Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins & visites de domaines


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10 octobre 2009

Isabelle a vu l'émission " Envoyé Spécial "consacrée au vin

Concernant l’émission d’Envoyé Spécial (Le vin est-il un produit naturel ?) qui fait courir tant de bruits actuellement sur le net, il est un mot d’ordre unanime - ou presque – qui aligne les avis de ceux qui ont suivi le reportage : désinformation

Thème et variation du Bon (Frick), de la Brute (le Beaujolais, le Champagne) et du Truand (avec leurs avocats au gobelet de plastique).

Confusions (additifs et levures). Caricatures. Erreurs. Manipulations…

De là à déduire que les journalistes seraient peu responsables de ces divers amalgames constatés dans ce reportage, il n’y a eu qu’un pas !, allégrement franchi par l’ensemble des scripteurs du net, sans croche-pied aucun, qui considèrent que nos reporters oenophages d’un jour ne sauraient maîtriser le tutti quanti si complexe des pesticidi et alii !

Néanmoins cette hypothèse resterait à prouver : car les explications sont habilement canalisées par une judicieuse linguistique qui sait précisément comment présenter le sujet de la viticulture…

En effet, à la source de ce documentaire, il est une perspective pragmatique dont les enjeux sont clairement identifiables.

La linguistique pragmatique s’intéresse à une sémantique contextuelle et cotextuelle. En clair, elle permet de réfléchir à tous les aspects qui entrent en jeu dans notre capacité à comprendre un énoncé : nos compétences langagières évidemment mais aussi et surtout les implicites liés à l’environnement dans lequel est produit le message.

Ainsi la pragmatique analyse-t-elle l’impact du sujet parlant sur le destinataire, l’intentionnalité dans le discours. Si le locuteur généralement interagit sur les connaissances du destinataire, il cherche aussi à produire un effet et/ou à rendre plus favorable le terrain d’accueil de la nouvelle information donnée.

(Il est convenu de désigner ces actes de parole qui visent à faire agir le destinataire des actes perlocutoires).

Le travail d’investigation qu’ont mené les journalistes d’Envoyé Spécial a eu à cœur de promouvoir une pragmatique du langage selon les objectifs définis justement par les actes perlocutoires : distiller un message orienté, subjectif sur le danger de la consommation de l’alcool en prenant comme prétexte la toxicité des résidus de pesticides et autres additifs.

C’est dans l’air du temps ! Les caves sont nouvellement achalandées grâce aux bonnes affaires des Foires aux vins de septembre… il faut alors remettre de l’ordre sanitaire dans les esprits français.

Le journaliste vectorise alors son discours de manière qu’il acquière un sens subliminal (ie la perlocution, ou l’effet produit par l’acte de la parole), qui résulte d’un calcul interprétatif du sens. Le locuteur parie sur les ressources psycho-affectives du destinataire du message ; ses connaissances, son environnement. Ainsi peut-on considérer qu’une des conditions de réussite de la transmission et de la validité de l’information tient au principe d’autorité de celui qui l’énonce, autorité plus ou moins modulée selon le contexte dans lequel s’inscrit la parole.

Le reportage commence donc par présenter Olivier Schvirtz, caviste à Paris. Le téléspectateur le voit en scène dans le contexte d’une séance de dégustation à l’aveugle. Le principe d’autorité est établi ; le discours fait office dès lors de sentence ! Le vin est trafiqué !

Et, remarquable maîtrise des éléments du discours… S’il est des bouteilles masquées, celles offertes en aveugle, s’articule en contrepoint, dans les propos en voix off, le champ lexical de l’énigme ou de la cachotterie… « petits paquets argentés », « additif », « l’enquête », « sur la piste des additifs »,etc.

L’interprétation de tous les messages qui vont alors suivre ne peut alors qu’être altérée, influencée par cette sémantique dite cotextuelle. (L’ambiance musicale est digne d’un film de Spielberg !), au point que le principe d’autorité dont le discours d’Eric Dubois aurait dû jouir produit exactement l’effet inverse. Cet œnologue que l’on découvre dans une attitude très professionnelle de contrôle de qualité des moûts, prononce exactement les termes contraires à ceux attendus. Il parle de « grand millésime » alors que le cadre spatial préalablement décrit décrédibilise complètement ses dires (« machine afin de réduire les coûts », « viticulture moderne pour une vente réalisée aux deux tiers en grande surface à coûts réduits », « fermentation accélérée »…).

A ce moment-là, le reportage parodie les Charles Duchemin et autres Tricatel de L’Aile ou La Cuisse. Le calcul de l’acte interprétatif du journaliste se table donc sur cette imagerie psycho-affective du spectateur, manipulée par cette référence cinématographique. Le ton est donné… reste à redistribuer les rôles. Au temple de la viticulture moderne auquel s’attachent toutes les images de grandes structures (Laboratoire de recherche du Beaujolais, Caves Coopératives…), tente de résister le vigneron terroiriste (Jean-Pierre Frick) ou en reconquête du terroir… (Alexandre  Chartogne, que l’on voit conseillé par Lydia et Claude Bourguignon…)

Les lois du discours sur lesquelles s’appuie la linguistique pragmatique précisent sur quoi le langage se soumet nécessairement. Parmi elles, la loi d’intérêt. Les linguistes énoncent le principe d’une convention d’intérêt entre le locuteur et le destinataire à défaut duquel la conversation perd sens.

Les exemples choisis au cours de ce reportage sont évidemment stratégiques en terme d’intérêt. Lorsqu’il est question d’expliquer que la réglementation pour les vins n’oblige pas à indiquer tous les composants sur les étiquettes, la bouteille présentée est celle d’un Grand Cru Classé de Saint-émilion… de 2006 dont les mentions sont pourtant rigoureuses en terme de méthodes culturales…(23 ha, sol argileux calcaire et sable-argileux, rendement de 40hl/ha, 80% merlot et 20% Cabernet franc).

Sitôt que l’on parle de produits toxiques, les bouteilles (certes floutées) sont des « Champagnes, cinq bouteilles parmi les marques les plus connues », précise la voix off.

Jouer sur les centres d’intérêt des spectateurs modifie nécessairement leur approche cognitive du sujet : l’interprétation des propos est nécessairement orientée, différente que si ces propos s’étaient appliqués à des vins peu ou pas connus, et dont l’exclusivité reviendrait à des cavistes. Savoir qu’un grand Champagne que je peux acheter en Grande Distribution comporte des résidus de pesticides importe davantage et bien plus qu’apprendre que telle production, plus confidentielle, est bourrée de pesticides. L’acte perlocutoire (Cf supra) est atteint… le danger de la consommation d’alcool s’adresse bien au tout-venant. Superbe démonstration des compétences linguistiques de nos journalistes ! Les pragmaticiens d’ailleurs s’accordent à considérer que le destinataire et sa capacité à gérer l’information dominent sur le pouvoir que croit détenir le locuteur pourtant émetteur de l’information. Trop soucieux de modifier les schémas interprétatifs de son message, le locuteur veille davantage au contexte qu’au contenu lui-même.

A cet égard, le reportage s’est fait fort de produire une même information, mais qui sera interprétée de façon diamétralement opposée.

Le danger des résidus de pesticides sur la santé ne résulterait que d’une consommation répétée. Cet énoncé produit par Ghislain de Montgolfier, dont l’intervention fait suite aux diffusions des bouteilles « parasitées » de Champagne, est rendu factice et suspect, car le journaliste ne relève des propos que l’invraisemblable d’une situation (« Il faudrait boire jusque 200 bouteilles par jour… »), mais produit par le cancérologue Belpomme à grands renforts de termes savants, scientifiques (« substances CMR, c’est-à-dire cancérigène, mutagène et reprotoxique ») volontairement abscons donc, il retient l’attention du spectateur.

Un superbe travail de journalisme : quand la pragmatique est à la source d’une belle désinformation et d’une propagande !

Isabelle

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04 octobre 2009

Un repas-dégustation phénoménal (2)

Poursuivons le récit de cette remarquable dégustation avec tout d’abord un petit coup de projecteur sur le menu :

Brouillade aux cèpes
Pigeonneau rôti au jus de champignon et son aumônière de petits légumes
Fromages
Tartelette au raisin blanc .

La chronique d’aujourd’hui, est consacrée à la dégustation des vins blancs secs. Le premier vin commenté est issu d’une propriété qui fait couler beaucoup d’encre sur les forums consacrés aux vins, sur Internet ; la bouteille dégustée s’est fort bien présentée, même si une très légère note d’oxydation était décelable, pour les puristes !!!

Le deuxième vin était,  pour ma part l’archétype de ce que je recherche, une construction sèche, et une expression totale du terroir . A signaler une richesse moindre par rapport au 2001 dégusté, il y a quelques mois

Savennières Coulée de Serrant 2002

La robe offre des teintes jaunes qui rappellent celles d’une infusion de tilleul, le nez est intense, la palette aromatique est complexe : verveine, coings bien mûrs même légèrement rôtis, pommes légèrement cuites, pêches, et poires, épices variées, notes de carbone, la bouche laisse apparaître une matière très pleine, intense dans son expression aromatique, charnue et dense dans son centre, tonifiée par une acidité gustative tirée au cordeau, la finale est persistante, savoureuse et complexe, à la fois puissante et élégante, fraîche, avec des goûts de pierres concassées.

Noté 17+

Riesling : Trimbach : Clos Saint Hune 2002

La robe, brillante, a une teinte jaune pale, le nez est net, assez discret au début de la dégustation s’ouvre sur des arômes ce citron, de tilleul, des notes de miel et de pierre calcaire broyée ; la bouche est compacte,  serrée, soulignée par des saveurs d’agrumes finement miéllées, un centre, d’une grande rectitude, tendu, est mis en relief, par une acidité gustative qui porte le vin dans une finale longue, très pure, sèche, aux saveurs d’agrumes miellées récurrentes, avec une salinité d’école. Un vin d’une grande pureté, même totalement épuré. Noté 17,5 et plus dans 10 ans.

Daniel

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02 septembre 2009

Les Foires aux vins (2)

Avant de préciser les vins qui, à mon avis représentent le meilleur rapport qualité/prix de ces foires aux vins 2009, à dominante de vins de Bordeaux, vous pourrez lire mes commentaires des vins du millésime 2006 dégustés lors du Week-end des Grands Amateurs: http://rivedroite.canalblog.com/archives/2009/05/28/index.html

Et ceux du millésime 2007, dégustés en primeurs qui n’ont pas encore été revus en bouteille ici : http://rivedroite.canalblog.com/archives/2008/04/06/index.html

Disons le tout net, les achats des très chers vins du millésime 2007 devront être très sélectifs, et parfaitement ciblés pour les amateurs qui se lanceraient dans ce type d’opération.

Quelques vins qui apparaissent fréquement dans les catalogues :

A Bordeaux : Clos Floridène ( blanc) 2008 à environ 15 euros

Léoville Barton 2006 à 60 Euros, Domaine de Chevalier rouge 2005 à 47 Euros, Sociando Mallet 2005 à 37,5 Euros, Grand Puy Lacoste 2006 à 41,5 Euros, Montrose 2006 à 61 Euros, Léoville-Poyferré 2006 à 49 Euros, Branaire Ducru 2006 à 39 Euros, Carbonnieux Blanc 2007 à 23 Euros, etc…

Pour les autres régions, des vins rouges de chez Bouchard (premiers Crus 2006),Riesling Herrenweg de Turckheim de Zind Humbrecht 2004, Des vins du Languedoc (Granges des Pères ) du Roussillon, ou du Rhône des meilleurs producteurs présents dans ces foires.

Il faudra s’adapter, au coup par coup, pour les offres régionales, et rechercher en dehors de Bordeaux pour les amateurs au budget serré.

Je n’ai pas noté la présence de grands Sauternes du millésime 2007 ( grand millésime) dans les offres nationales de la grande distribution, pour les amateurs de ce type de liquoreux, il faudra suivre de près les offres en région, et en faire un achat prioritaire, si ces vins sont présents.

Daniel

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01 septembre 2009

Les Foires aux vins (1)

Comme chaque année, début Septembre (le 8 pour Carrefour), s’ouvrent les foires aux vins, elles vont durer cette année jusqu’au 11 Octobre selon les enseignes. Difficile, une fois de plus, de globaliser les vins proposés entre les offres nationales et les offres régionales, malgré un léger début de diversification qui est surtout visible à l’échelle régionale. C’est encore une fois les vins de Bordeaux qui dominent largement l’ensemble des vins mis en rayon.

Beaucoup de vins du millésime 2007 sont proposés aux acheteurs, plus des vins du millésime 2006, surtout en rive gauche. Ces vins sont chers pour les offres du millésime 2006 (Léoville Las Cases 2006 à 160 Euros, Cos D’Estournel 2006 à 95 Euros!!!), et même véritablement hors de prix pour les bouteilles du millésime 2007 (Sociando Mallet à 27,5 Euros, pour le prix le plus bas, La Fleur de Boüard 2007 à 35, 50 Euros)

Certaines enseignes ressortent des vins de millésimes plus anciens : 2002, 2004, et quelques 2005 pour les vins rouges, des vins liquoreux, surtout des Sauternes dans des millésimes pouvant aller jusqu’à 1998. Les acheteurs potentiels devront faire preuve d’une grande prudence, et s’assurer qu’il s’agit de réapprovisionnements récents dans les châteaux concernés, car les vins qui auraient été stockés dans des entrepôts non climatisés de la grande distribution ou sous les néons à l’intérieur du magasin, qui plus est pour certains en position verticale sont certainement aujourd’hui très fatigués pour ne pas dire « morts »

Compte tenu des prix très élevés des vins de Bordeaux, il semblerait judicieux de s’intéresser à d’autres appellations que Bordeaux, mais là seule l’offre régionale est susceptible d’apporter des réponses spécifiques aux acheteurs. Pour tout dire l’offre des Bordeaux 2006 et 2007 est loin d’être captivante, et au vu des tarifs proposés les bonnes affaires ne sont pas légions dans les foires aux vins de cette année.

Daniel

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26 juillet 2009

Les vacances sont finies

Isabelle Leclercq est une amie résidant dans le Nord de la France, passionnée de vins et de cuisine. Elle intervient comme moi sur le forum Buveurs d’Etiquettes : http://www.forum.buveursdetiquettes.fr/

Elle a fait connaissance dans son club de dégustation les vignes de Léo : http://www.vignes-de-leo.com/, de vignerons de la rive droite de Bordeaux, qui sont également mes amis.

Nous lui avons donc organisé une semaine de visite dans le Bordelais. Le programme a été centré essentiellement sur les propriétés de la rive droite, avec quelques incursions à Pessac Léognan et à Sauternes.

Voici la liste des propriétés visitées :

Petrus, Vieux Château Certan, Le Pin, Canon- La-Gaffelière, La Mondotte, Pavie Macquin, Berliquet, Larcis Ducasse, Domaine de Chevalier, Clos Haut Peyraguey De Fargues.

Je lui ai proposé de faire des commentaires à deux stylos ( ou plutôt deux claviers ) Vous pourrez apprécier, ainsi, sa façon de percevoir le vin, à travers une sensibilité, et une forme d’écriture que je trouve séduisante. Isabelle vous proposera un autre regard.

Demain nous évoquerons notre visite à Petrus.

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15 juillet 2009

Enfin, c'est l'été !!!!

Il faut beau en Gironde ,la vigne , enfin les secteurs, qui n’ont pas trop souffert des outrages de la grêle, après une floraison rapide et assez homogène, commence à avoir une développement foliaire prolifique avec le climat tropical qui règne actuellement ici, c’est donc le bon moment pour que le rédacteur de ce blog prenne quelques congés, qui seront bien sûr de tout repos pour le passionné que je suis, avec au programme cette semaine des visites et dégustations à Petrus, Vieux Château Certan, Le Pin, Canon la Gafelière, La Mondotte, Pavie Macquin, Domaine de Chevalier, Berliquet, Larcis Ducasse, et pour terminer la semaine une visite chez Luc de Conti au Château Tour des Gendres, à Ribagnac, dans le Bergeracois.

A mon retour je vous parlerai d’une belle dégustation chez un grand amateur à Bourg sur Gironde, d’un exceptionnel repas au Château de Roques à Puisseguin, et des vins goûtés dans les différents châteaux visités.

Je souhaite à ceux qui sont en congés de bonnes vacances, comme à ceux qui en prendront ultérieurement.

A bientôt

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20 mars 2009

Que c'est bon les vins blancs !!!

Après cette longue série de vins rouges, quelques participants avaient prévu de nous faire goûter quelques vins blancs secs du millésime 2003 ; enfin pour les amateurs de tension de « belle » acidité gustative » 2003 n’est tout de même pas le style de vin le plus recherché.

Dans l’ensemble les vins se sont comporté honorablement, certains vins même plus brillamment quand ils avaient l’opportunité d’être issus de vignes plantées sur des sous sols favorables au millésime….

Domaine CORDIER "Juliette La Grande" 2003 - POUILLY FUISSE - 100% chardonnay:
La robe prend des teintes légèrement dorée, le nez est réduits, avec des notes de grillé, puis à force d’aération , le vin finit par libérer des arômes floraux, et de fruits blancs bien mûrs (poires), de la chair du gras, dans une bouche, avec un milieu riche, aux fruits bien mûrs jamais écoeurants, l’acidité sous jacente est suffisante, associées à des notes minérales (salines) dans une finale riche, assez  éxotique, fruitée persistante offrant un équilibre satisfaisant. Noté : 16,5

Stéphane TISSOT "En Barberon" 2003 - Côtes du JURA- Chardonnay

La robe est soutenue, avec une couleur jaune dorée, aux reflets allant vers des teintes miel, le nez est puissant , avec des arômes de fruits murs, de miel, de pommes, des parfums floraux (tilleul), de tarte un peu caramélisée ; d’épices orientales, la bouche est riche, puissante, construite autour de fruits très mûrs, associés à des saveurs de miel, beaucoup de chair et de gras en milieu de bouche, la finale est longue, toujours avec cette puissance sphérique, et des fruits gourmands, sans lourdeur, avec des notes salines du plus bel effet. Noté : 16,5+

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19 mars 2009

Des vins du millésime 2003 en France, à l'aveugle

Avec les commentaires d’aujourd’hui se termine la dégustation des vins rouges à l’aveugle de quelques vins français du millésime 2003. Si les vins de la première série ont été assez décevants, on peut se poser deux questions :

Des mises en carafe trop brèves sont préjudiciables à des vins encore jeunes.

L’extrême richesse de ces 2003, exige une dégustation moins rapide, avec une grande consommation d’eau, pour se rincer la bouche souvent. Mais ne nous leurrons pas, il y a, dans certains vins, des décalages de maturité entre les jus, et les peaux et pépins, qui limitent leur charme, sans parler de richesse en alcool parfois rédhibitoire, bref un millésime difficile, avec un rôle très important des sols et des sous-sols pour limiter le stress hydrique

Montravel : Moulin de Caresse 100 pour cent

La robe est très sombre au centre du verre, avec un liseré de couleur sanguine, le nez est ouvert et avenant avec des arômes de chênes et de café associés à des petites baies rouges, de la sphéricité dans une bouche fraîche des tannins parfaitement polis, mais bien tramés, de la chair, des fruits mûrs, une finale persistante, bien équilibrée, aux fruits salivants. Noté : 16,5

L’OUSTAL BLANC, cuvée NAICK 3 - Vin de Table de FRANCE -50% cinsaut, 20% carignan, 20% syrah, 10% grenache

La robe est soutenue, de teinte générale sanguine, le nez est intense, avec une petite note oxydative, des fruits mûrs opulents, d’herbes méditerranéennes, d’épices variées, de la rondeur, de la chair, c’est très démonstratif un peu solaire, mais séducteur, les saveurs sont très expressives, la trame tannique est bien enrobée, une bonne persistance, dans une finale assez explosive dans sa palette aromatique, mais tout de même un peu chaude. Noté 15+

Domaine de BOIRON 2003 - VDP de l’Agenais- Tannat / Merlot / cabernet sauvignon

De la couleur pourpre à sanguine, dans une robe plutôt profonde, le nez , encore un peu réduit finit par s’ouvrir sur des arômes de fruits noirs ( cassis et myrtilles), accompagnés d’épice, et d’un peu de réglisse, de la plénitude, dans un vin d’une construction assez dense, aux fruits mûrs mais pas compotés, savoureux, corsé, avec un bon volume, la finale portée par une bonne acidité, donne du relief au fruits, et une bonne fraîcheur, même si les tannins sont un peu plus fermes. Noté 16

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17 mars 2009

Des vins du millésime 2003 en France, à l'aveugle

Les trois vins, commentés aujourd’hui, sont de très belles réussites dans le contexte de cette dégustation ; et pourtant, leurs géniteurs n’ont pas forcément la même idée sur la notion de maturité. Leur origine géographique très différente, pour l’un d’eux n’est donc pas un obstacle à la réussite du vin, lorsque les baies n’ont pas été flétries (voir trop flétries), il y avait donc la possibilité de réussir son vin, dans ce millésime caniculaire.

Faugères : Domaine de l’Ancienne Mercerie : Couture

La robe est très colorée, de couleur pourpre à sanguine, le nez est intense et pur : cassis, épices, olives noires, laurier, très belle bouche avec une belle qualité de tannins, des fruits mûrs, sans sensation de confiture, du volume de l’ampleur et une finale persistante, parfumée, très gourmande et d’un très bel équilibre. Noté : 16,5+

Haut Médoc : Sociando Mallet

La robe est profonde, brillante ; de couleur rubis à sanguine, très belle structure, avec une trame serrée, des tannins suffisamment fermes sous une enveloppe plutôt veloutée, belle assise en milieu de bouche, avec un corps bien formé, la finale est longue, avec des beaux fruits bien mûrs mais pas confiturés, c’est frais dans le contexte du millésime, et doté d’un beau potentiel. Noté : 17

Saint Emilion : Lynsolence

De la profondeur dans une robe, parfaitement jeune, de couleur sanguine, l’olfaction d’une bonne intensité nous offre une palette assez complexe de fruits variés très mûrs : cerises, prunes, mûres, accompagnés d’épices douces, et de notes d’élevage, très discrètes ; dès l’entrée en bouche le vin laisse parler sa puissance et sa concentration, du gras, des tannins sans mollesse, des fruits juteux, avec une grande présence en milieu de bouche, la finale est persistante, un peu exotique dans sa palette aromatique, mais avec un charme certain. Petite pointe d’astringence en ultime sensation. Rien ne presse pour boire ce vin. Noté : 16,5

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13 mars 2009

Des vins du millésime 2003, en France, à l'aveugle

Malgré, quelques légères imperfections, la dégustation pose, tout de même quelques interrogations, sur l’équilibre des vins du millésime 2003. N’y a-t-il pas eu des décalages de maturité entre les jus, et les peaux et les pépins, qui ont rendu les vins, plus durs à partir du milieu de bouche? Les degrés alcooliques élevés, n’ont pas toujours été compensés par des acidités « naturelles » suffisantes, pour éviter ces sensations de chaleur, qui marquent certains vins.

Côtes de Provence : Domaine Richaume : Cuvée Columelle

La robe est assez soutenue, de couleur pourpre, le nez est exubérant, avec des arômes de confitures de fruits (cerises dominantes), l’attaque offre une matière assez polie, avec de la chair, mais les tannins se durcissent très vite, et l’ensemble donne dès le milieu de bouche une sensation de fruits confiturés à l’alcool, avec une manque total d’équilibre. Noté 13 en l’état

VDP des Bouches du Rhône : Domaine de Trévallon

La robe est presque noire au centre du verre, avec des reflets de couleur sanguine, le nez  évoque avec une bonne expression des senteurs d’anis et d’écorces d’oranges, suivies de fruits noirs (cassis dominants) bien mûre. Bonne structure assez puissante en entrée de bouche, avec des tannins bien intégrés et enrobés, plus fermes en milieu de bouche, les fruits sont gourmands, avec une finale assez intense, mais hélas, astringente, l’équilibre semble globalement trouvé. Noté 15,5

Saint Estèphe : Cos Labory

La robe, d’une bonne jeunesse, rubis à pourpre est soutenue, le nez est net, assez intense, avec des arômes de café, de fruits bien mûrs (cassis et cerises), et d’épices douces. Belle entrée en bouche , avec des tannins assez élégants, de la matière en milieu de bouche, avec des fruits assez salivants, les tannins sont un peu plus fermes, avec une petite pointe végétale, la finale, persistante est assez savoureuse, d’un bon équilibre, avec une petite « pointe » d’alcool en ultime sensation  Noté : 15,5

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