle), avec des vins de grande qualité que je vous commente
Carbonnieux blanc 2001
La robe, de couleur jaune, commence à dorer, le nez est frais assez précis : menthol, citron vert, et notes forales, l’élevage est intégré; la bouche associe avec harmonie une belle palette de saveurs fruitées, avec une structure, à la fois assez charnue, et une acidité bien mûre qui tend le vin, et lui donne beaucoup de fraîcheur et d’élégance, dans une finale fruitée, d’une bonne persistance, et dotée d’une légère amertume.
Noté 16
Cloudy Bay Sauvignon 2004
La robe est de couleur jaune citron, le nez est assez marqué par des arômes vanillés, qui dominent un peu des parfums de citron et de fruits blancs, la bouche est riche, avec une matière très mûre, assez savoureuse, l’acidité ne manque pas tant que la température reste assez basse, mais cette fraîcheur tend à s’estomper, et le vin gagne en opulence au détriment de l’équilibre, l’élevage est alors trop marqué , un style plus épuré devrait tirer ce vin vers une grande qualité. Noté 15
Bienvenue Batard Montrachet : Sauzet 2000
La robe est de couleur jaune claire, brillante, le nez évoque la pierre chaude, associée à des arômes d’agrumes et de poire, la bouche est pleine, avec du volume, du gras, contrebalancé par une sécheresse suffisante, le milieu de bouche est dense et frais, riche en saveurs variées ( agrumes très purs ), la longue finale est intense, très minérale, équilibrée, riche en goût. Noté : 17,5
A suivre......







