28 novembre 2008
Bordeaux 2000
De nombreux vins du millésime 2000 sont encore assez fermés, dont une grande majorité de vins de la rive gauche à forte proportion de Cabernet Sauvignon. La dégustation de deux bouteilles de Lynch Bages 2000, lors de cette année 2008, n’ont fait que le confirmer, tout en montrant le très beau potentiel de cette propriété dans ce millésime.
Les vins du Médoc à dominante de Merlot, dont les vignes sont plantées sur des sous-sols argilo-calcaire, plus ou moins recouverts par une fine couche de graves sont plus accessibles pour ce que j’ai goûté jusqu’à présent.
Voici un commentaire d’un vin du millésime 2000 correspondant à ces critères.
Médoc : Rollan de By 2000 : dégusté en carafe sur une durée de 24 heures
La robe est foncée, avec des reflets de couleur rubis, à peine évoluée, le nez est expressif mais encore marqué par l’élevage (chêne grillé), surtout lors de la première dégustation, un peu moins après 12 heures de carafe (conservée à 12°), suivi d’arômes de cassis, cerises, et épices variées, l’entrée en bouche offre des tannins encore fermes qui commencent à se fondre (un peu plus ronds ,lors de la deuxième dégustation ), de la sève, du fruit mais pas d’une grande précision, le vin est assez corsé en milieu de bouche; l’élevage reste hélas perceptible, dans une finale assez persistante, pas très complexe (un peu plus en chair, lors de la seconde dégustation )épicée et réglissée . Un vin, bien fait,mais pas très séduisant en l’état. Noté 14,5
27 novembre 2008
Encore un vin de chez Jamet !!!
Les vignes de ce domaine de sept hectares, sont plantées sur des sols et sous-sols de schistes à petites intercalations ferrugineuses. Après une taille sévère, suivie pendant le cycle végétatif d’une maîtrise des rendements, dont la finalité consiste à obtenir une excellente maturité des raisins, la vinification se fait en vendanges entières, avec des fruits légèrement écrasés, en utilisant des levures indigènes. La cuvaison dure environ une vingtaine de jours, la fermentation malo-lactique est effectuée en foudre ou en fûts (renouvelés à hauteur de 20% chaque année).
Côte Rôtie : Jamet 2004
La robe est assez foncée, d’une bonne profondeur au centre du verre, après deux de carafe le premier nez est un peu animal, avec des notes végétales, 3 heures plus tard et sur une vingtaine d’heures ,tout est en place, c’est net expressif, d’une bonne intensité, avec des arômes de mûres de cassis, de fleurs, de fumée, et ces notes d’épices,et un peu sanguines, la bouche est nette d’une grande pureté aromatique, des tannins fins et élégants, sans sensations de sous-maturité, dans la trame tannique et dans les fruits très purs, le milieu de bouche est fin et longiligne, sans ostentation, à la dimension du millésime, la finale est fraîche, parfumée, finement épicée et minérale , tout en délicatesse. Noté : 16,5
26 novembre 2008
Bordeaux 2006, encore!!!
Cette petite propriété, d’environ 2,5 hectares de Saint Etienne de Lisse (appellation Saint Emilion) a ses vignes (avec un encépagement de près de 100% Merlot) plantées sur un sous-sol argilo-calcaire de pied de côte
Depuis le rachat en 2004 par Pierre Lafon, les vins, issus de ce vignoble, sont en amélioration constante depuis le millésime de la reprise, grâce au travail méticuleux et passionné du propriétaire, j’avais beaucoup apprécié 2004 et encore plus 2005, je viens d’avoir l’occasion de déguster 2006, que je commente ici.
Saint Emilion : Lafon la Tuilerie 2006
Dégusté, après mise en carafe, sur 24 heures
La robe est assez profonde, avec une teinte générale rubis à sanguine, le nez , un peu fermé, et marqué par un élevage qui semble manquer un peu de précision lors de la première dégustation , gagne en netteté, lors des dégustation suivantes, avec des arômes de cerises mûres et fraîches, de fruits rouges, d’épices douces, et des notes de léger café un peu chocolaté, de la rondeur en entrée de bouche, avec une trame tannique élégante et assez serrée, de la sève, des fruits, et une bonne charpente, soulignent un milieu de bouche ,bien tonifié par une acidité gustative de bon aloi qui donne de l’allonge au vin, dans une finale fraîche, parfumée et finement épicée. Noté 15,5
25 novembre 2008
Vignobles MANTES
Pierre Doumenge, exploite un vignoble, que dis-je, une parcelle d’environ, 1,7 hectares, située à Sérignan du Comtat, au nord- ouest d’Orange. Les sols sont assez hétérogènes (sables, alluvions, cailloux calcaires, et argiles ), l’encépagement est constitué de Grenache noir (60%), de Cinsault 35%, et depuis 2008 de Brun Argenté (5% : j’espère que Pierre nous en dira un peu plus sur ce cépage), le travail des sols fait la part belle aux labours, chaussages, déchaussages, et les traitements sont réalisés à minima. A partir de 2008, seuls le soufre et la bouillie bordelaise seront employés. Les vendanges sont manuelles (petites cagettes de 10 Kg), les raisins sont vinifiés dans une cave de la commune de Jonquières, après une courte macération à froid, et une cuvaison de 21 jours, le vin est élevé, pour une moitié, en cuve inox, et pour l’autre moitié, en barriques de 2 ou 3 vins
Côtes de Rhône : Vignobles Mantes 2007
Ce vin a fait l’objet de deux dégustations, le premier faite collectivement, dans des conditions, qui n’étaient pas optimales pour la température de service, la deuxième que j’ai faite « en solo « sur 24 heures, en gérant la température de service. C’est celle que je commente maintenant.
La robe est colorée, assez profonde, avec des reflets de couleur violine à pourpre, le nez un peu discret, avec des notes fermentaires, est beaucoup plus ouvert 12 heures plus tard, avec des arômes de cerises noires bien mûres qui dominent la palette fruitée, de thym, de garrigue, et des notes d’olives noires et de framboises en arrière plan. De la sève, dès l’attaque, des saveurs fruitées expressives, ( celles décelées à l’olfaction ), une structure bien dessinée sans esbroufe, avec une légère fermeté tannique qui s’estompe lors de la deuxième dégustation, la finale ,de longueur normale, légèrement mentholée, délivre un fruit généreux, agrémenté de flaveurs sudistes, avec un équilibre satisfaisant (sans sensation d’alcool prononcées, lorsque le vin est servi à une température convenable )
Noté : 14,5, avec un potentiel supérieur dans un an ou deux.
24 novembre 2008
Le fleuve, sans arrêt, roulait ses galets...
Certains millésimes de cette propriété phare de Châteauneuf du Pape sont difficiles d’accès et demande une garde certaine, avant d’être abordés. La grande proportion de Mourvèdre (30%) dans l’assemblage final, participe à rendre ce vin un peu austère dans sa jeunesse, d’autant plus que l’effet millésime contribue aussi à cette forme de mutisme. J’avais bien goûté ce vin dans sa prime jeunesse, après avoir laissé quelques flacons vieillir, j’en ai ouvert un, récemment, et après une « bonne mise en carafe », le vin était tout à fait abordable et intéressant
CDP Beaucastel 1999 : mis en carafe 5 heures
La robe est profonde, avec des reflets de couleur grenat à rubis, sans signe notable d’évolution, le nez net, d’une bonne intensité évoque les épices, les cerises bien mûres, la garrigue, la réglisse, le menthol, et des notes viandées. Belle présence du vin, dès l’attaque, des tannins au toucher assez velouté, mais structurants, la palette aromatique est bien définie et séduisante, du volume, de la chair, et de la droiture soulignent un milieu de bouche sans austérité, les saveurs fruitées se déploient dans une finale, bien dessinée, persistante dotée d’un bon équilibre sans sensation de lourdeur ou d’alcool Un vin longtemps fermé qui commence à être plaisant après un bon « carafage » Noté 16, avec un potentiel plus élevé.
21 novembre 2008
Un peu de soleil !!!
Les vins de ce domaine me plaisent, car je trouve que les maturités sont bonnes, et que les équilibres sont réussis ; certains amateurs les considèrent comme trop « techniques », et j’avoue ne pas vraiment comprendre ce langage, qui est d’ailleurs devenu un des griefs permanents faits, par certains amateurs, aux vins de Bordeaux. Si l’on apporte au cuvier des raisins mûrs et sains, il n’y a aucune raison de se livrer à des « rectifications » œnologiques. Après on peut certes discuter sur l’intensité ou non de l’élevage, et le choix des chauffes, pour les vins élevés en barriques, voire sur des maturités excessives ou pas, mais de là à utiliser le concept de « vins techno « à tout va me semble être un raccourci exagéré. Revenons à notre dégustation.
Lirac : Domaine de la Mordorée : Reine des Bois 2000
Ce vin a été bu sur 24 heures, après mise en carafe
La robe est colorée, assez foncée, avec une teinte grenat légèrement évoluée, le nez ouvert et expressif évoque (après une première sensation un peu animale qui disparaît), les cerises, les framboises, les herbes de Provence et l’olive noire. De la rondeur en entrée de bouche, puis de la puissance et de la concentration agrémentée de saveurs de fruits noirs bien mûrs, des tannins fondus et bien intégrés, la finale, de longueur normale, offre une palette de saveurs sudistes (méditerranéennes), d’une bonne intensité, et des notes sanguines, sans sensations rédhibitoires d’alcool . Noté 15
20 novembre 2008
En descendant le fleuve....
Les deux vins commentés aujourd’hui ne jouent pas dans la même catégorie, bien qu’ils appartiennent à la même région viticole, c’est d’ailleurs la seule raison qui les réunit dans cette chronique. Le second vin a été ouvert dans le cadre d’une vérification, en comparaison avec une bouteille goûtée samedi dernier, à l’aveugle, et qui ne correspondait pas, à celles dégustées auparavant. Une dégustation concluante, selon l’objectif fixé.
Vouvray : Huet : Clos du Bourg 2005
Mis en carafe 3 heures
La robe est finement dorée, limpide, le nez un peu discret finit par s’ouvrir à l’aération sur des parfums, de miel, de coing, de fleurs variées, et des notes de fruits jaunes , d’ une belle pureté ( la deuxième bouteille dégustée 5 jours plus tard, était davantage marquée par l’élevage ), la bouche est d’une remarquable précision, à la fois cristalline dans le toucher, et finement charnue, la palette aromatique est déjà complexe, les saveurs de pêches et d’abricots s’ajoutent à celles décelées à l’olfaction, une belle concentration, sous jacente, donne beaucoup de présence au vin en milieu de bouche, la juste acidité inhérente au millésime, étire la finale, intense, aux fruits d’une précision et d’une maturité impeccable, c’est long frais et minéral Un superbe vin aujourd’hui, encore plus grand demain. Noté 16,5
Muscadet : Domaine de l’Ecu : Expression de Gneiss 2006
Dégusté après une mise en carafe d’une heure, et sur une durée d’une heure.
La robe, d’une teinte or clair, est limpide, le nez d’abord un peu sur la retenue, finit par s’ouvrir sur des arômes de chèvrefeuille, de citron, des notes fermentaires et de silice, la bouche est bien formée, avec de la chair (sans ostentation), des saveurs fraîches, et de la tonicité apportée par une belle acidité bien intégrée, accompagnée d’ une pointe de perlant, la finale d’une bonne tenue, est citronnée et florale, très minérale, avec du peps. Noté 14,5+
19 novembre 2008
Encore un vin de côtes !
Mes lecteurs attitrés ne seront pas surpris que j’évoque cette très belle et qualitative propriété de Castillon, au très beau terroir.
60% de Merlot noir, 25%de Cabernet franc, 10% de Cabernet Sauvignon, et 5 % de Malbec sont plantés sur des sols et sous-sols de tout premier ordre (calcaire à Astéries et argilo-calcaire). Thierry Valette et Anne Caldéroni apporte toute l’attention nécessaire au vignoble cultivé en biodynamie avec pour objectif la recherche idéale des maturités. Le millésime 2006, pourtant très difficile en Côtes de Castillon, ici commenté est une belle réussite.
Côtes de Castillon : Clos Puy Arnaud 2006
mis en carafe 4 heures
La robe est profonde, avec une teinte générale sanguine à pourpre, le nez est expressif et intense, avec des parfums enjôleurs de mûres ,de cassis, d’épices douces, des notes florales et de café (en retrait), dès l’attaque le vin offre une réelle gourmandise, avec de beaux fruits mûrs et bien définis, des tannins élégants, bien enrobés par une chair délicate, mais la trame assez compacte, structure le milieu de bouche avec plénitude, le vin est tonifié par l’acidité gustative inhérente au millésime, qui étire la finale persistante, aux fruits salivants, accompagnés d’épices douces et de notes de violettes, d’une bonne intensité et minérale (notes salines). Noté 16
18 novembre 2008
Quelques vins lors d'un repas (2)
Cette petite propriété de 4,5 hectares, encépagée en merlot (80%) et en Cabernet Sauvignon (20%) est situé au centre d’un triangle dont les sommets seraient : Trotanoy, Le Pin, et le Clos du Clocher. Elle a été acquise par Madame Péré-Vergé, avec un premier millésime en 2006, qui a totalement renouvelé le style du vin, et qui a énormément séduit un grand nombre de critiques. J’avais goûté ce vin en primeurs, avec un échantillon sûrement défectueux offrant une amertume rédhibitoire, et j’attendais avec impatience cette nouvelle dégustation
Pomerol : Château La Violette 2006
La robe est très colorée, profonde, avec un fin liseré de couleur violine, le nez est intense et pur, avec des parfums de cerises noires, de mûres, de cannelle, de réglisse, et des notes florales (violettes), la bouche est élégante, et plutôt concentrée, la structure tannique est « très Pomerol » avec beaucoup de moelleux, de velouté dans le grain, et compact à la fois, une très belle chair, avec des saveurs fruitées intenses et pures, de l’amplitude et du volume dans un milieu de bouche luxuriant, sphérique, très belle finale, aux fruits d’une grande netteté, parfaitement équilibré et fraîche, d’une gourmandise exquise. Noté 17+
17 novembre 2008
Quelques vins lors d'un repas (1)
Un de mes amis cavistes (et son adjoint), qui possède un très belle cave à l’entrée nord ouest de Saint Emilion avaient invités quelques clients et amateurs passionnés à un dîner au château de Roques à Puisseguin. J’ai eu la chance d’être convié à ce repas, pour lequel la sélection des vins était parfaitement judicieuse, avec un très beau vin blanc, et deux vins rouges de très grande tenue, provenant de deux régions dont j’aime particulièrement les vins : le Rhône nord, et la Rive droite de Bordeaux
Côte Rôtie : Guigal : La Landonne 1986
La robe est foncée, d’une bonne profondeur, avec un liseré de couleur rubis, et quelques reflets bruns; olfaction intense et racée, avec des parfums d’une grande pureté : cassis et violettes en premier plan, accompagnés d’arômes de viande fumée, d’olives noires, et d’épices Superbe équilibre dans une bouche d’une définition impeccable, des tannins fins élégants, plutôt serrés, parfaitement polis et enrobés par une chair délicate, avec des fruits d’une jeunesse insolente, une bonne présence en milieu de bouche pour lequel on aurait souhaité un tout petit plus de volume, le vin reprend de l’élan dans une finale longiligne, complexe, aux saveurs salivantes (association cassis, violettes , et léger poivre superbe !!!), d’une bonne intensité, d’un très bel équilibre, avec des notes minérales (salines ). Noté 17,5 ( malgré la très petite faiblesse relative, en milieu de bouche )



