29 mai 2009
Week end des Grands Amateurs (2)
Le millésime 2006 n’a qu’un seul défaut venir après le millésime 2005, qui a marqué les esprits avec des vins riches concentrés, mais dotés d’une acidité gustative et analytique remarquable, qui les équilibre fort bien pour les meilleurs.
2006 offre un caractère beaucoup plus océanique, qui ,à mon avis, aura l’avantage de proposer des vins de repas plus faciles d’accès que les 2005, mais nous reviendrons sur cette notion de vins à caractère océanique, ultérieurement. Poursuivons avec les commentaires des Pessac-Léognan
Haut Bailly
La robe est foncée, avec un liseré pourpre à violine, l’olfaction est généreuse et précise : fleurs variées, cassis, mûres et des notes de café et de chêne en retrait, beaucoup de présence, dès l’attaque, avec des sensations ascendantes, et des tannins racés et fins, un centre riche et plein, la finale est longue, bien dessinée, intense, avec des fruits bien mûrs, des saveurs qui commencent à se complexifier, une grande fraicheur. Noté 17,5
Haut Bergey
La robe est profonde, sanguine ; le nez évoque des petites baies noires, bien mûrs avec des notes épicées et d’élevage en retrait, la bouche est charnue, avec une matière bien mûre, une bonne densité en milieu de bouche, une finale très fruitée, persistante, épicée gourmande. Noté 16
La Louvière
La robe de couleur rubis à pourpre est moyennement soutenue, le nez est frais, floral et fruité (petits fruits rouges) ; beaucoup de fraîcheur et de fruits frais dans une bouche assez souple, en entrée, assez bien structurée, par des tannins assez fermes, mais sans angle, en milieu de bouche, la finale, de longueur normale, fruitée laisse poindre un acidité un peu vive. Noté 15
Larrivet Haut Brion
La robe est brillante de couleur pourpre à rubis, à l’ olfaction les arômes issus de l’élevage dominent des parfums de petites baies rouges, le vin est assez tendre en entrée de bouche, puis s’étoffe en s’installant au milieu du palais, la finale manque un peu d’intensité, malgré une palette de fruits frais agréables. Noté 15
Latour Martillac
La robe est moyennement colorée (rubis à pourpre), le nez est net, d’intensité moyenne avec des parfums de fruits rouges, la bouche est souple, tendre, assez linéaire dans sa construction, ce qui limite l’allonge d’une finale un peu sèche Noté 13
28 mai 2009
Week-End des Grands Amateurs (1)
Nous commençons ces commentaires, par la dégustation des vins de Pessac Léognan (rouges ), une série sans surprise, et pour tout dire conforme, à ce qu’avait montré la dégustation de ces même vins en primeurs. Pas de mauvaises surprises, ni de franches révélations parmi les vins présentés.
De Chantegrive
La robe est assez colorée, des arômes de petits fruits rouges s’associent à un élevage assez soutenu, un vin assez souple en entrée de bouche, aux tannins fermes, dans un milieu de bouche assez plein, la finale est un peu marquée par l’acidité gustative, mais fruitée. Noté 14
Rahoul
La robe offre une profondeur moyenne, avec des arômes de cassis et de fruits rouges, la bouche est assez tendre et linéaire, les tannins sont assez fins, la finale, de longueur normale, est assez fruitée Noté 13,5
Carbonnieux
La robe est assez soutenue à soutenue, le nez est fin, assez subtil avec des parfums de cassis et de burlat, de chêne neuf et de café, la bouche est bien construite avec une trame tannique assez ferme structurant le milieu de bouche efficacement, la finale est persistante, fruitée et bien équilibrée Noté 15,5+
Domaine de Chevalier
La robe profonde laisse apparaître des reflets de couleur violine, le nez est élégant, net, avec des arômes floraux (violettes et pivoines), de cassis et de cerises noires, l’attaque est droite, avec des tannins assez serrés, au grain plutôt fin, les fruits sont nets et mûrs, le centre est bien charpenté, avec une acidité gustative assez nette, qui étire le vin dans une finale longiligne, aux fruits salivants et mûrs, finement épicée. Noté 16,5
De Fieuzal
La robe a une teinte sanguine assez soutenue, l’olfaction est dominée par les arômes issus de l’élevage, sans couvrir totalement des parfums de petites baies rouges, la bouche est assez tendre, d’une bonne constitution structurelle, le vin est plus en sève qu’en chair, la finale de longueur normale est fruitée. Noté 15,5
27 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (fin)
Pour clore ce dîner, des convives ont choisi de nous faire déguster deux liquoreux, si le premier vin a été placé assez rapidement et facilement à Sauternes, le second vin a fait l’objet d’une discussion, assez passionnée sur son origine et sa typicité (ou pas), les vins ont été servis à l’aveugle. L’acidité qui le caractérise, et la présence de caramel, pour certains dégustateurs, ont fait évoquer un vin de Loire, pour le deuxième Sauternes !!!!
Suduiraut 1998
La robe commence à prendre des couleurs ambrées, l’olfaction est généreuse et classique, avec des arômes d’abricot, de miel, et des notes d’épices douces, la bouche est moelleuse, avec du gras en milieu de bouche, plus fine qu’opulente, mais nette dans la palette aromatique, la finale n’est pas très complexe, mais fraiche avec des fruits d’une bonne intensité, (abricot dominant) et d’une longueur satisfaisante. Noté 16+
Climens 1996
La robe hésite entre des teintes très soutenues et légèrement ambrées, le nez est fin, subtil et bien ouvert, avec des parfums d’oranges confites, d’abricot sec, le tout finement miellé et agrémenté d’épices douces, la liqueur est élégante, avec une bonne sensation de fruits rôtis, le milieu de bouche est bien construit , sans aucune faiblesse, mais sans outrecuidance, les saveurs sont rehaussées par une acidité présente dès le milieu de bouche qui donne à la finale d’une bonne longueur, un juste équilibre, avec de belles saveurs d’agrumes confits et de fruits exotiques. Le millésime est joué juste. Noté 16,5
26 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (7)
Les participants ont des goûts multiples et éclectiques, certains de nos copains sont particulièrement amateurs, de vins du Rhône, et particulièrement de crus du Rhône Nord, nous avons donc eu le plaisir de découvrir deux Cotes Rôties du même producteur, dans deux millésimes différents. Pour ajouter à la difficulté, un vin devenu un grand classique de l’appellation Rasteau a été rajouté par un amateur du cru.
Rasteau Gourt de Mautens 2004
La robe est profonde, de couleur pourpre à sanguine, le nez évoque, avec séduction, le cassis, le poivre, les cerises noires, et les herbes méditerranéennes, la trame tannique assez serrée offre un grain parfaitement velouté, avec de la chair, un centre plein et sphérique dans son dessin, la finale dans la continuité est bien équilibrée, parfumée tout en délicatesse, avec la même qualité de tannins polis. Noté 16
Cote Rôtie : Cuilleron Bassenon 2003
La robe est assez soutenue, avec des teintes sanguine à rubis, olfaction nette et avenante : cassis écrasé, arômes floraux (violettes) et des notes de poivre et d’olives noires, le vin offre une bonne présence en bouche, avec des tannins élégants et plutôt veloutés, les fruits sont bien mûrs mais pas confiturés, une fine acidité sous jacente de bon aloi, donne une fraîcheur agréable à la finale persistante, aux fruits savoureux et épicées. Noté 16+
Cote Rôties : Cuilleron Terre Sombres 2000
La robe est foncée avec un liseré de couleur rubis à sanguine au bord du verre, le nez d’une bonne intensité est élégant, avec des parfums classique de cassis , de poivre, d’herbes séchées (garrigue), les fruits sont intenses et d’une belle précision en bouche, avec la violette qui s’ajoute, un milieu de bouche charnu et bien structuré, avec des tannins enrobés, la finale d’une bonne longueur, est parfumée, bien dessinée, sanguine, saline, et équilibrée. Noté 16,5+
25 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (6)
Les deux vins commentés ici, s’ils sont originaires de la même région, n’ont pas grand-chose en commun. D’abord une différence d’âge qui a pour conséquence d’offrir des profils aromatiques dissemblables, accentués par le fait qu’ils sont issus de climats différents, bien qu’élaborés, l’un comme l’autre, à partir de raisins de millésimes solaires.
Ravaut Corton 1990
Le commentaire n’est guère différent de celui rédigé, il y a deux mois.
La robe est plutôt bien colorée, de couleur rubis ,avec un liseré de teinte brune au bord du verre, le nez d’intensité moyenne s’ouvrira au fur et à mesure de la dégustation, avec des arômes de griottes bien mûres, de truffes noires d’épices douces, d’humus, de terre, l’entrée en bouche laisse percevoir une belle concentration, avec des arômes de fruits un peu plus noirs (cassis et cerises noires), et toujours ces sensations terriennes, les sensations sont ascendantes, avec une belle présence, et de la plénitude en milieu de bouche, la finale s’étend un peu comme un vague, avec intensité, soulignée par des saveurs complexes (réglisse et truffes), des fruits nets et bien mûrs ( un peu de framboises en plus), une bonne fraîcheur, et une note saline en ultime sensation. Très belle bouteille : Noté : 16,5 Un peu moins de précision dans les définitions aromatiques, que dans la bouteille bue, il y a deux mois
Charlopin Mazy Chambertin 2003
La rode de couleur pourpre est assez profonde, le nez est expressif, avec des arômes de chêne et de café torréfié qui masquent en partie des parfums de cerises bien mûres, et d’épices, al bouche est bien construite, avec une vin qui s’étoffe bien en s’installant dans le palais, les tannins des fruits sont assez raffinés, l’ élevage les durcit un peu ; belle chair bien mûre, dans un milieu de bouche assez riche, la finale, d’une bonne tenue et d’une fraîcheur satisfaisante, avec des fruits gourmands encore un peu dominés par l’élevage. Noté 16,5
23 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (5)
Dans les vins présentés aujourd’hui, j’ai eu l’occasion d’en déguster un, plusieurs fois, j’avais trouvé ce vin fort bon, mais j’en attendais un peu plus. Les bouteilles n’avaient pas été achetées en primeurs, mais lors de lots aux enchères. Les niveaux dans la bouteille et la qualité des bouchons, après ouverture plaidaient en faveur d’une excellente conservation, et pourtant la dégustation montrait de petites, mais réelles inégalités dans la qualité des vins. Le vin commenté ce soir est, à ce jour, la meilleure bouteille du lot. Rappelons ce vieil adage : « il n’y a pas de grands vins, il n’y a que de grandes bouteilles »
Calon Ségur 1990
La robe est soutenue, avec des nuances de couleur grenat, le nez est intense, assez puissant avec des parfums de petites baies noires bien mûres, de boite à épices, et des notes de poivrons rouges, la bouche est assez , puissante, assez tannique, avec des saveurs de cassis et myrtilles bien définies, assez volumineux et ample en milieu de bouche une acidité gustative assez marquée (étonnante pour le millésime ) s’observe dès le milieu de bouche, et donne à la finale, assez massive, et persistante, de la fraicheur, mais d’une façon un peu excessive dans cette construction. Noté 15,5
Lagrange 1990
La robe est profonde, avec un , liseré de couleur rubis au bord du verre, l’olfaction est intense, et séduisante avec des arômes de cassis écrasé , d’épices variées, de tabac froid, de résine, et quelques notes discrète de poivrons rouges; belle trame tannique serrée aux tannins bien enrobés par une chair un peu musculeuse, le vin s’installe de façon progressive en milieu de bouche qu’il occupe avec autorité, les saveurs fruitées sont d’une bonne précision, la longue finale, parfaitement équilibrée, est savoureuse, épicée, réglissée, et intense. La meilleure bouteille de ma caisse. Noté 17+
21 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (4)
Après cette série remarquable de Chardonnays bourguignons, nous avons choisi de retourner en Gironde, avec une dégustation qui fait la part belle à des vins du millésime 1990, en rive gauche, et un vin pirate de la rive droite qui était fatigué, ces années là, la propriété n’était pas très performante, j’avais goûté une bouteille de ce millésime il y a une petite dizaine d’années, sans davantage de satisfaction, par contre les vins de la rive gauche ont fort bien tenu leur rôle.
Haut Bages Libéral 1985
La robe est encore jeune, avec des reflets grenat, et légèrement bruns, le nez évoque avec une bonne intensité Pauillac, cigare froid, épices, humus, truffes, et cassis ; en bouche, les tannins sont complètement fondus, sans aucune aspérité, ni rusticité, le cassis reste frais et jeune dans un milieu de bouche, bien charpenté, et d’un bon volume, la finale, d’une bonne persistance est complexe dans ses saveurs, fraîche, et même gourmande. Noté 16
Angélus 1979
La robe est tuilée, presque diaphane, le nez évoque la truffe noire est les fruits un peu cuits, la bouche est… fluide, pas au sens noble du terme, ici, et très acide.
La Lagune 1990
La robe est foncée, avec des dégradés de couleur grenat, et légèrement orangés, le nez d’une bonne intensité est élégant, avec des saveurs de poivrons rouges, de cassis de tabac et d’épices, en entrée de bouche, les tannins sont encore un peu fermes, dans la trame, mais le grain est assez enrobé, les fruits sont encore d’une belle jeunesse, assez corsé, et bien structuré, la finale est persistante, avec des fruits encore jeunes, de fines épices, et une bonne fraîcheur. Noté 16
20 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (3)
La série commentée ce soir est remarquable. Sont ce les bienfaits de la biodynamie, une parfaite connaissance des terroirs, une interprétation optimale du millésime, je devrais dire de chaque millésime ?
Il se pourrait que ce soit, tout simplement la conjonction des trois facteurs, je souhaite à tout amateur de Chardonnay de pouvoir goûter et boire de tels vins, et en particulier le deuxième vin commenté aujourd’hui.
Puligny Montrachet Anne Claude Leflaive Clavoillons 2004
La robe est légèrement dorée, le nez est encore nettement réduit, avec sous jacent des arômes de fruits blancs et des notes florales, la bouche est dynamique, avec des fruits avenants (agrumes variés), beaucoup de présence et d'énergie dans le milieu de bouche, d’une grande fraîcheur, la finale est persistante, avec de beaux amers (agrumes), saline, et des sensations de pierres concassées Noté 17
Puligny Montrachet Anne Claude Leflaive Les Pucelles 2002
La robe est finement dorée, le nez est fermé, mais finit par révéler des parfums de citrons, et des notes miellées. Quelle bouche !!!Délicate, d’une grande douceur tactile, fluide, au sens noble du terme, précise, avec une chaire fine et dense, une sensation de continuité éblouissante, une richesse sans esbroufe, d’un naturel confondant, la longue finale, d’une grande fraicheur est intense, déjà complexe dans sa palette aromatique ; très saline, sensuelle…
Grand vin. Noté 18 (en tenant compte de son avenir)
19 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (2)
Les vins blancs du début du repas, sont un éloge du Chardonnay bourguignon, et sans aucunes fausses notes, après la première série consacrée au Chablis de Dauvissat, la deuxième série ( les vins sont servis par paire ) propose deux Meursault village, qui tiendront parfaitement leur place, ce qui n’est guère surprenant compte tenu du pédigree de leur géniteur. Des vins d’une remarquable fraîcheur, dans deux millésimes différents
Meursault Roulot LesTessons Clos de mon Plaisir 2006
La robe a une teinte jaune pale, le nez est élégant avec au premier plan des arôme de noisettes grillées, puis floraux , et de fruits blancs (pêches), de la fraîcheur dès la mise en bouche, d’une belle délicatesse, le vin s’installe progressivement en milieu de bouche, en prenant de la consistance, et de la chair, la finale d’une bonne persistance est finement fruitée, tendue, saline. Un vin droit Noté 16
Meursault Coche-Dury 2005
La robe est jaune clair, le nez est encore un peu fermé, mais le vin finit par dévoiler des parfums de menthe fraîche, d’agrumes, de fleurs en plus de ses légendaires notes grillées, l’attaque est tonique, beaucoup de vivacité, mais avec, en contrepoint, des fruits expressifs (accompagnés de saveurs miellées), une matière assez serrée, boostée par une acidité gustative nette qui dynamise le vin et donne un caractère rectiligne, tendu, à la finale, persistante, citronnée, salivante, saline. Noté 16,5
18 mai 2009
Une dégustation à Puisseguin (1)
Nous avons reçu vendredi dernier, des amis belges qui venaient participer à la dégustation des Bordeaux 2006 lors du week-end des Grands Amateurs, le lendemain à Bordeaux.
Nous avions convenu, que nos amis apporteraient des vins blancs, et nous ouvririons des vins de Bordeaux. Cette dégustation que je vais vous raconter cette semaine était d’excellent niveau, à part un seul flacon, tous les autres vins n’offraient aucune faiblesse.
Nous commençons par une paire de grands crus de Dauvissat dans le millésime 2006
Chablis : Dauvissat : Les Preuses 2006
La robe est légèrement dorée, le nez est séduisant expressif, d’abord floral (tilleul), puis de superbes arômes de poires mûres écrasées, et des notes de miel, le vin impose sa présence dès l’attaque, c’est charnu, presque gras dans un milieu de bouche très plein, volumineux, l’acidité gustative, est un peu basse, ce qui se ressent dans la finale riche, miellée, fruitée, persistante, légèrement mentholée, mais qui manque un peu de pep. Noté 16+, à revoir dans quelques années
Chablis : Dauvissat : Les Clos 2006
La robe est un peu moins dorée que celle des Preuses, avec quelques reflets verts pales, l’olfaction est fine subtile, florale (bouquet varié de fleurs sauvages coupées), et des arômes de petits fruits blancs ; l’attaque est nette, précise, avec des saveurs de fruits mûrs, les sensations sont ascendantes, le centre est plein, dense, plus compact que large, l’impeccable acidité rehausse les saveurs, et étire la finale, longue, fraîche, les agrumes s’ajoutant aux fruits blancs, finement miellée, saline. Grande bouteille : notée 17,5



