Journal d'un passionné de la rive droite

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28 octobre 2009

Deux vins du millésime 1995

Lors d’un déjeuner, à mon domicile, j’ai eu envie de voir comment se comportaient, aujourd’hui, des vins issus du millésime 1995 en rive gauche, qui semble laisser un certain nombre d’amateurs dubitatifs quant à la maturité des raisins de ce millésime. Les vins, de ce millésime, en rive gauche, sont bien charpentés, avec de nombreux tannins, les dégustations faites jusqu’à présent ont montré des vins évoluant lentement, mais sans  déficit de maturité, parmi les vins les plus réussis. Les mois de juin, juillet, et  août  furent chauds et secs, et si l’on excepte des épisodes pluvieux entre le 7 et 20 septembre, un temps plutôt sec s’installa  fin septembre et début octobre, ce qui permit de récolter des cabernets sauvignons mûrs 

Saint Julien : Branaire 1995

La robe est assez soutenue, avec une teinte générale de couleur grenat, et un liseré légèrement plus brun au bord du verre, le nez est net , avenant, d’une bonne intensité, avec des parfums de cerises, d’humus, de cèdre, de cassis écrasés, et une touche de violette. Beaucoup de finesse et d’élégance dans le contour de la trame tannique, assez serrée et bien enrobée, qui donne un bon maintien en milieu de bouche, les fruits sont mûrs mais frais, la finale, d’une bonne persistance est séveuse, encore un peu tannique, mais parfumée et finement épicée. Noté 15,5+

Lafon Rochet 1995

La robe, profonde au centre du verre, offre une couleur rubis vers le bord du disque, le nez discret, finit par s’ouvrir au fur et à mesure de la dégustation avec des arômes terriens (humus évoluant vers des notes de truffes noires ), de myrtilles , de cassis, de boite à épices ; l’attaque est assez imposante, avec des tannins à la trame dense, qui donne de la vigueur au vin, le centre, souligné par des saveurs de fruits mûrs et expressifs (cassis, myrtilles, et cerises) est ample et plutôt puissant, la finale, avec des tannins bien maîtrisés, mais un peu fermes, est pleine, épicée, avec une palette séduisante de petites baies noires (cassis dominant). Noté : 16,5

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27 octobre 2009

Deux vins d'Alsace ( vendanges tardives )

Les deux vins présentés aujourd’hui ont été dégustés à l’aveugle. Ils offrent des profils totalement différents, qui sont le fruit de la volonté de leur géniteur.

Le premier vin commenté surprend par une construction légère, qui donne une sensation de manque de matière; à tel point que l’appellation «  vendanges tardives » parait étonnante.

Le deuxième vin est superbe, tant par sa richesse que par sa pureté aromatique. L’équilibre et la fraîcheur sont au rendez-vous.

Alsace : Héring : Gewurztraminer Vendanges Tardives 1998

La robe est jaune légèrement dorée, le nez d’intensité moyenne, évoque le litchi, la rose, l’abricot, quelques notes miellées, le vin est tendre assez suave, la matière est légère, les fruits, en bouche, s’expriment avec parcimonie, c’est assez fin, mais en milieu de bouche, le vin manque d’intensité et d’envergure, la finale de longueur normale est un peu épicée, les fruits restent discrets, le vin est construit sur un mode mineur. Noté 13

Alsace : Josmeyer Gewurztraminer Vendanges Tardives 2002

Le robe est assez clair, de couleur or pale, le nez est pur, net d’une bonne intensité, avec des arômes de fruits jaunes (mirabelles et abricots), de zest d’oranges, de miel et d’épices douces, la bouche offre une dualité séduisante : grasse et droite, d’une grande pureté de fruits bien mûrs, avec de la chair, et de la densité en milieu de bouche; une superbe acidité gustative tend le vin et étire la finale, intense, aux fruits salivants, finement miellés, pure dans son dessin comme dans ses saveurs, avec des notes salines en ultime sensation. Noté 17+

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26 octobre 2009

Deux vins des Amériques

Le Clos de Los Siete n’est plus à présenter, il réunit sous la houlette de Michel Rolland, six autres propriétaires français qui ont décidé, ensemble, de produire au pied de la Cordillère des Andes, un vin à la fois régulier et performant en qualité, avec une dominante du cépage Malbec, si prisé, et si remarquablement adapté aux meilleurs terroirs argentins. Ce vin a été dégusté «  bouteille découverte » lors d’une foire aux vins, fin Novembre.

Le Cain Five a été goûté à l’aveugle, j’ai trouvé le cépage dominant et son origine, en me référant à des dégustations antérieures de vins californiens dans ce millésime 2001….

Argentine : Clos de los Siete 2007

La robe est foncée, même profonde au centre du verre, avec des reflets de couleur pourpre, le nez d’une bonne intensité est séduisant, avec des arômes de petites baies noires écrasées (myrtilles dominantes),  de boite à épices, et des notes d’eucalyptus, la bouche est riche, avec des tannins serrés et plutôt distingués dans leur dessin, et leur contour ; le centre est plein, conjuguant avec justesse volume et amplitude, des saveurs fuitées d’une bonne intensité se prolonge dans une finale, d’une très bonne  persistance, parfumée, épicée légèrement réglissée, et d’une bonne fraîcheur. Noté 16

Napa Valley Cain Five 2001

52%Cabernet Sauvignon, 20% petit Verdot, 14% Cabernet franc, 9% Merlot ,5% Malbec

La robe est profonde, avec des reflets de couleur sanguine, l’olfaction est précise, avec quelques accents sudistes : cassis ,cerises, poivre et autre épices douces, figues, et herbes méditerranéennes, l’attaque est moelleuse avec des tannins nobles dans leur constitution, habillés par une chair assez ferme, un milieu de bouche parfaitement charpenté, et dense sans perdre de l’élégance dans les tannins, avec  une légère sensation d’oxydation dans des fruits expressifs, la finale est persistante, opulente, et complexe dans ses saveurs, mais bien équilibrée d’une bonne fraîcheur, et très « cabernet sauvignon » dans sa signature tannique (ce qui m’a permis de situer l’origine du vin). Un beau vin : Noté 16,5

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23 octobre 2009

Les champagnes Léclapart (fin)

Texte et commentaires d’Isabelle

L’Amateur 2002

Un nez de pomme granny, d’amande amère et de tabac blond pour circonscrire au mieux une complexité olfactive mouvante et en perpétuelle évolution.

La bouche est d’une réelle onctuosité, d’un toucher velouté à peine pigmenté de bulles… Acidité fine, discrète et sous-tendue pour ne pas nuire à la souplesse du vin. Longueurs impressives sur des notes douces-amères…

Ce millésime a été offert par David afin de découvrir les potentialités en terme de vieillissement de la Cuvée L’Amateur. Qu’il en soit remercié.

Les pratiques de David en terme de vinification se résumeraient à ce diktat qu’il s’impose : retrouver dans le verre l’exactitude de ce qu’il trouve à la vendange.

1- Il en découle dans ses choix de ne faire aucun assemblage quel qu’il soit.

Les cuvées sont alors issues uniquement de monocépages et d’une vendange d’une seule année.

Cependant, aucun des vins n’est déclaré en millésime. La production Léclapart est en Brut Sans Année. Les Textes contraignent les maisons Champenoises à ne pas déclarer en millésime l’intégralité d’une production annuelle. Or, toutes les cuvées de David sont le fruit d’un millésime. Ensuite, la réglementation impose de devoir garder trois ans en cave un millésimé avant de pour pourvoir le vendre. Donc de stocker quatre vendanges. David ne dispose pas de l’espace permettant le respect de cette clause.

2-Toute la production est non-dosée. Sans liqueur d’expédition.

3-Tout le travail est mené à la vigne. Dans les règles de l’Art : labours, travail à l’ancienne, pas de produits chimiques et travail manuel.

Les cuvées de L’Amateur sont issues de six parcelles vendangées ensemble, donc cueillies le même jour, et pressées au même moment, en même temps. Elles sont vinifiées en cuve en acier émaillé, une particularité ! (David a abandonné la Cuve Inox, trouvant que cette dernière altérait quelque peu ses vins…) Les fermentations malolactiques partent seules. Cette étape est pour David absolument indispensable.

Isabelle

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22 octobre 2009

Les champagnes Léclapart (3)

Texte et commentaires d'Isabelle

La cuvée L’Apôtre est obtenue à partir d’une seule parcelle de la plus vieille vigne de Chardonnay, plantée par le grand-père de David, à partir de sélection massale.

Curiosité du destin ou de l’onomastique… elle est située sur un lieu-dit, La Pierre Saint Martin, dédié à Saint Martin, le patron des vignerons.

Autrefois, martiner, signifier goûter le vin nouveau...

L’Apôtre 2005, dégorgé le 7 octobre.

Nez de poire, eau-de-vie de poire, de pomme, odeurs de tilleul, et plus globalement un bel aspect floral.

La bouche est pulpeuse et se veut sophistiquée, tant par une grande distinction d’arômes (infusion de tilleul, marmelade de coing) que par un sensualisme tactile en bouche : bulle fine, mais présente, acidité à fleurets mouchetés pour une puissance contenue et polie, finale longue… sur des fruits secs et sur la chaleur doucement crémeuse et lactée du chardonnay.

L’Apôtre 2004

Densité et complication du bouquet, allant de la rose fanée au rhum ambrée.

Ce millésime donne à boire un fruit net et précis de coing (goût croquant de la marmelade d’ailleurs), les saveurs de l’amande amère et de la pomme reinette. Les rondeurs du maintien câlinent les bulles qui se veulent juste piquantes, mais naturellement drainées par une acidité profilée… jusque dans une finale gourmande et aux infinis contours…

Isabelle

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21 octobre 2009

Les Champagnes Léclapart (2)

Présentation et commentaires d'Isabelle

Le nom de toutes les cuvées de David Léclapart commençe par la lettre A : L’Amateur, L’Artiste, L’Apôtre, et L’Alchimiste.

Vins de monocépages, en 100% chardonnay donc, ou en 100% pinot noir exclusivement pour L’Alchimiste, issus d’agriculture biodynamique, la lettre A symbolise, énonce le démarrage, le début d’une pratique viticole qui n’a jamais été tentée sur le domaine familial.

Belle réussite… donc ! d’un vigneron Artiste, dont les vins séduisent L’ Amateur, Apôtre en Champagne d’une viticulture respectueuse de l’environnement, traductrice de toutes les potentialités d’un magnifique terroir… dont l’alchimie complexe et gourmande se retrouve dans le verre…

L’Artiste 2005

Un nez exubérant, qui déploie une palette aromatique riche en senteurs de pralin, de tarte tatin, de frangipane et de rhum ambré.

La bouche est tendue, vive et extrêmement confortable en raison d’une grande douceur de bulle. Les arômes sont ceux décelés à l’olfaction, bien que plus appuyés sur les goûts d’amande et de noisette.

Sveltesse et vivacité dès le milieu de bouche pour ouvrir dans la finale, d’une belle longueur, toute l’expressivité et la délicatesse des saveurs.

L’Artiste 2004

Bouquet dense et foisonnant, riche, toasté, déclinant le fruit jaune et des saveurs beurrées.

La mirabelle se précise en bouche. Multiples goûts de melon, de prune jaune rehaussés par un travail net et ciselé des acidités, accordant puissance dans le maintien, et droiture, cependant sur une texture de bulle souple et fine. Beaucoup de présomption dans ce vin qui ne s’en laisse pas compter… et dont la bouche garde longtemps le souvenir.

Isabelle

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20 octobre 2009

Les champagnes Léclapart (1)

Texte et commentaires d'Isabelle

Avoir la chance de déguster des Champagnes de David Léclapart est un privilège rare. Petite exploitation de 2 hectares et 95 ares, en fermage et métayage, la production en est donc naturellement limitée. Les vignes se situent au sud-est de la Montagne de Reims, à Trépail.

Le terroir est constitué de sols argilo-calcaires, avec plus de limons que d’argile, et des silex par endroits. Le terroir se veut particulièrement adapté pour le pinot noir. Pour autant, l’encépagement est de 87% de chardonnay pour 13% de pinot noir.

L’amateur 2006

Exhalaison fraîche de pomme verte puis de noisette et senteur douce de caramel. Délicatesse florale, comme poudrée, et en suspend pour clore un bouquet d’une belle pureté.

La bouche, au bon goût de l’amande, est d’une belle vivacité, toutefois caressante grâce à la finesse de la bulle, et apporte une agréable sensation de droiture et de fraîcheur, laissant dans les expressions d’une finale alerte de jolies amertumes d’amande amère.

L’amateur 2005

Ce millésime exprime davantage de profondeur olfactive, aux empreintes plus marquées de noisette fraîche.

A noter qu’il est plus de densité également en bouche. La douceur des agréments de la noisette pralinée (goût de glace pralinée, plus exactement) est d’autant plus enveloppante qu’il est plus de rondeur et de soyeux de bulle. La finale, accorte, et pleine encore, diminue progressivement ses allonges pour laisser des impressions de légèreté et de fraîcheur.

Isabelle

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19 octobre 2009

Deux vins de Bordeaux (monocépage)

Les décrets d’appellation de l’AOC Bordeaux de 1936 laissent une marge importante au propriétaire pour choisir les cépages qu’il souhaite utiliser dans les différentes cuvées qu’il produit. Il n’est pas rare de voir certains vignerons élaborer des vins avec un seul cépage, qui reste souvent marginal dans de nombreuses appellations bordelaises considérées comme plus prestigieuses.

Je vais commenter aujourd’hui deux vins issus, pour l’un de Malbec (100%), et pour l’autre de petit Verdot (100%).

Le premier vin goûté est un 100% Malbec, issue d’une sélection massale, de la seule et unique parcelle de Malbec. Les vinifications et l’élevage sont faits en fûts de 300 ou 400  litres. Le second vin  a été dégusté, aussi à l’aveugle, mais nous avons peu d’information sur cette propriété, qui semble être située sur la rive gauche de la Dordogne

Bordeaux Château Tire Pé 100% Les Malbecs 2007

La robe est très profonde presque saturée au centre du verre, avec un fin liseré de couleur violine au bord du disque, le nez est assez discret mais net, et plutôt pur avec des parfums de myrtilles, de cassis, de boites à épices, et des notes d’élevage, l’attaque est pleine, ronde, avec une trame tannique assez serrée au grain bien enrobé, c’est assez massif en milieu de bouche, mais dans la continuité de l’attaque, les fruits sont frais, mûrs et bien définis ( palette de petites baies noires), la finale est persistante d’un bon équilibre, parfumée, très épicée, mais avec une sensation sucrée apporté par l’élevage qui limite légèrement  le plaisir . Noté 15+

Bordeaux Domaine Papin 2007 : 100% Petit Verdot

La robe est profonde presque saturée de couleur violine au bord du verre, le nez est séduisant et expressif, avec des arômes de myrtilles d’épices variées( dont le poivre), de réglisse et des notes de cassis, et un peu végétales, la bouche est construite sur une charpente tannique assez importante, mais tout de même un peu rustique, beaucoup d’épices et de fruits noirs en bouche, et dans une finale de longueur normale, fruitée, épicée, mais à la tannicité un peu exacerbée . Noté 13,5

Daniel

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16 octobre 2009

Quand le Net n'est pas net

Les vins de Bordeaux du millésime 2003 font aujourd’hui l’objet de critiques, tout azimut, de la part d’amateurs divers et variés sur des forums consacrés aux vins.

On y apprend qu’il y a plus d’argiles, en rive gauche qu’en rive droite (la superficie n'est pas, pour moi un argument majeur, c'est l 'analyse et la nature des argiles qui comptent) . L’existence de graves argileuses chez les premiers crus de la rive gauche ou chez les meilleurs seconds ne sont pas à généraliser à toutes les propriétés du Médoc ou des Graves : loin s’en faut !!!

C’est vrai qu’à Petrus ou à Lafleur, les sous sols ne sont pas argileux !!!

A Lafleur quelques grosses graves épaisses reposent sur des sous-sols….  argileux, cherchez l’erreur.

Quant au plateau argilo-calcaire de Saint Emilion, il est comme son nom l’indique…totalement graveleux (humour pour ceux qui ne suivraient pas).

Une méconnaissance totale des terroirs et des sous-sols des appellations de la rive droite, mâtinée de quelques dégustations à l’aveugle dont « l’instant t » prime sur des analyses pertinentes de la nature des vins et de leur potentiel, à moyen et long terme, laisse transpirer l'idée de vins, pas réussis, dans ce millésime sur l'ensemble de la rive droite. Mais comble des combles on finit par apprendre que les vins sont mal nés. Lesquels ? il faut nous le faire savoir, sous peine, pour nous, de mourir idiots !!!

Comme la plupart de ces analystes (de salon pour certains) n’ont jamais dégusté en primeurs (parce que ça triche : mais ceux là nous commençons à les connaître, les tricheurs !!!), on en déduit que les vins sont mal nés, une nouvelle fois !!!

Et si, ma foi, un vin de Bordeaux arrive à avoir un caractère un peu sudiste, voire californien, pour plus de justesse, dans un millésime ultra solaire, ça fait désordre!!

Est-ce imaginable d'avoir des Bordeaux un peu trop languedociens, dont on défend les vertus dans d’autres rubriques ?

Mais passons, si par malheur , au bout de quelques années, le terroir finissait par prendre le dessus sur le millésime( comme sur les meilleurs 1947 ), serait-ce un effet de la magie, ou un miracle de la nature, j’oserai dire souterraine ?. Nous pourrions rigoler abondamment, dans une dizaine d’années au sujet de ces 2003 dans les meilleurs salons où l’on cause.

C’est vrai qu’il n’est pas donné à tout le monde de déguster Cheval Blanc 1947, avec tous ses défauts inhérents à la connaissance œnologique de l’époque, mais l’expression solaire du millésime, aujourd’hui domptée, en fait, malgré ses défauts, un vin d’anthologie.

On apprend que Montrose 2003, à Saint Estèphe est raté, parce qu ' une ou deux bouteilles se goûtent mal (vin refermé sur ce grand terroir de garde dans ce millésime et dans les meilleures propriétés).

Il fallait être sélectif en 2003, ne pas se contenter de suivre les prescripteurs classiques et trop traditionnels. Acheter des vins du millésime 2003 nécessitait pour  pour l'amateur,une véritable démarche personnelle, avec deux axes principaux de réflexion.Bien connaître les propriétés et les façons de faire des techniciens qui les exploitent, s 'intéresser à la nature des sols et des sous-sols, et goûter, d'abord en "primeur", et surtout en bouteille avant tout achat définitif.

Quand on connaît la spécificité des sous-sols de certaines propriétés, et j'ai à l'esprit le cas de la grande variation en hauteur de la nappe phréatique de Vieux Château Certan, il est aisé de comprendre que le millésime 2003 est un des millésimes atypiques, pour l'instant dans l'Histoire de la viticulture bordelaise. L'acheteur se doit d'être sélectif, mais surtout pas impatient, et ne pas s'en laisser compter par les sirènes de dégustations à "la hussarde".

Daniel

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15 octobre 2009

Deux Bordeaux de la rive gauche

Les deux vins commentés aujourd’hui ont été dégustés dans des conditions différentes, le premier l’a été, à l’aveugle, au cours d’un repas dégustation, il a fort bien tenu son rang, sans présenter un petit manque de matière , en milieu de bouche, que l’on constate généralement dans ce millésime.

Le second vin a accompagné un repas classique, puis  a été regoûté sur une durée de  48 heures, c’est la huitième ou neuvième bouteille de ce vin dans ce millésime que j’ai dû boire, sur une période d’environ 6 ans, sans écart notable entre les différentes bouteilles, issues de la même caisse. Je reste un peu sceptique quant à une garde jusqu’en 2025, pour ce Pontet Canet 1994 

Pessac Léognan : La Mission Haut Brion 1999

La robe est profonde, avec des reflets de couleur pourpre à rubis, l’olfaction est nette, d’une bonne intensité, avenante, avec des parfums de cerises , de cassis écrasés, d’épices douces, et des notes de fumée et de réglisse, beaucoup d’élégance dans l’attaque, tant dans la trame tannique que dans la qualité du fruit, le vin se dimensionne en s’installant dans le palais, de la chair (fine), des tannins qui offrent un cœur un peu ferme, qui donne un belle présence au vin en milieu de bouche, la finale ,d’une très bonne persistance, séduit par une palette aromatique assez complexe et pure, un excellent support tannique dans le contexte du millésime, et  un bon équilibre Noté : 16,5

Pauillac : Pontet Canet 1994

Dégusté après 14 heures de carafe, et conservé à 13 °

La robe, rubis à grenat est assez profonde à profonde (centre du verre), le nez est net, précis, ouvert : cassis écrasé, résine, cigare, et épices variées. Les tannins, assez élégants en attaque, se raffermissent au fur et à mesure que le vin s’installe dans le palais, charpenté et bien épaulé dans son centre avec des fruits mûrs et expressifs (cassis), la finale ,est persistante avec des saveurs de petites baies noires épicées, et  des tannins un peu fermes qui sont la marque de ce millésime, où les maturités totales ont été difficiles à obtenir. Un très bon vin de repas.

Noté 15,5 

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