Journal d'un passionné de la rive droite

Dégustations de vins & visites de domaines


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09 novembre 2009

Isabelle commente les vins de Denis Barraud (2)

Prémices aux commentaires d’Isabelle

Une définition du parcellaire précise en fonction de la nature des sous-sols, et des sols, qui présentent un intérêt moindre si les enracinements sont profonds, est particulièrement édifiante, pour l’analyse des vins de Denis Barraud, tant ces différentes lithologies influencent la structure et la texture des vins. Ce qui a été réalisé, dans l’aire de Saint Sulpice de Faleyrens, qui n’est pas réputée comme la zone la plus qualitative de Saint Emilion, montre qu’un travail minutieux peut contribuer à l’élaboration de vins de très grande qualité. A méditer pour certains vignerons bordelais, qui auraient tendance à baisser les bras.

4-Les Gravières ( sous-sol sablonneux)

Un nez peut-être un peu faisandé, sanguin, mais dominé largement par les fruits noirs, cuits également ( mûre et myrtille).

La bouche prouve l’équilibre abouti de son acidité dès l’attaque. Le maintien s’apprécie sur des tannins légèrement impressifs mais charnus, sur un fruit tellement mûr déjà qu’il semble qu’apparaît la saveur du cassis. La finale emporte loin, et exacerbe en ultime ressort un fruit confituré, aux légers amers.

Commentaire de Daniel

Dans « Les Gravières » les fruits noirs dominent, les tannins sont plus enrobés, les acidités sous jacentes sont plus « transversales »

5- Deuxième cuve des Gravières ( ici pure grave)

Le nez plus fermé, et l’olfaction plus rétive à se dévoiler. La bouche couvre des tannins toujours aussi mesurés dans leur impressivité, mais présents, rehaussés de moins d’acidité que celle ressentie dans la première cuve, et fait mouvoir dans sa profondeur, des fruits abondants et juteux. La finale signe un tempérament juste et précis de ce que le vin a donné à boire.

Commentaire de Daniel

Ce qui est passionnant dans la dégustation de ces deux vins sur cuves, c’est l’analyse des structures, les graves pures donnent une texture plus serrée que les vins issus de vignes cultivées sur des sables (ou des lithologies mixtes sables et graves légères), et davantage d’intensité aromatique, dans ce cas

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Isabelle commente les vins de Denis Barraud (1)

Domaine Denis Barraud

Belle et émouvante rencontre avec les vins de Denis Barraud.

L’homme, d’abord, passionnant, accueillant. Le sourire large qui agrandit des yeux radieux, ravis des belles performances du dernier né, ce millésime 2009 dont on loue tant la qualité de la vendange.

Nous le suivons, Daniel et moi, jusque dans le chai qui nous happe soudainement des effluves grisants de fruits écumeux, bouillonnants, dépassant vite les odeurs minérales, humides presque herbeuses que charrie la Dordogne.

Evidemment, les fermentations malolactiques ne sont pas faites. D’ailleurs pour l’une des cuves, il est encore un vin en macération à 28°, en pleine fermentation alcoolique.

La dégustation de tels échantillons m’intrigue, suscite en moi une réelle curiosité, mais m’inquiète tout de même.

Mes compétences en terme de jugement qualitatif sont inexistantes : il s’est agi uniquement de ressentis en terme d’appréhension de goûts, puis de compréhension, celle-ci ajustée par les aides que m’apporte Daniel et par ses échanges avec Denis.

Mes comptes-rendus sont le fruit par conséquent de cette écriture expérientielle, purement sensible donc, et il convient de les superposer pour qu’ils aient leur place dans ce blog aux commentaires analytiques, précis et évidemment rigoureux des pages du 02, 03 et 04 novembre.

Toutefois, je tiens à préciser que dans les échelles des plaisirs vécus, et dans toute la dimension qu’ils ont induit de ma subjectivité d’approche, je n’ai nullement modifié de trajectoire, ni sauté de marche ! Tout au plus me suis-je raccrochée au nez de marche lorsque j’étais en rupture quant à mes connaissances, et ce pour m’octroyer un giron plus large, plus sécurisant,… plus didactique, et réflexif.

1-Château La Tour d’Argent, 100% merlot sur alluvions

Nage olfactive de fruits rouges, fraise, framboise, cerise… et de tous fruits mûrs en écume, sur une bouche ronde, immédiatement croquante de fruits, juteuse et d’une netteté aromatique sans faille jusque la finale d’une grande douceur, aux belles allonges. Peu (ou presque ?) de rétention tannique.

Commentaire de Daniel

La douceur des tannins peut s’expliquer par la constitution même de ces alluvions constituées essentiellement d’un matériel argileux très fin. La grande maturité des fruits peut faire hésiter entre des fruits rouges très mûrs ou noirs.

2-Château La Tour d’Argent, 100% merlot sur argilo-calcaire ( sur marc…)

Le nez semble indiquer des fruits un peu plus cuits et plus investis d’aspects floraux. La bouche nous remplit de suavité, même si elle se veut plus affirmée, notamment par des longueurs marquées d’amertume doucereuse. Très légère impressivité tannique le fruits amer, cuit et écumeux.

Commentaire de Daniel

L’argilo-calcaire structure davantage le vin, avec une charpente tannique plus ferme et plus énergique, même si les tannins sont mûrs, les notes florales décelées montrent une réelle finesse olfactive, dans une matière un peu brute à ce stade.

3-Château La Tour d’Argent, 100% merlot sur sablo-graveleux

Vin en macération à 28°

Le nez offre de belles variantes de fruits rouges cuits ( et épicés déjà ?)

La bouche apporte rondeur et densité, se dote de tannins… gras ?, faisant tournoyer fruits vifs, moins amers que ceux de la cuvée précédente. Une succulente soupe de fraise fait vivre une finale relevée de belle fraîcheur, de netteté toujours, et réellement expressive.

Commentaire de Daniel

Les épices sont aussi des arômes primaires, elles ne sont pas seulement issues de saveurs dues à l’élevage, la vivacité soulignée, et la rondeur sont assez symptomatiques des Merlots sur graves associées à des sables

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05 novembre 2009

Le millésime 2009 au Tertre Roteboeuf

Visite au Tertre Roteboeuf

Les conceptions qui président à l’élaboration des vins de cette propriété, sont avant tout fondées sur une bonne maturité des baies, des macérations longues, des tannins un peu « dégradés » avant la vendange ( il faut concevoir cette dégradation comme celle de la partie ligneuse des tannins). Tout ceci pour produire des vins élégants, et pas trop puissants. S’adapter au climat bordelais à la fois chaud et humide, avec des cycles plutôt longs, qui permettent le développement d’arômes tertiaires complexes avec, pour les vins de côte, la truffe noire au premier plan. Ici pas de second vin : seulement un très bon terroir et du savoir faire ( recherche de la qualité aromatique, de la dynamique, de la fraîcheur, et de la finesse ). En 2009 les vendanges ont eu lieu le 2 octobre

Dégustation du millésime 2009 : Barrique de Merlot

La fermentation alcoolique n’est pas entièrement finie, il reste 5  grammes   de sucres .

La robe est très profonde, presque saturée au centre du verre, avec des reflets de couleur violine près du disque, le nez évoque avec netteté et intensité, des arômes de fruits noirs en salade, légèrement compotés  ( cassis , cerises, mûres), d’épices douces, de réglisse. Grande chair dès l’attaque, avec une masse tannique dense, mais parfaitement enrobée, le toucher tannique est quasiment soyeux, les fruits sont d’une puissance et d’une pureté insolente, le centre est ample, à la texture serrée, conservant une sensation de finesse dans le grain tannique, l’acidité malique est perceptible ,mais sans excès, la finale est longue, explosive dans sa palette aromatique fruitée (cerises noires d’une grande netteté ), d’un bel équilibre, malgré la légère sensation de sucre résiduel (fermentation alcoolique non finie) en ultime sensation.

Très grand vin en devenir

Daniel

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04 novembre 2009

Millésime 2009 : dégustation chez Denis Barraud (3)

Dégustation de Lynsolence

Lynsolence 2009 : sous-sol de graves profondes à crasse de fer

La dégustation est impressionnante, non seulement par la richesse des vins, ce qui n’est pas surprenant, mais surtout pour leur équilibre, il y a dans les deux lots, toujours une sensation d’acidité gustative sous jacente, encore plus marquée sur la barrique de cabernet franc, qui ne laisse aucune sensation d’alcool rédhibitoire. Les fermentations malo-lactiques ne sont pas faites

Barrique 100% Merlot : IPT >100

La robe est très profonde avec un fin liseré de couleur violine, le nez net, un peu discret, évoque la mûre, les cerises noires écrasées, la boite à épices et des notes sanguines. Grande plénitude en bouche dès l’attaque, avec une maîtrise de l’imposante masse tannique, c’est velouté, riche, avec une texture compacte, mais parfaitement domptée, les fruits sont intenses et séduisants, l’acidité gustative sous-jacente (FML non faites) conserve une bonne fraîcheur et un bon équilibre à la longue finale, aux fruits intenses et gourmands, épicée et réglissée.

Cabernets Francs : vinifiés en barrique neuve

La robe est profonde, souligné par un bord du disque de couleur violette à pourpre, l’olfaction laisse apparaître une prise de bois, qui domine légèrement des arômes de Mara des bois, et de cerises écrasées, accompagnés d’épices douces variées, la bouche associe une grande maturité de fruits et beaucoup de fraîcheur (FML non faites), des tannins parfaitement mûrs et serrés au toucher velouté, c’est plein, dense et tonique, parfaitement structuré, aux fruits salivants, la finale est étirée intense, très fruitée et épicée : remarquables cabernets francs d’une maturité rarement atteinte.

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03 novembre 2009

Millésime 2009 : dégustations chez Denis Barraud (2)

Les Gravières

(Saint Emilion Grand Cru)

Les Gravières offre dans ce millésime des vins d’une extrême richesse avec des maturités parfaitement abouties et des tannins serrés, et un toucher de bouche velouté à soyeux.

La trame tannique est plus serrée et le grain davantage poli que ceux des Bordeaux.

Les vins sont à ce stade trop précoces pour être notés.

Echantillon n°1

100% merlot

Sous-sol de graves de Saint Sulpice

La robe est profonde avec des reflets violines à pourpre.

Le nez évoque avec intensité le cassis et les cerises noires écrasées, la réglisse et les épices douces.

L’entrée en bouche est riche avec beaucoup de chair et les nombreux tannins sont complètement enrobés, donnant la sensation d’un grain parfaitement velouté.

Le vin finit très persistant, équilibré, avec une explosion fruitée séduisante.

Echantillon N°2 ( IPT>90)

100% merlot

Sous-sol de graves pures

La robe est presque entièrement saturée au centre du verre avec un fin liseré de couleur violine.

Très belle olfaction intense, et débordante de fruits mûrs noirs, de boîte à épices et de zan.

La matière est riche, dense, avec une trame tannique plus serrée que celle de l’échantillon précédent, et un toucher soyeux. Des fruits très expressifs et bien mûrs le vin finit long, riche, explosif dans ses saveurs fruitées, épicées sans sensation de lourdeur.

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02 novembre 2009

Millésime 2009 : dégustations chez Denis Barraud (1)

La dégustation du millésime 2009 débute par les vins de l’appellation Bordeaux, commercialisés sous la marque La Cour D’Argent.

A ma connaissance, j’ai rarement goûté pour ne pas dire jamais de tels vins en primeur ou après la fermentation alcoolique. Des vins riches et bien mûrs qui cependant portent l’empreinte de leur sous-sol et de leur équilibre.

Echantillon n°1 : 100% merlot, sous-sol ; alluvions de Saint Sulpice

La robe est profonde, avec un liseré de couleur violine, le nez évoque intensément les cerises noires et les mûres sauvages. Beaucoup de richesse et de matière dans une bouche aux tannins enrobés, le centre est rond et charnu.

La finale à l’acidité gustative plutôt basse est gorgée de fruits et finement épicée.

Echantillon n°2 :  100% merlot sur sous-sol argilo-calcaire.

La robe est très profonde avec des reflets de couleur pourpre à violine.

Les nez est intense et expressif. Avec des arômes de salade de fruits noirs variés et d’épices douces.

Dès l’attaque, la maturité des tannins, et leur densité sont impressionnantes. Avec presque des sensations de notes boisées (vinification en cuve).

Des fruits gourmands et complets soulignent un milieu de bouche parfaitement charpentés, et tonifié par une acidité gustative de bon aloi qui étire la finale riche aux fruits explosifs.

Echantillon n°3 : 100% merlot sur sous-sol sablo-graveleux.

La robe est presque noire au centre du verre. Avec une teinte violine au bord du disque.

L’olfaction est généreuse. Avec des parfums de mûres sauvages et de cerise et de cassis écrasés. Beaucoup de chair dans une bouche aux tannins parfaitement mûrs et veloutés.

L’acidité gustative, présente dès l’entrée en bouche, donne un bel équilibre à tous les stades de la dégustation.

Malgré la grande richesse du jus, les fruits sont intenses et gourmands.

En conclusion les trois lots seront assemblés à la fin de la fermentation malolactique.

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19 octobre 2009

Deux vins de Bordeaux (monocépage)

Les décrets d’appellation de l’AOC Bordeaux de 1936 laissent une marge importante au propriétaire pour choisir les cépages qu’il souhaite utiliser dans les différentes cuvées qu’il produit. Il n’est pas rare de voir certains vignerons élaborer des vins avec un seul cépage, qui reste souvent marginal dans de nombreuses appellations bordelaises considérées comme plus prestigieuses.

Je vais commenter aujourd’hui deux vins issus, pour l’un de Malbec (100%), et pour l’autre de petit Verdot (100%).

Le premier vin goûté est un 100% Malbec, issue d’une sélection massale, de la seule et unique parcelle de Malbec. Les vinifications et l’élevage sont faits en fûts de 300 ou 400  litres. Le second vin  a été dégusté, aussi à l’aveugle, mais nous avons peu d’information sur cette propriété, qui semble être située sur la rive gauche de la Dordogne

Bordeaux Château Tire Pé 100% Les Malbecs 2007

La robe est très profonde presque saturée au centre du verre, avec un fin liseré de couleur violine au bord du disque, le nez est assez discret mais net, et plutôt pur avec des parfums de myrtilles, de cassis, de boites à épices, et des notes d’élevage, l’attaque est pleine, ronde, avec une trame tannique assez serrée au grain bien enrobé, c’est assez massif en milieu de bouche, mais dans la continuité de l’attaque, les fruits sont frais, mûrs et bien définis ( palette de petites baies noires), la finale est persistante d’un bon équilibre, parfumée, très épicée, mais avec une sensation sucrée apporté par l’élevage qui limite légèrement  le plaisir . Noté 15+

Bordeaux Domaine Papin 2007 : 100% Petit Verdot

La robe est profonde presque saturée de couleur violine au bord du verre, le nez est séduisant et expressif, avec des arômes de myrtilles d’épices variées( dont le poivre), de réglisse et des notes de cassis, et un peu végétales, la bouche est construite sur une charpente tannique assez importante, mais tout de même un peu rustique, beaucoup d’épices et de fruits noirs en bouche, et dans une finale de longueur normale, fruitée, épicée, mais à la tannicité un peu exacerbée . Noté 13,5

Daniel

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31 août 2009

Deux vins de la rive droite

Ces deux bouteilles ont été dégustées à mon domicile, avec des amateurs, les bouteilles ont été achetées en « primeurs » et conservées dans une cave climatisée à 12°

Le vin du millésime 2004 a été dégusté 4 fois en 3 mois,  à chaque fois le vin, servi en carafe, a été dégusté sur 48 heures, il s’est toujours fort bien présenté, même en début de dégustation, il s’agit incontestablement d’une réussite en rive droite, dans le millésime, et ces flacons du millésime 2004 ont toujours été appréciés par les différents dégustateurs ( le vin a, toujours, été servi à l’aveugle ). Le millésime 2001 est construit avec une recherche de finesse qui contrebalance, ici, l’aspect puissant que les argiles donnent aux vins, sans jamais de sensation de faiblesse dans toutes les bouteilles goûtées.

Pavie-Macquin 2004

La robe est foncée, profonde au centre du verre, avec un fin liseré de couleur sanguine, le nez est intense et séduisant avec des arômes de mûres sauvages écrasées, de cerises noires, d’épices douces, de notes de truffes noires qui s’esquissent, et d’élevage ( un rien présent), l’entrée en bouche est  autoritaire, avec des tannins serrés parfaitement enrobés par une chair veloutée, le vin s’étoffe dans un milieu de bouche, compact, dense, aux fruits purs et mûrs, portée par une acidité impeccable, la finale longue, intense, aux fruits gourmands, épicée , réglissée, est minérale ( saline ) dans ses ultimes sensations. Un vin superbe, de plus en plus en place. Noté 17+

Pavie-Macquin  2001

La robe est soutenue à profonde, avec des reflets de couleur pourpre, l’olfaction est expressive élégante et fine, avec des saveurs de fruits rouges (cerises, et mûres ), de cannelle, et des notes de truffes noires, plus soulignées que sur la bouteille du millésime 2004. L’attaque est suave, moelleuse, avec des tannins à la texture dense, au grain velouté, le vin s’étoffe, avec une chair délicate, assez serrée, en milieu de bouche, les fruits sont mûrs mais frais, la sensation d’une puissance sous-jacente est parfaitement tempérée par une construction respectant le millésime, la finale est longiligne, étirée, d’une belle précision aromatique (fruits et épices), d’une bonne intensité, parfaitement équilibrée, et minérales (notes salines ) . Noté 17. Un vin féminin à fort caractère, dira un dégustateur, à l’aveugle.

Daniel

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28 août 2009

Visite à Pavie-Macquin (2)

Présentation et Commentaires d’Isabelle

Nicolas Thienpont aime comparer la puissance de Pavie-Macquin à l’ardeur d’un étalon pourtant domptée et maîtrisée du cavalier pour mieux en révéler l’élégance et la beauté du muscle tendu.

Citons Nicolas Thienpont « à Pavie-Macquin, il s’agit de dompter la puissance pour lui rendre la grâce et ainsi retrouver la puissance de la grâce! (Emphatique, mais.vrai !...) »: un terroir de plateau peu précoce, avec toujours une très grande fraîcheur.

Les argiles, très fortes de Pavie-Macquin confèrent une grosse expression tannique au vin. On est naturellement très puissant ici. Alors, à l’inverse de Larcis Ducasse, il faut plutôt travailler la finesse et l’élégance…

Pavie-Macquin est effectivement une puissance qui se vit, qui se boit, avec beaucoup de sérénité : elle est dispensatrice de fruits juteux, mûrs, gourmands et diserts jusque dans les plus beaux éloignements de la finale.

Pavie-Macquin 2000, dégusté en février 2009 :


Event de bois consumé, d'encens, de sous-bois, de feuilles séchées, de l'humus chaud... pour un des plus jolis empyreumatiques qu'il m'ait été donné de sentir.


Puissance maîtrisée du vin, aux fruits altiers qui revendiquent haut leur présence, leur fraîcheur, leur acidité, leur croquant... alcalinité d'un élixir qui vous surprend à penser aux vertus alchimiques, profondes et mystérieuses d'un vin résolument décidé à rester jeune. De fait, la bouche est musculeuse, vive, et aime s'attarder. Les allonges sont d'une persistance intéressante : elle révèle par certains aspects graphités une minéralité tannique indéniable.

Pavie-Macquin, 2000 dégusté à la propriété, juillet 2009

Capiteuse vapeur de cerise et d’odeurs de truffe dans le halo olfactif de cuir léger…

La bouche confirme les impressions ferreuses décelées au nez en apportant un goût graphité. L’écume de cerise et la gelée de mûres glissent sur le velours des tannins. Leur sapidité faconde, dynamisante ravit une finale qui porte haut l’expressivité magnifique de fruits enrobés d’une floraison douce, d’amertumes graphitées encore et de réglisse.

Délicatesse et sensualisme d’une puissance maîtrisée…

Pavie-Macquin 1998

Belle expansivité olfactive de fruits rouges (en particulier la cerise), de fleurs séchées ou poudreuses (encens, thé) et de champignon (truffe).

La bouche est éprouvée par une densité de fruits remarquable, par des expressions tanniques impressives mais ouatées en raison de la douceur des marques acides, plus exacerbées quant à elle dans la finale qui prouve alors ses intentions franches, nettes, de porter loin la puissance du fruit.

Isabelle

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27 août 2009

Visite à Pavie-Macquin (1)

Visite à Pavie-Macquin

Le 13 Juillet nous avons pu , pour notre grand plaisir, visiter Pavie-Macquin, où nous avons, comme d’habitude été remarquablement reçu par Nicolas Thienpont, pour une superbe dégustation ; 4 dégustations sur fûts du millésime 2008, puis l’assemblage ( un vin que j’ai déjà commenté en primeurs ), de très haut niveau, noté :  95/100.

Puis en demi-bouteille le millésime 1998, et le millésime 2000, et d’autres flacons qui seront commentés ultérieurement.

Le grand terroir de Pavie-Macquin, parfaitement compris et mis en lumière par ses interprètes (Nicolas Thienpont et Stéphane Derenoncourt ), a permis la production de deux grands vins dans les millésimes 1998 et 2000, avec un peu plus de fraîcheur dans le millésime 1998.

Pavie-Macquin 2000

La robe est très foncée, avec des dégradés de couleur sanguine à carmin au bord du disque, le nez est intense et complexe, le vin exhale  au premier plan des arômes de cerises noires, et de petites baies écrasées (cassis et mûres sauvages), d’une excellente maturité, nuancés d’épices variées, des notes de truffes noires, avec une petite sensation ferrugineuse, dès l’attaque le vin impose sa grande présence, les fruits sont généreux et gourmands, le vin s’étoffe, et  prend du volume, avec une texture compacte aux tannins fondus et parfaitement enrobés, le centre est vigoureux, très charnu sans perdre son élégance tannique, l’acidité gustative donne de l’équilibre, à une longue finale riche, puissante, aux fruits rutilants finement épicés, finissant avec des notes salines. Un grand vin Noté : 17,5+

Pavie-Macquin 1998

La robe est soutenue, de couleur rubis avec des reflets pourpres, le nez est net, précis parfaitement ouvert, très terrien en première intention : truffe noire, humus, boites à épices, et légère sensation de calcaire concassé,  qui font place à l’aération à des arômes de fruits rouges frais et mûrs, l’attaque est fraîche, avec une texture serrée, des tannins fins, l’élevage est digéré, c’est dense, compact, plus en muscle  d’atlhlète équilibré qu’en profil d’haltérophile dans un milieu de bouche fruité, frais, qui évoque une vigueur et une puissance( des argiles) maîtrisés, la finale est longue, d’une belle pureté aromatique, complexe dans ses saveurs, intense, et minérale(saline). Cette demi bouteille offre un vin plus ouvert et abordable que la bouteille bue, il y a deux mois. Noté 18-

Daniel

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