30 janvier 2009
La dégustation Biturica (1)
Cette dégustation a eu lieu dans les locaux de GVF, à Saint Emilion .L’association Biturica regroupe les propriétés, suivantes du sud Médoc : D’Agassac, Cambon-La-Pelouse, Belle-Vue, De Gironville, Clos du Jaugueyron, Milleroses, Clément Pichon, Paloumey, Sénéjac. Tous ces vins appartiennent à la famille des crus bourgeois (au sens large), dans la mesure où le dernier classement n’ a pas été entériné, dans sa hiérarchie d’origine.
Malleret 2004 (ne fait pas partie de l’association)
La robe de profondeur moyenne, offre une couleur rubis, l’olfaction est nette, mais peu soutenue, avec des arômes d’élevage qui dominent les fruits (cerises et cassis), la bouche est assez souple avec des tannins plus fermes en milieu de bouche et en finale, d’une persistance moyenne, les saveurs sont les mêmes que celles décelées à l’olfaction sans complexité ; Noté 13,5
Clément Pichon 2004
La robe est un peu plus profonde, mais un peu plus évoluée que celle du vin précédent, l’olfaction est un peu plus soutenue, avec des arômes de café et fruits rouges, le vin est un peu plus structuré, avec des tannins un peu plus élégants, mais la finale manque d’élan, et la palette aromatique met en avant un élevage dominant un peu surdimensionné Noté 14-
29 janvier 2009
Un dîner remarquable (4)
Un flacon, enthousiasmant par l’étiquette, mais qui nous laissait un peu sceptique, quant à la qualité intrinsèque du millésime, a été apporté par un des convives pour être dégusté et bu, il a été goûté, par la force des choses, avec des fromages, de grande qualité, et ce ne fût pas une hérésie, le grand contenant (magnum), nous a permis d’y revenir plusieurs fois. Ce fût une immense surprise; un peu moins pour ceux qui connaissait la grande réussite de certains Pomerol, en 1950, et en l’occurrence de ce vin, en bordure de l’appellation. Quand on sait que ce flacon n’a pas toujours été conservé dans des conditions idéales, et que l’on boit un tel vin , aveugle ou pas, ça n’a aucune importance, c’est l’émotion qui vous prend, l’éloge de la complexité, et du terroir, d’une jeunesse et d’ une plénitude inattendue. Un vin de méditation qui fait comprendre au jeune amateur, qui n’a pas de repères sur ce type de vin, la grandeur de Bordeaux. Je souhaite à tout passionné, sincère et sans à priori, d’avoir un jour un tel vin dans son verre.
Saint Emilion : Cheval Blanc 1950 (en magnum)
La robe est profonde au centre du verre, avec des reflets de couleur rubis à grenat, avec de légers signes d’évolution au bord du verre ; l’olfaction est superlative, intense et d’une remarquable complexité, avec des arômes de prunes de cerises, de truffes noires, de fer (ferrique), d’humus, d’écorces d’oranges, et d’épices douces Quel régal en bouche, un moelleux, un velouté remarquable, des tannins fondus, de grande race, donnant au vin une remarquable structure, bravant le temps, un vin d’une plénitude, époustouflante, qui s’épanouit dans une longue finale, complexe, d’une très belle fraîcheur, aux senteurs enivrantes et envoutantes De l’émotion à l’état brut. Une immense bouteille qui nous rappelle la grandeur des grands vins de Bordeaux. Noté 18,5
28 janvier 2009
Un dîner remarquable (3)
Chez l’amateur passionné ou pour le professionnel, qui l’est tout autant, un repas ne peut se concevoir, que comme une relation symbiotique entre les mets et les vins, je dirai que c’est même le choix des vins qui oblige celui des mets. Pour accompagner les deux vins décrits ici, le plat avait la simplicité nécessaire, mais le mariage de la truffe noire était comme évident pour accompagner ces deux vins nés sur des sous-sols argilo-calcaire (nous n’entrons pas ici dans les nuances).
Cet excellent et gourmand gigot et sa purée à la truffe noire fraîche a donc accompagné les vins suivants.
Saint Emilion : Bellevue 2001
La robe est profonde, foncée au centre du verre, avec des reflets de couleur sanguine à rubis, le nez est d’une belle précision et ouvert avec des aromes de truffes noires, de cerises, d’épices douces, et des notes de petites baies noires, élégance et présence caractérisent ce vin en bouche, avec des saveurs de fruits nets et mûrs, les tannins sont fins et veloutés, mais dans une trame plutôt serrée, le milieu de bouche est charnu et bien structuré, la finale, persistante, d’une belle fraîcheur , aux fruits généreux, laisse poindre en ultime sensation, une belle expression saline et calcaire qui signe son terroir ; Noté un presque 17
Saint Emilion : La Mondotte 1998
La robe tend vers l’ opacité, au centre du verre, avec un fin liseré de couleur violine, l’olfaction est d’une précision et d’une pureté d’école : mûres sauvages, cerises noires, boites à épices, truffes noires, une touche florale ( violettes), dès la mise en bouche, le vin impose sa puissance, avec une trame tannique très dense, compacte, aux grains fins veloutés presque soyeux, une chair sérrée, des fruits éclatants frais et mûrs, avec des sensations ascendantes, dans un milieu de bouche, d’une grande densité, occupant l’espace buccal naturellement, sans aucune insolence, la remarquable acidité gustative, inhérente au millésime, donne beaucoup de dynamique au vin dans une très longue finale, d’une remarquable qualité aromatique, époustouflante de pureté, et d’équilibre ; Noté 19.Quelle jeunesse!!! Quel potentiel!!! Un immense vin dans 10 ans et plus.
27 janvier 2009
Un dîner remarquable (2)
Note hôte aime beaucoup les poissons préparés de la façon la plus naturelle possible. Certains utilisent le terme de « cuisson à froid », après avoir interrogé les spécialistes de la question, il faudrait parler de coagulation des protéines à froid grâce aux acides (on oublie parfois que la cuisine, c’est de la chimie !!! ) .
Bref , tout ce qui est, marinade, et variations autour de ce thème, correspond, me semble-t-il, à l’idée qui est à l’origine de ces préparations.
Nous avons, donc dégusté et mangé
Marinade de maquereau au vinaigre balsamique et au jus d’orange, accompagné d’un de mes Rieslings préférés, dont les arômes fumés ont fait écho au plat.
Carpaccio de bar à la truffe fraîche (noire ) servi avec un Corton Charlemagne de haute lignée, qui a dialogué sans faiblesse avec le plat.
Alsace : Riesling Frédéric Emile 2001
La robe offre une couleur tirant vers le doré, le nez est séduisant, délicatement aromatique, gagnant en intensité au fur et à mesure de la dégustation, avec des notes fumées dominantes, qui ont tendance à m’emmener sur un autre terroir alsacien, elles font place à des parfums floraux, et à des notes de fruits jaunes, une sensation de richesse, marque l’entrée en bouche, avec un milieu de bouche, assez gras, aux fruits mûrs, et de l’ampleur, l’acidité sous-jacente ( moins tranchante que celle présente sur la bouteille dégustée en avril dernier) participe à donner de l’allonge à une finale pure, assez expressive, dans sa palette aromatique, à la minéralité saline, en ultime sensation ; Noté 17- .Le vin parait un peu moins sec que celui bu en Avril 2008, est-ce dû au plat?
Bourgogne : Bouchard Corton Charlemagne 2006
La robe de couleur jaune clair est brillante, le nez est fin subtil d’une grande netteté, encore un peu discret (il s’ouvrira au fur et à mesure de la dégustation)avec des arômes floraux (verveine dominante), et des touches de fruits blancs, la bouche marie avec beaucoup de noblesse et de race, une grande finesse tactile et une puissance sous-jacente qui donne de la chair et de la densité au vin, un corps d’athlète (décathlonien ) caractérise le milieu de bouche, l’acidité impeccable donne de l’élan à la longue finale, pure, encore un peu parcimonieuse dans sa palette aromatique, très minérale saline et calcaire. Un très grand vin noté 18+, qui le sera encore plus à maturité.
26 janvier 2009
Un dîner remarquable (1)
Nos amis, Christine et Stéphane, nous ont convié, mon épouse et moi, il y a une dizaine de jours, à dîner, dans leur nouvelle demeure de la « petite Toscane « girondine. Selon le vieil adage « plus on est de fous, plus on rit «, trois autres couples étaient aussi de la partie : Claire et Nicolas, Florence et Jean-Jacques, Christine et François.
Stéphane officiait aux fourneaux, et pour le choix des vins, l’éventail était forcément très vaste, pour qui connaît Stéphane….
Pour ouvrir ce récit, nous commencerons donc par les champagnes qui ont permis d’attendre, l’arrivée des convives, et de faire le tour des lieux, occupés depuis peu….
Champagne Roederer Brut Premier
La robe est jaune dorée, avec des bulles assez fines, le nez est expressif et élégant, avec des arômes de poires , de pain d’épices (léger) de brioche, le vin occupe la bouche, avec une chair agréable, des saveurs de fruits mûrs, et une structure plutôt droite, l’acidité gustative, nette, mais sans excès, en milieu de bouche dynamise le vin (dosé sans excès) dans un finale, persistante et plutôt salivante avec son association de fruits et de viennoiseries Noté: 15,5
Champagne : Laurent-Perrier : Brut
La robe, de couleur jaune clair, est traversé par des bulles fines, le nez est fin et frais, avec des parfums de citron, de pommes, et de pain très légèrement grillé ; l’entrée en bouche est émoustillante, le corps est fin et svelte, de la fraîcheur dans les fruits tonifiés par l’effervescence du vin, la finale se prolonge, de façon naturelle, finement dessinée, fruitée (citronnée) très fraîche. Noté : 15,5
22 janvier 2009
Dégustation à l'aveugle (5)
Les vins commentés dans cette rubrique, ont au moins vingt ans, en ce sens ils sont très instructifs pour le dégustateur-buveur qui ne connaît pas vraiment les vins de l' Hermitage un peu âgés .Je suis de ceux qui considèrent que l’émotion vient avec l’âge (du vin), et que la complexité s’affirme avec le temps, je vous raconterai, sous peu l’immense moment de plaisir qu’a été la dégustation d’un « vieux » Bordeaux
Savourons, donc, ces beaux vins de l’Hermitage !!!!
Chapoutier : Monier de la Sizeranne 1983
La robe de couleur rubis à grenat, assez profonde, est à peine évoluée, et ne laisse pas présager un vin de cet âge, le nez est ouvert , d’une bonne intensité, complexe, avec des arômes de fruits rouges intenses et mûrs, et frais ( cerises et framboises ), des champignons nobles, d’épices orientales, des notes de fumée, la trame tannique est énergique dans sa constitution mais le grain est bien enrobé par une chair délicate qui donne beaucoup d’élégance au vin , bien présent en milieu de bouche, avec des saveurs complexes et fruitées ( framboise dominante ), la finale est longue, étirée, bien dessinée, mariant avec bonheur une légère fermeté tannique, une acidité de bon aloi, et des saveurs variées séduisantes (les fruits sont d’une jeunesse éclatante ) . Noté 17,5
Chapoutier : Monier de La Sizeranne 1988
La robe de couleur rubis présente quelques signes d’évolution ( reflets orangés), le nez un peu fermé (bouteille ouverte et non carafée, quelques minutes avant la dégustation ), lors de la première dégustation délivre un beau message après deux heures de carafe : cerises fraîches, champignons et feuilles mortes, tabac, et des notes truffées, de la rondeur en entrée de bouche, avec des tannins assez serrés parfaitement fondus, les saveurs fruitées ( fruits rouges dominants) d’une belle jeunesse prennent le dessus, sur les arômes tertiaires, un milieu de bouche ,bien charpenté, mais charnu, la finale d’une bonne persistance est un peu plus tannique (sans excès ) l’acidité est un peu plus saillante ( mais la aussi sans excès ) que sur les deux vins précédents, ce qui donne beaucoup de fraîcheur à cette finale d’une belle complexité, aux épices assez envoutantes
Noté : 16,5+
Dégustation à l'aveugle (4)
Depuis la création des cuvées parcellaires, la cuvée « Monier de la Sizeranne « de Chapoutier, n’a pas la richesse et la profondeur, de celles des meilleures années, avant 1989. Le millésime 1997 est un peu à l’étroit sur la colline de l’Hermitage, pour les vins rouges, comme dans de nombreuses régions viticoles françaises. Vous verrez, dans les commentaires, qu’un vieillissement harmonieux apporte beaucoup de charme, aux meilleurs vins de la Colline.
Chapoutier : Monier de la Sizeranne 1997
La robe, de profondeur moyenne, de couleur grenat est légèrement évoluée, le nez est assez ouvert sur des arômes de viande fumée, de champignons, de fleurs, et de fruits rouges, la bouche est tendre, avec des tannins sans angles, de beaux fruits frais et mûrs, le milieu de bouche, sans être faible, manque un peu d’envergure, et de densité , la finale de longueur normale, n’est pas très complexe, avec une dominante d’épices et de notes chocolatées, des fruits un peu en retrait. Noté 15,5
Guigal 1985
La robe assez soutenue de couleur grenat, prend des teintes brunes au bord du disque, le nez est net, expressif avec des parfums de truffes noires, en première olfaction, à l’agitation des arômes de viande fumée, de champignons , d’humus, de tabac, et de fruits rouges apparaissent, la bouche est caractérisée par des tannins élégants et fins, parfaitement enrobés à tous les stade de la dégustation, un joli méli-mélo de saveurs variées ( dont des fruits rouges) souligne un milieu de bouche d’un bon volume, et d’une bonne amplitude, et se prolonge dans une finale persistante, très expressive avec une dominante de truffes noires , de tabac blond et d’épices douces, le tout parfaitement équilibré. Noté 17
21 janvier 2009
Dégustation à l'aveugle (3)
La dégustation se poursuit avec les vins rouges, elle aura un double intérêt : se faire une idée sur des vins assez jeunes, et essayer d’imaginer leur possibilités d’évolution, en fonction de leurs qualités actuelles, et comme nous avons, parmi nous, de grands passionnés de l’ Hermitage, ils nous ont réservé quelques vins âgés de 20 ans et plus, pour nous permettre d’apprécier l’évolution positive des vins (parmi les meilleurs) de cette appellation.
Delas Marquise de Tourette 2004
La robe , d’une bonne coloration, offre des reflets de couleur pourpre à sanguine, le nez est un peu discret, avec des arômes issus de l’élevage, et des notes de tabac et de fruits rouges, la bouche est construite sur des tannins assez serrés, les fruits sont frais, mûrs et bien définis, de la finesse, et du muscle dans un milieu de bouche, bien rehaussé par une acidité gustative nette qui étire la finale aux fruits salivants avec des tannins un peu plus fermes, et une minéralité un peu saline. Noté 16,5
Marc Sorrel 2006
La robe est brillante, assez soutenue, avec une teinte générale sanguine, le nez est frais, net et précis, avec des parfums de cerises fraîches, de fumée, de cassis, finement épicé, beaucoup d’élégance dans une bouche aux fruits d’une belle définition, accompagnées de saveurs poivrées, les tannins sont fins enrobée par une chair délicate, un corps fuselé, mais dense en milieu de bouche, la finale d’une bonne persistance est fraîche gourmande, plutôt aérienne dans son dessin, minérale. Noté 16
20 janvier 2009
Dégustation à l'aveugle (2)
La série continue, avec ces deux vins blancs ; le premier vin n’a pas la netteté souhaitée, à mon avis. Certains dégustateurs ont été moins gênés que moi, et je trouve que l’exercice d’évaluation est suffisamment difficile, pour qu’il ne soit pas entaché par un petit défaut sur une bouteille, qui pourrait fausser l’analyse. Tout ceci, bien sûr, ne présume en aucun cas, de la qualité générale des bouteilles du millésime, de cette cuvée.
Guigal 2004
La dégustation, après la mise en carafe, n’est pas très séduisante, la robe est ambrée, le nez évoque les pommes au four, le caramel, qui laisse présager un défaut de conservation, la bouche est grasse opulente, les saveurs réelles sont masquées par le caractère apparemment oxydé du vin, qui à ce stade manque de charme, deux heures plus tard, l’ oxydation est un peu moins soutenue !!! Mais n’a pas disparue. Il semble y avoir du vin en dessous de la « carapace », mais pour moi impossible à évaluer
Ferraton Le Reverdy 2004
La robe est jaune, brillante, avec toujours ces reflets évoquant des teintes de tisanes. Le nez est net ,d’une bonne intensité, d’abord floral ( camomille et tilleul), suivi de saveurs de fruits blancs, frais (pêches dominantes), d’épices, beaucoup de fraîcheur et d’élégance, dans une bouche à la chair délicate, les saveurs florales ( avec une touche de violettes) et fruitées s’associent avec justesse dans un milieu de bouche svelte ,mais dense, la finale est longiligne persistante, fraîche parfumée saline, avec des notes franchement miellées lors de la deuxième dégustation Noté 16,5+
19 janvier 2009
Dégustation à l'aveugle (1)
Avant de vous raconter dans quelques jours, un passionnant et très convivial repas fait avant-hier, avec quelques amis, professionnels de la filière "vins", je vais consacrer le début de la semaine à commenter une belle dégustation des vins de la «célèbre colline», je veux bien sûr parler des vins de l’Hermitage.
Les vins sont dégustés à l’aveugle, mis en carafe une demi-heure avant le début de la dégustation, pour les vins blancs, une bonne heure pour les trois premiers vins rouges, les trois rouges les plus âgés n’ont pas été mis en carafe.
Les Vins Blancs
Blanc : Bernard Faurie 2006 (parcelle sur les Greffieux? )
La robe offre des teintes jaunes tirant un peu sur des couleur d’infusions, le nez est expressif avec des arômes de pêches, d’épices et des notes de fruits exotiques, la bouche est assez grasse, charnue, avec une puissance en milieu de bouche, mettant bien les fruits en exergue, la finale est persistante, d’une bonne intensité, grâce à une acidité perceptible dès le milieu de bouche qui s’associe à la minéralité saline, et aux saveurs fruitées avec justesse, une petite impression de « chaleur « en ultime sensation.
Après deux bonnes heures de carafe, le vin est en place, beaucoup plus élégant, avec un très bon équilibre en finale ; Noté 16,5









