31 octobre 2008
Vous avez dit classique ?
Cette propriété, d’environ 90 hectares, encépagée en Cabernet Sauvignon (75%), et en Merlot (25%), plantés sur des sols et sous-sols de graves profondes, produit des vins de facture classique. Les millésimes solaires, offrent des maturités abouties pour les Cabernets Sauvignon de ce château, plus difficiles à atteindre dans les millésimes plus classiques. Les bouteilles que j’ai dégustées, dans les millésimes 1982, 1990, et 1995 sont de superbes réussites, 2000 est un peu en dessous, comme le millésime commenté aujourd’hui. Le millésime 2005 est prometteur, à un remarquable niveau.
Pauillac : Grand Puy Lacoste 1986
Ce vin a été dégusté sur 24 heures, après mise en carafe, sans aucun signe de faiblesse
La robe est foncée, avec des reflets grenat sans signe notable d’évolution ( normal pour son âge), le nez est encore une fois, un modèle pauillacais, intense complexe, avenant : cassis , myrtilles, cèdre ,havane, boite à épices, terre, et truffes, la bouche est pleine, d’une grande fraîcheur, du corps, une certaine puissance, des tannins fondus, mais d’une bonne densité dans la trame, un très beau cassis pur, associé à d’autres fruits noirs et aux épices « traverse » tous les stades de la dégustation, la longue finale, est intense, aux flaveurs complexes, d’un très bel équilibre, un superbe flacon. Noté 17,5
30 octobre 2008
Le deuxième vin d'une paire
J’aime bien servir les vins par paire, avec comme fil directeur, le même millésime, et la même région (au sens large). Pour les vins de Bordeaux, la paire est forcément bordelaise, compte tenu des nombreuses appellations présentes dans cette région. Avec Gazin, que j’ai commenté, auparavant, j’ai choisi d’associer un vin de la Rive Gauche, que j’ai du goûter 5 ou 6 fois en quatre ans, avec toujours autant de plaisir. Cette propriété, qui refait parler d’elle à partir du millésime 1994, a franchi un cap supplémentaire, à partir du millésime 2000.
Avec le millésime 2004, de nouveaux progrès ont été réalisés, le 2005 est un vin d’anthologie, et autant le dire, les millésimes 2006 et 2007 sont au niveau des meilleures propriétés de la Rive Gauche
Pauillac Pontet Canet 1994
La robe est profonde, légèrement opaque, au centre du verre, avec des reflets de couleur grenat, sans signes notables d’évolution; l’olfaction est très pauillacaise avec des arômes de cassis, de cigare, de résines, d’épices, et des notes de poivrons rouges, pratiquement imperceptibles, lors de la dégustation 24 heures après. La bouche est pleine, dense, la trame tannique est compact, mais assez bien enrobée, de la sève, beaucoup de présence en milieu de bouche, des fruits mûrs, et bien définis( cassis), la finale est longue, intense, savoureuse, les tannins sont un rien plus fermes, fraîche, avec beaucoup de goût. Noté 16+
29 octobre 2008
En descendant un peu vers le sud
Issu de vignes cultivées sur un sous-sol de molasses (sortes de grès calcaires, dans cette région) recouvertes de galets roulés, ce vin est un assemblage de cépages vinifiés séparément, et qui seront, après la fermentation malolactique, élevés en foudre sur une durée d’un an.
La bouteille commentée aujourd’hui est la septième de ce millésime bue en 4 ans.
Même si le millésime ne fera pas date à Châteauneuf du Pape, tous les flacons ouverts ont offert une bonne part de plaisir…
Châteauneuf du Pape : Beaucastel 1997 (mis en carafe deux heures et dégusté sur 24 heures)
La robe montre un début d’évolution (couleur brune au bord du liseré), dans une teinte générale rubis. Le nez est ouvert net et expressif (sans notes animales), avec des parfums de cerises, de fraises (assez fraîches), de roses, de tapenades, d’épices et d’herbes méditerranéennes. La bouche est assez tendre, en entrée, avec des tannins assez élégants, des sensations légèrement ascendantes, le milieu de bouche est assez bien structuré, même si la trame manque un peu de densité, les saveurs complexes se prolongent dans une finale, de longueur normale, d’un bon équilibre, agréablement épicée. Noté : 15,5
28 octobre 2008
Encore un superbe vin !!!!
Les pratiques culturales de cette maison, qui respectent totalement l’environnement, ne sont plus à vanter, tant elles sont, aujourd’hui, unanimement connues et reconnues, par les critiques, comme par les amateurs passionnés.
La cuvée commentée aujourd’hui est issue de vieilles vignes de Syrah âgées de 60 ans. Ces vignes situées en Côte Brune, à la limite de la Côte Blonde, ont été plantées sur des sols et sous-sols constitués de micaschistes chloriteux et ferrugineux, recouverts, par endroit, de lœss (dépôts éoliens). Les raisins sont égrappés, et vinifiés dans des cuves en bois, avec un remontage quotidien. L’élevage est réalisé en barriques de 225 litres (dont 25% de bois neuf) sur une durée variable de 14 à 18 mois selon le millésime.
Côte Rôtie : Chapoutier La Mordorée 1997
La robe est à peine évoluée, d’une bonne coloration, foncée, avec des reflets rubis, le nez est intense d’une très belle définition, avec des arômes de cassis, de mûres, d’épices (dont le poivre) des notes fumées, un rien sanguines, la bouche est d’un équilibre magistral, riche , profonde, la palette aromatique est précise, pure, de la chair, des tannins élégants et serrés, du volume en milieu de bouche, mais pas surdimensionné, la finale est persistante d’un très beau dessin, complexe, avec des notes de violettes s’ajoutant aux saveurs fruitées, d’un très bel éclat, minérale ( notes ferrugineuses), d’une fraîcheur impeccable. Noté 17,5
27 octobre 2008
Encore le millésime 1994!!
Cette propriété de la Rive Droite, possède la plus grande superficie de son appellation (environ 24 hectares). Plantées sur des sols et sous-sols argilo-graveleux, les vignes donnent la part belle au Merlot (90%), le reste de l’encépagement se répartit entre le Cabernet Sauvignon (7%), et le Cabernet franc (3%). Les vins offrent une belle régularité, avec de très beaux flacons, dans les millésimes favorables à cette appellation. Le vin commenté aujourd’hui a été dégusté, 6 fois pendant les quatre dernières années.
Pomerol : Gazin 1994
La robe de couleur rubis laisse apparaître des signes d’évolution (teinte orangée). Superbe olfaction, intense et complexe : humus, terre, truffes noires, pruneaux, cerises au naturel, boite à épices, grande élégance en bouche, avec une trame tannique fine et veloutée, donnant un aspect sphérique au vin, la chair est délicate, parfumée, le vin a perdu en milieu de bouche l’énergie qui le caractérisait dans sa jeunesse, tout est fondu, la finale assez persistante, d’une bonne complexité, est plus terrienne que fruitée, et épicée. Un vin (sur cette bouteille) en léger déclin, mais avec encore de belles qualités. Noté 15,5
23 octobre 2008
Le château du Champ des Treilles (fin)
La dégustation
Les Vins Rouges
Petit Champ 2006 élevé en cuve (60% de Merlot, 30% Cabernet Franc, et 10% Petit Verdot et Cabernet Sauvignon)
La robe est colorée (carmin), d’une bonne profondeur, le nez est frais , net, avec des arômes de jus de raisin qui évoluent vers des parfums de cerises, et des notes de groseilles, le tout délicatement épicé en arrière plan. De la sève et une fruité très pur, dans une bouche gourmande, avec des tannins élégants et fins, un milieu de bouche , velouté mais droit, une finale aux fruits purs et mûrs, fraîche, avec des notes salines en ultime sensation . Noté 15
Grand Vin 2005 (même assemblage que Petit Champ 2006, élevé en barriques, vieilles vignes : 30 Hecto à l’hectare)
La robe est profonde, de couleur sanguine à rubis, le nez est intense, et d’une belle définition, avec des arômes de fruits mûrs mais frais (cerises et mûres) associés à une palette d’épices douces, et à des notes terriennes évoquant la truffe, l’élevage est presque entièrement fondu. De la chair, de très beaux tannins serrés et mûrs, au toucher velouté sont perceptibles dès l’entrée en bouche, des fruits d’une grande pureté à tous les stades de la dégustation, beaucoup de présence, de profondeur dans le milieu de bouche, la finale est fringante, fraîche, persistante, très parfumée, avec des notes salines. Noté 16

Grande Cuvée : Les Sens 2002 (assemblage de Merlot (50%) et de Petit Verdot (50%) élevées en barriques neuves)
La robe est très foncée, presque saturée au centre du verre, avec des reflets de couleur pourpre, le nez est intense et d’une belle précision, avec au premier plan une grande variété d’arômes épicés (gingembre, cannelle, et notes de poivre), de truffes noires de terre, qui font place à des parfums de cassis et de mûres La bouche est riche, puissante, avec des tannins un rien fermes, très structurants, mais sans rusticité. De la chair, du volume, un corps plein et bien charpenté, mais toujours une superbe acidité gustative qui donne beaucoup d’élan à une finale, d’une grande fraîcheur, complexe dans ses saveurs et un peu salines. Le millésime est méconnaissable!!! Noté 16,5
22 octobre 2008
Le château du Champ des Treilles (4)
La dégustation
Les Vins Blancs
Vin passion 2007 (1/3 Sémillon, 1/3 Sauvignon, 1/3 Muscadelle) élevé en cuve
La robe de couleur or clair est brillante, le nez est subtil , et d’une bonne intensité dominé essentiellement par des arômes floraux évoquant la tisane (verveine et tilleul), et des notes minérales (silice), la bouche est fraîche, la palette aromatique devient plus complexe qu’à l’olfaction, avec une association de fruits exotiques et d’agrumes, d’une bonne pureté, de la chair, et une sensation de gras en milieu de bouche, l’ensemble est dynamisé par une acidité gustative impeccable qui étire la finale parfumée et minérale d’une belle fraîcheur. Noté 15+
Petit Champ 2005 : 100% Sémillon, élevé en cuve
La robe est légèrement dorée, avec des reflets de couleur tilleul (tisane), le nez est net, précis, expressif, avec une association étonnante d’arômes floraux (fleurs de genets), de silex chauffé, et d’épices douces. Superbe tension dans une bouche, qui laisse poindre quelques saveurs fruitées (fruits jaunes), mais reste largement dominée par des saveurs de pierres chaudes (silice broyée), le milieu est assez concentré avec une chair délicate, la finale est persistante, d’une grande fraîcheur, les saveurs minérales et les épices dominent les fruits et les arômes variétaux du cépage. Une quintessence du terroir. Noté 16
Grand Vin 2005 : Sauvignon et Muscadelle élevé en barriques bourguignonnes (Berthomieu)
La robe est dorée, le nez d’une bonne intensité est encore dominé par des arômes issus de l’élevage ( vanille, et léger caramel), qui masquent un peu des parfums floraux d’infusion de plantes variées et des notes de pamplemousses, de la chair, du gras dans une bouche riche, l’acidité maintient une bonne fraîcheur au vin, dans un milieu de bouche et dans une finale , d’une bonne longueur, mais encore sous l’emprise des saveurs issues de l’élevage (il faudra attendre que l’élevage se fonde). En l’état Noté 15-
A suivre...
21 octobre 2008
Le Château du Champ des Treilles (3)
Le cuvier et les chais Le cuvier comporte une série de petites cuves, dédiées aux vins blancs qui permettent d’isoler les cépages, et aux vins rouges, pour mettre à part d’excellent jus, ou ceux considérés comme moins bons (Cabernets sauvignons), d’un faible volume. Les grandes cuves en inox, sont utilisées pour séparer les cépages rouges dans des quantités plus importantes, avec toujours en fil conducteur, l’idée de bien différencier l’excellent du moins bon, dans les différentes cuves. Les cuves sont équipées de serpentins de régulation de température. Les fermentations alcooliques font appel uniquement à des levures indigènes. Les extractions (douces) se font essentiellement par remontages, quelques pigeages sont réalisés pour casser et humidifier le chapeau de marc, sans idées d’extraire davantage. Toute la vendange est sélectionnée, par dégustation, les cépages sont donc vinifiés séparément et les jus sont assemblés au printemps. Les fermentations malolactiques se déroulent en cuves ou en barriques selon le profil du vin. Une cuve, en béton, en forme d'oeuf, qui permet des échanges gazeux, est utilisée pour la vinification des vins blancs, elle a la particularité de maintenir les lies en suspensions. L’élevage se fait dans deux chais distincts. Un petit chai destiné aux vins blancs, avec des barriques bourguignonnes (Berthomieu) dont la qualité n’est plus à vanter. Un chai plus grand pour l’élevage des vins rouges ; le Grand Vin est élevé avec un tiers de futs neufs, et la cuvée Les Sens entièrement en bois neuf (Seguin Moreau, Demptos, etc.…) La couverture en soufre est réduite à minima, mais sans perdre de vue que les vins doivent être marchands et voyagent. Une très faible dose lors des vinifications, et une dose très légère, lors de la mise en bouteille. Corinne Comme pense que c’est le terroir qui commande le dosage en soufre (bon pH, pas d’engrais, pas de fumures, pas d’excès d’azote= très faible sulfitage). A suivre....
20 octobre 2008
Le château du Champ des Treilles (2)
Les principes culturaux.
Après les vendanges, manuelles et en petites cagettes, les vignes sont « traitées » avec des préparats biodynamiques qui ont pour objectif de favoriser leur enracinement (verticalité), cette méthode a été généralisée après avoir observé ses effets bénéfiques sur les pieds de petit Verdot qui ont un port parfaitement vertical, sans oublier la densité de plantation (10000 pieds à l’hectare) qui permet aussi un meilleur enracinement.
La notion de surface foliaire a fait l’objet d’une sérieuse réflexion. Après des attaques de mildiou, les années humides, qui ont fait tomber des feuilles de vignes, la dégustation a montré que les vins issus de ces millésimes avaient cependant une belle qualité de tannins. Il y avait des feuilles actives, bien exposées qui jouaient, semble-t-il, un rôle plus important que la surface foliaire considérée dans son ensemble. A la suite de ces observations, la décision a été prise d’abaisser la hauteur des vignes.
Les sols ne sont ni engraissés, ni amendés, mais ils sont labourés. Des préparats à base de petit lait sont passés, après la taille, pour éviter que les plaies de taille soient un foyer favorable au développement des maladies. Après le débourrement, et pendant leur croissance, les vignes font l’objet de nouveaux « soins » à base de tisane d’orties, de décoction de presles (riches en silice), d’osier, de camomille, de pissenlits, etc.… La bouillie bordelaise est utilisée, s’il y a lieu, en plusieurs traitements, mais à dose homéopathique (200g à l’hectare). Le rôle des décoctions de presles est de réguler l’effet de l’eau, et d’avoir des peaux plus épaisses, riches en silice, et d’éviter ainsi l’installation du botrytis. Toutes ces préparations sont dynamisées, il ne faut pas chercher dans le dynamiseur un effet ésotérique quelconque, mais un ustensile servant à homogénéiser les préparations !!!!
C'est dur de tirer les cavaillons !!!!
A suivre ...
19 octobre 2008
Le château du Champ des Treilles (1)
Corinne et Jean Michel Comme (régisseur de Pontet Canet) gèrent cette propriété familiale, située à Margueron, au sud de Sainte Foy la Grande, dans l’appellation Bordeaux Sainte Foy, avec beaucoup de rigueur et de passion, selon les principes d’une agriculture la plus saine possible.
La dizaine d’hectares, plantés sur des sols et sous-sols argilo calcaire, à franchement calcaires, avec par endroit des sédiments riches en silex, se repartit en 3 hectares de vignes (âge moyen : 60 ans) destinées aux vins blancs (Sémillon, Muscadelle et Sauvignon) et 7 hectares de vignes (40 ans d’âge) dédiés aux vins rouges (Merlot, Cabernet Franc, Cabernet sauvignon, et petit Verdot).
Corinne en pleine cueillette
Le petit Verdot qui n’aime pas les excès de chaleur, et préfère les sols plutôt humides, présente beaucoup d’intérêt dans l’assemblage des vins rouges, les années de cycle végétatif long, grâce à l’aspect structurant de ses tannins, et la fraîcheur (acidité) qu’il apporte au vin, il entre dans la composition de la grande cuvée : Les Sens à hauteur de 50 % de l’assemblage. Les vignes les plus récentes sont replantées à 10000 pieds par hectares (1,5 hectares plantés en 2000 en Merlot et petit Verdot) La densité est de 5000 pieds par hectares pour les très vieilles vignes de plus de 50 ans qui constituent le cœur du vignoble. Les rangs de ces anciennes plantations sont doublés par de nouvelles plantations faites entre deux rangs (0,5 hectare de Merlot en 2002), ce qui nécessite de travailler non pas avec un petit tracteur mais avec un enjambeur. Le vignoble est cultivé en biodynamie, ce choix cultural est le résultat d’une réflexion, menée à la suite de l’analyse des travaux de Francis Chaboussou, chercheur de l’Inra, d’une observation minutieuse de l’environnement naturel et du cycle de la vigne, et du souhait de mettre en place une méthode expérimentale qui évite tout systématisme. En biodynamie, on ne mène pas des luttes contre la maladie, on apporte des éléments à la plante pour qu’elle se défende elle-même.
Il y a de la vie ,dans ces vignes!!! A suivre....
















